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Sidra de Souccot

  • Souccot
Editorial

 D’unité et de joie

C’est une formule connue : le mois de Tichri est rassasié de fêtes et d’expériences spirituelles les plus diverses. Ne sommes-nous pas passés de Roch Hachana à Yom Kippour et ne voyons-nous pas Souccot investir à présent notre horizon ? Traverser ainsi tous ces jours pourrait nous conduire à ne considérer que leurs singularités alors que, toujours, une unité profonde les lie, celle du mois de Tichri lui-même.

Dans la vision juive, l’unité n’est pas un concept parmi d’autres ou un souhait rituel. Elle est, littéralement, un impératif. Justement la fête de Souccot le souligne. Nos Sages l’expriment en une phrase : « Tout Israël peut résider dans une Souccah unique. » En d’autres termes, rien ne sépare jamais profondément les membres de notre peuple. Nous constituons éternellement « une unique assemblée » et chacun est aussi proche de l’autre que de lui-même.       Observons la Souccah. Elle nous entoure de tous côtés, ignore les distinctions, réunit au même niveau tous ceux qui y entrent. Et cela est infiniment précieux. Elle est la « demeure » du moment, le lieu de la joie et de la célébration, finalement celui de la vie.

Bien sûr, la question monte d’elle-même : vouloir parvenir à une telle unité n’est-il pas illusoire ? L’homme est une créature dotée d’un fort sentiment d’individualité. De plus, chacun a sa propre manière de voir. Comment donc parler d’unité véritable et sincère, au sens plein du terme ? C’est qu’ici il n’est pas question d’apparence ou de superficiel mais, au contraire, de l’essence des choses. Nous sommes certes des individus séparés physiquement parlant mais toutes les âmes sont unies. Elles forment un tout, se complétant l’une l’autre. C’est cette unité-là qu’il nous est donné de vivre pendant toute la semaine de Souccot et c’est encore elle qui culminera dans l’explosion de joie de Sim’hat Torah. Car l’unité brise les barrières et les limitations. A nous de la ressentir pour la mettre en œuvre, pour une année d’allégresse.

Etincelles de Machiah

 Plus de faute involontaire

Lorsque le Machia’h viendra, le penchant vers le mal qui existe aujourd’hui dans le cœur de chaque homme, cessera d’exister. Le prophète Zacharie (13 : 2) l’a enseigné dans ces termes : « Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre ».

Cela signifie que la gloire de D.ieu deviendra si manifeste dans le monde entier qu’une simple figue criera si l’on menace de la cueillir un jour de Chabbat (Midrach Tehilim, fin du chap. 73).

Il est clair que, dans un tel contexte, commettre une faute sera radicalement impossible. Il sera même impossible d’en commettre une involontairement de même qu’en notre temps il est impensable qu’un petit enfant mette sa main dans une flamme.

(d’après Likouteï Si’hot, vol. XXV, p. 263)

Vivre avec la Paracha

 SOUCCOT

YOM KIPPOUR ET SOUCCOT : TROIS LIENS

Contradiction ou complémentarité ?

Yom Kippour constitue sans nul doute le jour le plus solennel de l'année. La gravité de l'atmosphère y est d'une telle intensité qu'elle en devient presque tangible. Paradoxalement, seulement quatre jours plus tard, nous observons Souccot, la « saison de notre réjouissance », mettant ainsi en évidence la période la plus joyeuse de l'année !

Ces deux fêtes présentent-elles une contradiction ? Le cas échéant, ne serait-il pas plus rationnel de les situer à des périodes distinctes de l'année, ou pour le moins, lors de mois différents ?

En réalité, ces deux célébrations ne sont nullement mutuellement exclusives mais au contraire, tout à fait complémentaires.

