Pessa'h : toujours sortir d'Egypte

Lois et coutumes

Quelles sont les lois et coutumes du mois de Nissan ?

- Le mois de Nissan commence cette année mardi 28 mars 2017 (Roch ‘Hodech).

- On évite de manger des Matsot jusqu’au soir du Séder (lundi soir 10 avril).

- Dans toutes les communautés, on a coutume de ramasser de l’argent afin de pourvoir aux besoins des familles nécessiteuses pendant la fête. Cela s’appelle Maot ‘Hitime, l’argent pour la farine (nécessaire à la confection des Matsot). Le Rabbi a institué que chaque responsable communautaire s’efforce d’envoyer à ses fidèles dans le besoin des Matsot Chmourot (rondes, cuites à la main, spécialement surveillées depuis la moisson du blé), au moins pour les deux soirs du Séder.

- Tout le mois de Nissan, on ne récite pas la prière de Ta’hanoune (supplications).

- On ne jeûne pas durant le mois de Nissan (excepté les mariés avant la cérémonie).

- Après la prière du matin, les treize premiers jours du mois, on lit le sacrifice apporté par le Nassi du jour, en souvenir des sacrifices apportés par les princes des tribus le jour de l’inauguration du Michkane, le sanctuaire portatif dans le désert (Bamidbar – Nombres chapitre 7 et début du chapitre 8). Après la lecture des versets, on ajoute la courte prière de Yehi Ratsone imprimée dans le Siddour, le livre de prières.

- La première fois en Nissan qu’on voit des arbres fruitiers en fleurs, on récite la bénédiction Chélo ‘Hissère Beolamo 

 Qu’est-ce que le ‘Hamets ?

Durant Pessa’h, on n’a le droit ni de posséder ni de consommer du ‘Hamets. Il faudra donc, avant le lundi 10 avril 2017 à 12h02, se débarrasser de tout aliment à base de céréale fermentée comme par exemple : le pain, les céréales, les pâtes, les gâteaux, certains alcools, médicaments et produits d’hygiène. C’est pourquoi on a coutume de bien nettoyer la maison, le magasin, le bureau, la voiture etc… avant Pessa’h, afin d’éliminer toutes les miettes.

Pour éviter de posséder, même involontairement du ‘Hamets à Pessa’h, on remplira une procuration de vente, qu’on remettra à un rabbin compétent. Celui-ci se chargera alors de vendre tout le ‘Hamets à un non-Juif. Cette procuration de vente peut être apportée au rabbin ou lui être envoyée par courrier, fax ou Internet et devra lui parvenir au plus tard la veille de Pessa’h, cette année dimanche 9 avril 2017.

Il n’est pas nécessaire d’avoir terminé tout son ménage pour dresser la liste de ce qu’on envisage de vendre.

Durant tout Pessa’h, on mettra de côté dans des placards fermés à clé tout le ‘Hamets et la vaisselle ‘Hamets que l’on n’utilisera pas durant Pessa’h mais qu’on pourra « récupérer » une heure après la fête qui se termine le mardi 18 avril 2017 à 21h38 (horaires valables pour Paris et sa région).

A la recherche du 'Hamets  
Après s'être assuré d'avoir vendu le ‘Hamets par l'acte de vente et avoir nettoyé méticuleusement l'ensemble de la maison, de sorte qu'en disparaissent toutes les miettes et les restes de nourriture, on recherchera le ‘Hamets dans toute la maison le dimanche 9 avril au soir, à partir de 21h14.
Il n'est pas nécessaire de faire cette recherche dans les lieux vendus pour Pessa'h. Les aliments que l'on a l'intention de vendre ou de consommer ultérieurement seront mis de côté.
Avant de commencer cette recherche, il est de coutume de placer, dans différents endroits de la maison, dix petits morceaux de ‘Hamets enveloppés dans du papier. Puis, l'on récite la bénédiction suivante:

BAROU'H ATA ADO-NM ELO-HÉNOU MÉLÈ'H HAOLAM ACHÈR KIDECHANOU BEMITSVOTAV VETSIVANOU AL BIOUR `HAMETS.
Béni sois-Tu Eternel notre Dieu, Roi de l'univers, qui nous a sanctifiés par Ses Commandements et nous a ordonné de détruire le ‘Hamets.

