Par la grâce de D.ieu, 22 Chevat 5730, Brooklyn, New York,
A l’attention du distingué et agréable ’Hassid qui craint D.ieu, élu du peuple, qui le surpasse, recherche le bien de son peuple, a des comportements généreux, est issu d’une illustre famille, le Rav Chnéor Zalman1 Chlita,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bon espoir que vous avez déjà reçu mes salutations personnelles2, par l’intermédiaire des invités qui sont venus en visite ici, en particulier le Rav Adin Steinzalts3 et les représentants du groupe de ces invités. Il est certain qu’ils ont mené à bien également la mission que je leur ai confiée à propos de Na’halat Har ’Habad4. En effet, vous avez eu le mérite, du vivant de mon beau-père, le Rabbi, dans ce monde, d’être la force motrice de la création et du développement de Kfar ’Habad. Il en sera donc de même pour Na’halat Har ’Habad, car ceux qui s’y installent sont essentiellement les hommes de ’Habad originaires des montagnes de ce pays-là5.
Bien que le financement du développement de Na’halat Har ’Habad dépende avant tout des différents ministères de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, je voudrais moi-même participer à son renforcement et à son agrandissement, d’autant qu’il en résultera sûrement des dépenses particulières. Je me suis donc permis d’envoyer un chèque de cent vingt Shekels, à l’occasion de cette vingtième année, à votre ordre. A n’en pas douter, vous ne me tiendrez pas rigueur de l’effort que ceci vous imposera. En effet, ma participation à Kfar ’Habad est également passée par votre intermédiaire.
Puisse D.ieu faire que ces implantations se développent, au sein des villes, des villages, des implantations de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, « le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de D.ieu du début de l’année à la fin de l’année »6, en se répandant et en s’élargissant de plus en plus. Ceci concerne, avant tout, le Chikoun ’Habad de Jérusalem, notre ville sainte, cité du grand Roi7, Roi suprême, le Saint béni soit-Il.
Très prochainement, nous mériterons l’accomplissement de la promesse8 selon laquelle Jérusalem se répandra dans tout Erets Israël et Erets Israël dans tous les pays. Avec ma déférence, mes respects et ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, dans tous les domaines, de même que pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Je vous remercie tout particulièrement pour la satisfaction, le plaisir et l’honneur que j’ai éprouvés lorsque vous avez envoyé ici votre représentant personnel, le Rav Adin9. Tout d’abord, cela m’a donné l’occasion de le connaître de près et je lui ai trouvé plus de qualités que ce que l’on m’avait dit, écrit et décrit. Puisse D.ieu faire qu’il les utilise pleinement. Son humilité lui viendra en aide, pour y parvenir, mais celle-ci ne doit pas dépasser la mesure ! Or, il semble que, jusqu’à maintenant, elle l’ait empêché de saisir les opportunités qui se présentaient, dans toute la mesure de ce qui est nécessaire.
Certes, il est difficile de trouver la médiane entre ces deux extrêmes10, surtout quand il s’agit de l’humilité, qui doit être proche de l’extrémité inférieure, comme l’expliquent longuement le Rambam, dans ses lois des opinions, chapitre 2, au paragraphe 3 et l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, chapitre 156, au paragraphe 3. Pour autant, un homme, en particulier quand il exerce une influence, doit trouver le moyen d’adopter ce comportement.
Pour passer d’un sujet à l’autre, bien que celui-ci justifierait une lettre à lui tout seul, je voudrais vous remercier tout particulièrement pour votre très précieux cadeau, la photocopie d’un manuscrit de ’Hassidout provenant de la collection du ’Hassid, Rav Avraham ’Haïm Rosenbaum11, qui fut l’un des ’Hassidim les plus célèbres, à son époque. Son nom est mentionné, à différentes reprises, dans les mémoires de mon beau-père, le Rabbi et il me semble que cela est également imprimé, dans le Séfer Ha Si’hot, été 5700, à la page 120. Je l’examine actuellement afin de vérifier s’il contient des discours ’hassidiques qui n’auraient pas encore été publiés.
Et, j’ai interprété comme un plaisir personnel le fait que vous m’ayez envoyé deux livres12, « Ceux qui t’observent, Safed » et « Le président et l’écrivain »13. Comme le veut la coutume des Juifs, un usage particulièrement ancien consistant à formuler des remarques, j’en ferai au moins une. Je suis surpris, en effet, que, dans le livre « Le président et l’écrivain », il n’y ait pas plus de photographies que les quelques-unes se trouvant au début de l’ouvrage, qu’on n’y trouve pas de reproduction de documents, ni même une liste des livres et des articles que vous avez publiés. A n’en pas douter, vous compléterez tout cela prochainement, dans l’édition suivante.
Notes
(1) C. Z. Shazar, président d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°9581 et les références indiquées.
(2) Voir, à ce sujet, la réunion ’hassidique du 20 Chevat 5730, dans les Si’hot Kodech 5730, tome 1, à la page 473.
(3) Voir, à ce sujet, la lettre n°9862.
(4) Voir, à ce propos, la lettre n°9654.
(5) Des montagnes de Géorgie, dans le sud de l’U.R.S.S.
(6) Ekev 11, 12.
(7) Tehilim 48, 3.
(8) Yalkout Chimeoni, Ichaya, au paragraphe 503.
(9) Le Rav A. Steinzalts.
(10) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 22, à la page 162, dans la note 32.
(11) Sa biographie et la liste de ses ouvrages imprimés figurent dans le Toledot Avraham ’Haïm, paru aux éditions Kehot en 5758.
(12) Qui est une biographie du président Shazar.