«L’homme est responsable de ses actes, qu’il soit éveillé ou endormi» affirme le Talmud. Ceci est bien sûr étonnant : durant le sommeil, l’homme ne peut se maîtriser. Mais si l’homme se prépare correctement avant de se coucher, alors même durant son sommeil, il se comportera comme il convient.
C’est pourquoi nos Sages ont institué la prière du «Chema avant de se coucher». On se concentre alors sur ses pensées, ses paroles et ses actions de la journée et, suite à l’amertume que l’on ressent, non seulement il ne se passera rien de fâcheux durant le sommeil mais au contraire : grâce au sommeil, il s’opérera une amélioration par rapport à la situation précédente. En effet : quand on dort, l’âme remonte à sa source et puise une nouvelle vitalité d’un «endroit» auquel elle n’aurait pu avoir accès quand le corps est éveillé.
Chez certaines personnes, ce phénomène est évident ; mais même chez les autres, ce phénomène s’exerce grâce à la préparation adéquate qu’est le «Chema avant de se coucher», même si ceci n’est pas ressenti (d’après un discours du Rabbi de Loubavitch – Sim’hat Torah 1954).
Il est particulièrement important de réciter les trois sections du Chema Israël avant de se coucher : «Celui qui récite le Chema avant de se coucher est comme protégé par une épée à double tranchant» (Traité Bera’hot 5a). Dans le temps, quand les Juifs étaient asservis et persécutés – comme c’est encore le cas dans certains pays – les nuits étaient une source de dangers et de terreur. Aujourd’hui aussi, certaines personnes ont peur des mauvais rêves et des cauchemars. C’est pourquoi nous proclamons avant de nous coucher que D.ieu est Un, que nous sommes certains de Son amour pour nous et que nous sommes rassurés par Sa protection constante.
La lecture du Chema est accompagnée de prières et différents versets.
Le Chema doit être lu avec une grande concentration, surtout les deux premiers versets.
On se couvre les yeux de la main droite quand on récite le premier verset : «Chema Israël Ado-naï Elo-hénou Ado-nay E’had».
Le «Chema avant de se coucher» se termine avec la bénédiction «Hamapil ‘Hevlé Chéïna…» («Qui fait descendre sur mes yeux les liens du sommeil…»).
Une fois qu’on a terminé cette bénédiction, on ne parle plus, on ne mange plus et on ne boit plus.

F. L. (d’après le Sidour)