Ensuite, à la lueur d'une bougie, (une coutume veut que l'on accomplisse cette recherche également à l'aide d'une cuillère en bois, d'une plume d'oiseau et d'un sac en papier dans lequel on mettra le 1-lamets que l'on aura trouvé), on recherchera le ‘Hamets dans chaque pièce et dans tout endroit de la maison où il pourra se trouver (cave, grenier, garage ou voiture...). Cette recherche aura également lieu dans un local professionnel.
Lorsque cette recherche est terminée, on récite le premier "Kol `Hamira":

"QUE TOUT 'HAMETS, QUI SE TROUVE EN MA POSSESSION, QUE JE N'AI PAS VU OU QUE JE N'AI PAS DÉTRUIT, DONT JE N'AI PAS CONNAISSANCE, SOIT CONSIDÉRÉ COMME INEXISTANT ET SANS VALEUR, COMME LA POUSSIÈRE DE LA TERRE:'

Puis l'on placera en lieu sûr le sac en papier contenant tout le ‘Hamets que l'on aura trouvé pendant la recherche, afin qu'il ne se répande pas.

Comment préparer la cuisine

 On prépare la cuisine pour Pessa'h en la "cachérisant, c'est-à-dire que l'on y fait disparaître toute trace de ‘Hamets.

PLATS ET USTENSILES : Il est conseillé d'avoir une vaisselle et une batterie de cuisine exclusivement réservées pour Pessa'h. En cas de nécessité, certains ustensiles utilisés tout au long de l'année peuvent être utilisés pour Pessa'h après cachérisation. On consultera pour cela un Rabbin.

FOUR: Le four électrique peut être cachérisé au moyen d'une pyrolyse. A noter cependant que la pyrolyse ne permet pas de cachériser les plaques du four. Pour la cachérisation de ces plaques ainsi que pour celle de tout autre type de four, on consultera un Rabbin.

PLAQUES DE CUISSON : Les plaques électriques seront scrupuleusement nettoyées, ainsi que la surface qui les entoure, suite à quoi on les fera chauffer pendant 1h à la température maximum. On procèdera de même pour des brûleurs à gaz, si ce n'est que la grille devra faire l'objet d'une cachérisation à part. Pour cela, ainsi que pour les autres types de plaques (vitrocéramique et induction), on consultera un Rabbin.

MICRO-ONDES : On le nettoiera soigneusement. On ne l'utilisera pas pendant vingt-quatre heures, puis on g chauffera un récipient rempli d'eau (30 cl), jusqu'à l'évaporation totale de cette eau. Pendant Pessa'h, les plats mis au micro-ondes seront soigneusement enveloppés de toutes parts.

ÉVIER EN INOX : Il sera consciencieusement nettoyé et le siphon sera vidé. On ne l'utilisera pas à chaud pendant vingt-quatre heures, suite à quoi on l'arrosera d'eau bouillante pour finalement le rincer à l'eau froide. Pour les autres types d'éviers, on consultera un Rabbin.  

LAVE-VAISSELLE : Il est préférable de ne pas l'utiliser pendant Pessa'h.  

RÉFRIGÉRATEUR, CONGÉLATEUR, ÉLÉ-MENTS DE CUISINE, PLACARDS, TABLES ET TIROIRS : On les nettoie méticuleusement, afin d'en retirer toutes les miettes et tous les restes. Ensuite, on recouvre, par exemple d'un papier aluminium, les surfaces entrant en contact avec la nourriture ou les récipients.

NAPPES ET NAPPERONS : On les lave avec une lessive sans amidon.

Préparatifs de la fête

LA MATSA CHEMOURA
Prenez soin de vous procurer de la Matsa Chemoura fabriquée à la main, au moins pour le Sédèr. Vous pouvez en obtenir au : BETH LOUBAVITCH, 8, rue Lamartine - Paris 9eme et au BETH LOUBAVITCH, 55, rue Petit - Paris 19eme ainsi que dans certaines épiceries cachères. 

La Matsa que l'on consomme pendant l'année n'est pas forcément Cachère pour Pessa'h. On s'assurera donc que la mention "Cachère LePessa'h” est bien inscrite sur le paquet.

FRUITS FRAIS, VIANDES ET POISSONS Tous les fruits frais, les légumes, de même que les viandes et les poissons cachères, peuvent être utilisés ù Pessa'h, et condition d'avoir été préparés selon la Loi juive et de ne pas être entrés en contact avec des aliments ou des récipients 'Hamets. Beaucoup de communautés ont coutume de ne pas manger des "Kitniot" à Pessa'h (riz, maïs, moutarde, légumineuses telles que petits pois, fèves, haricots, ou d'autres aliments les contenant).

