« Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » La mézouza est la première marque d’un foyer juif. Attention cependant aux interprétations fantasmagoriques auxquelles on donne complaisamment cours ! Le foyer juif est bien sûr beaucoup plus qu’un abri. C’est un sanctuaire et cela est visible dès son seuil. « Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes » : le petit rouleau de parchemin, conformément à l’injonction biblique, vous accueille à l’entrée de la demeure et vous accompagne de porte en porte.

La mézouza a toujours été perçue comme protégeant le foyer et, hélas sans grande difficulté, on la trouvera décrite comme une « amulette », une manière de gri-gri surgi du fond des âges (à D.ieu ne plaise !). Est-il jamais possible de lutter contre l’arrogance des lieux communs, ou la fatuité de ceux dont l’ignorance la plus totale d’un sujet ne leur interdit nullement d’en discourir ?

Essayons : la mézouza contient l’affirmation de l’unité de D.ieu et l’assurance de la rétribution des actions accomplies telles qu’exprimées par le Deutéronome (VI, 4 à 9 et XI, 13 à 21) et reprises par les deux premières sections de cette prière centrale de notre liturgie, le Chéma Israël.

Ainsi, la mézouza est un objet qui, concrètement, par sa présence dans nos vies, nous attache à D.ieu et, dès lors, change un peu ou beaucoup notre relation au monde en y affirmant Sa présence, en portant nos regards dans les circonstances les plus banales de nos vies, entrer-sortir, un peu ou beaucoup au-dessus de l’apparence des choses.

Ainsi encore, un petit rouleau de parchemin, à condition d’avoir été écrit suivant des règles strictes et d’être en bon état (il doit être périodiquement vérifié par un scribe compétent), a le pouvoir d’illuminer le foyer pour la raison qu’il exprime, par sa présence à nos portes, l’accomplissement fidèle d’un Commandement divin et la volonté de faire d’une demeure humaine une demeure pour D.ieu. Qui peut rêver meilleure protection ?