On peut présenter trois approches pour saisir la relation entre Yom Kippour et Souccot :

Yom Kippour est le moment où nous nous présentons devant D.ieu pour le jugement, Le suppliant et L'implorant de satisfaire nos requêtes pour une année favorable. Souccot constitue la réponse de D.ieu. L'entrée dans la Souccah a été comparée à l'acte par lequel D.ieu nous accueille dans Son étreinte, signifiant ainsi qu'Il a entendu nos prières et qu'Il a agréé nos supplications. Tandis que Yom Kippour représente le déversement de nos âmes vers D.ieu, Souccot incarne l'amour omni-enveloppant de D.ieu pour nous. Yom Kippour et Souccot constituent les deux faces d'une même pièce.

Les nuages

Par ailleurs, l'un des rituels primordiaux de Yom Kippour consistait en l'offrande d'encens au sein de l'enceinte la plus intime et la plus sacrée du Beth Hamikdach (le Saint Temple de Jérusalem) : le Saint des Saints. Ce rite exigeait que la fumée issue de la combustion de l'encens sature la totalité de la chambre. Cette fumée est caractérisée dans la Torah sous la forme d'un nuage.

Souccot est également associé à la notion de nuage divin. La Torah nous enseigne, comme le précisent nos Sages, que Souccot a pour fonction de commémorer les nuées de gloire miraculeuses qui accompagnèrent le Peuple juif dans le désert depuis son départ d'Égypte.

Par conséquent, Yom Kippour et Souccot gravitent tous deux autour du thème des nuages divins. A Yom Kippour, nous générons le nuage qui, ultimement, nous enveloppera lors de Souccot.

Quelle est la signification d'un nuage ? Et pourquoi, parmi l'ensemble des métaphores, le nuage est-il employé pour décrire la manière dont D.ieu se révèle à nous ?

Il s’agit de l'expression d'une force qui demeure méconnaissable et mystérieuse.

Atteindre le méconnaissable

Yom Kippour comme Souccot nous permettent de « toucher » le méconnaissable. La distinction réside dans le fait que seul le Cohen Gadol (le Grand Prêtre) pouvait percevoir la nuée de Yom Kippour, étant le seul à pouvoir pénétrer dans l'enceinte intérieure du Temple.

Chacun d’entre nous possède un sanctuaire intérieur qui peut ressentir et toucher l'Essence insondable de D.ieu, mais seulement dans les replis les plus dissimulés de l'âme.

Durant la fête de Souccot, toutefois, le mystère de la dissimulation et de l'altérité de D.ieu quitte le Saint des Saints pour envelopper chaque Juif résidant dans une Souccah. Ce que Yom Kippour représente pour le Cohen Gadol durant les quelques instants passés dans le Saint des Saints devient la demeure « normale » de chaque Juif pendant une semaine entière, de jour comme de nuit. Par conséquent, habiter dans une Souccah devrait engendrer à la fois de la joie et de la crainte face au privilège sans précédent d’être aussi proche de la présence transcendante de D.ieu.

Deux expériences enveloppantes

On peut établir un autre parallèle entre Yom Kippour et Souccot :

Dans toute la vie juive, deux Mitsvot impliquent l’’individu tout entier : la Mitsva de résider dans une Souccah et la Mitsva de s’immerger dans un Mikvé.

Selon nos Sages, Yom Kippour est comparable à un Mikvé. Citant le verset biblique : « D.ieu est le Mikvé d'Israël », nos Sages de la Michna expliquent que le terme Mikvé (dont la traduction littérale est « espoir ») peut également être interprété comme un Mikvé, une masse d'eau qui enveloppe totalement la personne et assure sa purification. Lorsqu'à Yom Kippour, l’individu s'approche de D.ieu avec des sentiments profonds de repentir et un désir sincère de retourner vers Lui et Ses commandements, D.ieu l’enveloppe et, par conséquent, procède à sa purification.

L'autre Mitsva qui implique et enveloppe la totalité de la personne est, naturellement, la Souccah.

Toutefois, ces deux formes d'enveloppement sont différentes :

La première différence réside dans le fait qu'une masse d'eau ne constitue pas l'état naturel de l'homme. L'immersion dans un Mikvé est donc, par nécessité, d'une durée limitée. La Souccah, par contre, constitue un cadre tout à fait naturel et s'avère tout à fait habitable pendant de longues périodes, durant lesquelles l'on peut respirer et vivre normalement.

