Lettre n'' 9893

Par la grâce de D.ieu, 13 Iyar 5730, Brooklyn, New York,


A tous les élèves participant aux activités du jour propice de Lag Baomer, que D.ieu vous accorde longue vie,


Je vous salue et vous bénis,


J’ai eu connaissance¹, avec plaisir, des activités qui sont organisées à l’occasion du jour propice de Lag Baomer, approchant pour le bien. Puisse D.ieu faire que celles-ci connaissent une grande réussite. En la matière, cette réussite signifie que ces actions insuffleront une vitalité et des forces supplémentaires, qui permettront d’avancer, d’une étape vers l’autre, dans l’étude de notre Torah, Torah de vie, délivrant un enseignement pour la vie, au quotidien, sur la voie d’une existence digne de ce nom. Cette étude conduira à l’action, à la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, puisque c’est d’elles qu’il est dit : « On vivra par elles ».


On connaît le récit de la Guemara², à propos de Lag Baomer, selon lequel les élèves de Rabbi Akiva mouraient parce que l’un ne respectait pas l’autre. Puis, au jour de Lag Baomer, ils cessèrent de mourir. Or, les récits de la Torah en sont partie intégrante et ils ont également pour but de délivrer un enseignement³. De fait, celui-ci, relatif aux disciples de Rabbi Akiva, en délivre bien un à chaque Juif et à chaque Juive, notamment aux élèves.


L’explication est la suivante⁴. Nos Sages constatent que les hommes n’ont pas les mêmes opinions⁵, ce qui veut dire que les manières de servir D.ieu, d’étudier la Torah, de pratiquer les Mitsvot, diffèrent également. L’un sera essentiellement inspiré par l’amour de D.ieu et l’autre par Sa crainte, alors qu’un troisième sera, avant tout, motivé par sa soumission. Bien entendu, rien ne distinguait ces hommes dans l’action concrète. Tous accomplissaient pleinement la Torah et les Mitsvot. S’agissant de disciples de Rabbi Akiva, ils étaient des hommes de vérité. Leur service de D.ieu était sincère et profond. Ils en étaient profondément pénétrés et convaincus que leur voie était réellement la plus juste. Et, à leur sens, celui qui n’était pas encore parvenu à leur stade n’avait donc pas atteint la perfection. Or, ils étaient les disciples de Rabbi Akiva, qui disait du Précepte : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » que : « C’est un grand principe de la Torah ». Puis, s’aperçevant que ceux-ci n’admettaient pas leurs conceptions, ils ne parvenaient plus à les respecter comme auraient dû le faire des disciples de Rabbi Akiva.


Il résulte de tout cela que le récit de la Guemara, concernant Lag Baomer, nous indique ce que doit être le comportement de chacun d’entre nous, en triple enseignement : A) Le service de D.ieu, l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot doivent être un acte intègre et vrai, vivifiant chacun, en son comportement quotidien. B) Bien entendu, ceci inclut aussi la Mitsva : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». C) Pour autant, on peut et l’on doit également considérer d’un œil favorable quiconque observe la Torah et les Mitsvot, lui manifester le plus grand honneur, même si l’on n’a pas adopté la même voie que lui.


Ce récit délivre, en outre, un autre enseignement. Quand on rencontre quelqu’un qui ne sert pas encore D.ieu de la manière qui convient, on n’en est pas moins tenu de l’honorer. Bien plus, la raison de cette lacune ne dépend peut-être pas de lui. Tout au contraire, il faut s’emplir d’une immense pitié envers lui, consentir à tous les efforts pour lui venir en aide afin qu’il s’élève dans le Judaïsme, la Torah et les Mitsvot. Cette aide doit être la plus favorable, lui être dispensée avec amour, honneur et d’une manière agréable.


Puisse D.ieu faire que chacun et chacune d’entre vous, au sein de tout Israël, agisse de la sorte, dans la proportion la plus large, avec joie et enthousiasme. Ainsi, vous vous élèverez, d’une étape vers l’autre, en tout ce qui vous concerne, jusqu’à ce que s’accomplisse la promesse de la Paracha de cette semaine : « Je briserai les axes de vos jougs et Je vous conduirai la tête haute », lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h. Avec ma bénédiction de réussite en tout cela, de même que pour en avoir de bonnes nouvelles,


M. Schneerson,




¹ Voir le Likouteï Si’hot, tome 7, à la page 341.


² Traité Yebamot 62b.


³ Voir le Zohar, tome 3, à la page 152a.


⁴ Voir aussi le Likouteï Si’hot, tome 32, à partir de la page 149.


⁵ Le Rabbi note : « Midrach Tan’houma, Parchat Pin’has. »