PRODUITS MANUFACTURÉS Il faut s'assurer que les produits manufacturés achetés pour la fête possèdent bien !a mention "Cachère LePessa'h” sur l'emballage.

Bien évidemment, les aliments à base de céréales, fabriqués sans contrôle Rabbinique, sont 'Hamets et strictement interdits à Pessa'h. C'est en particulier le cas pour le pain, les gâteaux, les petits déjeuners à base de céréales, les pâtes, la bière, la vodka, le whisky... Pour les aliments des nourrissons, vérifier les composants et consulter un Rabbin.

LES PRODUITS PHARMACEUTIQUES De nombreux médicaments, cosmétiques, produits de beauté contiennent du 'Hamets. On consultera les listes éditées chaque année par les autorités Rabbiniques. On fera également attention à la nourriture pour animaux.

Qu’est-ce que la Matsa Chmourah ?

En hébreu, « Chmourah » signifie « gardée » et ce terme décrit parfaitement ce qu’est cette Matsa. La farine utilisée pour sa fabrication est gardée, protégée de tout contact avec de l’eau, depuis le moment de la moisson. En effet, si elle venait à être mouillée, elle pourrait lever et devenir impropre à la consommation pendant Pessa’h.

Ces Matsot sont rondes, pétries à la main et ressemblent à celles que les enfants d’Israël consommèrent lorsqu’ils quittèrent l’Egypte. Elles sont cuites en moins de dix-huit minutes sous stricte surveillance rabbinique, afin de s’assurer qu’elles ne puissent en aucune façon augmenter de volume et devenir levain pendant la fabrication. La Matsa Chmourah doit être utilisée pendant les deux nuits du Séder, c’est-à-dire lundi soir 10 avril et mardi soir 11 avril 2017, en particulier pour les trois Matsot posées sur le plateau. Chaque convive à la table du Séder mangera de la Matsa Chmourah. Certains ont la coutume d’en consommer pendant toute la fête.

Le Zohar appelle la Matsa Chmourah : l’aliment de la foi et l’aliment de la guérison.

Il n’est pas nécessaire d’avoir terminé son ménage de Pessa’h pour acheter les Matsot ; il suffira de les stocker à l’abri de tout ‘Hamets et de toute humidité.

La veille de Pessa'h

LE JEÛNE DES PREMIERS-NÉS Lorsque D.ieu fit périr les premiers-nés de l'Egypte, Il sauva ceux des enfants d'Israël. C'est la raison pour laquelle les premiers-nés parmi les Juifs, (ou les pères de premiers-nés garçons qui n'ont pas encore atteint l'âge de 13 ans), doivent jeûner la veille de Pessa'h, lundi 10 avril, afin d'exprimer leur gratitude à D.ieu. Néanmoins, la coutume veut, depuis plusieurs siècles, que ce jeûne puisse être supprimé en participant à une fête de conclusion de l'étude d'un traité du Talmud. Une telle célébration a lieu, de façon générale, dans chaque synagogue. On contactera sa propre communauté pour savoir à quelle heure elle aura lieu.

BRÛLER LE 'HAMETS Le lundi 10 avril, on arrête de manger le 'Hamets à 11h30. On brûlera le sac et son contenu avant 12h30.
On récitera ensuite le second "Kol `Hamira: "QUE TOUT 'HAMETS, QUI SE TROUVE EN MA POSSESSION, QUE JE L'AI VU OU NON, QUE JE L'AI CONSIDÉRÉ OU NON, QUE JE L'AI DÉTRUIT OU NON, SOIT CONSIDÉRÉ COMME INEXISTANT ET SANS VALEUR, COMME LA POUSSIÈRE DE LA TERRE."
Puis on lira le texte du "Yehi Ratson" qui se trouve dans la Haggada de Pessa'h. Le `Hamets interdit de possession doit être déposé dans des pièces ou des placards fermés à clé ou par des adhésifs et vendus à un non-Juif, comme nous l'expliquerons plus loin. La vaisselle `Hamets doit être traitée de la même façon (pour ne pas risquer de s'en servir par erreur).

Quelles sont les Mitsvots essentielles du Séder ?

Le lundi 10 et le mardi 11 avril 2017, on organise le repas du Séder pour célébrer la sortie d’Egypte. On ne pourra commencer qu’après la nuit tombée (21h 16 lundi soir et 21h 23 mardi soir - heure de Paris). Tous les Juifs doivent participer au Séder, hommes, femmes et enfants. Il faut :

• Boire 4 verres de vin

On doit boire au cours du Séder au moins quatre verres de vin ou de jus de raisin cachère pour Pessa’h. Le verre doit contenir au moins 8,6 centilitres, et on doit en boire à chaque fois au moins la majeure partie, en une fois. Les hommes et les garçons doivent s’accouder sur le côté gauche, sur un coussin, pour manger la Matsa et boire les quatre verres de vin.

