Lettre n° 9715
Par la grâce de D.ieu,
lendemain des jours de la libération, 12 et 13 Tamouz 5729,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre¹. Les jours qui viennent de s’écouler étaient ceux de la libération de mon beau-père, le Rabbi, chef de notre génération, qui fut également celle de chacun d’entre nous, au sein de tout Israël².
De fait, le sens et le contenu d’une libération sont l’étape suivant l’emprisonnement et l’exil. Bien plus, la libération est le résultat de cet emprisonnement et de cet exil. Car, comme le disent nos Sages, à ce propos : « c’est de l’obscurité que jaillit la lumière »³. Ils soulignent aussi que : « tout ce que D.ieu fait est pour le bien »⁴. Et, un troisième enseignement, surpassant les autres, précise, en outre, que l’obscurité elle-même se transforme en lumière⁵. Selon la formulation de nos Sages⁶ : « ceci est également pour le bien »⁷.
Nos maîtres et chefs expliquent⁸ que l’ordre qui a été retenu est le suivant, bonté, rigueur, miséricorde. En conséquence, après une manifestation et un événement de rigueur, se met en éveil l’attribut de miséricorde, qui surpasse celui de la bonté, le premier et qui est l’attribut de Yaakov⁹, « un héritage sans limite »¹⁰.
Puisse donc D.ieu faire que, dans la largesse à la fois matérielle et spirituelle, chacun médite à la limitation qui est inhérente à toute créature, avec son âme, laquelle est « une parcelle de Divinité céleste véritable »¹¹, emprisonnée et exilée dans un corps de chair et de sang. On doit donc s’investir pleinement en ce qui permet de la faire sortir et de la libérer de cet exil, c’est-à-dire la Techouva et les bonnes actions, avoir pour seul désir d’obtenir un tel résultat.
Il ne faut donc en aucune façon écouter son mauvais penchant¹². Bien au contraire, on emplira le bon penchant¹³ d’animosité à l’encontre du mauvais, que l’on recourbera, jusqu’à servir D.ieu et L’aimer « de tout ton cœur »¹⁴, c’est-à-dire « par tes deux penchants »¹⁵.
En repoussant « l’autre côté » et en transformant l’obscurité en lumière, on rapprochera une délivrance de l’autre¹⁶, celle de son âme de celle du peuple¹⁷ et l’on hâtera la délivrance collective, véritable et complète, par notre juste Machia’h. Alors, « la nuit éclairera comme le jour »¹⁸ et « l’Eternel sera pour toi une Lumière éternelle »¹⁹. Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
* * *
D’après ce que j’ai pu observer²⁰, le fait de parler ici avec ces personnes de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, y compris celles de Bneï Brak, non seulement n’est pas entendu, mais, bien plus, n’est même pas écouté par elles.
Notes
¹ Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes.
² Selon les termes de mon beau-père, le Rabbi, dans sa lettre rédigée à l’occasion de la première célébration du 12 Tamouz.
³ Midrach Tehilim 22, 7.
⁴ Traité Bera’hot 630b.
⁵ Voir le Likouteï Si’hot, tome 2, à partir de la page 393.
⁶ Selon le traité Taanit 21a.
⁷ Traité Taanit 21a.
⁸ Voir, à ce sujet, la lettre n°3262.
⁹ Le Zohar ’Hadach, Parchat ’Houkat 50, 4.
¹⁰ Traité Chabbat 118a.
¹¹ Tanya, au début du chapitre 2.
¹² Voir le Tanya, aux chapitres 31 et 29.
¹³ Traité Bera’hot 5a.
¹⁴ Traité Bera’hot 54a.
¹⁵ La plus haute perfection en ce sens est décrite par le Yerouchalmi, à la fin du traité Bera’hot.
¹⁶ Selon le traité Meguila 6b.
¹⁷ Tanya, au chapitre 36.
¹⁸ Tehilim 139, 12.
¹⁹ Ichaya 60, 19.
²⁰ Ce paragraphe a été ajouté sur l’exemplaire de cette lettre adressé au Rav Yaakov Landa, de Bneï Brak.

