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Sidra de Yom Kippour

  • Yom Kippour
Editorial

 Des bénédictions pour tous

Avec Roch Hachana nous avons, selon le mot de nos Sages, couronner D.ieu comme notre Roi. Cela est précieux car le lien ainsi renouvelé nous accompagne depuis lors et va continuer de le faire au fil des jours à venir. Et voici venu le jour unique de Yom Kippour, véritablement à nul autre pareil. En ce jour, nous nous présentons devant notre Créateur comme des enfants devant leur Père. Conscients de ce que nous sommes et de nos manques, nous Lui demandons d'effacer tout ce que nous portons de négatif pour nous permettre de construire un monde nouveau.

Et cette demande va encore bien au-delà de ce qu’elle semble représenter. Car, dans ce dialogue extraordinaire qui se noue entre le Créateur et Ses créatures, c’est véritablement l’essence de chacun qui s’exprime. Les prières dites le jour de Yom Kippour le donnent à comprendre et à ressentir. Elles sortent littéralement du cœur et parviennent ainsi au cœur de la Présence Divine. C’est pourquoi, qui que l’on soit, quels que soient ses choix personnels de vie, on trouve toujours sa place à la synagogue en ce jour.

C’est que, à l’époque du Temple, le Cohen Gadol, le grand-prêtre, entrait dans l’endroit le plus saint de l’univers, le Saint des Saints où se révélait l’Essence de D.ieu. Une triple sainteté ultime se révélait ainsi : le jour le plus saint, l’homme le plus saint dans l’endroit le plus saint, comme une autre façon de dire l’unité fondamentale. La liturgie de Yom Kippour rappelle tout cela mais surtout il nous est donné de le revivre. Même si la cérémonie proprement dite n’existe plus, notre présence à la synagogue le jour de Yom Kippour en est la fidèle traduction.

Pour cette raison, il faut vivre pleinement ce moment qui passe. Il nous apporte, avec le pardon Divin, les plus grandes bénédictions et la force qui nous donnera à vivre pendant toute l’année qui commence. Puisse-t-elle être bonne pour chacun.

Etincelles de Machiah

 « D.ieu sera Un et Son Nom sera Un »

Le prophète Zacharie (14:9) enseigne au sujet du temps de Machia’h : « En ce jour, D.ieu sera Un et Son Nom sera Un ». Il est clair que l’unité de D.ieu est un fondement du judaïsme mais pourquoi lier la révélation de cette idée à la venue de Machia’h ?

C’est qu’en notre temps, l’Unité divine n’apparaît pas à l’évidence. Le monde paraît constituer une existence autonome. Au contraire, dans le monde de Machia’h, l’unité du Créateur sera manifeste aux yeux de tous. Chacun verra que le monde est inexistant devant la Lumière divine qui le fait vivre.

(d’après Torah Or, Vaéra p. 55c)

Vivre avec la Paracha

 YOM KIPPOUR

Il était une fois un grand roi qui avait une fille unique, belle et vertueuse. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, de nombreux princes et ducs vinrent demander sa main. Mais elle les refusa tous, trouvant à chacun un défaut : l’un était trop gourmand, l’autre trop porté sur le vin... Finalement, le roi, impatient, déclara que le prochain homme qui se présenterait aux portes du palais deviendrait son époux.

Le hasard fit arriver un simple paysan. Fidèle à sa parole, le roi lui donna sa fille en mariage. Le paysan l’emmena dans son village et la traita comme une épouse ordinaire. La princesse dut travailler durement jusqu’à ce que ses mains et son visage délicats portent les marques de la fatigue. Les villageois, jaloux et méprisants, se moquaient d’elle et l’insultaient.

Malheureuse, elle écrivait chaque jour à son père pour lui raconter ses souffrances. Le roi décida de lui rendre visite. Dès que les villageois apprirent son arrivée, tout changea : la maison fut nettoyée et décorée, la princesse fut libérée de son travail, vêtue avec élégance et entourée de respect. Le roi fut heureux de voir sa fille honorée et ne comprit pas ses plaintes.

Mais au moment de partir, la princesse le supplia de l’emmener avec lui. Elle lui expliqua que tout cet honneur n’était qu’une apparence destinée à impressionner le roi et que, dès son départ, elle serait à nouveau humiliée.

