A
Chavouot c'est l'univers tout entier qui subit un bouleversement fondamental
dont les effets continuent de modeler notre vie.
C'est dans cet horizon nouveau que s'inscrit le projet du judaïsme
et c'est par lui que les juifs deviennent un peuple. On parle souvent du
caractère ritualiste de la foi juive. Il est vrai que, pour la Torah,
le lien avec D.ieu paraît surtout s'exprimer en termes de Mitsvot,
c'est-à-dire d'obligations et d'interdictions. C'est justement à
Chavouot que cette idée s'acquiert : l'acte est primordial parce
qu'il utilise la matière pour sa mise en oeuvre. Ainsi, l'attachement
au Divin ne reste pas cantonné à un spirituel insaisissable.
Il s'enracine dans le concret et, à la suite du Don de la Torah,
transforme le monde. C'est là, sans conteste, une immense mission.
Elle est, tout à la fois, la volonté, le sens et la vie du
peuple juif qui, lorsque le monde fit silence pour entendre les Dix Commandements,
sut répondre à l'appel de D.ieu: "Nous ferons et nous
comprendrons". Jusqu'à cette date, enseignent nos Sages, spirituel et matériel sont deux domaines hermétiquement séparés. A partir de là, au contraire, les deux peuvent s'interpénétrer, permettant au monde de connaître l'élévation nécessaire. Au jour de Chavouot, c'est donc comme une passerelle lancée entre deux univers qui apparaît. Et c'est D.ieu qui, descendant sur le Mont Sinaï, c'est-à-dire vers le monde matériel, choisit de la construire. Depuis lors, les actes des hommes ont un retentissement. Ils modifient l'ordonnancement des choses, font pénétrer la spiritualité au coeur même de ce monde matériel. |
| Chavouot : un mariage
en deux mouvements
Ainsi
parla D.ieu : Je me rappelle la gentillesse de ta jeunesse, ton amour
de jeune mariée, le fait que tu Mas suivi dans le désert
sur une terre désolée Dans
ce monde,[le lien de D.ieu avec Son peuple] fut un engagement- comme il
est écrit: «Je te fiancerai à Moi pour toujours»
et D.ieu ne leur donna que la lune, comme il est écrit: «cette
nouvelle lune sera pour vous
» Mais aux jours de Machiah
il y aura un mariage, comme il est écrit: «Ton mari, ton
Créateur» et alors D.ieu leur donnera tout, comme il est
écrit: «et les sages brilleront comme la clarté des
cieux et ceux qui apportent la droiture à de nombreux hommes comme
les étoiles, à tout jamais». Nous
habitons une réalité qui se définit par deux aspects
essentiels: lêtre et le non-être. Une chose est ou nest
pas, est manifeste ou cachée, en mouvement ou au repos, positive
(chargée dénergie) ou négative (non chargée
dénergie). Les phénomènes les plus complexes
eux-mêmes constituent la somme de nombreux degrés de présence
ou dabsence. Une fois que tout a été dit et fait,
tout se réduit à la convergence dun certain nombre
de «oui» et dun certain nombre de «non».
Les «non» délimitent les paramètres dune
chose, établissant ce qui nest pas et les « oui »
sont lessence de ce quelle est. (Un morceau de bois rouge
dun mètre nest pas un morceau de bois dun mètre
vingt, nest pas vert, bleu ni jaune, nest pas de la pierre
du fer etc. Les «non» constituent les limites du morceau de
bois, de son être et de ce qui le distingue des autres objets, alors
que les «oui» ont un lien avec ce qui se trouve à lintérieur
des limites : la nature et les caractéristiques de ce morceau de
bois lui-même). Assurer une permanence aux frontières Comme
nous lavons dit, les kiddouchine et les nissouine constituent deux
phases distinctes dans le processus du mariage. En fait, à lorigine,
les kiddouchine avaient lieu à une date antérieure, après
quoi la fiancée continuait à vivre chez ses parents pendant
que le couple se préparait aux nissouine qui se tenaient généralement
un an plus tard. Nos
Sages nous disent quau Mont Sinaï, lorsque D.ieu Se révéla
Lui-Même à nous, et nous donna la Torah, nous nous consacrâmes
à Lui comme sa jeune épousée. Néanmoins cela
ne constitua que létape des kiddouchine de notre mariage.
Notre lien avec Lui ne sera complet quà la venue du Machiah,
lorsque D.ieu et Israël seront unis par les nissouine. |