La seconde différence est que, bien que le Mikvé enveloppe l'intégralité du corps, il est impossible de s'y immerger tout en portant ses vêtements. Lors de l'immersion dans un Mikvé, nous ne transportons dans l’eau ni nourriture ni boisson, ni table ni couverts. Une Souccah, par sa conception même, exige que nous y pénétrions pleinement vêtus et équipés afin d’y tenir un festin de Fête substantiel.

Le Sacré et le « Normal »

Ces deux distinctions sont révélatrices d'un basculement qualitatif dans la manière selon laquelle la D.ieu nous enveloppe durant Souccot, par opposition à Yom Kippour.

Lors de Yom Kippour, nous pénétrons dans le Saint des Saints, un lieu ordinairement interdit, un espace dont l'accès nous est rigoureusement défendu lors des autres périodes de l'année. Yom Kippour nous transporte vers un monde différent. Nous cessons d'être des êtres humains ordinaires pour adopter une identité d’ange. Dans ce monde, il nous est impossible de transporter nos vêtements, c'est-à-dire nos identités et nos possessions extérieures. Nous n'y emportons que les aspects les plus intimes de notre essence. L'espérance réside dans le fait que cette expérience laissera une empreinte indélébile, de sorte que, même après Yom Kippour, les effets de cette immersion totale demeureront perceptibles.

En revanche, lors de Souccot, il ne nous est pas imposé de quitter notre propre monde pour rejoindre un univers étranger et plus céleste. Nous ne faisons que déplacer le lieu de notre existence, passant de nos demeures solides et structurées à la fragilité de la Souccah. Par conséquent, Souccot nous octroie la faculté d'être pleinement enveloppés par cette aura divine tout en demeurant fermement connectés au monde normal situé à l'extérieur du Saint des Saints.

Être totalement entouré par une Mitsva durant Souccot nécessite une dimension supplémentaire à celle du processus d'expiation de Yom Kippour.

La synthèse du Mikvé et de la Souccah

L'Ère du Machia’h est à la fois comparée à une Souccah et à un Mikvé. Dans nos prières, nous demandons : « Étends sur nous la Souccah de Ta paix ». Et le prophète Yichayahou (Isaïe) dépeint la future ère messianique comme une période durant laquelle nous serons immergés dans les eaux de la Connaissance divine.

Dans le contexte limité de l'exil, l'existence peut être soit un Mikvé, soit une Souccah. Il nous est impossible de vivre dans les deux à la fois. Un Mikvé exige, comme nous l’avons vu, que l’on se débarrasse de ses vêtements, tandis qu'une Souccah requiert que nous soyons vêtus.

L'acte de se dévêtir constitue également une métaphore de l'abandon total et du dépouillement de notre manière de réfléchir et de ressentir. Un prophète, avant de prophétiser, se dépouillait de ses vêtements en vue de se rendre réceptif au message divin. Une annulation complète de l'ego et de l'individualité s'avère nécessaire dans un Mikvé, servant de prélude à la nouvelle naissance qui en découle.

La Souccah, par opposition, est le lieu où nous recevons l'injonction de consommer nos repas en étant totalement vêtus, littéralement ou sous forme figurée. Nos personnalités individuelles demeurent intactes et se trouvent même accentuées. Certes, dans la Souccah, nous sommes unis en un tout, mais cela ne s'opère pas au détriment de nos identités individuelles. Elles n'entrent pas en conflit. La Souccah constitue ainsi une source de paix et d'unité.

Néanmoins, en raison des contraintes de l'existence, il nous est impossible d'occuper simultanément le Mikvé et la Souccah. A l'ère du Machia’h, nous pourrons expérimenter simultanément l'immersion totale et l'annulation, tout en conservant notre caractère individuel. Cela sera possible car alors, nous serons exposés à la Lumière infinie de D.ieu, sans aucune limite. Une énergie divine infinie s'intégrera harmonieusement dans le monde physique fini.

