Kountrass Ha Tefila / Dissertation sur la prière
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| Avant Propos |
Introduction |
Sommaire |
Chapitre 1 |
Chapitre 2 |
Chapitre 3 |
| Chapitre 4 |
Chapitre 5 |
Chapitre 6 |
Chapitre 7 |
Chapitre 8 |
Chapitre 9 |
| Chapitre 10 |
Chapitre 11 |
Chapitre 12 |
Chapitre 13 |
Chapitre 14 |
Chapitre 15 |
| Chapitre 16 |
Chapitre 17 |
Chapitre 18 |
Index |
Glossaire |
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Kountrass Ha Tefila
Dissertation sur la prière
Rabbi Chalom Dov Ber Schneersohn de Loubavitch
Avant-propos
La tradition ‘hassidique accorde une place fondamentale à
la prière. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler que
nos maîtres l’ont qualifiée de “ colonne vertébrale
d’un ‘Hassid ”, lui permettant de se maintenir et de
conserver sa stature, dans le service de D.ieu. C’est elle, en effet,
qui insuffle la force nécessaire pour ce service, tout au long
de la journée. Elle assure ainsi l’élévation
des accomplissements de la veille et, de la sorte, elle prépare
ceux du jour même, leur conférant, grâce à une
telle préparation, une tout autre dimension.
Le Rabbi de Loubavitch, chef de notre génération, commenta,
à maintes reprises, le thème de la prière, pour en
souligner toute la valeur. Ainsi, pour ne citer que quelques-uns de ses
propos, il explique, dans son discours du Chabbat Parchat Matot Masseï
5751 (1991), que : “ un Juif doit resplendir par son Chema Israël,
par ses pensées, par ses paroles et par ses actions, de sorte que
celui qui le voit prier, y compris de loin, soit, à son tour, conduit
à réciter avec ferveur le Chema Israël et la prière
”. Dans le tome 1 de ses Rechimot, le Rabbi précise encore
que : “ selon l’enseignement de la ‘Hassidout, la prière
quotidienne a pour objectif d’introduire le Chabbat au sein de chaque
journée de la vie d’un homme. C’est, en effet, par
l’intermédiaire de la prière que le Chabbat a la force
d’éclairer tous les jours de la semaine ”.
Soulignant, tout particulièrement, l’effort de concentration
qui est nécessaire, pendant la prière, afin que celle-ci
exerce pleinement son effet, le Rabbi relate, dans le tome 16 de ses lettres,
à la page 350, le récit suivant : “ Un ‘Hassid
de l’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad,
était un riche commerçant et, de ce fait, devait établir
un bilan annuel de ses affaires. Une fois, alors qu’il faisait ses
comptes, il parvint à la ligne du résultat final et y inscrivit
: ‘Il n’est nul autre que Lui’. On l’interrogea,
à ce propos : pourquoi faire apparaître cette mention dans
un document comptable ? Il répondit : ‘Au milieu de la prière,
il m’arrive de penser à la foire de Leipzig. Dès lors,
pourquoi serait-il surprenant de penser à l’unité
du Créateur lorsque je me trouve à la foire ?’ ”.
Bien évidemment, une telle conception de la prière prend
un sens uniquement dans la mesure où l’on en connaît
le contenu véritable et la portée. Au sein de la tradition
‘hassidique, un texte fait référence en la matière.
Il s’agit du Kountrass Ha Tefila, “ dissertation sur la prière
”, qui fut rédigée par le Rabbi Rachab, Rabbi Chalom
Dov Ber Schneersohn, père du précédent Rabbi, le
Rabbi Rayats et cinquième Rabbi de ‘Habad. Ce texte définit
la prière en des mots simples, en applique les termes à
chacun, en fonction de sa propre situation, en propose une approche méthodique
qui permet de la considérer sous un angle lui faisant totalement
défaut, si l’on fait abstraction de la clarté ‘hassidique.
Le Kountrass Ha Tefila fut édité en Tévet 5660
(1900) et diffusé parmi les ‘Hassidim en plusieurs milliers
d’exemplaires manuscrits. Il fut imprimé, pour la première
fois, en 5684 (1924) à Vilna. Par la suite, il parut une seconde
fois, partiellement, dans les tomes 7 et 8 du périodique Ha Tamim,
qui était, avant la seconde guerre mondiale, l’organe de
la Yechiva Loubavitch de Varsovie. A cette seconde édition furent
ajoutés des résumés de chaque chapitre, rédigés
par Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, le Rabbi Rayats, précédent
Rabbi de Loubavitch. Toutefois, la parution du Ha Tamim fut interrompue
avec le déclenchement de la guerre. Le Kountrass Ha Tefila ne fut
donc pas intégralement réédité. Seule sa troisième
édition, parue à New York le 20 Mar ‘Hechvan 5702
(1941) en reprit l’intégralité, présentant
ainsi le résumé du précédent Rabbi pour chacun
de ses chapitres. Par la suite, l’ouvrage connut de nombreuses rééditions
successives, la dixième, pour l’heure la dernière,
datant du 2 Nissan 5762 (2002).
Le présent ouvrage est la traduction libre de l’introduction
et des dix-huit chapitres que compte le Kountrass Ha Tefila, rédigé
par le Rabbi Rachab, de même que des résumés de chaque
chapitre, établis par le Rabbi Rayats. Pour en faciliter l’étude,
le texte est accompagné de notes et de définitions, qui
sont introduites par le traducteur, sous sa seule responsabilité.
A la fin de l’ouvrage, sont présentés un index alphabétique
des thèmes traités, inspiré de celui qui a été
ajouté à la dixième édition du texte original
et un glossaire des définitions. Enfin, on trouvera en annexe,
la version hébraïque du Kountrass Ha Tefila, avec la reproduction
de manuscrits du Rabbi Rachab et du Rabbi Rayats.
Puisse D.ieu faire que ce recueil contribue à renforcer la ferveur
de chacun, dans la prière ardente que formulent tous les cœurs
juifs pour que vienne notre juste Machia’h, lors de la délivrance
véritable et complète. Alors, le Rabbi sera de nouveau physiquement
à notre tête et il nous fera entendre les merveilles de son
enseignement, très bientôt et de nos jours.
Haïm MELLUL
Veille de Pessa’h Chéni 5763 (2003)
“ Rien n’est jamais perdu ”
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| Introduction : L’attachement aux paroles de
nos maîtres [Retour
au Menu] Chaque ‘Hassid s’interroge et se
demande : de quelle manière doit-on prier ? Comment servir l’Eternel,
par le service du cœur qu’est la prière(1) ? De ce fait,
j’ai décidé de développer quelque peu mon propos
sur ce sujet, en me basant sur ce qui figure dans les manuscrits de nos
pères, nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera.
Car, leurs propos sont la Parole de l’Eternel notre D.ieu, qui s’accompliront
à jamais et ils restent vrais à l’heure actuelle,
sans la moindre modification, comme ils l’étaient à
l’époque(2).
Il suffit donc de rappeler toutes ces notions, de mettre en éveil
le cœur des ‘Hassidim, à ce sujet et de compléter
certains points, en fonction du temps dont je dispose maintenant, alors
que les sentiments des cœurs se sont atténués(3). Toutefois,
ces points émanent également de leurs saintes paroles, dans
lesquelles sont dissimulés un bien immense et une lumière
intense. Il suffit donc de mettre en évidence, dans la mesure des
moyens, ce qui est enfoui en leurs propos sacrés, d’éclairer
et de revivifier nos âmes, afin que nous suivions leur clarté,
celle de l’existence véritable(4).
Tel fut en effet, leur souhait, le désir de leur cœur, celui
de nous vivifier, d’illuminer nos esprits d’une lumière
et d’une vitalité vraies. Bien plus, ils firent don d’eux-mêmes
pour y parvenir, comme le savent tous ceux qui possèdent quelques
connaissances de ce qu’ils furent.
Nous devons donc nous attacher à leur personne et à leurs
saintes paroles, être des réceptacles pour intégrer
en nos âmes cette clarté bienfaisante(5). Car, c’est
à leur lumière que nous marcherons et que nous avancerons
vers les cimes les plus élevées, conformément au
désir de D.ieu, tel qu’il est exprimé par Ses saints
serviteurs, dont le mérite nous protégera, Amen.
Notes
(1) Selon les termes de la Guemara, la prière est le service de
D.ieu du cœur dans la mesure où elle constitue un moment privilégié
pour éprouver en son cœur l’amour de D.ieu.
(2) Quand ils furent prononcés.
(3) Un effort plus intense est donc désormais nécessaire
quand on désire éprouver de l’amour de D.ieu pendant
sa prière.
(4) Le Rabbi Rachab affirme ici, dans sa modestie, qu’il n’introduit
aucune analyse personnelle dans ce texte et ne fait que reproduire les
explications de ses prédécesseurs.
