Lettre n° 9775

Par la grâce de D.ieu, 18 ’Hechvan 5730, Brooklyn, New York,

A madame Yehoudit Sternbuch,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à vos lettres qui me sont parvenues avec retard. On sait que, de façon générale, en tout ce qui est lié à l’intellect et à l’émotion du cœur, comme la crainte de D.ieu, l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, la réussite, d’une manière significative, suppose, d’après la formule de nos Sages1, de faire « selon ce que son cœur désire »2. Pour la même raison, cela inclut aussi la manière2 dont le cœur le désire. La Hala’ha est également tranchée en ce sens, dans le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, à la fin du chapitre 240.

J’ai déjà souligné, une fois3, que cela figure dans le Choul’han Arou’h, non pas dans les lois de l’étude de la Torah, mais bien dans celles du respect dû aux parents. Or, l’ordre de la Torah en est partie intégrante. En l’occurrence, cela ne concerne donc pas l’honneur du père4. En outre, il est possible de le faire avec des paroles et des arguments empruntant des voies agréables, qui ne vexent pas. On peut vérifier, dans la pratique, que le mieux est d’éviter toutes les discussions ou, tout au moins, de les réduire au strict minimum, à ce qui est inévitable.

Bien au contraire, il y a tout lieu d’espérer que, quand on observera votre scrupule dans la pratique des autres Mitsvot, y compris en celle du respect des parents, on vous en voudra beaucoup moins.

Puisse D.ieu faire que, dans le calme de l’esprit en tous points, vous avanciez, d’une prouesse vers l’autre5, en tout ce qui concerne la crainte de D.ieu et le Judaïsme. Avec fierté et à juste titre, vous porterez le titre que la Torah accorde à chaque fille d’Israël, celui de descendante de Sarah, de Rivka, de Ra’hel et de Léa. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,


Notes

(1) Traité Avoda Zara 19a.

(2) Le Rabbi souligne les mots : « selon ce que son cœur désire » et : « manière ».

(3) Voir, notamment, les Iguerot Kodech, tome 22 à la page 478.

(4) Ce n’est pas contrevenir à l’honneur dû au père de rechercher « ce que son cœur désire ».

(5) Tehilim 84, 8. Voir la conclusion des traités Bera’hot et Moéd Katan.