• Raconter la sortie d’Egypte

On le fait en lisant la Haggadah. Il faut raconter à tous les participants et en particulier aux enfants, selon ce qu’ils peuvent comprendre. Pour éviter qu’ils ne s’endorment, on aura pris soin de les faire dormir l’après-midi et on leur fera chanter certains paragraphes de la Haggadah.

• Manger de la Matsa

On mange de la Matsa les deux soirs du Séder après avoir dit la bénédiction : «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Matsa», en plus de la bénédiction habituelle «Hamotsi». La Matsa du Séder sera «Chemourah», c’est-à-dire qu’on aura surveillé depuis la moisson, que les grains de blé, et plus tard la farine, n’auront pas été en contact avec de l’eau, ce qui aurait risqué de les rendre ‘Hamets. Nombreux sont ceux qui préfèrent consommer les Matsot rondes cuites à la main (et non à la machine) comme au temps de la sortie d’Egypte. Il faut manger au moins 30 grammes de Matsa, et il est préférable de les manger en moins de quatre minutes. Il faudra manger trois fois cette quantité de Matsa : pour le «Motsi», pour le «Kore’h» (le «sandwich» aux herbes amères), et pour l’ «Afikoman», à la fin du repas, en souvenir du sacrifice de Pessa’h qui était mangé après le repas.

• Manger des herbes amères (Maror et Kore’h)

On mange des herbes amères en souvenir de l’amertume de l’esclavage en Egypte. On achètera de la salade romaine qu’on nettoiera feuille par feuille devant une lumière pour être sûr qu’il n’y a pas d’insectes, après l’avoir fait tremper dans de l’eau. On prépare pour chacun des convives au moins 19 grammes de «Maror», c’est-à-dire de salade romaine avec un peu de raifort râpé, trempé dans le «Harosset» (une pâte faite de pommes, poire et noix, avec un peu de vin) après avoir prononcé la bénédiction : «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Al A’hilat Maror». On consomme encore 19 grammes de Maror bien séché entouré de Matsa pour le «Sandwich de Kore’h».   

Qu’est-ce que le compte du Omer ?

C’est une Mitsva de la Torah de compter les quarante-neuf jours de l’Omer à partir du second soir de Pessa’h (mardi soir 11 avril 2017) jusqu’à la veille de Chavouot (mercredi soir 30 mai 2017 inclus). Si on n’a pas compté de suite après la prière du soir (Arvit), on peut encore compter durant la nuit jusqu’à l’aube. Si on ne s’en souvient que pendant la journée, on peut compter, mais sans réciter la bénédiction. Et le soir suivant, on continue de compter avec la bénédiction. Si on a oublié toute une journée, on devra dorénavant compter chaque soir sans la bénédiction.

Quelles sont les lois de cette période du Omer ?

Hommes et femmes ont l’habitude de ne pas entreprendre de «travaux» (tels que ceux interdits à ‘Hol Hamoed) depuis le coucher du soleil jusqu’à ce qu’ils aient compté le Omer.

On ne célèbre pas de mariage et on ne se coupe pas les cheveux, en souvenir de l’épidémie qui décima les 24 000 élèves de Rabbi Akiba à cette époque du Omer. Les Séfaradim respectent ces lois de deuil jusqu’au 19 Iyar (vendredi 27 mai 2016) ; les Achkenazim depuis le 1er Iyar (dimanche 14 mai 2017) jusqu’au 3 Sivan au matin (dimanche 28 mai 2017) à part la journée de Lag Baomer (dimanche 14 mai 2017).

La coutume du Ari Zal, suivie par la communauté ‘Habad, veut qu’on ne prononce la bénédiction de Chéhé’héyanou (sur un fruit nouveau par exemple) que le Chabbat durant toute la période du Omer et qu’on ne se coupe pas les cheveux jusqu’à la veille de Chavouot (cette année mercredi 30 mai 2017).

Un garçon qui aura trois ans après Pessa’h fêtera sa première coupe de cheveux à Lag Baomer (dimanche 14 mai 2017) et celui qui aura trois ans après Lag Baomer la fêtera la veille de Chavouot (mercredi 30 mai 2017).

Il n’y aucune restriction sur les promenades ou les séances de piscine et baignade.   

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