Par la grâce de D.ieu, 14 Mar’hechvan 5730, Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Vous envisagez de quitter la ville dans laquelle vous vous trouvez1. A n’en pas douter, il ne s’agit là que d’une simple hypothèse. En effet, à notre époque, on a vu et l’on voit encore concrètement, surtout sur le continent américain, en Amérique du nord et, plus encore, en Amérique du sud, que chaque Rav, chaque guide spirituel, quittant sa communauté, abandonne, au sens spirituel et moral, plusieurs familles la constituant, qui recevaient son influence, directement ou bien indirectement, par exemple à travers ce qu’un voisin rapportait de son action ou de ses paroles.
Ceci peut être comparé au capitaine d’un bateau se trouvant en pleine mer, lors d’une terrible tempête, qui abandonne l’embarcation et s’enfuit, puis, quand il est saisi par les remords, qui tente de s’apaiser en se disant qu’il ne peut pas faire grand-chose, qu’il chargera quelqu’un de le remplacer, qu’il a soif d’étudier la Torah, précisément dans un autre endroit. Or, il est un principe admis par tous2 les peuples de la terre et a fortiori s’agit-il d’un enseignement de notre sainte Torah, selon lequel le capitaine est le dernier2 à abandonner le bateau ! Là encore, on peut constater, dans la pratique, que la conscience qu’il doit en être ainsi, met en éveil les forces profondes et cachées du capitaine. Dans différents cas, c’est grâce à cela que le bateau est sauvé, avec tous ceux qui se trouvent à son bord et ceux-ci parviennent sains et saufs sur la terre ferme. La signification de cette image est bien claire et vous m’en excuserez.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°9398 et 9940.
(2) Le Rabbi souligne les mots : « tous » et « dernier ».