Lettre n° 9828

Par la grâce de D.ieu, 22 Chevat 5730, Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Mena’hem Begin1,

Je vous salue et vous bénis,

Le2 Rav Hadakov3 m’a fait part du contenu de votre lettre du 10 Chevat, relative aux jeunes gens qui souhaitent venir ici, afin d’y étudier la Torah pendant un certain temps, ce qui nécessite une autorisation particulière. Avant tout, je voudrais vous remercier chaleureusement pour votre intérêt personnel et pour l’attention que vous apportez à cette question.

Sur la question proprement dite, même s’il est vrai, comme vous l’écrivez, qu’il n’est pas évident d’accorder des visas de sortie à des jeunes gens de cet âge, il ne s’agit cependant pas, en l’occurrence, de ceux qui ont déjà été dans les rangs de Tsahal, mais bien de jeunes gens dont le désir est de venir apprendre la Torah ici, pendant une certaine période. Ils sont convaincus qu’en cet endroit, ils connaîtront une réussite particulière, en leurs études, en leur vision du monde et en tout le reste. Et, l’on connaît le principe4 selon lequel le succès dans l’étude est plus important lorsque l’on est motivé.

De plus, la formation que ces jeunes gens reçoivent ici leur souligne la nécessité de prendre conscience et d’apprécier la responsabilité qui leur est confiée, celle de se servir de leurs forces pour le bien du plus grand nombre, ou dans le domaine de l’éducation ou encore en tant que chefs de communautés en Israël. Et, il est particulièrement clair qu’à l’issue de la période de leurs études et de leur formation, ils devront rentrer chez eux. Concrètement, tous les jeunes gens appartenant à cette catégorie, venus de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, y sont rentrés à l’issue de leurs études. Et, leur séjour ici a été une bénédiction, non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour la Terre Sainte.

La venue des élèves arrivant de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, présente aussi un autre avantage. Leur contact avec les élèves se trouvant ici exerce une influence positive sur leurs amis, leur fait aimer la Terre Sainte, éveille en eux le désir de s’y rendre, afin d’y poursuivre leurs études pendant quelques temps.

De fait, depuis de nombreuses années, existe chez nous un programme d’échange des élèves, de là-bas à ici et d’ici à là-bas. Il en résulte que quelques élèves des Etats-Unis se rendent en Terre Sainte pour poursuivre leurs études y restent et s’y installent définitivement.

Soit dit en passant, il est bon de mentionner un autre point, bien que celui-ci ne doit pas être diffusé. Les jeunes, par nature, ont des attentes et ils débordent d’enthousiasme. Si on les empêche de se servir de leurs forces d’une manière positive, ils peuvent, bien souvent, en venir à les investir dans une direction et en des objets qui ne sont pas souhaitables. C’est une raison supplémentaire pour ne pas les empêcher de satisfaire leur désir positif.

A la lumière de tout ce qui vient d’être dit, mon avis est très clair. Quand on voit des jeunes gens se consacrant à l’étude, animés d’un désir sincère d’apprendre la Torah avec ardeur, persuadés qu’ici, ils perfectionneront leur étude et leur formation, il y a lieu de les aider pour y parvenir. Comme je l’ai dit, l’intérêt de cette démarche est non seulement pour eux-mêmes, mais aussi pour le bien de tout notre peuple et pour la Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, en particulier.

Pour autant, la demande doit émaner de la direction de la Yechiva en Terre Sainte, qui se portera garante pour ces jeunes gens. D’avance, je vous remercie beaucoup pour l’aide que vous apporterez, en la matière. Avec mes respects, ma bénédiction et mes salutations,

M. Schneerson,


Notes

(1) Qui était alors ministre de l’intérieur du gouvernement de la Terre Sainte. Voir, à son sujet, la lettre n°9637 et les références indiquées.

(2) Voir le Mikdach Méle’h, tome 3, au paragraphe 165, à partir de la page 214.

(3) Directeur du secrétariat du Rabbi.

(4) Dans le traité Avoda Zara 19a.