Par la grâce de D.ieu,
7 Elloul 5729,
Brooklyn, New York,
A monsieur Meïr Azoulay, Maabara de Bat Yam, baraquement 50 a/b,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre qui a été retardée, pour des raisons que je ne connais pas. Je mentionnerai votre nom¹ afin que vous obteniez la satisfaction des souhaits de votre cœur, d’une manière positive, dans les domaines que vous mentionnez, pour vous-même et pour votre mère.
D’après la formulation de votre lettre, je vois qu’il est inutile de vous souligner qu’un comportement quotidien conforme à la voie de la Torah et des Mitsvot est, avant tout, le moyen de mettre en pratique les Injonctions de D.ieu, béni soit-Il et, en outre, le canal permettant de recevoir Sa bénédiction en tous les besoins.
J’ajouterai, à cette occasion, que, vous trouvant dans Tsahal, vous observez sûrement, d’une manière concrète, y compris dans les domaines matériels, au sens le plus littéral, à quel point tous les Juifs partagent une responsabilité collective². Le comportement de chacun, la manière dont on se conforme aux instructions, sans les remettre en cause, non seulement sont le bien de celui qui le fait, qui obéit, mais, en outre, de cela dépend la réussite de tout le bataillon auquel il appartient. Or, la situation de ce bataillon conditionne celle de tout le terrain, de tout le front et même de tout le pays.
Vous pouvez en déduire ce qu’il en est dans la dimension morale, la grande responsabilité qui incombe à chacun en particulier. Selon les termes du Rambam, dans son ouvrage, le Yad Ha ’Hazaka, lois de la Techouva, chapitre 3, au paragraphe 4 : « Tout au long de l’année, un homme doit considérer qu’il est moitié méritant et moitié coupable. De même, le monde entier est moitié méritant et moitié coupable. S’il commet une faute, il fait pencher sa propre balance et celle du monde du côté de la culpabilité et il cause la destruction. S’il accomplit une Mitsva, il fait pencher sa propre balance et celle du monde du côté du bienfait. Il sauve ainsi lui-même et tout le monde ».
C’est le point que je veux souligner, concernant le grand mérite que vous avez à l’heure actuelle. En vous renforçant pour mettre en pratique les Injonctions du Saint béni soit-Il, qui est appelé : « D.ieu des armées », vous permettez la victoire absolue contre l’ennemi, sans la moindre perte. Bien plus, il est dit, dans la Paracha de cette semaine³ : « Car, l’Eternel ton D.ieu va et vient au sein de ton campement, afin de te sauver et de placer ton ennemi devant toi ». Et, le début de cette Paracha⁴ annonçait : « Quand tu sortiras à la guerre contre ton ennemi » et que cette sortie se passera de la manière qui convient, dès lors : « l’Eternel ton D.ieu le placera dans ta main ». Et, l’on va à la guerre de la manière qui convient en faisant ce que dit la Paracha précédente (Choftim 20, 1) : « Quand tu sortiras à la guerre contre ton ennemi, tu verras des chevaux et des cavaliers, un peuple plus nombreux que toi. Tu ne les craindras pas, car l’Eternel ton D.ieu est avec toi, qui t’a fait monter du pays de l’Egypte ». Rachi explique : « à tes yeux, il est nombreux, mais aux yeux de D.ieu, tous sont uniquement considérés comme un seul cheval »⁵.
Ce qui vient d’être dit s’applique à toutes les Mitsvot de D.ieu, mais, encore plus clairement, à la Mitsva des Tefillin, qui possède une vertu particulière, comme l’indique le verset⁶ : « Toutes les nations du monde verront que tu portes le Nom de D.ieu et ils te craindront », ce qui veut dire que, d’emblée, ils ne viendront pas nous faire la guerre. Même si une guerre éclate, le mérite de la Mitsva des Tefillin, que l’on porte sur la tête et sur le bras, permet d’obtenir la réalisation de la promesse selon laquelle : « Il frappe au bras et à la nuque »⁷.
Puisse D.ieu faire non seulement que vous accomplissiez vous-même tout cela, mais qu’en outre, vous soyez un émissaire positif pour transmettre ce qui est écrit ci-dessus à vos amis, en vous renforçant pour avancer sur la voie de la Torah, qui est appelée Torah de vie, car elle délivre un enseignement pour la vie quotidienne, afin que celle-ci soit une existence digne de ce nom. Elle est aussi appelée Torah de vérité, car elle est éternelle. Avec les explications qui conviennent et des propos émanant du cœur, en particulier en donnant vous-même un exemple vivant d’un tel comportement, il est certain que vous pourrez conférer un mérite au plus grand nombre. Le mérite de ce qui est public dépend donc de vous.
Ces jours sont propices. Ce sont des jours de motivation et de miséricorde, ceux du mois d’Elloul, au cours duquel on se prépare à recevoir la bénédiction de D.ieu en tous ses besoins, en particulier afin d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année. Avec ma bénédiction de réussite et pour me donner de bonnes nouvelles,
Notes
¹ Près du tombeau du Rabbi Rayats.
² Selon le traité Chevouot 39a.
³ Tetsé 23, 15.
⁴ La Parchat Tetsé.
⁵ Ce qui justifie l’emploi du singulier dans ce verset, textuellement : « tu verras un cheval et un cavalier ».
⁶ Tavo 28, 10.
⁷ Bera’ha 33, 20.