Le cinquième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Chalom Dov Ber Schneersohn, le Rabbi Rachab est né le 20 ‘Hechvan 1860 à Loubavitch, second fils de Rabbi Chmouel, le quatrième Rabbi de Loubavitch.

Marié jeune à sa cousine, la Rabbanit Chterna Sarah, il n’a encore que vingt et un an lorsque son père quitte ce monde. Les ‘hassidim voient alors en lui le successeur naturel de Rabbi Chmouel mais, par déférence pour son frère ainé, il se borne à délivrer des maamarim (des dissertations ‘hassididiques). Ce n’est que onze ans plus tard, après que son frère a quitté Loubavitch, qu’il accepte pleinement de devenir le cinquième Rabbi de Loubavitch

Comme tel, c’est lui qui en 1897 fonde la première Yéchiva Tom’hei Tmimim dans laquelle l’enseignement traditionnel des académies talmudiques se trouve complété et vivifié par celui de la ‘Hassidout. De Tom’hei tmimim sortiront ainsi nombre de ces hommes à l’indomptable courage qui parvinrent à maintenir la flamme du judaïsme en bravant le totalitarisme stalinien. Le Rabbi Rachab est aussi le fondateur de la Yéchiva Torat Emet, à Hébron en Terre Sainte, en 1911.

Plus largement, il est un infatigable défenseur du judaïsme et des communautés juives. D’abord contre les persécutions tsaristes : lorsque, par exemple, les juifs, en 1892, sont expulsés de Moscou, c’est lui qui, mobilisant des philanthropes, prend une part essentielle à la réinstallation de milliers de ces infortunés, lui encore qui organise l’envoi de matsot aux soldats juifs pendant la guerre russo-japonaise, lui qui, malgré sa santé précaire, visite et apporte son aide à de multiples communautés, lui toujours qui prend une part très active à la défense de Mendel Beilis grotesquement accusé de « crime rituel » par la « justice » tsariste…

A l’automne 1915, devant l’avancée des troupes allemandes en cette seconde année de la première guerre mondiale, il doit partir, laisser Loubavitch, ce gros village qui a donné son nom à la dynastie, pour s’installer à Rostov sur le Don. C’est là qu’il quittera ce monde le 2 Nissan 1920. Parmi ses derniers mots, il dit : « Je m’en vais au Ciel, je vous laisse mes livres.

Son œuvre, hélas, ne nous est pas parvenue en totalité. Ce dont nous disposons est cependant d’une importance considérable et suffit à comprendre pourquoi on a dit du Rabbi Rachab qu’il était le Maïmonide de la ‘Hassidout ‘Habad. Souvent d’une profondeur extrême, étudiée d’ailleurs aujourd’hui très au-delà du cercle traditionnel des ‘hassidim, elle se situe sur les sommets de notre littérature religieuse.

Le Rabbi Rachab a eu pour successeur son fils unique, Rabbi Yossef-Yts’hak, beau-père du Rabbi.