Le roi interrogea alors son gendre. Celui-ci reconnut qu’il savait que sa femme était une princesse, mais qu’en tant que pauvre paysan, vivant dans un environnement envieux et méprisant, il était incapable de lui offrir la vie qu’elle méritait. Il demanda donc au roi de l’élever à son rang et de lui donner les moyens de vivre dignement avec elle.

* * *

Le Roi des rois, D.ieu, voulut d’abord donner Sa fille, la Torah, à Adam. Mais la Torah dit : « C’est un glouton. Il a mangé le fruit de l’arbre de la connaissance contre Ton gré ». Finalement, D.ieu confia la Torah au peuple d’Israël, qu’Il venait de libérer d’Égypte.

Pourtant, durant l’année, la Torah est souvent négligée et même humiliée. À l’approche de Roch Hachana, les jours d’Elloul annoncent l’arrivée du Roi. Le peuple se réveille : il prie, étudie, récite des Tehilim (Psaumes) et se prépare à accueillir D.ieu. À Yom Kippour, il se repent et retrouve sa pureté. Mais après la Neïla, après le son du Choffar, lorsque la Présence divine se retire, la Torah supplie D.ieu de la prendre avec Lui, de peur d’être oubliée.

Le peuple s’écrie qu’il connaît sa grandeur, mais qu’il vit dans un monde qui ne lui permet pas toujours de l’honorer comme elle le mérite. Il demande alors au Roi de le ramener en Terre Sainte, afin de pouvoir vivre pleinement selon la Torah.

Ainsi, « l’an prochain à Jérusalem ! » n’est pas une simple formule d’espoir. C’est le cri d’un peuple qui demande à retrouver les conditions nécessaires pour rendre à la Torah toute sa dignité. Revenir à Jérusalem, c’est vouloir retrouver un monde où la Torah, fille du Roi des rois, pourra enfin être honorée comme elle le mérite.

Il nous revient donc de préparer ce retour en entourant dès à présent la Torah de tout le faste qu’elle mérite et en respectant, de toutes nos forces, ses commandements.

L'ABONDANCE ET L'ABSTINENCE

Que désire D.ieu ?

Yom Kippour se définit par l'obligation de s'abstenir de toute nourriture depuis le coucher du soleil de la veille de Yom Kippour jusqu'après l'obscurité du jour suivant. Il est évident que le jeûne est considéré comme un moyen puissant pour se repentir et se transformer.

Paradoxalement, il existe également une obligation de festoyer le jour précédant Yom Kippour. Ainsi que le soulignent nos Sages : « Celui qui mange et boit le jour précédant Yom Kippour est considéré comme s'il avait jeûné durant deux jours ».

Comment peut-on expliciter cette double approche entre l'abstinence et l'abondance ? Laquelle constitue l'approche préconisée pour le retour vers D.ieu ? Certes, la nécessité de s'alimenter avant le jeûne afin de permettre de jeûner est nécessaire ; toutefois, si le jeûne constitue un tel idéal, pourquoi le Talmud accorde-t-il une si grande importance au festin précédant l'abstinence ?

Le jeûne et le festin constituent les deux faces d'une même réalité

En vérité, d'un point de vue spirituel, le jeûne et le festin représentent les deux versants d'une entité unique.

Et puisque le festin précède le jeûne, analysons d'abord la dynamique du festin, selon une perspective spirituelle.

En apparence, il semblerait que le festin constitue l'état d'existence le plus « normal ». Après tout, l'être humain ne saurait survivre sans se nourrir. Une réflexion plus approfondie révèle toutefois que l'intégralité du processus de l'alimentation contredit la logique élémentaire. Comment se fait-il qu'un être humain, forme suprême de la création, nécessite d'être nourri par la consommation d'autres formes de vie inférieures, telles que les animaux, les plantes et même les minéraux ?

Cache-cache

Afin d'apporter une réponse, il convient de s’interroger sur les raisons de notre présence ici-bas. Pour quelle raison D.ieu nous a-t-Il créés ? Quelles sont Ses attentes à notre égard ?

La résolution de cette question essentielle réside dans le fait que D.ieu a instauré un monde imparfait et déséquilibré, de sorte que nous puissions agir en tant que partenaires de Sa volonté pour le perfectionner et le redresser.