(5) Emanant de leur enseignement.
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Sommaire[Retour
au Menu]
* Introduction : L’attachement aux paroles de nos maîtres
* Chapitre 1 : Le plaisir de la contemplation
* Chapitre 2 : L’effet d’une méditation précise
* Chapitre 3 : Méditation et commentaires nouveaux
* Chapitre 4 : Emerveillement de l’esprit et émotion du cœur
* Chapitre 5 : Perception profonde
* Chapitre 6 : L’effet de la méditation, sommaire ou profonde
* Chapitre 7 : Une approche erronée du service de D.ieu
* Chapitre 8 : Complémentarité de l’étude et
de la prière
* Chapitre 9 : La prière, élément central du service
de D.ieu
* Chapitre 10 : Les étapes successives de la prière
* Chapitre 11 : La préparation de la prière
* Chapitre 12 : Etre un réceptacle pour la ‘Hassidout
* Chapitre 13 : La nécessité de reconnaître le mal
* Chapitre 14 : L’erreur des jeunes gens
* Chapitre 15 : Définition du service de D.ieu
* Chapitre 16 : Pour les commerçants
* Chapitre 17 : Importance de la Hala’ha
* Chapitre 18 : L’étude et l’action
* Index alphabétique des thèmes traités
* Glossaire des définitions
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| Chapitre 1 :Le plaisir de la contemplation
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Mes bien-aimés, mes frères, mes amis, vous avez connaissance
de ce qu’est la méditation ou, en tout état de cause,
vous en avez abondamment entendu parler. Celle-ci porte, tout d’abord,
sur Memalé, la Lumière de D.ieu qui pénètre
tous les mondes(*). Quiconque est doué de discernement peut parfaitement
comprendre ce qu’elle est, y compris en ayant recours uniquement
à l’intellect naturel de l’âme animale(1). Mais,
cette réflexion porte aussi sur Sovev, la Lumière de D.ieu
qui entoure tous les mondes(*) et même sur ce qui transcende Sovev.
Car, toutes ces notions peuvent être perçues et comprises,
d’une manière satisfaisante, par les forces de l’intellect
de l’âme divine(2), ‘Ho’hma, la découverte
intellectuelle(*), Bina, l’analyse raisonnée(*) et Daat,
la synthèse profondément ressentie(*). C’est à
cela que correspond la méditation liée aux deux premiers
versets du Chema Israël(3).
Mais, il existe aussi des thèmes de réflexions plus spécifiques,
liés à des émotions bien précises, celle qui
met en éveil l’amour ou celle qui suscite la crainte. De
même, l’Attribut de l’harmonie, Tiféret(*), conduit
à contempler l’honneur du Roi. Or, bien que chaque forme
de méditation soit positive et véritable, dans la mesure
ou elle porte sur un concept divin, quel qu’il soit, la contemplation
de l’honneur du Roi n’en occupe pas moins une place particulière,
surtout quand on réfléchit à la grandeur et à
l’élévation de la Lumière merveilleuse de l’En
Sof(*). Une telle forme d’extase intellectuelle pour le Divin est
inspirée par la valeur et la qualité de Sa Lumière,
par l’importance et la gloire de Sa grandeur et de Son élévation.
Cette contemplation permet de soumettre tous ses sens, au point de ne
plus ressentir sa propre personne. Elle procure, en outre, un immense
plaisir, qui est la volupté, la douceur et la passion d’une
âme se réjouissant en D.ieu, ainsi qu’il est dit :
“ C’est alors que tu éprouveras du plaisir en l’Eternel
”. Pour autant, un tel plaisir est profond et il fait abstraction
de la personnalité(4). On peut ainsi véritablement parvenir
à l’extase. Cette forme du service de D.ieu consiste à
Lui vouer l’essence de son intellect, au-delà de tout émerveillement
raisonné, a fortiori en surpassant les émotions du cœur.
On y parvient grâce à la dimension profonde de Bina(*).
Toutefois, par la suite, cette contemplation et cet attachement s’expriment
également dans le cœur(5), ainsi qu’il est dit : “
Mon cœur a vu beaucoup de sagesse ”(6). De ce point de vue,
le cœur et le cerveau s’équivalent(7). C’est ce
que l’on appelle les aspects cachés du cœur, sa dimension
profonde, lorsque la Lumière divine illumine l’intériorité
du cerveau et du cœur(8).
Or, cette Lumière est véritablement révélée
au sein des aspects cachés du cœur. Malgré cela, on
n’en conçoit aucun émerveillement, l’on n’est
pas ému, de manière perceptible. En effet, c’est alors
l’essence profonde du cœur qui voit et qui ressent l’Essence
de D.ieu, transcendant toute perception. En pareil cas, la lumière
du cerveau vient effectivement éclairer le cœur.
Certes, il existe aussi une autre façon(9), selon laquelle la
lumière éclaire la dimension profonde du cœur sans
traverser le cerveau, ce qui veut dire qu’il n’y a pas non
plus de compréhension. Une telle situation provoque un émerveillement
qui n’est pas contenu. Et, il existe plusieurs stades d’une
telle manifestation. Ainsi, on a expliqué, par ailleurs, la différence
qui existe entre le désir d’extase, Ratso(*), dans le système
de la réparation, Tikoun(*) et celui du système de la désolation(10),
Tohou(*). En revanche, la perception à laquelle on fait allusion
ici émane de la dimension profonde de l’intellect, transcendant
la compréhension véritable, qui ne peut être que superficielle.
C’est pour cette raison qu’elle ne provoque pas d’émerveillement,
pas d’émotion. Bien au contraire, elle conduit à l’abstraction
la plus totale de son ego, au point de s’identifier à une
pierre, véritablement minérale.
Mais, il est une forme de contemplation de l’honneur de D.ieu
qui est spécifiquement liée à l’Attribut de
l’harmonie, Tiféret(*) Celle-ci permet de réconcilier
des aspects opposés. Plusieurs d’entre eux se réunissent
alors, jusqu’à ne former qu’une seule et même
entité. C’est précisément de cette façon
qu’apparaît et que se révèle l’immense
harmonie de D.ieu(11), également auprès des créatures
des mondes inférieurs de Brya(*) Yetsira(*) et Assya(*) qui peuvent,
à leur tour, concilier et réunir les éléments
opposés. Combien plus en est-il ainsi dans les mondes supérieurs
et dans ceux de l’En Sof(*) la perfection étant celle de
Son Essence, Qui supporte toutes les oppositions en réalisant l’Unité
véritable, comme cela est expliqué par ailleurs.
Une telle contemplation doit susciter la joie dans le cœur(12).
L’homme s’emplit alors d’aise en pensant à l’harmonie
du Divin, à la gloire de Sa splendeur.
Résumé
On a montré l’importance de la méditation, de façon
générale et, plus précisément, quand celle-ci
porte sur la grandeur et l’élévation de D.ieu, quand
on contemple l’honneur du Roi, ce qui permet d’attacher profondément
son intellect au Tout-Puissant.
Notes
(1) Une telle réflexion est rationnelle. En effet, tout système
doit nécessairement être piloté et la création
l’est également, en l’occurrence par cette Lumière
de D.ieu.
(2) Qui permettent l’abstraction, à la différence
de celles de l’âme animale, afin que l’homme puisse
comprendre ce qui échappe au champ de sa perception.
(3) Plus précisément, le premier verset du Chema Israël
présente la forme supérieure de Daat, Daat Elyon(*) et le
second verset, sa forme inférieure, Daat Ta’hton(*).
(4) A la différence du plaisir superficiel qui, bien au contraire,
fait une place démesurée à la personnalité
de l’homme qui l’éprouve.
(5) Même si, dans un premier temps, ils transcendent le sentiment.
(6) Or, c’est bien la vision qui confère la conviction la
plus profonde.
(7) Puisque la contemplation porte sur ce que l’homme ne peut saisir
ni intellectuellement, ni émotionnellement.
(8) Les élevant ainsi au-dessus de leur capacité de perception.
(9) D’obtenir la révélation de cette lumière
bien qu’il n’y ait pas eu de compréhension rationnelle.
(10) Dans le système de Tikoun, l’extase conduit à
terme à une réintégration de la matière, Chouv(*),
de sorte que l’intégrité de la création est
effectivement préservée. Rien de tel n’existe en Tohou
et c’est pour cela qu’une cassure s’y produisit.
(11) Puisque tous ces aspects opposés ne remettent pas en cause
Son Unité.
(12) Tel est le sentiment qui doit découler naturellement de cette
forme de compréhension.
Définitions
Memalé : “ La lumière divine qui pénètre
les mondes ”. Cette Lumière s’introduit en chaque stade
de la création et se contracte pour être accessible à
la créature en laquelle elle se révèle. Elle est
à l’origine de l’immanence de D.ieu.
Sovev : “ La Lumière divine qui entoure les mondes ”.
