Jeûne du 9 Av - Tisha Beav

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Jeûne du 9 Av  
Début : mercredi soir 29 juillet 2020 à 21h33
Fin : jeudi 30 juillet 2020 à 22h17

Les neuf jours

A partir de Roch ‘Hodech Av (cette année mardi soir 21 juillet 2020 et jusqu’au vendredi 31 juillet 14h), on ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin (sauf Chabbat) en souvenir des jours terribles qui aboutirent à la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70 de l’ère commune.
On ne fait pas de couture, on ne lave pas de linge (sauf pour les petits enfants ou les grands malades) et on ne repasse pas. On ne met pas de vêtements fraîchement lavés et repassés, sauf s’ils ont déjà été portés quelques instants avant cette période. On ne prend pas de bain et on évite les pratiques sportives dangereuses (par exemple la baignade en piscine ou à la mer).

On évite de passer en jugement.

Le 9 Av 

Le 9 Av commémore de tristes dates de l’histoire juive, comme l’épisode des explorateurs, l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492, de nombreux pogromes mais surtout la destruction du saint Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 de l’ère commune.

Les garçons à partir de treize ans et les filles à partir de douze ans doivent jeûner depuis la veille (cette année mercredi 29 juillet 2020 à partir de 21h 33, horaire de Paris) jusqu’au soir (cette année jeudi soir 30 juillet 2020 à 22h 18). En cas de maladie ou de faiblesse, on consultera un Rabbin compétent à propos du jeûne.

On mange un repas normal avant le début du jeûne. Puis un repas comportant uniquement du pain trempé dans de la cendre et un œuf dur.

Le 9 Av, on ne se lave pas, sauf les mains le matin, ou pour des raisons d’hygiène.

Au matin, on ne récite pas la bénédiction : « Chéassa Li Kol Tsorki » (« Qui veille pour moi à tous mes besoins ») car on ne porte pas de vraies chaussures en cuir.

On n’étudie pas la Torah, (sauf certains passages de Jérémie par exemple), et on assiste à un « Siyoum », à la conclusion du traité Talmudique Moèd Katane (qu’on peut aussi écouter sur Radio J dimanche à 14h 30).

Jusqu’au milieu de la journée de jeudi (environ 13h 30, 14 h) on ne s’assoit pas sur une chaise mais seulement sur un petit tabouret, en signe de deuil. On évite de dire bonjour, sauf aux personnes qui ont oublié qu’on ne se salue pas le 9 Av.

Mercredi soir, on lit les Lamentations de Jérémie (Meguilat E’ha). jeudi matin, on fait la prière sans Talit ni Téfilines, ni Ta’hanoun et on lit les « Kinot ». jeudi après-midi, on met Talit et Téfilines pour la prière de Min’ha et on rajoute les passages « Na’hem » (« Console les endeuillés de Sion ») et « Anénou » (« Répond-nous »).

Jeudi soir, à l’issue du jeûne, on se lave les mains rituellement (sans bénédiction) et on se rince la bouche. On enlève les chaussures en toile et on remet les chaussures en cuir. On prononce la bénédiction de Kiddouch Levana pour la lune.

On peut s’occuper du linge (lessive…) et se couper les cheveux à partir de vendredi matin 31 juillet 2020.

On ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin jusqu’au milieu de la journée du vendredi 31 juillet.

9 AV, la douleur et la promesse
Ticha bé Av, le 9Av, cette date résonne douloureusement dans la mémoire juive. Le 9 Av de l'an 70, le second Temple a été détruit marquant le début de l'exil dans lequel nous nous trouvons encore, un exil d'abord spirituel. Avec la destruction du Temple le monde s'est comme assombri, il a connu une vertigineuse chute.