La Souccah dans laquelle nous résidons aujourd'hui et le Mikvé dans lequel nous nous immergeons actuellement annoncent donc l’ère messianique, période durant laquelle l'ensemble des dichotomies disparaîtra. Nous bénéficierons alors de l'expérience de ce que Maimonide qualifie d' «eaux de la connaissance pure ». Tout en conservant nos personnalités et nos vêtements, au sens littéral comme figuré, nous serons tous étreints par D.ieu.

Le Coin de la Halacha

 Souccot – Chemini Atsérèt – Sim’hat Torah

  • SOUCCOT

« Dans des Souccot, vous habiterez durant sept jours… afin que vos générations sachent que c’est dans des Souccot que J’ai fait habiter les enfants d’Israël lorsque Je les ai fait sortir du pays d’Egypte. »

Chaque Juif prend ses repas dans une Souccah, une cabane recouverte de branchages, depuis vendredi soir 25 septembre 2026 jusqu’à Chémini Atsérèt inclus, c’est-à-dire samedi après-midi 3 octobre.

On essaiera d’habituer les petits garçons à prendre aussi leur repas dans la Souccah. Les femmes ne sont pas astreintes à ce commandement. Il est recommandé d’avoir des invités dans la Souccah.

Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on dira la bénédiction adéquate suivie de la bénédiction :

« Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léchève Bassouccah. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné de résider dans la Souccah. »

Vendredi 25 septembre 2026, on préparera son Loulav (c’est-à-dire assembler Loulav , Hadassim et Aravot..) avant Chabbat !

Après avoir mis quelques pièces à la Tsedaka (charité), avant 19h 24 (en Ile-de-France), les femmes mariées allument au moins deux bougies (les jeunes filles et les petites filles allument une bougie. On veillera aussi à allumer une bougie de 48 heures) en récitant les bénédictions suivantes :

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chèl Chabbat Véchèl Yom Tov. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et de la fête. »

2) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cet instant. »

Samedi soir 26 septembre 2026, après 20h 27 (en Ile-de-France) elles allument les bougies - à partir de la bougie de 24 ou 48 heures allumée avant la fête - avec les bénédictions suivantes :

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chel Yom Tov. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière de la fête. »

2) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cet instant. »

Les 2 premiers jours de Souccot se terminent dimanche 27 septembre 2026 après 20h 25 (en Ile-de-France) et on récite la prière de la Havdala dans la Souccah - sans épices et sans bougie tressée.

On entre alors dans la semaine de ‘Hol Hamoèd, demi-fête. On évite de travailler. On ne met pas les Téfilines (sauf dans certaines communautés ashkénazes).

A partir du dimanche 27 septembre et jusqu’au vendredi 2 octobre inclus, on récite chaque jour (sauf Chabbat) la bénédiction sur les « quatre espèces » (cédrat, branche de palmier, feuilles de myrte et feuilles de saule) avec la bénédiction :

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Al Netilat Loulav. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné de prendre le Loulav. »

La première fois, on ajoute :

« Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

Tous les soirs de Souccot, on organise, si possible dans la rue, une fête joyeuse, Sim’hat Beth Hachoéva.

  • Hochaana Rabba (vendredi 2 octobre 2026)

Jeudi soir 1er octobre 2026, veille de Hochaana Rabba : il est de coutume que les hommes restent éveillés la nuit pour lire le livre de Devarim (Deutéronome) et tout le livre de Tehilim (les Psaumes).

Vendredi 2 octobre 2026

- On agite les Quatre Espèces en récitant la bénédiction.

- On récite les Hochaanot pendant la prière du matin ; on tourne sept fois autour de la Bima (table de lecture de la Torah).

- On frappe cinq fois par terre les Aravot (cinq branches de saule). C’est une très ancienne coutume instituée par les Prophètes.

  • Chemini AtsÉrÈt :

Vendredi soir 2 octobre, avant 19h 09 (en Ile-de-France), les femmes, jeunes filles et petites filles mettront des pièces à la Tsedaka et allument les bougies de la fête (ainsi qu’une bougie de 48 heures) en récitant les bénédictions suivantes :

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chel Chabbat Véchèl Yom Tov. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et du jour de fête. »

2) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cet instant. »

On mange encore dans la Souccah mais sans réciter la bénédiction « …Léchèv Bassouccah ».

