Par la grâce de D.ieu,
vendredi, veille du saint Chabbat Vaét’hanan 5729,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre¹ et la demande de bénédiction qu’elle contenait, qui sera lue près du saint tombeau². Je vous remercie pour ces bonnes nouvelles.
Pour l’heure³, voici ce qui fait l’objet de la présente. On m’a demandé quel était mon avis sur la campagne des Tefillin⁴. Un effort particulier, en ce domaine, avec vigueur et s’adressant à tous les milieux, est-il encore nécessaire, à l’heure actuelle ? Faut-il s’efforcer, de toutes les façons possibles, de renforcer la pratique de la Mitsva des Tefillin, de la propager en tout endroit où un homme a accès et : « vous êtes appelés des hommes »⁵ ?
Bien entendu, chaque milieu doit l’adopter selon sa manière spécifique, mais toutes les conceptions, tous les usages ont bien une source sacrée⁶. C’est là leur point commun. Selon les termes de nos Sages, « ‘je dors’ mais, néanmoins, ‘mon cœur est en éveil’ afin d’accomplir les Mitsvot, pour le Saint béni soit-Il, Qui me libérera de l’exil »⁷. Combien plus en est-il ainsi pour les Tefillin, auxquelles l’ensemble de la Torah est comparée⁸.
Si celui qui effectue cette diffusion s’exprime de tout son cœur, il a la certitude⁹ que « les propos émanant du cœur pénètrent dans le cœur »¹⁰. Or, tous les membres du corps dépendent du cœur. Au final, de telles paroles sont donc bien efficaces.
Mon opinion est très claire. La mobilisation, la demande, la recherche de cette campagne des Tefillin lancée depuis plus de deux ans sont encore d’actualité, à l’heure actuelle, le sont même avec encore plus de vigueur et de force. En effet, en la présente situation, nous avons besoin, non seulement que « les nations du monde te craignent »¹¹, ce qui est l’effet des Tefillin¹², mais aussi que s’applique la Hala’ha bien connue, énoncée par le Roch¹³, dans ses Hala’hot Ketanot, lois des Tefillin, paragraphe 15, selon laquelle : « Grâce au respect, par les soldats, de la Mitsva des Tefillin et de ce qui les concerne, s’accomplira : ‘Il attaquera au bras et à la tête’. »
En fonction de tout cela, on peut comprendre la grande Mitsva, le grand mérite de diffuser cette Hala’ha parmi les soldats, leurs proches, leurs amis et tous les Juifs, auxquels D.ieu accordera longue vie, en tout endroit où ils se trouvent.
Puisse D.ieu faire que nous ayons très prochainement le mérite de constater, au sein de tout Israël, que cette situation n’était que celle d’hier, car la paix règnera dans le monde et surtout en notre Terre Sainte, de laquelle il est dit¹⁴ : « Je donnerai la paix dans la terre »¹⁵.
Chaque Juif effectuera un ajout à la pratique de la Torah et de ses Mitsvot, dans la paix, la tranquillité et la sécurité¹⁶. Avec ma bénédiction afin de me donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
N. B. : Je viens de recevoir votre lettre du 26 Mena’hem Av¹⁷ et la demande de bénédiction qu’elle contient sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau². Le moyen d’exprimer sa reconnaissance, en la matière, est d’agir pour l’amour de son prochain¹⁸.
Notes
¹ Cette lettre fut adressée à plusieurs personnes.
² Du Rabbi Rayats.
³ Le Rabbi note, en bas de page : on apprend en ce jour dans la Paracha de la semaine : « Tu les attacheras en signe sur ton bras et ils seront, en fronteau, entre tes yeux » (Vaét’hanan 6, 8).
⁴ Voir également la causerie du Chabbat Parchat Matot Masseï 5729, dans les Si’hot Kodech 5729.
⁵ Selon le traité Yebamot 61a.
⁶ Tehilim 87, 1.
⁷ Yalkout Chimeoni, Chir Hachirim, paragraphe 988.
⁸ Traité Kiddouchin 35a.
⁹ Séfer Ha Yachar, de Rabbénou Tam, porte 13.
¹⁰ Yerouchalmi, traité Teroumot, fin du chapitre 8.
¹¹ Tavo 28, 10.
¹² Traité Bera’hot 6a.
¹³ Voir également le Be’hayé sur le verset Matot 32, 32.
¹⁴ Be’houkotaï 26, 6.
¹⁵ Ibid.
¹⁶ Selon le texte de la Amida de Min’ha du Chabbat.
¹⁷ Voir le Mikdach Méle’h, tome 3, à la page 260.
¹⁸ La question posée au Rabbi était : comment remercier D.ieu pour la guérison complète de son fils.