Elle entoure chaque stade de la création, influence chaque créature
sans lui être accessible. Elle est à l’origine de la
transcendance de D.ieu.
‘Ho’hma : L’Attribut de la Sagesse est la première
action créative de D.ieu. De ce fait, il est également appelé
Abba, le père, ou Réchit, le début, parce qu’il
est à l’origine du processus de la compréhension.
Il correspond au savoir intuitif et instantané, à la vision
première transcendant la compréhension profonde, à
l’émergence de l’intellect, au savoir potentiel dont
on ne mesure pas encore toutes les implications. Il s’agit d’un
éclair d’inspiration qui, en l’état, n’est
pas encore assimilable par l’esprit, de l’apparition d’un
concept avant que ne soient trouvés les mots qui permettront de
le formaliser. ‘Ho’hma est comparé à la vision
qui, d’un seul clin d’œil, permet d’épouser
le panorama, sans toutefois apporter les moyens d’analyser les détails
qui le constituent. Au stade de ‘Ho’hma, la conscience du
moi se perd devant l’émerveillement suscité par le
concept nouveau. C’est pour cela que ‘Ho’hma est l’anagramme
de Koa’h Ma, “ la force du quoi ”. En effet, celui qui
s’émerveille, incapable de préciser sa question, s’écrira
: “ Quoi ? ”.
Bina : Seconde des dix Sefirot, Bina introduit l’analyse logique
et la compréhension intellectuelle, détaillant l’apport
de ‘Ho’hma. Elle introduit l’éclair de l’intuition
dans le détail de l’analyse raisonnée. Par opposition
à ‘Ho’hma, qui évoque la vision, Bina est comparée
à l’audition, au cours de laquelle chaque détail est
rapporté séparément, la vue d’ensemble n’apparaissant
qu’après avoir écouté tout le développement.
A la différence de ‘Ho’hma, Bina est en mesure de susciter
l’émotion. C’est en ce sens qu’elle est appelée
Em Ha Banim, “ mère des enfants ”. Ainsi, Bina est
la “ mère ”, recevant du “ père ”,
‘Ho’hma et donnant naissance aux “ enfants ”,
les Sefirot de l’émotion. La compréhension véritable
suppose le passage à la fois par ‘Ho’hma et Bina qui,
de ce fait, sont appelés Treïn Reïn Dela Mitparchin,
“ deux amis qui ne se séparent pas ”. Toutefois, ‘Ho’hma
n’est qu’un point de compréhension, alors que Bina
introduit une profonde analyse. Le Zohar parle, à ce propos, d’un
“ point dans un Sanctuaire ”, Nekouda Be Hé’hala.
Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise la synthèse
entre ‘Ho’hma, le père et Bina, la mère, entre
l’intellect et le sujet en concrétisant la prise de conscience
et en lui permettant d’aboutir à une conclusion concrète.
C’est en ce sens qu’elle est Ben, le fils. Elle provoque l’émerveillement,
l’attachement, l’union de l’esprit et du cœur avec
le concept analysé.
Daat Elyon : La Perception supérieure, selon laquelle D.ieu Seul
possède l’existence véritable et “ il n’est
rien d’autre ”. Une telle prise de conscience permet la soumission
à D.ieu supprimant toute manifestation de l’ego.
Daat Ta’hton : La perception inférieure, selon laquelle D.ieu
ne peut être appréhendé par les créatures,
car celles-ci ont une trop forte conscience de leur propre existence.
Elles comprennent, néanmoins, la nécessité de se
soumettre à Lui, sans pour autant être capables de faire
abstraction de leur propre ego. Une telle prise de conscience permet la
soumission à D.ieu qui n’ôte pas le sentiment de sa
propre existence.
Tiféret : Sixième des dix Sefirot, également appelée
Ra’hamim, la miséricorde, elle combine les exigences opposées
de ‘Hessed, la bonté et de Guevoura, la sévérité.
Réalisation de la synthèse entre l’attraction et le
rejet, elle dévoile l’harmonie et la beauté, mais
aussi la pitié. Elle est l’Attribut dominant du mardi.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Ratso : Se dit de l’élévation d’une âme
ou d’un niveau spirituel au-dessus du stade qui est le sien, afin
de se fondre en une forme plus élevée de la spiritualité.
Chouv : Ce terme désigne le retour au stade de départ, faisant
suite à l’ascension du Ratso. Il se produit grâce à
la prise de conscience de la possibilité de mettre en pratique
la Volonté de D.ieu uniquement en cet endroit.
Tikoun : Réparation. C’est l’organisation des Sefirot
entre elles qui permet de réparer la chute de la spiritualité
au sein de la matière, qui est à l’origine de la création.
Ce terme désigne également l’action de l’homme
qui libère la parcelle de Divinité enfouie dans l’objet
matériel, afin d’en réaliser l’élévation.
La Torah est le guide de ce Tikoun. Ainsi, peut être réparée
la cassure qui se produisit dans le système de Tohou.
Tohou : Désolation. C’est le système qui précéda
celui de la réparation, Tikoun, bien que cette antériorité
ne soit pas à interpréter au sens chronologique. Dans Tohou,
les Lumières divines ont une intensité démesurée
par rapport aux capacités de contenir que possèdent les
réceptacles des Sefirot. En conséquence, ceux-ci se brisèrent
en deux cent quatre-vingt-huit parcelles de Divinité qui furent
introduites dans la matière du monde. La finalité du Tikoun
est de les libérer, afin qu’elles puissent réintégrer
leur source première.
Brya : Le second des quatre mondes, du haut vers le bas, celui de la création,
de l’analyse intellectuelle, conduisant à la compréhension
profonde du concept. Le mal y est minoritaire. L’existence matérielle
y prend forme sans être encore concrète. C’est le monde
du Trône céleste qui apparut dans la vision du prophète
Yé’hezkel, celui des anges qui se consument d’amour
pour D.ieu et désirent faire corps avec Son Essence.
Yetsira : Le troisième des quatre mondes, du haut vers le bas,
celui de la formation, essentiellement des sentiments, qui y sont dominants.
Le bien et le mal y sont à part égale. Le monde matériel
commence à y prendre forme. Là résident les anges
qui sont les émissaires divins, chacun faisant totalement corps
avec la mission qu’il a reçue.
Assya : Le plus bas des quatre mondes, celui de l’action, qui comprend
deux parties, Assya Gachmit, le monde de l’action matérielle,
dans lequel nous vivons, qui est le théâtre de notre perception
et qui est gouverné par les lois de la nature, Assya Rou’hanit,
le monde de l’action spirituelle, celui des idées et de la
connaissance. Le mal est majoritaire dans le second, prépondérant
dans le premier.
Chapitre 2 :L’effet d’une méditation précise[Retour
au Menu]
Toutes ces notions sont définies et vous sont présentées
dans différents discours ‘hassidiques imprimés ou
manuscrits. Elles ont toutes été clairement expliquées.
Désormais, il ne dépend donc que de vous de les connaître,
de les comprendre, profondément et exhaustivement et d’y
méditer pendant la prière, puisque tel est l’objectif
essentiel(1).
En effet, toute étude, toute connaissance préalable n’est
qu’une entrée en matière, introduisant la phase essentielle,
qui est la réflexion pendant la prière. Et, celle-ci doit
nécessairement être personnelle(2). Elle consiste à
approfondir sa compréhension des notions divines sur lesquelles
ont fait porter sa réflexion, en envisageant leurs multiples aspects.
En effet, une méditation qui conserverait des termes généraux
ne serait en aucune façon suffisante. Même si l’on
a une bonne connaissance d’un certain concept, même si on
l’a bien compris, dès lors que l’on se contente d’y
méditer globalement, pendant la prière, on ne peut en aucun
cas considérer qu’il y a eu une réflexion véritable(3).
En pareil cas, la clarté du concept n’éclaire pas
profondément le cerveau et le cœur. Elle ne fait qu’entourer
le cerveau, d’une manière superficielle. De façon
concrète, on sera effectivement émerveillé, d’un
point de vue intellectuel, par cette notion divine et l’on mettra
en éveil, en son cœur, un désir d’extase, Ratso(*)
une soif du Divin. Mais, il n’y a là qu’une illusion
mensongère, qui ne peut pas être durable, mais disparaîtra
aussitôt, ainsi qu’il est dit : “ Lève les yeux
et il n’est plus là ”(4).
De fait, il n’est même pas certain qu’une telle réflexion
suscitera, dans le cœur, un désir d’extase(5), Ratso(*).
Même si l’on est intellectuellement émerveillé
par ce concept divin, il n’est pas du tout certain qu’un sentiment
naîtra, de ce fait, dans le cœur. Ce dernier pourra parfaitement
rester insensible, ou encore ressentir uniquement une certaine attirance,
résultant de l’émerveillement intellectuel, comme
nous le montrerons. On pourra aussi se contraindre à éprouver
un sentiment en son cœur et, dès lors, ce sera effectivement
le cas. Pour autant, il n’y aura là qu’une vaine illusion.
