Cette Paracha commence par la déclaration : « Quand une femme conçoit et donne naissance à un garçon, le huitième jour, l’enfant sera circoncis (Mila). » Cela ne peut se produire que si l’enfant est en bonne santé ; s’il n’est pas tout à fait bien, la Mila (le rituel de la circoncision) est retardée jusqu’au moment où il est totalement guéri.
Le Rambam (Maïmonide) explique pourquoi seul un enfant en bonne santé est circoncis : « Une menace pour la vie met tout le reste de côté. Il est possible de circoncire plus tard mais il est impossible de faire revenir une âme juive (dans son corps après qu’elle l’a quitté). »
L’expression du Rambam : « il est possible » indique qu’il donne deux raisons :
« Une menace pour la vie met tout le reste de côté » signifie que même si la Mitsva de la Mila ne peut jamais être accomplie parce qu’elle présente « une menace pour la vie », il faut y renoncer pour toujours puisque « une menace pour la vie met tout le reste de côté. »
La seconde raison : « il est possible de circoncire plus tard » suggère que lorsque la Mila est reculée à cause d’un problème de santé, rien n’est vraiment perdu. Nous comprenons donc qu’accomplir la Mitsva de la Mila à une date ultérieure élève également les jours qui précèdent à tel point que rétrospectivement, cela est équivalent à la circoncision au huitième jour.
Comment une action peut-elle ainsi affecter le passé ?
Il nous faut également élucider ce qui suit : à la conclusion de la seconde raison de « il est possible de circoncire plus tard », le Rambam ajoute : « mais il est impossible de faire revenir une âme juive. » Il semblerait que ces mots aient une relation plus proche avec la première raison, « une menace pour la vie met tout le reste côté ».
La ‘Hassidout explique que la Mila permet de faire descendre une Lumière divine bien plus élevée que celle obtenue par le service de l’homme seul. Cette illumination reflète « un réveil d’En Haut ». Tant que l’homme n’est pas circoncis, son statut agit comme une barrière à cette lumière. La Mila repousse cette barrière.
La même chose est vraie concernant « l’entrée de l’âme sainte » accomplie grâce à la circoncision : ce rituel révèle un niveau de l’âme qui transcende l’intellect. Et cela non plus ne peut se réaliser par le seul service de l’homme. Cela constitue une partie essentielle de chaque homme juif et se révèle précisément par l’accomplissement de la Mila.
Puisque la circoncision ne fait que rendre visible un état spirituel qui existait au préalable, elle peut également affecter le passé. Si la Mila n’est jamais accomplie, cet état spirituel reste caché. Mais une fois l’enfant circoncis, elle influence également le passé.
C’est ainsi que le Rambam statue : « mais il est impossible de faire revenir une âme juive », après avoir avancé les deux raisons, pour pouvoir expliquer comment une Mila accomplie « plus tard » est considérée comme si elle avait été faite à temps.
La relation du Juif avec D.ieu transcende toutes les limites et elle est toujours entière. « Il est impossible de faire revenir une âme juive » signifie donc que le lien avec D.ieu ne « revient » jamais, puisqu’il qu’il n’est jamais brisé.
Ainsi, ce qui est requis est de révéler ce lien. Cela s’accomplit par la Mila, même « plus tard », car même alors, son effet est le même que celui d’une Mila réalisée au moment adéquat.
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- Publication : 12 avril 2026

