Lettre n° 9676

Par la grâce de D.ieu,


26 Nissan 5729,


Brooklyn, New York,


A l’attention de monsieur Moché Ben Na’houm, centre du congrès pour le Chabbat, B. P. 9, Tel Aviv


Je vous salue et vous bénis,


Au nom du Rabbi Chlita, j’accuse réception de votre lettre relative au second congrès annuel pour le Chabbat, qui aura lieu les 23 et 24 Iyar. La bénédiction du Rabbi Chlita est adressée aux organisateurs et à tous les participants. Que D.ieu leur accorde le succès de renforcer la pratique du Chabbat, qui est nécessaire et vitale en tout endroit, mais plus encore en notre Terre Sainte, vers laquelle « toujours sont tournés les yeux de D.ieu, du début de l’année à la fin de l’année »¹.


Il est sûrement inutile de vous expliquer longuement l’importance fondamentale de respecter le Chabbat qui est l’équivalent de toutes les Mitsvot, comme le soulignent nos Sages². Et, l’on peut également observer dans la pratique la grande force du saint Chabbat, qui transmet sa sainteté à l’existence d’un Juif et d’une Juive tout au long des jours de la semaine qui le suit, de sorte que ce temps profane soit sanctifié.


Si ce qui vient d’être dit s’applique pleinement en toute période, combien plus est-ce le cas de nos jours, alors que les enfants d’Israël, en tout endroit, ont besoin d’une bénédiction accrue de D.ieu, Protécteur d’Israël. En effet, la Mitsva du Chabbat a une vertu particulière. Comme le disent nos Sages³, elle fait disparaître du monde les éléments nuisibles. Certes, cette affirmation est énoncée à propos du Chabbat général que sera la venue de notre juste Machia’h, mais il est clair que l’on en retrouve un avant-goût en chaque Chabbat spécifique.


Ceci apporte une réponse à ceux qui sont dans l’erreur ou, en tout cas, qui abusent les autres et affirment que le respect du Chabbat a une dimension purement individuelle, pour chacun et chacune, qu’il ne convient donc pas de s’immiscer, de chercher à convaincre et d’intervenir. On sait, en effet, l’image qui est donnée à propos de chaque aspect de la Torah et des Mitsvot. Un acte malencontreux de la part d’un Juif ou d’une Juive, même s’il ne concerne que leur vie privée, évoque le voyage de nombreuses personnes, dans un bateau qui vogue sur une mer de plus en plus agitée. En pareil cas, celui qui creuse un trou dans sa cabine et dans « ses » quatre coudées du bateau met effectivement en danger le plus grand nombre. L’idée est bien claire.


Puisse D.ieu faire que nous observions et méritions très prochainement, selon la formulation de nos Sages⁴, le respect intégral d’un Chabbat. Dès lors, la délivrance sera immédiate. Avec mes respects et ma bénédiction,


Pour le Rabbi Chlita, le secrétaire,


Notes


¹ Ekev 11, 12.


² Yerouchalmi, traité Nedarim, à la fin du chapitre 3. Midrash Chemot Rabba, chapitre 25, au paragraphe 12.


³ Torat Cohanim sur le verset Be’houkotaï 26, 6.


⁴ Traité Chabbat 118b.