Lettre n° 9741

Par la grâce de D.ieu,


25 Elloul 5729,


Brooklyn, New York,


A l’attention du distingué ’Hassid qui craint D.ieu, monsieur Oury Tsvi Grinberg¹,


Je vous salue et vous bénis,


J’ai bien reçu votre lettre et je vous en remercie. Bien entendu, je suis désolé d’avoir, semble-t-il, provoqué votre déconvenue par ce qui était joint à ma lettre² car, bien au contraire, mon intention était bonne. Comme je le précisais dans ma lettre, ceci était un dédommagement, au moins pour le temps que vous avez consacré à tout cela³. Déjà, de par le passé, les Grands d’Israël ont eux-mêmes accepté de tels dédommagements, avec sérénité.


J’ajoute, et ceci est essentiel à mes yeux, que c’est également là un moyen de vous souhaiter la réussite. En effet, ce montant est, pour partie, issu de la caisse de mon beau-père, le Rabbi, dont je m’occupe. Je suis profondément convaincu que s’accomplira, en la matière, la promesse de nos Sages, dont le souvenir est une bénédiction, énoncée dans le traité Baba Batra 15b, selon laquelle celui qui reçoit une pièce d’un homme intègre et droit, craignant D.ieu et s’écartant du mal, reçoit ainsi une bénédiction. J’adopte moi-même cet usage, de temps à autre, pour mon propre compte. J’ai donc bon espoir que vous m’accorderez les circonstances atténuantes. Vous me le montrerez en utilisant cet argent pour vos besoins et pour ceux des membres de votre famille, dans la joie et l’enthousiasme.


Tout est effet de la divine Providence et vous mentionnez, dans votre lettre, une pratique favorable. Je me saisis donc de cette « trouvaille » et je m’en sers pour vous adresser, par envoi séparé, un Tanya⁴, de l’Admour Hazaken, qui est l’auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Pour tous ceux qui ont goûté l’enseignement du Baal Chem Tov, de ses disciples et des disciples de ses disciples, a fortiori pour ceux qui ont exploré la chaîne d’or de ces disciples, il n’est pas de pratique plus favorable que l’étude de son enseignement⁵. Or, l’enseignement du Baal Chem Tov a été expliqué, de façon à le rendre accessible à la rationalité humaine, dans la ’Hassidout ’Habad, dont le Tanya est l’ouvrage de référence.


Bien entendu, je ne peux pas me retenir de réagir, au moins en quelques mots, à ce qui se passe dernièrement en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h. Parfois, surtout ces derniers temps, on se voile la face pour ne pas voir l’unique interprétation que l’on peut donner aux événements actuels. Je fais allusion au scandale qui a fait suite à l’incendie, provoqué par un non-Juif, dans un endroit que les non-Juifs considèrent comme sacré pour eux. Cette situation semble difficile à comprendre : pourquoi cela s’est-il passé précisément en ces semaines ? En outre, quel est l’objectif recherché, en la matière, puisque celui qui a provoqué l’incendie a été immédiatement identifié et que l’on a pu constater qu’il n’était pas juif ?


Celui qui ne se voile pas la face et constate la période en laquelle tout cela survient admettra aussitôt qu’il y a là un signe, une indication. En effet, quand le scandale a commencé pour le lieu saint des Juifs, le mur occidental, vestige de notre Temple, maison de notre gloire, on s’est demandé si c’était un lieu saint ou bien… un site historique, au point d’empêcher les Juifs de prier dans une partie de cet endroit. Or, l’avis erroné le considérant comme un site historique se répand de plus en plus ! Puis, survient un non-Juif qui allume le feu dans l’endroit précédemment cité, sacré pour les non-Juifs et, surprise, on décide aussitôt qu’il ne s’agit pas d’un site historique. Bien plus, ceux qui étaient intervenus de la manière la plus énergique pour nier sa sainteté au mur occidental, sont les premiers défenseurs, dans le cas précédent. Il condamnent donc l’incendie et ils proclament qu’à l’évidence, les Juifs ne peuvent pas être responsables d’une telle profanation.


A cet événement s’appliquent donc les termes du verset⁶ : « La voix de mon Bien Aimé résonne : ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, mon intègre ». Elle résonne dans le cœur de chaque Juif et de chaque Juive, y compris, à n’en pas douter, dans le cœur de ceux qui sont dans l’erreur, des « enfants capturés par les nations », qui ne savent pas⁷.


Ces jours sont favorables et bienveillants⁸. Puisse donc D.ieu faire que l’on ouvre, selon l’expression de nos Sages, dont le souvenir est une bénédiction⁹, « une ouverture comme le chas d’une aiguille ». Aussitôt, D.ieu tiendra Sa promesse : « Pratiquez pour Moi une ouverture comme le chas d’une aiguille. Je vous ouvrirai une porte comme celle du Sanctuaire », celle de la Techouva supérieure.


Je vous adresse mes respects et ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, de même que tous les membres de votre famille, auxquels D.ieu accordera une longue vie,


M. Schneerson,




Notes


¹ Voir, à son sujet, la lettre n°9723.


² Un chèque pour les livres que monsieur Grinberg avait adressés au Rabbi. Voir, à ce sujet, la lettre n°9723.


³ Voir les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 1, au paragraphe 2.


⁴ Le Rabbi souligne ici le mot : « Tanya ».


⁵ Celui du Baal Chem Tov.


⁶ Chir Hachirim 5, 2.


⁷ N’ayant jamais pu recevoir une éducation juive. Voir, à ce sujet, le traité Chabbat 68b et le Rambam, lois des révoltés, chapitre 3, au paragraphe 3.


⁸ Voir, à ce sujet, la lettre n°9550.


⁹ Voir le Midrach Chir Hachirim Rabba, chapitre 5, au paragraphe 2 et le Likouteï Si’hot, tome 1, page 191, à la note 17.