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Une mitsva que l’on ne peut accomplir que tous les 28 ans, c’est la bénédiction du soleil ! Elle s’offre à nous cette année à la veille de Pessa’h. Retour au texte de la Genèse(1 :14) : D.ieu dit « Qu’il y ait des luminaires dans le firmament des cieux pour distinguer entre le jour et la nuit… ». Tous les 28 ans, en effet, le soleil retrouve la position exacte qui était la sienne au temps de sa création suivant le récit biblique, le même jour, mercredi, et à la même heure soit à dix huit heures. Sans la bienfaisante lumière du soleil si exactement adaptée au foisonnement de la vie, la Terre ne serait qu’une planète minérale. Celui qui, chaque matin, aperçoit sans jamais en être surpris le lever de l’astre lumineux à l’orient n’interroge pas ce miracle quotidien. Mais nous qui rejetons cet empirisme grossier, nous qui ressentons bien que cet univers, dont nous savons au fond si peu de choses, ne va pas de soi, nous dirons le 28 avril : |
COMMENT FAIRE ? La bénédiction est dite mercredi 8 avril 2009 – 14 Nissan 5769 entre 7h15 et 10h34 (au plus tard avant 13h52), si possible en communauté. On regarde le soleil puis on dit : Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vékiyemanou Véhiguianou Lizmane Hazé Hommes et femmes récitent ces bénédictions. |
Egalisation des cycles solaire et lunaire |
| (Discours du Rabbi, A’haron Chel Pessa’h 5713-1953) (Likouteï Si’hot, tome 16, page 94) |
Le Rambam explique, dans les chapitres suivants, que notre calcul, à l’heure actuelle, qui a été instauré par Hillel le prince(10), est conçu de telle façon que les années lunaire et solaire s’égalisent dans un cycle de dix-neuf ans. Dès lors, « il ne reste du compte des jours solaires, en ces dix-neuf ans, qu’une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim »(11). Le Pirouch pose(12), à ce sujet, la question suivante : « après de nombreuses années », lorsque le cumul de ces restes d’une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim devient important, l’équinoxe de Nissan surviendra, non pas dans le mois du printemps, mais en Iyar et il indique, à ce sujet, que : « un maître viendra nous en donner l’explication ». Toutefois, il convient de remarquer que, jusqu’à la dernière année des six millénaires de l’existence du monde, l’équinoxe de printemps sera toujours(13) pendant le mois de Nissan(14). Néanmoins, il est encore possible de prolonger la réfl exion. Le principe selon lequel : « Tu garderas le mois de printemps » signifi e non seulement que Nissan doit être au printemps, mais aussi que Pessa’h est alors célébré. Selon la décision du Rambam, précédemment citée, quand le tribunal constatait que l’équinoxe de Nissan survenait le 16 de ce mois, il ajoutait un second Adar à l’année « afi n que Pessa’h soit au printemps ». Ceci permet de formuler la question suivante : Les multiples restes des cycles de dix-neuf ans, qui sont les nombreuses fois une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim s’étant additionnées jusqu’à maintenant, ou bien jusqu’à l’époque du Rambam, ou même encore avant cela, font que l’équinoxe de Nissan est déjà survenue, à diverses reprises(15), quelques jours après le 15 Nissan(16). Comment y a-t-il là une application du principe précédemment défi ni selon lequel : « Tu garderas le mois du printemps », ce qui veut dire que Pessa’h doit être au printemps ? 2. On aurait pu répondre à cette question à partir de ce que le Rambam explique par la suite(17). Il constate, en eff et, que le reste d’une heure et quatre cent quatre vingt ‘Halakim, à l’issue de chaque cycle, existe uniquement d’après le compte, qui est appelé équinoxe de Chmouel, selon lequel l’année solaire a trois cent soixante cinq jours un quart. Par contre, selon le compte qui correspond à l’équinoxe de Rav Ada, considérant que l’année solaire a trois cent soixante cinq jours et moins d’un quart, « il n’y a aucun reste, à l’issue du cycle de dix-neuf ans ». Cela veut dire que le compte des années que nous tenons actuellement respecte bien le principe selon lequel : « Tu garderas le mois du printemps », puisque nous adoptons, non pas l’équinoxe de Chmouel, mais celle de Rav Ada, parce que : « ce compte est plus exact que le premier »(18), comme le disent plusieurs des premiers Sages(19). Or, il résulte de ce compte que Pessa’h survient toujours pendant l’équinoxe de printemps. Cette conclusion est, cependant, diffi cile à comprendre. En eff et, la nécessité d’égaliser les cycles lunaire et solaire découle du principe : « Tu garderas le mois du printemps ». Or, selon le calcul de l’équinoxe de Chmouel, il y a bien un reste, à l’issue de chaque cycle. Dès lors, comment le Rambam peut-il dire(20) : « Pourquoi adoptonsnous ce compte ? Parce qu’il ne restera du compte de l’année solaire qu’une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim ». Comment donc adopter un compte qui n’égalise pas totalement les deux cycles, malgré le principe selon lequel : « Tu garderas le mois du printemps » ? 