Prenons un exemple : bien que D.ieu fournisse une part conséquente de la matière première nécessaire à notre existence, seuls les êtres humains possèdent la capacité de la transformer en ressources utiles.

Un autre exemple, plus immédiat : toute entité est dotée d'une énergie spirituelle. Néanmoins, D.ieu a délibérément caché une part importante de cette énergie afin que nous, êtres humains, en faisant usage de notre intelligence et de notre libre arbitre pour accomplir le bien, puissions découvrir cette énergie et la libérer.

Où D.ieu dissimule-t-Il cette énergie spirituelle ? Dans des strates d'existence inférieures à celle de l'être humain. En nous soumettant à une dépendance alimentaire, Il nous donne la faculté de « trouver » les « étincelles de sainteté » dissimulées au sein de la nourriture.

Accéder à l'énergie

Comment parvenons-nous à accéder à cette énergie ?

En se conformant aux prescriptions divines relatives aux lois de l'alimentation (notamment par l'observation de la Cacherout, la récitation d'une bénédiction avant de manger, ou encore en utilisant l'énergie issue de la nutrition à des finalités vertueuses, etc.), nous restaurons l'énergie divine cachée et la ramenons là où elle appartient : dans la sphère humaine, évitant ainsi qu'elle ne demeure « confinée » au sein du végétal ou de l'animal, lesquels sont dépourvus de la capacité d'exploiter cette énergie positive.

Dans cette perspective, il est clair que l'acte de se nourrir dépasse, et de loin, la simple fonction biologique ; il constitue, un processus visant à inverser le déséquilibre instauré par D.ieu dans ce monde.

Rétablir le déséquilibre

Il devient, dès lors, possible de comprendre la raison pour laquelle est prescrit l'accomplissement de la Mitsva consistant à festoyer la veille de Yom Kippour. À Yom Kippour il s’agit de restaurer le déséquilibre dans nos propres existences.

D.ieu nous a dotés d'une multitude de talents, d'énergie et de capacités.

Néanmoins, il arrive fréquemment que nous détournons ces ressources à des fins inappropriées. Ou bien encore, par moments, nous négligeons tout à fait de les mettre à profit.

Un moyen pour stimuler la réorientation de ces énergies égarées réside dans la pratique de l'alimentation en prélude au jeûne de Yom Kippour. Ce festin pré-Yom Kippour sert à provoquer la libération de l'énergie divine qui avait été mal orientée, nous préparant ainsi à rediriger l'ensemble de nos énergies positives.

Une fois nos énergies rétablies là où elles appartiennent, nous pouvons franchir l'étape suivante : Yom Kippour. Après avoir restauré l'équilibre de nos âmes et, par extension, de notre monde, nous nous saisissons de cette énergie ainsi transformée pour nous élever vers des dimensions supérieures : nous devenons semblables aux anges. Il ne nous est plus nécessaire de puiser notre subsistance auprès de sources « extérieures » ; nous sommes alors en mesure de subsister grâce à l'énergie que nous avons réintégrée en nous-mêmes.

Yom Kippour constitue par conséquent le moment durant lequel nous devenons capables de vivre dans un monde idéal, où la recherche d'une nourriture spirituelle extérieure à nous-mêmes s'avère superflue ; nous tirons l'intégralité de la subsistance requise de notre propre existence spirituelle.

Évocation du Monde Futur

Yom Kippour est par conséquent analogue à la description formulée par nos Sages de l'étape ultime du Monde Futur, « où il n'y a ni nourriture ni boisson ». À cette époque spirituelle, la nécessité de se nourrir et de s'hydrater s'avérera inexistante, dans la mesure où nous n’aurons plus besoin de rectifier ni d’inverser les déséquilibres de la nature. Notre attention sera intégralement consacrée à la subsistance par la Divinité contenue en nous-mêmes. Bien que cela soit actuellement hors de notre portée, Yom Kippour nous offre une journée nous permettant d’accéder à un « avant-goût » de l'avenir.

Le Coin de la Halacha

 Que fait-on à Yom Kippour ?