Il n’en est pas de même, en revanche, quand la lumière
illumine profondément le cerveau(6). Il est alors certain que celle-ci
exercera son effet également sur le cœur. Du reste, il en
est de même, dans la dimension matérielle. Si l’on
réfléchit à ce qui est bon et merveilleux, on éprouvera
aussitôt, en son cœur, un désir d’en disposer.
Certes, de manière concrète, ce désir dépend
avant tout de l’attachement et du sentiment que l’on éprouve(7),
comme cela est expliqué par ailleurs. Il en est ainsi parce que
les sentiments naturels ne sont pas produits, de façon majeure,
par l’intellect, comme le précise un autre texte. C’est
donc l’attachement qui est déterminant, plus que la réflexion.
A l’opposé, les sentiments de l’âme divine sont
essentiellement les produits de l’intellect, comme le précise
une autre référence. Les deux éléments à
la fois, la réflexion et l’attachement, sont donc également
nécessaires.
Il en est de même dans la dimension morale. Lorsque la partie
profonde du cerveau reçoit la lumière, à l’issue
de la réflexion qui convient, le cœur éprouve effectivement
un désir d’extase, Ratso(*), comme nous le préciserons.
A l’opposé, lorsque la lumière ne s’introduit
que superficiellement dans le cerveau, l’émotion du cœur
n’est pas systématique et, même si elle se produit,
elle n’est qu’une illusion vaine et mensongère. Elle
n’interviendra donc pas, par la suite, dans l’action concrète,
quand il s’agira de mettre en pratique les Préceptes : “
Ecarte-toi du mal ” et “ fais le bien ”(8). De même,
elle ne permettra pas de dominer les sentiments naturels de l’âme
animale et de les recourber. Ceux-ci conserveront donc la force qu’ils
avaient au préalable, sans aucun changement(9).
Ainsi, certains ‘Hassidim se plaignent car, bien qu’ils
étudient intensément la ‘Hassidout et prient, ils
n’observent aucune amélioration de leurs sentiments naturels,
émanant de leur âme animale, qui conservent toute la vigueur
qui est naturellement la leur, bien plus qui sont encore plus forts. Or,
la raison en est celle qui vient d’être énoncée.
En effet, l’étude et la connaissance, par elles-mêmes,
ne permettent pas de recourber l’âme animale, si ce n’est
au moyen d’un éclairage céleste, qui est obtenu par
l’intermédiaire de la Torah(10), comme on le sait et comme
cela est expliqué par ailleurs. Mais, en fait, il en est ainsi
uniquement pour les âmes les plus hautes, en lesquelles l’élévation
est obtenue naturellement, grâce à la Torah. Pour la plupart
des âmes, en revanche, un tel résultat est le fruit d’un
effort consenti ici-bas.
En conséquence, une réflexion, pendant la prière,
qui conserverait des termes généraux ne serait d’aucun
effet sur les sentiments naturels. De temps à autre, ceux-ci peuvent
donc se renforcer. Il en est ainsi parce que la méditation n’a
pas été assez précise. En pareil cas, il n’y
a pas eu d’effort du service de D.ieu.
Résumé
On a expliqué que l’étude et la connaissance ne
sont qu’une préparation à la méditation de
la prière. Celle-ci, avant tout, doit se prolonger, être
profonde. C’est ainsi qu’elle peut conduire à un résultat,
d’une manière concrète.
Notes
(1) Ainsi, l’étude des discours ‘hassidiques et la
compréhension des notions qui y sont définies ne sont que
des préparations à la prière, puisque seule la méditation,
au cours de celle-ci, permet de donner à ces notions une application
concrète, dans le comportement.
(2) Appliquée à sa propre personne et détaillée.
(3) En effet, il n’en résultera rien, parce qu’elle
est trop générale. Le comportement de l’homme n’en
sera pas modifié.
(4) Toute manifestation émotionnelle qui n’est pas sous-tendue
par une compréhension intellectuelle précise conserve nécessairement
un caractère éphémère.
(5) Même éphémère.
(6) Grâce à la compréhension précise.
(7) Envers l’objet du désir.
(8) En se gardant de transgresser les Interdits de la Torah et en mettant
en pratique ses Injonctions. En effet, cette réflexion purement
théorique n’a pas d’incidence concrète.
(9) C’est ainsi qu’un homme peut posséder de larges
connaissances de la Torah sans pour autant que son comportement en soit
modifié.
(10) A l’initiative de D.ieu et indépendamment de l’effort
de l’homme.
Définitions
Ratso : Se dit de l’élévation d’une âme
ou d’un niveau spirituel au-dessus du stade qui est le sien, afin
de se fondre en une forme plus élevée de la spiritualité.
Chapitre 3 :Méditation et commentaires nouveaux[Retour
au Menu]
Certains, pendant leur prière, découvrent une explication
nouvelle de l’un de ses passages et ils la mettent en forme. Bien
entendu, plus ils ont une compréhension approfondie et plus le
concept découvert sera complexe, en fonction des aptitudes au raisonnement
qu’ils possèdent. Et, ils en concevront un émerveillement
intellectuel, puis leur cœur en sera quelque peu attiré, comme
on l’a dit. Or, ils s’imaginent qu’en agissant de la
sorte, ils ont prié avec ferveur !
Pour autant, on peut, tout d’abord, réellement se demander
si l’explication découverte de cette façon est vraie.
De fait, il est très probable qu’elle ne le soit pas, ce
qui veut dire qu’ils éprouvent une émotion intellectuelle
provoquée par ce qui n’est pas vrai. Combien plus en est-il
ainsi lorsqu’ils construisent tout un raisonnement, sur la base
duquel ils établiront leur prière et formuleront leur requête
!
En effet, si la base n’est pas juste, on peut comprendre ce qu’il
advient quand elle s’effondre. Parfois, la prière et la requête
peuvent, par elles-mêmes, être exactes. En revanche, la ferveur
de la prière et l’émotion, sur quelques aspects du
concept ou même sur toute sa profondeur, ne le sont pas parce que
le fondement n’est pas vrai.
De plus, une telle manière de procéder est uniquement
superficielle. C’est la raison pour laquelle il n’en résultera
rien de concret pour l’application effective des Préceptes
: “ Ecarte-toi du mal ” et “ Fais le bien ”(1).
Le sentiment qui en découle ne se maintiendra pas. Il disparaîtra
aussitôt, quelle que soit la notion à laquelle on a médité.
Toutefois, celui qui possède une profonde intelligence saura découvrir
des idées abstraites et merveilleuses, surtout s’il sait
se passionner pour la prière, par exemple pour un ou deux Psaumes
qui y figurent ou encore pour quelques-unes de ses bénédictions.
Quand on découvre plusieurs idées, dans différents
passages de la prière, on en conçoit de l’élévation
morale et l’on se dresse au-dessus de la situation grossière
en laquelle on se trouvait au préalable, jusqu’à accéder
à la finesse et à la hauteur. De façon générale,
c’est ce que l’on appelle la “ gravure extérieure
”, qui n’est qu’éphémère, mais
fait briller la partie extérieure du réceptacle(2).
Cependant, l’effet de tout cela ne dure pas très longtemps
et, globalement, tout aura disparu à l’issue de quelques
heures, parfois une demi-journée ou, tout au plus, une journée
entière. Concrètement, il n’en restera rien et il
y aura également là une forme de ce service de D.ieu qui
est assumé d’une manière superficielle, sans effort,
dont on a déjà dit qu’il n’est pas un véritable
service.
Certes, des distinctions doivent être introduites, en la matière.
Ceux qui sont anciens et qui ont déjà eu la possibilité
d’étudier abondamment la ‘Hassidout en connaissent
de nombreux concepts d’une manière approfondie. Parfois,
il leur arrive de découvrir une explication, relative à
une certaine notion, comme on l’a constaté, en se basant
sur une étude profonde qu’ils avaient déjà
menée au préalable. Quand ils découvrent cette explication,
ils méditent, longuement et par le détail, à ces
notions qu’ils avaient déjà acquises au préalable.
Ils en conçoivent alors un plaisir accru, du fait de la découverte
qu’ils viennent de faire, comme cela est précisé par
ailleurs, au même titre qu’un homme conçoit plus de
satisfaction de son propre pied que de la tête de son prochain.
De la sorte, il est clair qu’ils obtiennent une meilleure compréhension
des notions desquelles ils étaient déjà familiers(3).