Dans certaines communautés, on procède aux Hakafot ce vendredi soir en dansant dans la synagogue avec les rouleaux de la Torah.

Samedi matin 3 octobre 2026 :

- Prière de Yizkor pour les parents disparus.

- Prière de « HaGuéchème » pour la pluie.

  • Sim’hat Torah

Samedi soir 3 octobre 2026 après 20h 13, les femmes, jeunes filles et petites filles allument les bougies de la fête (les femmes mariées deux bougies, les filles une seule bougie) à partir de la bougie de 48 heures allumée la veille avec les bénédictions.

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chèl Yom Tov. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Ses Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière de la fête. »

2) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre et exister et parvenir à cet instant. »

A partir de ce soir, on ne mange plus dans la Souccah.

Hakafot : on danse samedi soir dans la synagogue avec les Sifré (rouleaux de la) Torah.

La fête se termine dimanche 4 octobre 2026 après 20h 11 avec la cérémonie habituelle de la Havdala sans épices et sans bougie tressée.

Le Recit de la Semaine

 Le sport mène à tout…

Le peuple américain a dernièrement fêté le 250ème anniversaire de son indépendance. Cela m’a rappelé le 200ème anniversaire, il y a cinquante ans, en juillet 1976. A cette occasion, de nombreux pays avaient envoyé chacun deux bateaux afin de participer à une parade navale autour de la presqu’île de Manhattan. Bien entendu, le gouvernement israélien avait lui aussi envoyé deux bateaux avec deux équipages de marins. Le jeune étudiant de Yechiva, Feivish Zalmanov organisa que, chaque jour, une dizaine de soldats-marins se rendraient au 770 Eastern Parkway (la synagogue du Rabbi à Brooklyn) pour la prière de Min’ha. C’était un spectacle impressionnant : on remarquait de loin ces soldats en képis, vêtus d’uniformes blancs immaculés au milieu des ‘Hassidim avec leurs chapeaux et leurs costumes sombres… On leur réservait des places juste devant la table du Rabbi et, à la fin de la prière, le Rabbi regardait chacun d’entre eux puis leur faisait distribuer de sa part un Siddour (livre de prières) par les membres de son secrétariat.

Accompagnant ce groupe de soldats, un journaliste sportif était chargé de rapporter en Israël les anecdotes et les détails de ce voyage. Quand il vit tous ces soldats se rendre au 770, il décida de les suivre afin d’agrémenter son reportage avec des détails exotiques. Lui aussi eut droit à un regard appuyé du Rabbi et ceci le bouleversa profondément, une sensation qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant.

A son retour en Israël, il décida de s’intéresser plus sérieusement au mouvement ‘Habad-Loubavitch et alla passer un Chabbat dans le village de Kfar ‘Habad, bien que son père s’opposât fermement à son intérêt soudain pour ces « fanatiques primitifs etc. ».

A la sortie de Chabbat, il annonça à ses parents qu’il restait quelques jours de plus sur place, jusqu’au début du mois d’Elloul. On imagine la réaction de son père…

A peu près à la même époque, on lui proposa une place de journaliste sportif dans le grand quotidien Yediot A’haronot. Les étudiants de Yechiva qui l’entouraient lui suggérèrent de demander conseil au Rabbi : le Rabbi répondit de ne pas accepter cette offre et il s’y conforma. Deux jours avant Roch Hachana, il arriva pour la deuxième fois de sa vie au 770 mais, cette fois, il arborait déjà une petite barbe et portait un costume sombre avec un chapeau. Comme il me restait un lit vide dans l’internat, je l’invitai dans ma chambre et il passa tout le mois des fêtes comme un étudiant de Yechiva, en suivant le même programme, assistant à tous les offices, observant les vieux ‘Hassidim sortis de Russie et si sincères dans leur vie quotidienne, profitant des réunions et autres activités incessantes au 770.