D'autres évènements tragiques sont survenus un 9 Av. Le premier d'entre eux est rapporté par la Torah elle-même (Nombres 14, 1-5) : ayant entendu le rapport défavorable des dix explorateurs envoyés reconnaître le pays, le peuple se rebella, refusant de faire route vers la Terre promise. Ainsi commença une errance de 40 ans dans le désert, jusqu'à l'extinction de la génération pécheresse.
C'est un 9 Av aussi que le Premier Temple fut détruit par les Babyloniens dirigés par Nabuchodonosor.
C'est encore un 9 Av que, 65 ans après la destruction du Second Temple, fut écrasée la dernière résistance juive avec la chute de la forteresse de Bethar. Et c'est un 9 Av toujours que furent labourées les ruines de Jérusalem et du Temple.
A une époque plus contemporaine, nombreux sont les malheurs associés à ce jour. Ainsi de la terrible expulsion des juifs d'Angleterre en 1290 ou de celle, plus effroyable encore, de la grande communauté juive d'Espagne en 1492. On relèvera encore que c'est un 9 Av qu'a éclaté la première guerre mondiale en laquelle les historiens voient une matrice essentielle de la seconde.

Les prohibitions liées au 9 Av
Avec la tombée du jour s'appliquent les interdits qui marquent le 9 Av. On s'abstient dès lors de manger et de boire ( les malades consulteront leur médecin et leur rabbin et, en tout état de cause, ceux qui ne peuvent jeûner ne consommeront que ce qui est nécessaire à leur santé).
On ne portera pas de chaussures de cuir.
On ne se lavera pas (une salissure ne pourra être nettoyée qu'à l'eau froide). Lors des ablutions rituelles du matin , on ne versera l'eau que sur ses doigts.
Jusqu'à la mi- journée on ne pourra s'asseoir qu'au sol ou sur un siège bas.
Toute forme d'intimité conjugale est proscrite.
Il est interdit d'envoyer des cadeaux et même de se saluer comme habituellement.
S'il n'est pas formellement interdit de travailler, il est fortement déconseillé de le faire, en particulier jusqu'à la mi-journée.
La Torah "réjouissant le coeur", on ne peut l'étudier (sauf les exceptions déjà mentionnées).

La liturgie du 9 Av
A l'office du soir on lit le Livre des lamentations de Jérémie (Meguilat Hei'ha) et quelques brèves kinot ( complaintes ou lamentations).
Dans les bénédictions matinales, on veillera à ne pas dire la bénédiction "Chéassa li kol tsarki" (Qui a pourvu à tous mes besoins).
La prière du matin, au cours de laquelle la Torah (Deutéronome, 25-4) et la Haftarah (Jérémie 8, 13-9, 23) sont lues, est faite sans talith (le châle de prière) ni tefilline (les phylactères). A l'issue de celle-ci, on récite des kinot. On ne dit ni le cantique du jour ni le Eïn kélokénou.
A l'office de l'après-midi, Min'ha, on met talith et téfiline. Avant d'entamer l'office proprement dit on récite les prières omises le matin. Avant la amidah, la Torah est lue à nouveau (Exode 32, 11-14 et 34, 1-10) suivie de la haftarah des jours de jeûne (Isaïe 55,6-56,8). Les passages Na'hem ("Console les endeuillés") et Anénou ("Réponds-nous") sont ajoutés dans la amidah, le dernier uniquement par ceux qui jeûnent.

Le 9 Av terminé, on continue cependant de respecter les interdits observés depuis le début du mois d'Av (cf "Les Trois semaines) jusqu'à la mi- journée du 10 Av (le Temple a encore brûlé la journée du 10). Le versant obscur du 9 Av doit maintenant s'effacer et mieux apparaître son versant lumineux.
Sur les ruines, il faut reconstruire, la chute contient en germe la plus haute élévation. Nos Sages nous le disent : dès que le Temple fut détruit est né celui qui pouvait être le Messie de son temps. Et on l'a d'ailleurs noté, les habituelles prières de pénitences ne sont pas dites le 9 Av. Pas plus qu'elles ne le sont en période de fête. C'est qu'en effet, au plus profond du 9 Av, demeure la promesse d'une fête. Celle que deviendra ce jour quand, après la prophétie de la destruction, s'accomplira la prophétie de la libération quand "D.ieu séchera les larmes sur tout visage". De l'effort de chacun dépend que ce temps advienne au plus tôt.