Par la grâce de D.ieu, 7 Adar Richon 5730, Brooklyn, New York,
Aux dirigeantes du centre international des femmes et jeunes filles ’Habad, que D.ieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
A différentes occasions1, j’ai déjà souligné la nécessité de renforcer la pudeur2. Néanmoins, compte tenu de la situation en la matière, je considère qu’il est utile de lancer aujourd’hui un appel, de la plus haute urgence, dans ce domaine.
Il est inutile d’expliquer longuement la valeur de la pudeur selon la Torah. Il suffit de rappeler que notre sainte Torah, qui est appelée Torah de vie2, car elle est le véritable guide de la vie3, dans toutes les situations de l’existence quotidienne, assurant une vie pleinement et réellement heureuse, souligne très fortement l’importance de la pudeur, d’un certain point de vue au-delà même des autres aspects du comportement quotidien. En effet, la pudeur est l’un des principes fondamentaux2 de la vie juive, comme le dit le verset4 : « Tu seras humble devant ton D.ieu »2.
La récompense promise par la Torah, par la Guemara et par le Zohar5, pour le respect de la pudeur et le fait que nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, relatent comment des femmes juives, à différentes époques, ont eu le mérite d’obtenir de merveilleuses bénédictions divines par le mérite de la pudeur, des bénédictions non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour leur mari, leurs enfants et leurs petits-enfants, permettent de comprendre aisément la grande importance et la valeur d’un comportement pudique.
D’un autre côté, la sévérité et la mise en garde contre les terribles conséquences, ce qu’à D.ieu ne plaise, d’un manquement à la pudeur, comme le souligne clairement le chapitre 3 d’Ichaya, ne laissent pas le moindre doute sur le sérieux de l’enjeu.
Certains, par méconnaissance de la Torah, en général et de la pudeur, en particulier, pensent que les lois, les dispositions et les usages liés à la pudeur « effraient » les femmes juives, remettent en cause leurs droits ou même portent atteinte à leur honneur.
Mais, il n’y a là qu’une lecture erronée, car l’inverse est vrai. La sainte Torah et nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, soulignent, à de multiples reprises, l’honneur et la valeur des jeunes filles et des femmes juives. Plusieurs dispositions ont été introduites précisément pour renforcer et pour protéger leur honneur et leur valeur. A ce propos, est souvent cité le verset Tehilim 45, 14 : « Tout l’honneur de la fille du Roi est à l’intérieur »2. La Torah définit donc la femme juive comme « honorable »2 et : « fille du Roi »2. Pour autant, elle demande que cela s’exprime à l’intérieur2, c’est-à-dire de manière pudique2.
Toutefois, d’un point de vue purement humain, on peut constater, en particulier ces dernières années, ce que peut causer le manque de pudeur. Les « modes » impudiques, concernant les vêtements féminins, destinés à mettre en éveil les instincts les plus bas de l’âme animale, sont l’expression de la chute du monde « moderne », dans les aspects les plus fondamentaux de la moralité. Le laxisme et l’immoralité d’une large part de la jeunesse actuelle a malheureusement été à l’origine de terribles tragédies dans différents foyers. Il ne fait pourtant pas de doute que si ces jeunes avaient été élevés dans l’esprit de la pudeur, conformément à notre sainte Torah, beaucoup de ces tragédies auraient pu être évitées et de jeunes existences auraient été épargnées.
A la lumière de tout ce qui vient d’être dit, je considère que la pudeur doit devenir l’un des points principaux, dans l’ordre du jour et dans les préoccupations des milieux juifs. C’est le cas, en particulier, pour toutes les divisions des femmes et jeunes filles ’Habad, à travers le monde. Votre objectif prioritaire, en ce moment, doit être de prendre une part active à alerter les Juifs, en particulier les organisations féminines, quel que soit leur objet, afin que la notion de pudeur fasse partie de leurs valeurs, concrètement applicables.
Il faut souligner aux mères juives la nécessité d’introduire la pudeur dans l’éducation de leurs filles. Il faut dire aux directions des écoles de filles qu’à tous2 les âges, la pudeur doit être respectée de la manière la plus claire. Et, l’on doit expliquer aux élèves que la pudeur est la plus belle qualité, la couronne de la jeune fille et de la femme juive.
Il faut s’employer à rassembler toutes celles qui comprennent la pudeur et qui la respectent. On doit leur montrer leur qualité, par rapport à leurs sœurs, qu’elles doivent convaincre, en leur parlant, mais surtout en leur donnant un bon exemple, afin qu’elles renforcent la pudeur dans leur foyer et dans leur milieu.
Ce moment est particulièrement propice pour que les femmes et jeunes filles juives acquièrent la fierté de leur Judaïsme et s’écartent des « modes » fausses, déroutantes et vides de celles qu’elles côtoient. Ces modes n’ont pas d’autre contenu que d’assurer la réussite commerciale de ceux qui y trouvent leur intérêt financier.
Le mérite de renforcer et de diffuser la pudeur, dans tous les domaines de l’existence quotidienne fera que D.ieu accordera les bénédictions de la Torah à ceux qui respectent ces pratiques de la meilleure façon. Celles-ci s’accompliront pleinement et l’on aura, en particulier, une satisfaction véritable et juive de ses enfants et de ses petits-enfants, en bonne santé et dans l’opulence matérielle, en partageant beaucoup de bonheur avec son mari, pour de longs jours et de bonnes années. Avec ma bénédiction pour une considérable réussite, de même que pour me donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Voir, notamment, la lettre n°9640 et les références indiquées.
(2) Le Rabbi souligne les mots : « pudeur », « Torah de vie », « principes fondamentaux », « tu seras humble devant l’Eternel ton D.ieu », « tout l’honneur de la fille du Roi est à l’intérieur », « honorable », « fille du Roi », « à l’intérieur », « pudique » et « tous ».
(3) Voir le Zohar, tome 3, à la page 53b, le commentaire du Radak sur le verset Tehilim 1, 8.
(4) Mi’ha 6, 8.
(5) Voir, notamment, les traités Yoma 47a, Meguila 10b et 13b, le Zohar, tome 1, à partir de la page 115b et tome 3, à la page 126a.