(cette année depuis dimanche soir 20 septembre au lundi 21 septembre 2026)

La veille de Yom Kippour (ou dans la semaine qui précède), on procède aux « Kapparot » : on fait tourner autour de sa tête trois fois un poulet vivant (ou un poisson, ou une somme d’argent multiple de 18) en récitant les versets traditionnels ; puis on donne le poulet (ou le poisson ou la valeur monétaire) à une institution charitable.

La veille de Yom Kippour (cette année dimanche 20 septembre 2026), on a coutume de demander au responsable de la synagogue du gâteau au miel, symbole d’une bonne et douce année.

Jusqu’à la fin du mois de Tichri, on ne récite plus le Ta’hanoun (supplications).

Il est d’usage que les hommes se trempent au Mikvé (bain rituel), si possible avant la prière de Min’ha. On met les vêtements de Chabbat. Après la prière de Min’ha, on prend un repas de fête, sans poisson ni viande, mais avec du poulet. Après le repas, les parents bénissent les enfants et leur souhaitent d’aller toujours dans le droit chemin.

Après avoir mis des pièces à la Tsedaka, les femmes mariées allument au moins deux bougies avant 19h 35 (en Ile-de-France) - les jeunes filles et les petites filles allument une bougie. Il est d’usage d’allumer également une bougie qui dure au moins vingt-cinq heures et sur laquelle on récitera la bénédiction de la « Havdala » à la fin de la fête. On allume aussi des bougies de vingt-cinq heures à la mémoire des parents disparus. Les femmes et filles se couvrent le visage de leurs mains et récitent les deux bénédictions suivantes :

1) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Achèr Kidéchanou Bémitsvotav Vétsivanou Léhadlik Nèr Chèl Yom Hakipourim. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné d’allumer la lumière de Yom Kippour ».

2) « Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélèkh Haolam Chéhé’héyanou Vékiyémanou Véhiguianou Lizmane Hazé. »

« Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a fait vivre, qui nous a maintenus et nous a fait parvenir à cet instant ».

On enlève les chaussures en cuir et on met des chaussures en toile ou en plastique. Les hommes mariés mettent le grand Talit et le « Kittel » (vêtement rituel blanc).

Tout Yom Kippour, on récite la deuxième phrase du Chema Israël (« Baroukh Chem Kevod Malkhouto Léolam Vaèd ») à voix haute.

Il est interdit de manger, de boire, de s’enduire de crèmes ou de pommades, de mettre des chaussures en cuir, d’avoir des relations conjugales et de se laver (sauf si on s’est sali ; de même, on se lave les mains pour des raisons d’hygiène). On passe la journée à la synagogue.

Lundi 21 septembre 2026, on ne récite pas la bénédiction : « Chéassa Li Kol Tsorki » (« Qui veille pour moi à tous mes besoins ») car on ne porte pas de vraies chaussures. Les malades demanderont au médecin et au Rabbin s’ils doivent jeûner ou non.

A la fin du jeûne, à 20h 38 (en Ile-de-France), on écoute – si possible – la sonnerie du Choffar.

Après Yom Kippour, on se souhaite mutuellement « ‘Hag Saméa’h ». Si possible, on prononce la bénédiction de la lune. On se lave rituellement les mains et on se rince la bouche. On récite la prière de la Havdala après 20h 38 (en Ile-de-France) avec la bénédiction sur le vin (« …Boré Péri Haguafène »), sur la flamme de la bougie (« …Boré Méoré Haèch ») ainsi que la bénédiction de « …Hamavdil ». Durant le repas qui suit le jeûne, il est d’usage de parler de la construction de la Souccah et, si possible, on construit effectivement la Souccah tout de suite après le repas.

Le Recit de la Semaine

 Le Roi est dans le chant…

Une année, le Rabbi enseigna un nouveau chant, poignant et sublime, sur des paroles d’un poème liturgique attribué à Rabbi Yehouda Hanassi, le compilateur de la Michna, il y a près de deux mille ans. Dans certaines communautés, il est récité Chabbat à la suite de l’office de Moussaf.

