Lettre n° 9860

Par la grâce de D.ieu, 17 Adar Richon 5730, Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui m’est parvenue avec beaucoup de retard. De façon générale, on connaît l’enseignement de nos Sages1, dont la mémoire est une bénédiction, selon lequel D.ieu exige uniquement en fonction des forces dont chacun dispose et Il n’agit pas avec traîtrise envers Ses créatures. On peut comprendre logiquement qu’il en est ainsi, car D.ieu, béni soit-Il est le Créateur et Il sait tout.

Il en résulte également que, lorsqu’un homme est confronté à des épreuves, qui, selon lui ou même en réalité, sont plus rudes que celle d’une seconde personne, c’est bien là la preuve que D.ieu lui a insufflé de plus grandes forces, afin de les surmonter pleinement. Si l’on révèle l’intégralité de ces forces cachées et si on les utilise, on reçoit une immense élévation, au-delà de ceux qui n’ont pas été mis à l’épreuve, en la matière.

Or, s’il en est ainsi pour chacun, combien plus est-ce le cas pour un jeune homme qui doit encore fonder un foyer juif, s’installer dans la vie familiale, basée sur les épreuves des années précédentes.

Vous me demandez comment il vous est possible d’influencer vos amis, dans votre école. On sait qu’il y a deux moyens d’y parvenir. La première consiste à prononcer des paroles émanant du cœur, car l’assurance nous a été donnée2 qu’elles pénètrent dans le cœur de celui qui les écoute et y font leur effet. L’autre point, qui est essentiel, est l’exemple que l’on donne, car celui qui ne fait que bien expliquer n’a pas la même influence que celui qui explique bien et met bien en pratique3. Bien plus, lorsque l’on attend un accomplissement, de la part de son prochain, on doit soi-même le mettre en pratique avec encore plus de rigueur. En effet, on exige toujours moins de l’élève que du maître. Aussi, pour que l’élève reçoive, jusqu’à un certain point, il est nécessaire que le maître en fasse plus. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Vous faites allusion à un programme d’étude. De façon générale, lorsque l’on se trouve dans une école, on doit se conformer à son programme. Par la suite, s’il vous reste du temps libre, vous prendrez conseil auprès des éducateurs qui vous connaissent et qui sont en mesure d’apprécier votre constance à l’étude, de même que votre compréhension. Car, c’est de tout cela que dépend la manière d’utiliser de la meilleure façon le temps qui vous reste, afin de vous élever dans la crainte de D.ieu et la pratique des Mitsvot.

A n’en pas douter, vous connaissez et vous gardez les trois études qui concernent chacun, chaque jour et qui portent sur le ’Houmach, les Tehilim et le Tanya. Avec ma bénédiction de réussite, de même que pour vous hisser, « d’une prouesse vers l’autre »4 et pour me donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita, le secrétaire,


Notes

(1) Voir le Midrach Bamidbar Rabba, chapitre 12, au paragraphe 3 et le Midrach Tan’houma, Parchat Nasso, au chapitre 11.

(2) Voir le Séfer Ha Yachar de Rabbénou Tam, à la porte 13, cité par le Chneï Lou’hot Ha Berit, porte des lettres, lettre Lamed, à la page 69a.

(3) Voir le traité Yoma 87a et le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 7, au paragraphe 8.

(4) Tehilim 84, 8. Voir la conclusion des traités Bera’hot et Moéd Katan, de même que le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ’Haïm, chapitre 155, au paragraphe 1.

*Iguerot Kodech — Correspondances du Rabbi de Loubavitch*