Lettre n° 9737
Par la grâce de D.ieu,
11 Elloul 5729,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à ta lettre du 4 Elloul. On connaît l’enseignement suivant de nos Sages, de sainte mémoire¹, qui est aussi une décision hala’hique : « Si ce n’est maintenant, quand cela sera-t-il ? ». Cette expression s’applique aux jeunes années, au cours desquelles on peut s’élever dans l’étude de la Torah. Ceci a deux raisons. La première est que le cerveau est alors à même d’absorber mieux et plus profondément les notions saintes et raffinées de la Torah, ce qui est moins le cas par la suite, lorsque le cerveau a d’ores et déjà été investi, pendant un certain temps, en d’autres sujets, même s’ils sont permis. De fait, les domaines permis sont totalement différents de la Torah et, pour un étudiant de Yechiva, il est certain qu’il est inutile d’en dire plus.
La seconde présente un autre aspect. La Guemara dit, et la Hala’ha est tranchée en ce sens², que l’on n’a rien le droit de faire avant la prière. L’une des raisons en est la suivante. Ce qui est accompli après la prière est complètement différent. De ce fait, l’étude de la Torah elle-même est préférable après la prière³ et il en est bien ainsi, pour ce qui te concerne. Tout ce qui doit être accompli sera complètement différent, après l’étude. Dans ta situation, en particulier, tu dois te préparer à la vie et t’organiser en rencontrant, le moment venu, un bon parti. Car, le fondement pour que tout soit réellement bien, soit « bon pour les cieux et bon pour les créatures »⁴, est obtenu après une préparation de Torah, pendant les années qui doivent être consacrées à son étude.
Je connais ta famille, en général et j’ai rencontré ton père plusieurs fois, de même que ta mère. Je suis donc certain qu’ils ne seront pas opposés à la poursuite de tes études à la Yechiva, le plus longtemps possible. Bien plus, ils t’encourageront sur cette voie et ils en seront satisfaits. Que D.ieu t’accorde la réussite pour que ton départ à la Yechiva, afin d’apprendre, avec l’encouragement de tes parents, t’apporte la bénédiction et la réussite, de même qu’à tes parents. Je fais également allusion, au sens le plus simple, à la manière dont ils gagnent leur vie et à leur état de santé.
Je vous donne ma bénédiction pour me transmettre de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit. Tu salueras ton père, en particulier et tu lui transmettras ma bénédiction de complète guérison, de même qu’afin que tous les membres de la famille soient inscrits et scellés pour une bonne année, d’un bien matériel et spirituel,
Notes
¹ Dans le traité Avot, chapitre 1, dans la Michna 14.
² Voir le traité Bera’hot 14a, le Tour Choul’han Arou’h et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ’Haïm, chapitre 89, au paragraphe 3, pour le premier, 4 pour le second.
³ Voir la fin du traité Bera’hot, le Tour Choul’han Arou’h et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ’Haïm, au début du chapitre 155.
⁴ Voir le traité Kiddouchin 40a.

