Par la grâce de D.ieu, dimanche de la Parchat Vayéra 5730, Brooklyn, New York,
A tous les participants au dîner annuel de la Yechiva A’heï Temimim de Newark, que D.ieu vous accorde longue vie1,
Je vous salue et vous bénis,
Les Juifs ont coutume de lier les événements de la semaine avec sa Sidra2 et d’en tirer de véritables enseignements, issus de notre Torah, de la même étymologie que Horaa, enseignement3, de la Torah de vérité. Cette Sidra nous raconte comment se passèrent la naissance et l’éducation du premier enfant juif, né de parents juifs, d’Its’hak, le fils d’Avraham et de Sarah, les premiers parents du peuple d’Israël.
La naissance d’Its’hak fut surnaturelle et miraculeuse4. Sa circoncision fut effectuée alors qu’il avait huit jours5 et son éducation soulèva des difficultés et des épreuves. Il n’en fut pas du tout de même pour l’autre fils d’Avraham, Ichmaël, dont la naissance fut naturelle, qui pratiqua la circoncision à treize ans6, c’est-à-dire après avoir atteint l’âge de la maturité.
Mais, D.ieu donna l’assurance à Avraham qu’uniquement Its’hak serait son véritable héritier, ainsi qu’il est dit7 : « C’est par Its’hak que tu auras une descendance »8. C’est par lui que fut construit le peuple juif. De la sorte, la Torah nous enseigne que, lorsque l’on est à l’origine de générations juives, d’un édifice du Judaïsme, on ne peut pas s’en remettre à une approche naturelle, agir sur la base de la rationalité et des calculs des hommes. Car, l’existence juive n’est pas soumise aux lois naturelles, mais uniquement au comportement divin.
Tel est également le fondement de l’éducation juive, qui n’est pas basée sur des calculs naturels, comme c’est le cas pour les autres peuples. On ne doit pas attendre qu’un enfant juif ait atteint l’âge de la majorité et qu’il comprenne par lui-même le comportement qu’il doit adopter afin de mettre en pratique le Judaïsme. Bien au contraire, on lui prodiguera l’éducation juive la plus parfaite et la plus rigoureuse depuis son plus jeune âge. De la sorte, on s’assurera que son attachement à D.ieu est solide et immuable9, qu’il constitue : « une alliance éternelle »8. C’est de cette façon que nous surmonterons toutes les difficultés et les épreuves, que nous recevrons toutes les bénédictions divines, matérielles et spirituelles.
Telles sont aussi l’approche et la conception de la Yechiva A’heï Temimim de Newark, qui a, cette année, atteint sa « Bar Mitsva », ce qui veut dire que cette institution est parvenue à sa maturité et qu’elle doit désormais se développer, de la manière la plus large, tout comme celui qui atteint l’âge de la Bar Mitsva ne parvient pas à une conclusion, ce qu’à D.ieu ne plaise, mais, bien au contraire, au commencement de ce qui lui permettra de s’élever beaucoup plus haut.
Je salue la direction de la Yechiva, les chers invités, les participants et tous les amis, qui ont le mérite de soutenir et de développer cette institution. A n’en pas douter, tous augmenteront leur participation et D.ieu élargira les bénédictions qu’Il accorde à chacun, à la fois matériellement et spirituellement. Avec mes respects, ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 204.
(2) Voir le Hayom Yom, à la date du 2 ’Hechvan et le Séfer Ha Si’hot 5702, à partir de la page 29.
(3) Voir le commentaire du Radak sur le verset Tehilim 19, 8.
(4) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 1, à partir de la page 18.
(5) Selon le verset Vayéra 21, 4.
(6) Selon le verset Le’h Le’ha 17, 25.
(7) Vayéra 21, 12. Voir le traité Nedarim 31a.
(8) Le Rabbi souligne les mots : « C’est par Its’hak que tu auras une descendance » et : « une alliance éternelle ».
(9) Le’h Le’ha 17, 7 et 13, 19.