A l’opposé, les jeunes gens qui n’ont encore étudié
que sommairement la ‘Hassidout et n’en possèdent donc
pas les profondes explications ne sont pas en mesure d’en avoir
une compréhension globale. En pareil cas, il n’y a nullement
un effort du service de D.ieu, de leur part(4). On peut même penser
qu’ils en sont très éloignés. Combien plus
en est-il ainsi lorsqu’ils n’ont encore ouvert les yeux sur
la ‘Hassidout, n’en connaissent pratiquement rien. Or, certains
d’entre eux s’efforcent, malgré tout, de découvrir
de telles explications, pendant leur prière. Ils font beaucoup
d’effort pour y parvenir et ils y consacrent toute leur concentration.
Ce faisant, ils transgressent, à proprement parler, une interdiction
car ils détournent leur capacité intellectuelle de concevoir
une idée nouvelle. En effet, ils ne parviendront pas à la
comprendre avec tout le développement et la précision nécessaires.
Ils sont, en outre, très éloignés de la profondeur
véritable et ils lui restent insensibles.
De façon générale, ces jeunes gens deviennent incapables
de saisir les concepts fondamentaux. Ils sont naturellement victimes de
l’illusion, développent des raisonnements mensongers. De
ce fait, ils ne parviennent plus à réfléchir de manière
positive, à comprendre réellement. A fortiori, n’ont-ils
pas les moyens d’une véritable méditation pendant
la prière. De ce fait, ils n’accompliront aucune merveille
en leur âme, ne transformeront pas leurs traits de caractère(5).
Quiconque recherche la vie doit s’écarter au plus haut point
d’une telle manière d’agir, ne pas désirer la
découverte intellectuelle pour elle-même et le développement
de nouveaux raisonnements. Bien au contraire, il préférera
étudier et savoir. De la sorte, il sera parfois en mesure de découvrir
une explication qui sera véritable.
Globalement, il y a, dans ce qui vient d’être décrit,
la manifestation d’un service de D.ieu qui reste superficiel. Or,
nombreux sont ceux qui trébuchent en la matière, de différentes
façons, celles que l’on a décrites et d’autres
encore. Il en est ainsi quand on refuse l’effort véritable,
lequel est indispensable à un service de D.ieu digne de ce nom.
Résumé
Ce chapitre met en garde contre la recherche de commentaires nouveaux
qui porteraient sur les mots de la prière, car une telle manière
de procéder reste toujours superficielle. Le texte établit
la différence que l’on peut constater entre les premiers
‘Hassidim et les jeunes gens, conseillant à ces derniers
une grande prudence.
Notes
(1) Or, le but de la méditation de la prière, qui doit
porter sur des notions déjà connues, est bien de renforcer
le respect des Interdits de la Torah et la pratique de ses Injonctions.
En la matière, la découverte d’explications nouvelles,
même si elles sont exactes, n’apporte rien. Elle n’a
donc pas sa place dans la prière.
(2) Il n’y a cependant là qu’une apparence, puisque
rien n’a été modifié concrètement.
(3) En pareil cas, la satisfaction n’est pas liée au service
de D.ieu de l’instant, mais bien à l’acquisition préalable
de ces notions.
(4) Lorsqu’ils s’efforcent de découvrir des explications
nouvelles.
(5) Leur comportement n’en sera pas modifié.
|
| Chapitre 4 : Emerveillement de l’esprit et émotion
du cœur[Retour
au Menu]
Le service de D.ieu véritable consiste donc en un intense effort,
pendant la prière, un effort moral et physique à la fois.
Cet effort est, tout d’abord, intellectuel. En ce sens, il suppose
une analyse approfondie, permettant de se lier au concept auquel on médite,
au point d’être totalement absorbé par lui. Un tel
résultat prend beaucoup de temps, une heure au moins, puisqu’il
est nécessaire d’élargir la compréhension que
l’on peut avoir de ce concept, de réfléchir aux multiples
aspects qu’il présente, de le rapprocher de soi par des explications
que l’on connaît ou bien que l’on découvre à
ce moment.
C’est précisément de cette façon que l’on
peut connaître les différents aspects d’un concept,
au-delà de ce que l’on a perçu pendant l’étude(1).
Et, l’on en découvre ainsi diverses facettes, qui permettent
de le rapprocher de soi. Tous les détails, de même que l’idée
dans sa globalité, sont alors saisis beaucoup plus profondément.
C’est en ce sens que la quintessence induit elle-même sa propre
révélation(2). Et, l’on ne fait pas référence
ici au processus de la compréhension dans sa généralité,
mais bien à l’idée précise qui est alors analysée.
Car, c’est précisément de cette façon que celle-ci
sera assimilée et intégrée, intellectuellement, jusqu’à
ce que ce concept divin devienne parfaitement clair et pur, qu’il
illumine le cerveau, à proprement parler.
Par la suite, la perception du cerveau se révèle dans
le cœur(3), lequel la ressent, puis est impressionné par ce
concept divin que l’on est parvenu à comprendre. Pour obtenir
un résultat, il faut faire intervenir la force de synthèse
intellectuelle, Daat(*) qui se trouve dans le cerveau mais intervient
également dans le cœur, où elle se scinde en deux parties,
bonté et rigueur, qui sont à l’origine de l’amour
et de la crainte(4).
En effet, celui qui saisit, par sa compréhension, un concept
divin, en concevra un émerveillement intellectuel, qui suscitera
l’amour ou la crainte, en fonction de l’idée envisagée
et de la manière de l’envisager, comme on l’a vu. C’est
alors dans le cerveau que ces sentiments se mettent en éveil. Une
telle émotion est purement intellectuelle(5). Et, c’est uniquement
après cela que le cœur intervient(6).
Car, l’intellect exerce une force d’attraction(7), qui est
en l’occurrence, celle de Daat(*). De la sorte, le cœur s’émeut
grâce à l’émerveillement du cerveau. De fait,
cette attraction du cœur est d’ores et déjà possible
lorsque l’intellect est uniquement naissant, parce que la réflexion
a été trop globale, est restée superficielle, comme
on l’a dit. Néanmoins, en pareil cas, cette attraction est
elle-même très réduite. Elle est donc occultée
aussitôt et ne donne pas naissance, à proprement parler,
aux sentiments du cœur(8).
Globalement, cette attraction du cœur peut donc être définie
comme la phase intermédiaire entre l’émotion intellectuelle
et l’émergence des sentiments, au sein du cœur. Lorsque
la lumière illumine le cerveau, très largement et très
clairement, elle l’imprègne profondément et, dès
lors, cette émotion est elle-même profonde. En pareil cas,
on peut penser que l’attraction du cœur est véritable.
Dès lors, elle est en mesure d’assumer son rôle d’intermédiaire
et de conduire la lumière dans le cœur. Celui-ci la ressentira,
s’en émerveillera et donnera naissance à l’amour
ou à la crainte, de manière concrète(9).
Se trouvant dans le cerveau, en revanche, cette attraction conserve
un caractère superficiel. Elle peut, certes, provoquer l’émotion
du cœur, qui suivra le cerveau, mais un tel sentiment restera approximatif
et il disparaîtra aussitôt, comme s’il n’avait
jamais existé. Parfois, l’attraction peut même être
encore plus réduite et, dès lors, elle ne se manifestera
pas du tout dans le cœur. C’est le cas, par exemple, de l’enfant,
qui n’a pas de maturité intellectuelle(10), comme l’explique
le Ets ‘Haïm, à la porte des commentaires sur l’Image,
aux discours 3 et 6. En effet, la révélation dans le cœur
est toujours proportionnelle à la lumière éclairant
le cerveau.
On peut vérifier concrètement que celui qui s’émerveille
intellectuellement, du fait d’un concept qu’il a parfaitement
saisi, ressentira aussitôt, de ce fait, une émotion en son
cœur, sans aucun effort, d’une manière naturelle(11).
Le cœur s’enflammera aussitôt pour l’idée
qui émerveille l’intellect. Et, il en est ainsi grâce
à la force d’attraction, celle de Daat(*) qui met en éveil,
dans le cœur, l’émotion du cerveau. Toutefois, ce sentiment
du cœur reste caché et il n’est pas encore ressenti(12).
De ce fait, il prend la même forme que l’émotion du
cerveau. Cependant, cette force d’attraction suscite un appel du
bas qui permet, par la suite, d’obtenir, à proprement parler,
la révélation de la lumière d’en haut(13).
Dès lors, le concept divin est gravé dans le cœur,
proprement ressenti par lui(14).
Résumé
Il est expliqué, dans ce chapitre, que le service de D.ieu véritable
est un effort intellectuel réalisant un lien profond et mettant
en éveil l’émotion du cœur, d’une manière
naturelle. C’est ce que l’on a appelé l’attraction
du cœur.
Notes
(1) C’est en ce sens que la prière parachève l’étude,
en permettant d’intégrer profondément les concepts
sur lesquels elle porte.
(2) En effet, plus la compréhension est profonde et véritable,
plus elle est ressentie concrètement.
(3) C’est la seconde phase de cette méditation de la prière,
qui autorise le passage de la compréhension intellectuelle dans
le sentiment du cœur.