La nuit de Sim’hat Torah, les festivités durèrent très longtemps car le Rabbi attendait le retour des délégations de ‘Hassidim qu’il avait chargées d’aller réjouir les Juifs des autres synagogues de Brooklyn, parfois à des heures de marche. De plus, des diplomates israéliens arrivaient alors de Manhattan pour discuter avec le Rabbi. Bref, ce n’est qu’à quatre heures et demi du matin que je sortis du 770 pour prendre le repas de fête chez mon frère Moché. Apercevant Rami, mon ami journaliste qui n’avait pas prévu où manger, je lui proposai de m’accompagner chez mon frère. Nous étions plusieurs convives assis autour de la table bien garnie et nous avons chanté, dit Le’haïm etc. Mais l’un des invités restait comme recroquevillé dans son coin et ne se mêlait pas aux discussions joyeuses, comme s’il n’était pas là. Nous l’avons gentiment pressé de se détendre avec nous puis Rami se décida à parler, en affirmant qu’il regrettait d’avoir passé les fêtes auprès du Rabbi : « Il y a là tellement de monde et comment le Rabbi peut-il distinguer ma présence ? C’est vrai qu’il m’a conseillé de ne pas accepter l’offre du Yediot A’haronot mais comment puis-je être sûr que le Rabbi me connaît ? ».

Nous avons tenté de le rassurer en lui rapportant des histoires vécues comme celle que j’avais entendue de la personne à qui elle était arrivée, un ‘Hassid qui avait coutume de se rendre chaque année chez le Rabbi pour Souccot et Sim’hat Torah. Une de ses filles, âgée de 12/13 ans avait décidé d’économiser de l’argent toute l’année pour pouvoir voyager avec son père.

Au moment d’acheter son billet, elle avait soudain changé d’avis et avait demandé que le billet soit établi au nom de sa mère qui, elle non plus, n’avait jamais effectué ce voyage.

Le Rabbi avait coutume de distribuer du Léka’h (gâteau au miel) aux ‘Hassidim la veille de Yom Kippour puis, de nouveau, le jour de Hochaana Rabba pour ceux qui n’étaient pas présents auparavant puis aux femmes, à la porte de sa Souccah. Quand la dame arriva, tremblante, devant le Rabbi, il lui remit comme à chacune un morceau de Léka’h sur une serviette en papier en lui souhaitant une bonne et douce année puis lui donna un deuxième morceau en précisant : « Pour votre fille ». Or, elle avait plusieurs garçons et filles mais le Rabbi savait exactement ce qui s’était passé et laquelle de ses filles méritait vraiment cette attention particulière…

Rami avait écouté mais n’était toujours pas convaincu…

Le lendemain, à la fin de la fête de Sim’hat Torah, le Rabbi distribuait un peu de vin du verre sur lequel il avait récité la prière de la Havdala, d’abord aux anciens ‘Hassidim puis aux pères de familles et enfin aux jeunes gens.

Quand Rami avança avec les jeunes étudiants de Yechiva, c’était en fait la deuxième fois qu’il était si près du Rabbi ; mais son apparence avait bien changé et maintenant il portait la tenue parfaite du ‘Hassid : chemise blanche, barbe, chapeau… Le Rabbi versa un peu de vin dans le verre que tenait Rami, lui adressa un grand sourire et lui demanda : « Comment vas-tu Rami ? ».

(Quand Rami avait écrit au Rabbi pour la place au journal Yediot A’haronot, il avait signé de son vrai prénom, Ra’hamim : comment le Rabbi savait-il que tous l’appelaient de ce surnom ?)

Stupéfait, Rami ne parvenait plus à bouger et on dut le pousser pour qu’il avance et laisse la place aux autres dans la queue.

Dès qu’il sortit, bouleversé, du 770, il se précipita chez mon frère et se mit à tambouriner à la porte encore et encore jusqu’à ce que Moché se réveille en sursaut, inquiet qu’on le réveille à cinq heures du matin. Quand il aperçut Rami, il s’étonna :

- Que se passe-t-il ?

- C’est ici que j’ai fauté, répondit Rami tout essoufflé, c’est ici que je viens reconnaître mon erreur !

Mena’hem Cohen

Traduit par Feiga Lubecki