Lettre n° 9826

Par la grâce de D.ieu, mercredi de la Paracha « Vous serez pour Moi une nation de prêtres »1 5730, Brooklyn, New York,

A tous les participants au dîner annuel du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, que D.ieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch2, j’adresse mes salutations et ma bénédiction aux chers invités, à tous les participants et aux amis de la Yechiva. Cette célébration a lieu au lendemain du Chabbat Parchat Yethro, la Sidra du don de la Torah et des dix Commandements. Il est donc judicieux de constater une relation spécifique entre cette célébration et le contenu de cette Sidra.

Les dix Commandements3 reprennent l’ensemble des six cent treize Mitsvot de la Torah4, d’abord celles qui permettent de servir D.ieu5, puis celles qui régissent les relations entre les hommes5. Il en résulte que les principes les plus fondamentaux de la morale et de l’éthique sont durables et pérennes uniquement dans la mesure où ils sont basés sur les Préceptes6 : « Je suis l’Eternel ton D.ieu5 » et « Tu n’auras pas d’autres dieux5 ».

L’évolution historique de l’humanité a clairement fait la preuve que les hommes et les peuples s’interdisent eux-mêmes le progrès quand leur morale et leur éthique sont basées non pas sur la foi en le Créateur du monde, mais uniquement sur la rationalité humaine, laquelle permet de les aménager et de les adapter aux besoins de la période. La situation actuelle du monde est la preuve la plus éclatante de ce qui vient d’être dit.

Dans la vie juive, en particulier, aucune dichotomie ne saurait exister entre les Mitsvot qui régissent les relations entre les hommes et celles qui permettent de servir D.ieu. L’unité de la foi juive en le D.ieu unique5, celle du peuple juif8, « nation unique sur la terre5 », doit pénétrer chacun, jusque dans le moindre détail de l’existence quotidienne. De la sorte, s’instaure une union harmonieuse entre les domaines physique et moral de la vie quotidienne, dans laquelle la spiritualité et la sainteté sont les facteurs déterminants et décisifs.

Tous admettent que l’on doit éduquer un enfant, depuis son plus jeune âge, à ses devoirs envers les autres, aux bonnes relations avec ses amis, au respect dû à ses parents. De la même façon, on a, tout autant, le devoir de lui donner une éducation à la Torah et aux Mitsvot, depuis qu’il est tout petit. Car, c’est à cette condition que cette éducation sera vraie et intègre, basée sur la Torah. Ainsi, conformément à l’enseignement de celui qui fut le plus sage d’entre les hommes (Michlé 22, 6) : « éduque l’enfant selon sa voie. Même quand il vieillira, il ne s’en détournera pas5 ».

C’est une telle éducation, une éducation entière5, qui est dispensée par les institutions éducatives Tom’heï Temimim Loubavitch, lesquelles ont déjà formé des générations entières de Juifs intègres5, de Temimim5, dans leur service de D.ieu et dans leurs relations avec les hommes, une éducation pénétrée d’amour de D.ieu, d’amour de la Torah et d’amour du prochain. Ces trois amours9 sont réunis et unifiés dans leur comportement quotidien.

C’est aussi leur ligne de conduite qui leur insuffle la force de l’abnégation, afin de renforcer, de diffuser et de vivifier le Judaïsme de la Torah dans ce pays comme dans toutes les autres parties du monde. Cette année, si l’on tient compte des obligations relatives au nouveau bâtiment10 du centre des Yechivot Loubavitch, il faut espérer que tous les amis de cette institution consentiront à un effort particulier, à l’occasion de cette célébration annuelle, afin de réunir l’aide nécessaire pour soutenir la Yechiva, qui pourra ainsi poursuivre son action vitale.

Que D.ieu, béni soit-Il, accorde le succès à chacun d’entre vous, de la manière la plus entière, dans ce domaine comme dans tous les autres, de façon générale et spécifique, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects et ma bénédiction pour une considérable réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,


Notes

(1) Yethro 19, 6.

(2) Voir le Likouteï Si’hot, tome 6, à la page 313.

(3) Voir, à ce sujet, la lettre n°8338 et les références indiquées.

(4) Selon le commentaire de Rachi sur le verset Michpatim 24, 12.

(5) Le Rabbi souligne les mots : « qui permettent de servir D.ieu », « qui régissent les relations entre les hommes », « Je suis l’Eternel ton D.ieu », « tu n’auras pas d’autres dieux », « D.ieu unique », « nation unique sur la terre », « éduque l’enfant selon sa voie », « entière », « intègres » et « Temimim ».

(6) Yethro 20, 2-3.

(7) Vaet’hanan 6, 4.

(8) Chmouel 2, 7, 23.

(9) Voir, à ce sujet, la lettre n°9793 et les références indiquées.

(10) Voir, à ce propos, la lettre n°9897.