(4) En ce sens, Daat(*) constitue la maturité de la perception
intellectuelle, dont l’émergence du sentiment fait la preuve.
C’est pour cela que cet Attribut est appelé, dans le Zohar
: “ la clé qui ouvre les six ” sentiments primaires.
On peut en conclure que la compréhension est véritable à
partir du moment où elle met en éveil une émotion.
(5) C’est la première phase de la méditation de la
prière, qui a été définie ci-dessus.
(6) Dès lors, commence la seconde phase de cette méditation.
(7) A l’origine des manifestations émotionnelles.
(8) Ainsi, non seulement l’émergence du sentiment fait la
preuve que la maturité intellectuelle a bien été
atteinte, mais, en outre, l’intensité de ce sentiment est
proportionnelle à la profondeur de la compréhension.
(9) C’est alors l’aboutissement de la méditation de
la prière.
(10) Sa compréhension n’est donc pas suffisamment élaborée
pour permettre l’émergence du sentiment. Or, il est impossible
de servir D.ieu sans L’aimer et Le craindre. C’est la raison
pour laquelle l’enfant n’est pas astreint à la pratique
des Mitsvot.
(11) Le fonctionnement de la personnalité est ainsi fait, de sorte
que la méditation de la prière n’est qu’une
utilisation, pour le service de D.ieu, du caractère naturel de
chacun.
(12) Il n’est pas ressenti par le cœur et il reste donc purement
intellectuel. Il s’apparente encore à la première
phase de la méditation de la prière.
(13) Le haut et le bas désignent ici le cerveau et le cœur.
(14) C’est alors la plénitude de la seconde phase de la méditation
de la prière.
Définitions
Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise la synthèse
entre ‘Ho’hma, le père et Bina, la mère, entre
l’intellect et le sujet en concrétisant la prise de conscience
et en lui permettant d’aboutir à une conclusion concrète.
C’est en ce sens qu’elle est Ben, le fils. Elle provoque l’émerveillement,
l’attachement, l’union de l’esprit et du cœur avec
le concept analysé.
Chapitre 5 :Perception profonde[Retour
au Menu]
L’explication de tout cela(1) est la suivante. On sait que l’Attribut
de Daat(*) permet de s’attacher au concept que l’on a perçu
et assimilé. Cet Attribut réalise ainsi la transition(2),
à l’origine de l’émergence des sentiments. Pour
autant, il ne se limite pas à réaliser cet attachement au
concept. Il est, en outre, une force intellectuelle à part entière,
la troisième des trois que chacun possède(3), comme on le
sait. Toutefois, sa définition essentielle et sa nature véritable
sont, avant tout, la perception profonde de ce que l’on a compris.
Grâce à Daat(*), l’idée est plus clairement
ressentie et l’on en prend conscience plus nettement. De fait, en
s’attachant, en se liant profondément à un concept,
on en perçoit la quintessence et on la ressent. Dès lors,
l’idée semble beaucoup plus précise. On la saisit
d’une manière plus exhaustive, jusque dans son moindre aspect,
de façon plus profonde et l’on en devient proche, comme on
l’a dit(4). C’est pour cette raison que l’on est alors
en mesure de mettre en éveil les sentiments, comme nous le montrerons.
Une telle sensation profonde est le fait de Daat(*). En effet, il est
possible d’avoir une bonne compréhension d’une idée
sans pour autant la ressentir. C’est ainsi qu’un enfant éveillé
est en mesure de saisir toute explication, sans pour autant en percevoir
la quintessence. De ce fait, s’il a moins de treize ans, il n’est
passible d’aucune peine(5). Or, cet enfant peut être vif,
intelligent et rapide, avoir une bonne connaissance des Injonctions et
des Interdits de la Torah. Il ne pourra pas, pour autant, être puni
s’il en transgresse l’une des Mitsvot, car il n’a pas
atteint la maturité intellectuelle. Il n’est donc pas en
mesure de percevoir et de ressentir l’essence profonde de ces Mitsvot.
Et, la même affirmation est formulée également à
propos du vœu ou de la sanctification(6) qu’il prononce, y
compris s’il sait au bénéfice de qui cela a été
fait(7). Il en est de même également pour les affaires courantes,
pour les questions financières, pour les honneurs, y compris lorsque
son intellect fonctionne de façon juste et claire, car la portée
véritable de l’argent ou de la grandeur lui échappe.
Il n’a pas les moyens de percevoir ces notions et de les ressentir
comme le ferait un adulte(8).
Ceci est vrai, de la même manière, pour les situations
opposées, la pauvreté, le dénuement. L’enfant
comprend le manque qui les caractérise, mais il ne parviendra pas
à le ressentir au même titre qu’un adulte, sachant
exactement quelle est la privation que l’on endure en pareil cas.
De fait, telle est la définition que l’on peut donner de
la cruauté, qui est l’état de celui qui ne ressent
pas la situation de l’autre. L’homme qui est cruel a pleinement
conscience de la pauvreté de son prochain, mais cela n’éveille
rien en lui et il ne le prend donc pas en pitié. A l’opposé,
celui qui est miséricordieux ressent la pauvreté de l’autre
et c’est bien sa situation qui lui inspire ce sentiment. C’est
la raison pour laquelle il est expliqué par ailleurs que l’Attribut
de miséricorde, Ra’hamim(9) émane de celui de la synthèse
intellectuelle, Daat(*). L’un et l’autre se trouvent sur la
même ligne(10).
Telle est donc la définition qui peut être donnée
de Daat. Cet Attribut correspond à la sensation profonde, tout
comme il est dit, à propos de Job : “ Il ne parle pas avec
raison ”, car il ne ressentait pas la véracité des
propos qu’il prononçait. De fait, s’il la ressentait,
comment aurait-il pu prononcer de tels mots(11) ? C’est donc bien
Daat qui permet de ressentir l’idée que l’on a comprise
en s’attachant à elle, en y introduisant profondément
son esprit.
Une telle sensation est, certes, purement intellectuelle, tout comme,
dans la dimension physique, les nerfs, à l’origine des sensations,
sont rattachés au cerveau, comme on le sait. Malgré cela,
elle se manifeste, par la suite, également dans le cœur, qui
perçoit le concept saisi par le cerveau et s’en émeut,
à la mesure de ce que l’homme a compris. Il en est de même,
dans le domaine matériel. Celui qui ressent l’aspect agréable
de l’argent ou des honneurs s’en pénétrera profondément,
en son cœur et en concevra de l’émerveillement, puis
de l’amour et du désir. A l’opposé, celui qui
prend conscience du manque lié à la pauvreté ne la
voudra en aucune façon. Or, on retrouve l’équivalent
de tout cela, dans le service de D.ieu. Celui qui perçoit un concept
divin doit nécessairement le ressentir en son cœur. C’est
alors que ce dernier s’émerveillera devant la Divinité.
Et, un tel émerveillement est à même de donner naissance
à un sentiment de proximité du concept, de susciter le désir
de s’approcher de D.ieu, de se lier à Lui. Ce sera le cas
si le thème de la réflexion est l’imminence de D.ieu
ou bien l’émerveillement qu’Il inspire, quand on pense
que : “ il est impossible de rechercher Sa grandeur ”(12),
comme cela est précisé dans un autre texte, montrant que
l’amour superficiel prend naissance dans la méditation à
la proximité de D.ieu(13). Un amour plus profond, en revanche,
est inspiré par la réflexion à la grandeur et à
la merveille de la Lumière de l’En Sof(*), béni soit-Il.
On peut aussi méditer au fait que tout est insignifiant devant
Lui ou que la Lumière de l’En Sof(*) reste, ici-bas, strictement
identique à ce qu’elle est là-haut. Cette réflexion
met en éveil le sentiment de crainte et les différents aspects
que celui-ci peut prendre sont définis par ailleurs(14).
La sensation et l’émotion du cœur se manifestent ainsi
d’une manière naturelle, sans qu’un effort soit nécessaire,
de la part de l’homme qui médite, pour ressentir le concept
divin ou bien pour éprouver l’amour et la crainte. La révélation,
du cerveau vers le cœur, s’opère d’elle-même,
par l’intermédiaire de Daat(*), qui suscite d’abord
l’émerveillement du cœur, puis permet qu’il remonte
vers le cerveau, comme on l’a dit. C’est à l’issue
de cela que s’effectue le dévoilement du cerveau dans le
cœur. Néanmoins, tout ce processus se déroule de façon
naturelle, comme on l’a montré. L’effort est donc,
avant tout, intellectuel(15). En effet, l’objectif est de graver
l’idée en soi, de la ressentir en son cœur, de mettre
en éveil les sentiments, de les révéler à
l’évidence en son cœur. Telle est effectivement la finalité
du service de D.ieu, dans sa définition intrinsèque, mais
aussi en relation avec la vitalité que l’on tire de la pratique
de la Torah et des Mitsvot ou encore avec la transformation et l’affinement
de ses sentiments naturels, comme on le montrera. C’est à
ce propos qu’il est dit : “ Et, tu sauras, en ce jour et tu
placeras sur ton cœur ”, car il importe, avant tout, de “
placer sur son cœur ”(16). C’est bien là l’aspect
essentiel du service de D.ieu. Toutefois, il n’est possible de mettre
en éveil les sentiments en son cœur que dans la mesure où
l’on a consenti à un effort intellectuel de réflexion.