3. On peut proposer l’explication suivante. La formulation du Rambam, qui explique : « les années que nous comptons sont des années solaires, ainsi qu’il est dit : ‘Tu garderas le mois du printemps’ » indique que l’on déduit de ce verset, non seulement que Pessa’h doit être au printemps, mais aussi que cette fête doit toujours survenir au même moment de l’année solaire(21). Pour appliquer aux années le principe selon lequel : « Tu garderas le mois du printemps », il suffi t que : « ce mois de Nissan soit au printemps »(22), c’est-à-dire que le printemps soit en Nissan(23), que l’équinoxe de printemps soit en ce mois, le cas échéant à la fi n du mois. lequel un petit reste subsiste, à l’issue de chaque cycle, la fi xation des années du cycle permet de mettre en pratique le principe : « Tu garderas le mois du printemps », au moins pour une année, car l’équinoxe ne sera jamais retardée au point de dépasser le mois de Nissan. Ceci permet de comprendre pourquoi le Rambam dit que : « l’on s’en remet à ce compte », celui des années du cycle. Selon ce compte, en eff et, « il ne reste du compte des jours solaires, en ces dix-neuf ans, qu’une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim ». Ainsi, « l’on s’en remet à ce compte » des années du cycle, parce que celles-ci peuvent, de la sorte, être des années solaires »(24). De cette façon, « il ne reste qu’une heure et quatre cent quatre vingt cinq ‘Halakim », ce qui est bien une raison suffi sante pour que « l’on s’en remette à ce compte », comme on l’a dit. 4. On peut, toutefois, se poser la question suivante. Pour mettre en application le principe : « Tu garderas le mois du printemps » à Pessa’h, il est nécessaire d’adopter le compte véritable, celui de l’équinoxe(25) de Rav Adda(26), selon lequel : « il n’y a aucun reste dans le cycle de dix-neuf ans ». Pourquoi donc le Rambam affi rme-t-il que, « au moins pour une année », on peut s’en remettre au compte de l’équinoxe selon Chmouel, bien qu’il ne soit pas exact ? L’explication est brièvement la suivante. Le Rambam mentionne cette équinoxe de Chmouel dans les lois de la sanctifi cation du nouveau mois. Celle-ci est donc, non seulement une hypothèse de la Torah de vérité, mais aussi une décision hala’hique, par ailleurs plausible. Or, la Hala’ha est la « vérité vraie »(27). De fait, en affi rmant que : « ce compte est plus exact que le premier »(28), le Rambam indique, en allusion, que le calcul de l’équinoxe selon Chmouel est « exact », même si celui de Rav Ada est : « plus exact »(29). La possibilité de trancher la Hala’ha selon le calcul de l’équinoxe de Chmouel est établie également par le fait que certains aspects de l’équinoxe concernant le soleil sont calculés précisément selon ce compte de Chmouel. C’est le cas, par exemple, pour la bénédiction du soleil, qui est récitée quand on le voit, le jour de l’équinoxe de Nissan, au début de chaque grand cycle de vingt-huit ans, « au début de la nuit du mercredi »(30). L’équinoxe est alors calculée selon Chmouel, non pas selon Rav Ada(31). Il en est de même également pour la prière de la pluie(32) et aussi pour l’usage de ne pas boire de l’eau, lors de l’équinoxe(33). Dans ces cas également, le calcul est eff ectué d’après Chmouel(34). 5. Nous comprendrons tout cela en défi nissant une autre notion, en apparence diffi cile à comprendre, qui concerne la sanctifi cation du nouveau mois : « Lorsque le tribunal(35) a sanctifi é le nouveau mois par inadvertance, par erreur, sous la contrainte (selon une autre version(36) : ou en se trompant délibérément), ce nouveau mois est eff ectivement sanctifi é et tous sont tenus de célébrer les fêtes à la date qui aura été décidée ». Or, le Roch ‘Hodech est de la même étymologie que ‘Hidouch, fait nouveau, car il correspond à l’apparition de la nouvelle lune. Dès lors, comment est-il concevable qu’un jour qui n’est pas celui de la nouvelle lune devienne le Roch ‘Hodech uniquement parce qu’il a été sanctifi é par le tribunal ? Le Rambam précise(37) pour quelle raison la Hala’ha est tranchée de cette façon : « tous sont tenus de célébrer les fêtes à la date qui a été sanctifi ée ». En eff et, « Celui Qui demande de respecter les fêtes demande également de s’en remettre aux Sages ». Néanmoins, ceci justifi e que l’on s’en remette à la sanctifi cation du nouveau mois prononcée par le tribunal, mais n’explique pas pourquoi il en est ainsi : comment ce jour peut-il être défi ni comme le Roch ‘Hodech alors que la nouvelle lune apparaît un autre jour ? 