Lettre n° 9731
Par la grâce de D.ieu,
Roch ’Hodech Elloul 5729,
Brooklyn, New York,
Au jeune homme, le Rav Avigdor,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre de la veille du saint Chabbat Parchat Réeh avec une joie et un plaisir particuliers. L’ordination rabbinique et le diplôme des sages que vous avez reçu y étaient joints. Bien plus, on trouve, dans le texte de cette ordination, plusieurs ajouts, par rapport à la formulation habituelle, ce qui veut dire que les autorités ayant délivré ce certificat ont trouvé au candidat des qualités et des aspects exceptionnels chez ceux qui reçoivent l’ordination.
Tout comme D.ieu vous a aidé à vous élever dans la connaissance de la Torah, jusqu’à être en mesure de trancher concrètement la Hala’ha, Il fera que s’accomplisse en vous l’enseignement de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction¹, selon lequel : « celui qui a cent pièces en désire deux cents et celui qui en a deux cents en veut quatre cents ». Bien entendu, je fais allusion à la connaissance de la Torah², comme nous en avons parlé lorsque vous étiez ici.
Vous connaissez sûrement ma conception, en la matière, ou même en tout état de cause, selon laquelle il est indispensable de connaître aussi la dimension profonde de la Torah, laquelle, à notre époque, a été révélée par l’enseignement de la ’Hassidout. Bien plus, en notre génération, une génération orpheline, placée dans une obscurité intense et profonde, cette connaissance est indispensable à tous ceux qui possèdent des aptitudes pour influencer leur entourage. En effet, une influence véritable doit pénétrer à la fois le cerveau et le cœur de celui qui doit la recevoir. Pour cela, il est nécessaire de parler à son cœur, avec vitalité et enthousiasme, qualités que l’on acquiert essentiellement en étudiant la ’Hassidout et en vivant selon ses voies. Puisse D.ieu faire qu’en la matière également, vous connaissiez la réussite et vous me donniez de bonnes nouvelles.
La présente période a une vertu particulière, dans ce domaine. Les derniers Sages expliquent³, en effet, qu’il convient, pendant le mois d’Elloul et les dix jours de Techouva, d’intensifier le service de D.ieu du cœur qu’est la prière, y compris pour ceux qui, tout au long de l’année, ont l’étude de la Torah pour principale activité. Comme l’établit clairement le Choul’han Arou’h, Ora’h ’Haïm, au chapitre 98, il est indispensable, avant de prier de la manière qui convient, de méditer à la grandeur du Créateur et à l’insignifiance de l’homme, ce qui est précisément l’objet de la ’Hassidout.
Je vous adresse ma bénédiction pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela. Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
¹ Voir, notamment le Midrach Kohélet Rabba, chapitre 1, au paragraphe 13 et chapitre 3, au paragraphe 10, le Ramban et le Be’hayé sur la fin de la Parchat ’Hayé Sarah.
² Qui doit donc être sans cesse augmentée.
³ Elef La Maté, dans le Maté Ephraïm, chapitre 581, au paragraphe 15.