Cet effort consiste à méditer longuement, à se
lier le plus profondément à l’essence du concept divin
que l’on a compris et que l’on ressent, en son cerveau. De
la sorte, ce concept se développe et s’élargit. On
le perçoit mieux et on le comprend jusque dans le moindre détail,
dans toute sa profondeur, comme on l’a dit. Ainsi, on reçoit
la lumière, de la manière la plus claire, en son cerveau,
puis, celle-ci éclaire le cœur qui, à son tour, perçoit
parfaitement le concept divin. De la sorte, il éprouve un amour
et une crainte véritables. Dès lors, on peut parler d’une
émotion sincère, qui n’est nullement contrefaite.
Le cœur est réellement ému par la Divinité,
Qu’il ressent intensément(17).
Résumé
On a précisé que Daat est une force intellectuelle à
part entière, en plus de l’attachement au concept qu’il
suscite. C’est, en effet, Daat qui permet de ressentir une idée.
De fait, les nerfs, qui sont à l’origine des sensations,
sont essentiellement liés au cerveau. De cette façon, l’émotion
du cœur peut être véritable.
Notes
(1) Celle de la définition de cette méditation, pendant
la prière, telle qu’elle vient d’être énoncée.
(2) Entre le cerveau et le cœur ou bien entre la compréhension
et l’émotion.
(3) ‘Ho’hma(*), la force de découverte intellectuelle,
Bina(*) le force de l’analyse raisonnée et Daat(*), la force
de la synthèse finale.
(4) On peut imaginer qu’un homme ait parfaitement compris une certaine
notion, grâce aux forces de ‘Ho’hma(*) et Bina(*), mais
qu’il reste totalement indifférent par rapport à elle,
en l’absence de la révélation de Daat(*). La présentation
de Daat(*) comme une force de l’intellect à part entière
fait la preuve que cette indifférence est la manifestation non
seulement d’un manque de sentiment mais aussi d’une compréhension
imparfaite. Il n’est pas d’autre moyen de percevoir profondément
une idée que d’en faire une partie de soi-même.
(5) S’il commet une faute. Il ne peut être tenu pour réellement
responsable de ses actes, n’étant pas capable d’avoir
une compréhension profonde.
(6) Au bénéfice du Temple.
(7) Il ne comprend pas pleinement quelle est la portée d’un
vœu que l’on formule. De même, il ne sait pas exactement
ce que veut dire consacrer un bien au Temple.
(8) C’est pour cela qu’il n’effectue aucune transaction
et n’accède à aucune dignité.
(9) La miséricorde est l’une des manifestations de la Sefira
de Tiféret(*).
(10) La ligne médiane. En effet, les Sefirot se répartissent
en trois lignes. La ligne médiane comprend Daat(*), Tiféret(*)
Yessod(*) et Mal’hout(*).
(11) On peut donc avancer un argument sans y croire soi-même. Mais,
en l’absence de Daat(*), on n’est pas convaincu par ses propres
paroles.
(12) Car l’homme n’a pas les moyens de la saisir. Cette idée,
profondément comprise, doit éveiller en lui un sentiment
d’enthousiasme envers la grandeur de D.ieu.
(13) L’amour qui en résulte est superficiel dans la mesure
où l’accent est mis sur la proximité de D.ieu plutôt
que sur Sa grandeur, laquelle n’est donc pas perçue pleinement.
(14) Ainsi sont définies les deux émotions fondamentales
qui sont suggérées par une méditation faisant intervenir
l’Attribut de Daat(*), soit l’amour et la crainte de D.ieu.
(15) L’effort intellectuel est nécessaire pour enclencher
le processus. Par la suite, le fonctionnement normal de la personnalité
intervient et il rend inutile tout effort ultérieur.
(16) De parachever la compréhension intellectuelle par une prise
de conscience émotionnelle.
(17) Ce qui doit être le résultat de la méditation,
pendant la prière.
Définitions
Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise la synthèse
entre ‘Ho’hma, le père et Bina, la mère, entre
l’intellect et le sujet en concrétisant la prise de conscience
et en lui permettant d’aboutir à une conclusion concrète.
C’est en ce sens qu’elle est Ben, le fils. Elle provoque l’émerveillement,
l’attachement, l’union de l’esprit et du cœur avec
le concept analysé.
‘Ho’hma : L’Attribut de la Sagesse est la première
action créative de D.ieu. De ce fait, il est également appelé
Abba, le père, ou Réchit, le début, parce qu’il
est à l’origine du processus de la compréhension.
Il correspond au savoir intuitif et instantané, à la vision
première transcendant la compréhension profonde, à
l’émergence de l’intellect, au savoir potentiel dont
on ne mesure pas encore toutes les implications. Il s’agit d’un
éclair d’inspiration qui, en l’état, n’est
pas encore assimilable par l’esprit, de l’apparition d’un
concept avant que ne soient trouvés les mots qui permettront de
le formaliser. ‘Ho’hma est comparé à la vision
qui, d’un seul clin d’œil, permet d’épouser
le panorama, sans toutefois apporter les moyens d’analyser les détails
qui le constituent. Au stade de ‘Ho’hma, la conscience du
moi se perd devant l’émerveillement suscité par le
concept nouveau. C’est pour cela que ‘Ho’hma est l’anagramme
de Koa’h Ma, “ la force du quoi ”. En effet, celui qui
s’émerveille, incapable de préciser sa question, s’écrira
: “ Quoi ? ”.
Bina : Seconde des dix Sefirot, Bina introduit l’analyse logique
et la compréhension intellectuelle, détaillant l’apport
de ‘Ho’hma. Elle introduit l’éclair de l’intuition
dans le détail de l’analyse raisonnée. Par opposition
à ‘Ho’hma, qui évoque la vision, Bina est comparée
à l’audition, au cours de laquelle chaque détail est
rapporté séparément, la vue d’ensemble n’apparaissant
qu’après avoir écouté tout le développement.
A la différence de ‘Ho’hma, Bina est en mesure de susciter
l’émotion. C’est en ce sens qu’elle est appelée
Em Ha Banim, “ mère des enfants ”. Ainsi, Bina est
la “ mère ”, recevant du “ père ”,
‘Ho’hma et donnant naissance aux “ enfants ”,
les Sefirot de l’émotion. La compréhension véritable
suppose le passage à la fois par ‘Ho’hma et Bina qui,
de ce fait, sont appelés Treïn Reïn Dela Mitparchin,
“ deux amis qui ne se séparent pas ”. Toutefois, ‘Ho’hma
n’est qu’un point de compréhension, alors que Bina
introduit une profonde analyse. Le Zohar parle, à ce propos, d’un
“ point dans un Sanctuaire ”, Nekouda Be Hé’hala.
Tiféret : Sixième des dix Sefirot, également appelée
Ra’hamim, la miséricorde, elle combine les exigences opposées
de ‘Hessed, la bonté et de Guevoura, la sévérité.
Réalisation de la synthèse entre l’attraction et le
rejet, elle dévoile l’harmonie et la beauté, mais
aussi la pitié. Elle est l’Attribut dominant du mardi.
Yessod : Neuvième des dix Sefirot, elle permet à la lumière
émanant des niveaux plus élevés de descendre vers
un stade inférieur. Son rôle essentiel est celui de la transmission.
Elle est dominante le vendredi.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Mal’hout : Dixième et dernière Sefira, Mal’hout
introduit la Royauté, la Présence divine, l’autorité
et également le passage de la Lumière céleste vers
un monde inférieur. Elle est ainsi la source du processus créateur
au sein de l’univers fini. Le Zohar souligne qu’elle “
ne possède rien par elle-même ”, car son rôle
est, avant tout, de transmettre. Malgré cela, elle a un rôle
primordial, puisque d’elle dépendent la création effective
et la révélation de la Lumière de l’En Sof.
De ce fait, elle est également appelée Che’hina, “
Résidence divine ”, car elle permet que l’Essence de
D.ieu réside ici-bas. Dans l’âme de l’homme,
elle est à l’origine du passage à l’action.
La grandeur de Mal’hout se marque, tout particulièrement,
pendant le Chabbat, apportant la perfection à la semaine qui le
précède.