6. On peut donc proposer l’explication suivante. Le soleil et la lune, comme tout ce qui existe ici-bas, sont la conséquence du soleil et de la lune tels qu’ils sont là-haut. Aussi, la désignation du jour de la nouvelle lune comme le Roch ‘Hodech résulte, avant tout, de la nouvelle lune spirituelle. Or, notre connaissance et notre perception de ce qui est là-haut découlent de ce qui en résulte ici-bas. De ce fait, la Torah nous demande de fi xer le Roch ‘Hodech en fonction de la nouvelle lune, dans notre univers, telle que nous l’observons, ou bien en fonction de calculs. C’est de cette façon que l’on peut déterminer la nouvelle lune spirituelle. Ainsi, lorsque le tribunal désigne un autre jour et que la Torah demande de s’en remettre à lui, il est alors clair que la nouvelle lune essentielle, celle qui apparaît làhaut, se révèle en le jour que la Torah de vérité a désigné comme Roch ‘Hodech. Certes, ici-bas, la nouvelle lune apparaît alors en un autre jour. Mais, il en est ainsi parce que ce monde inférieur, pour diff érentes raisons, n’est pas en mesure, à ce moment précis(38), de recevoir la révélation(39) de la nouvelle lune spirituelle, laquelle, dès lors, ne se produit pas au même moment que la nouvelle lune matérielle. Il en est donc de même pour les lois exposées ci-dessus, qui sont liées à l’équinoxe et à la bénédiction du soleil. Les principes de la Torah de vérité concernent, avant tout, l’équinoxe spirituelle. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que l’on retienne le compte de l’équinoxe selon Chmouel, bien que le calcul exact de cette équinoxe, telle qu’elle se produit ici-bas, soit celui de Rav Ada. En eff et, la Torah de vérité affi rme qu’à l’issue d’un cycle de vingt-huit ans, la Hala’ha est tranchée de cette façon et elle défi nit l’équinoxe en conséquence. Il faut en déduire qu’à ce moment, se produit l’équinoxe spirituelle, mais, pour diverses raisons, son apparition ici-bas ne se fait qu’à un autre moment, selon Rav Ada(40). 7. A la suite de tout ce qui vient d’être dit, une précision reste encore nécessaire. Toutes les idées de la Torah, en particulier celles qui concernent la Hala’ha concrètement applicable, ne peuvent pas être départies de leur sens simple et elles doivent donc être mises en pratique de la manière la plus littérale, bien que chaque élément du monde et, en particulier, de la Torah, ait une source céleste, qui est spirituelle. En conséquence, on se base, pour la bénédiction du soleil, sur l’équinoxe céleste, bien qu’ici-bas, celle-ci intervienne à un autre moment. Il en est donc de même pour toutes les autres lois relatives à l’équinoxe, établies d’après celle de Chmouel, qui est l’équinoxe céleste. En eff et, le début du calcul de toutes ces équinoxes est celle de Tohou(54), celle de la pensée(55) de la création. Il n’est donc pas nécessaire que l’équinoxe concrète intervienne au même moment. Pour autant, il est clair que l’équinoxe céleste agit aussi, d’une manière spirituelle et profonde, sur le soleil tel qu’il est ici-bas. C’est la raison pour laquelle la bénédiction du soleil est conditionnée par la vision physique de cette planète. 10. Ce qui vient d’être dit conduit, toutefois, à se poser une question en sens opposé. Si les équinoxes célestes sont conformes au calcul de Chmouel, non à celui de Rav Ada qui tient compte uniquement de l’équinoxe se produisant ici-bas, comment, dès lors, dire que l’Injonction de la Torah selon laquelle Pessa’h doit être célébré au printemps, ce qui est possible uniquement selon le compte de Rav Ada, non selon celui de Chmouel, comme on l’a vu au paragraphe 4, s’entend précisément en fonction de l’équinoxe telle qu’elle a lieu ici-bas ? En fait, l’équinoxe, ici-bas se produit à un autre moment que l’équinoxe céleste parce qu’alors, le monde n’est pas en état de l’accepter telle qu’elle est là-haut, comme on l’a dit. L’équinoxe céleste est alors plus haute que le monde et la manière dont le temps s’y écoule. Néanmoins, il peut en être ainsi uniquement dans la mesure où le monde a une existence concrète. Pessa’h, en revanche, qui doit être célébré au printemps, est un fait de la Torah. Dès lors, l’équinoxe, ici-bas est nécessairement simultanée à celle qui se passe là-haut. Ainsi, Pessa’h est toujours au printemps également du fait de l’équinoxe céleste. Il n’en est pas de même, en revanche, pour les événements du monde. Pour ce qui les concerne, l’équinoxe céleste peut se révéler à un autre moment, en fonction du compte qui a été établi par Chmouel. 11. Tout ceci nous permettra de comprendre l’affi rmation de nos Sages selon laquelle : « l’on s’en remet à ce compte » pour ce qui concerne une année, celle-ci devant être telle que le mois de Nissan soit en la période du printemps. Or, il peut en être ainsi selon le calcul des équinoxes de Chmouel, bien que, pour ce qui concerne Pessa’h, qui est au printemps, on doit, en tout état de cause, avoir recours au compte de Rav Ada. S’agissant des événements du monde, l’équinoxe céleste se révèle ici-bas en fonction du calcul qui est établi par Chmouel, comme on l’a dit. De ce fait, la Loi concernant l’année, laquelle possède également une existence eff ective dans le monde, stipule qu’il faut tenir compte également du calcul de l’équinoxe selon Chmouel. |