« Anim Zemirot… Je chanterai des chants doux et tisserai des poèmes car mon âme a soif de Toi. Mon âme désire ardemment l’ombre de Ta Main afin de connaître chacun de Tes secrets… »

Et le Rabbi expliqua : « Une année, le lendemain de Yom Kippour, les fidèles d’une petite communauté arrivèrent le matin pour la prière et eurent la surprise de découvrir un Juif dansant autour de l’estrade, chantant « Anim Zemirot » avec une ferveur extraordinaire. De fait, l’homme était dans une telle extase qu’il avait chanté et dansé toute la nuit sans même s’apercevoir que tous avaient depuis longtemps quitté la synagogue car le jeûne était terminé. Lui-même n’avait pas mangé depuis un jour et demi et ne s’en était même pas aperçu ! ».

Bien vite, les ‘Hassidim répétèrent ce chant, symbole d’une ferveur au-delà du temps et l’enseignèrent autour d’eux. Puis des rumeurs se répandirent comme quoi le Juif évoqué dans cette histoire n’était autre que le Rabbi lui-même !

Un des ‘Hassidim voulut en avoir le cœur net et, lors d’une entrevue privée, s’enhardit et posa au Rabbi la question de but en blanc :

- Non, répondit le Rabbi qui compléta le récit. La tradition ‘hassidique fait remonter cet épisode avant l’époque du Baal Chem Tov (donc avant le 16ème siècle de l’ère commune). Et voici l’histoire en entier : Il était une fois un homme riche qui consacrait son temps et sa fortune à racheter des prisonniers juifs. Un jour, alors qu’il passait devant la prison locale, il entendit des cris à fendre l’âme. On lui expliqua qu’il s’agissait d’un Juif jeté au cachot car, à cause d’une mauvaise météo, il n’avait pas pu payer le loyer de son auberge depuis plusieurs mois. L’homme demanda le montant de la rançon mais elle était absolument exorbitante. Il hésita.

Rentré chez lui, il ne pouvait oublier la détresse du prisonnier : il calcula la valeur de sa propre demeure, de ses terrains, de ses meubles et décida de les vendre car ainsi, il disposerait de la somme exacte exigée par le Paritz, le seigneur local. Il se hâta de retourner à la prison, tendit la somme au propriétaire qui se frottait les mains devant cette bonne affaire puis qui éclata de rire en ouvrant la porte de la cellule : « Tiens, viens prendre ta marchandise ou, si tu préfères, ton Juif ! ».

Après avoir souffert de la faim, du froid, des tortures, le prisonnier était mort !

Horrifié, l’ex-riche bienfaiteur réalisa que son sacrifice avait été vain, qu’il s’était appauvri pour rien et ne pourrait même pas payer les frais d’enterrement du prisonnier. Accablé, il tomba dans une sévère dépression et, malgré les soins et les efforts de sa famille pour le consoler, rien n’y faisait.

Une nuit, il sombra dans un profond sommeil et reçut une révélation divine. On lui annonçait : « Tu n’as pas sacrifié ton argent pour rien ! Au contraire, ton action a été tellement admirée dans le Monde de Vérité qu’il a été décidé de t’offrir le choix entre deux récompenses : soit tu redeviendras riche, encore plus riche qu’auparavant, soit tu expérimenteras encore dans ce monde un goût du Monde à venir, du Paradis !

Dans un élan d’extase sacrée, l’homme choisit la deuxième option et il fut décidé de lui octroyer cette expérience spirituelle sublime le jour de Yom Kippour. Et c’est ainsi qu’en chantant « Anim Zemirot », cet homme monta pour ainsi dire tous les échelons le menant au plus haut rapprochement du divin et continua à chanter et danser toute la nuit, sans ressentir ni faim ni fatigue, se réjouissant et se nourrissant uniquement de la proximité de D.ieu… Non, son sacrifice n’avait pas été vain et la récompense ainsi obtenue en valait la peine… ».

Puis, pensif, le Rabbi ajouta : « L’homme vivait avant le dévoilement de la nouvelle doctrine ‘hassidique du Baal Chem Tov. S’il avait connu les enseignements du fondateur de la ‘Hassidout, il aurait choisi la richesse ! Pouvez-vous imaginer combien d’autres vies il aurait pu ainsi sauver ? ».

A nous de décider : au lieu de choisir de voir évoluer des anges dans un environnement sacré, utilisons toutes nos capacités, notre argent, notre temps et notre énergie pour devenir les anges qui aideront les autres autour de nous !

Rav Mendel Kalmenson et Zalman Abraham - chabad.org - JLI

Traduits par Feiga Lubecki