Chapitre 6 :L’effet de la méditation, sommaire ou
profonde[Retour
au Menu]
Ce qui vient d’être dit peut être précisé
de la manière suivante. L’émotion du cœur peut
être basée uniquement sur la synthèse finale de la
réflexion intellectuelle(1). En pareil cas, l’attachement
suscité par Daat(*) dans le cerveau ne porte pas sur le concept
divin proprement dit que l’on a compris, mais uniquement sur ce
qui émane de cette compréhension(2). De ce fait, la Lumière
de D.ieu n’éclaire pas le cerveau de manière évidente,
mais seulement à travers le vêtement de l’intellect(3).
Cette perception et cette méditation ne peuvent donc pas s’étendre
vers le cœur, ni s’éveiller en lui, de sorte qu’il
soit ému par la compréhension du cerveau.
En revanche, après que la perception se soit contractée,
pour ne conserver que sa synthèse finale, sans le raisonnement
qui y a conduit, l’homme se dira que la Divinité est bonne
et merveilleuse, car c’est bien là ce qui doit résulter
d’une méditation portant sur la grandeur et le prodige inhérents
à la Lumière de l’En Sof(*), béni soit-Il.
Dès lors, il éprouvera effectivement de l’amour en
son cœur. Pour autant, une telle émotion ne procède
pas de l’essence, car ce n’est pas de manière naturelle
que son cœur s’émerveille devant la Divinité(4).
En l’occurrence, ce sentiment lui est suggéré(5) et
il ne peut donc pas être réellement profond. Il reste superficiel
et, de fait, la partie extérieure du corps comporte elle-même
une intériorité et un aspect superficiel(6). En tout état
de cause, le cœur ne ressent pas le concept divin, en pareil cas(7).
Il en résulte que la réflexion et la perception ne sont
pas ressenties dans le cœur. Ainsi, s’instaure une rupture
entre l’émotion du cerveau et celle du cœur. En effet,
à l’issue de la première, l’idée se contracte
en une synthèse qui, seule, pénètre dans le cœur,
ce qui veut dire que tous les éléments de l’analyse
intellectuelle sont d’ores et déjà occultés,
quand le cœur s’émeut. Par conséquent, cette
émotion du cœur ne peut être que sommaire. Cela ne la
rend pas comparable à une réflexion brève, conservant
une formulation générale(8), car cette dernière est
véritablement incapable de mettre en éveil les sentiments
et elle ne donne naissance qu’à de vaines illusions. Elle
n’appartient donc pas du tout au service de D.ieu, comme on l’a
déjà souligné. En l’occurrence, par contre,
les sentiments se mettent effectivement en éveil dans le cœur(9).
Ce dernier éprouve de l’amour, de la crainte, de sorte qu’il
y a bien là un acte du service de D.ieu, d’une manière
intrinsèque comme en la pratique des Mitsvot, qui s’en trouve
vivifiée et en l’âme animale, qui en est transformée(10).
Pour autant, ces sentiments n’auront que des proportions réduites
et ne seront que superficiels, car la Lumière de D.ieu et la méditation
n’éclairent pas le cœur, comme on l’a dit. Une
telle émotion est donc très éphémère(11).
Or, il en est ainsi parce que le cerveau lui-même n’a pas
été éclairé par la Lumière de D.ieu.
Il n’en est pas de même, en revanche, quand on s’attache,
en son cerveau, à l’Essence de la Divinité, à
travers sa perception. C’est alors toute la profondeur de Sa Lumière
qui illumine le cerveau. Certes, une telle perception apparaît également
à travers les vêtements de l’intellect(12). Toutefois,
ces vêtements ne font pas obstacle à son passage, de sorte
qu’elle est ressentie telle qu’elle est vraiment. En pareil
cas, la Lumière se révèle également dans le
cœur et l’Essence de D.ieu, telle qu’Elle a été
perçue intellectuellement, s’y répand aussi. De ce
fait, le cœur ressent effectivement l’Essence de D.ieu.
En outre, une telle émotion est profonde. Le cœur, par lui-même,
la ressent envers l’Essence de la Divinité, par l’intermédiaire
de ce concept qui vient de lui être révélé.
De plus, un tel sentiment est pérenne, dès lors qu’il
est profond. Or, nul ne doit se dire : “ Comment pourrais-je parvenir
à un tel niveau du service de D.ieu ? ”. Seul s’exprimerait
ainsi celui qui n’a pas encore essayé de servir D.ieu réellement.
A un tel homme, il semblera qu’un tel résultat est éloigné,
hors de sa portée. Par ailleurs, les stratagèmes du mauvais
penchant interviennent également, en la matière, car celui-ci
ne souhaite pas une telle forme du service de D.ieu. C’est pour
cela qu’il la déconsidère, affichant une humilité
prétendue et qu’il avance : “ Peux-tu imaginer que
tu parviendras à servir D.ieu de cette façon ? Tu n’en
est pas capable ! Pourquoi tant d’efforts pour ce que tu ne pourras
pas atteindre ? ”.
En réalité, une telle manière de servir D.ieu n’est
pas hors de portée. Elle n’est pas du tout inaccessible.
Bien au contraire, elle est proche de quiconque possède un cerveau
et un cœur susceptibles de s’approfondir sur une idée
et de s’attacher à elle(13). Si c’est effectivement
le cas, il devient possible de se lier à l’Essence de la
Divinité, à la mesure de sa perception intellectuelle. Bien
plus, D.ieu, par Son immense bonté, Se porte vers tous ceux qui
Le recherchent véritablement(14). Et, si l’on s’attache
fortement, il est certain que l’on parviendra à ressentir
tout cela et à s’émouvoir, en son cerveau et en son
cœur. Mais, en tout état de cause, il est clair qu’un
intense effort est nécessaire, pour y parvenir. Toutefois, il est
absolument certain qu’un tel résultat n’est en aucune
façon inaccessible.
Pour autant, il ne faut pas ménager ses efforts, un effort intellectuel,
tout d’abord, dans le but de comprendre et de s’attacher.
Et, l’on sait que l’effort du cerveau est beaucoup plus aisé
que celui du cœur(15). En effet, chacun maîtrise son propre
cerveau, comme l’explique le Séfer Chel Beïnonim(16).
De ce fait, il est beaucoup plus facile de servir D.ieu de cette façon,
en s’attachant à l’Essence de D.ieu à travers
sa compréhension.
Celui qui admet le principe de l’effort accomplira aisément
tout cela, ainsi qu’il est dit : “ Celui qui te dit avoir
fait des efforts et avoir trouvé le succès, crois-le ”.
Il y a, par ailleurs, un autre moyen de prier sans difficulté et
de méditer de la manière qui vient d’être décrite.
Pour cela, il faut s’habituer à l’analyse approfondie,
y compris pendant le reste de la journée, se fixer un temps au
cours duquel on se met à l’écart et l’on réfléchit
profondément à une notion de ‘Hassidout, pendant une
heure ou deux. Au bout d’un certain temps, lorsque l’on se
sera habitué à procéder de la sorte, il sera plus
facile d’allonger sa prière, d’approfondir sa réflexion,
de la manière qui vient d’être décrite. De la
sorte, la Lumière illuminera le cerveau et le cœur, comme
on l’a montré. Et, elle réalisera des merveilles dans
l’esprit(17), comme nous le montrerons.
Résumé
On a montré qu’il existe une émotion du cœur
résultant uniquement de la synthèse finale d’une idée.
Toutefois, celle-ci n’est pas profonde et elle se volatilise rapidement.
Car, il importe avant tout que l’essence de la Lumière divine
éclaire le cerveau. Pour cela, un effort est nécessaire.
Un bon moyen d’y parvenir est de s’habituer à une étude
de la Torah très approfondie.
Notes
(1) En occultant tout le développement qui l’a précédée.
(2) On n’aura pas une vue d’ensemble de ce concept. On méditera
uniquement à l’aspect spécifique qui a fait l’objet
de la réflexion.
(3) Qui a servi à comprendre cet aspect spécifique du concept.
(4) Puisque sa compréhension n’est pas suffisamment développée
pour le permettre.
(5) Sous la forme d’une synthèse toute faite, qui ne peut
pas être remise en cause.
(6) Ce qui a pour conséquence qu’une compréhension
peut être plus ou moins élaborée, tout en restant
globalement considérée comme superficielle.
(7) Parce qu’il n’en a qu’une présentation partielle
et orientée par la synthèse finale qui a été
établie.
(8) Qui n’aboutit même pas à une synthèse finale.
(9) A partir de cette synthèse finale.
(10) Selon les trois éléments indiqués à la
fin du chapitre précédent.
(11) N’étant pas suffisamment étayée pour s’inscrire
dans la durée.
(12) Comme on l’a dit à propos de la synthèse finale.
Elle n’atteint donc pas l’essence du concept.
(13) De sorte que la clé est bien l’analyse profonde, le
refus de toute compréhension sommaire.
(14) De ce fait, le résultat final sera largement supérieur
à l’effort consenti. Pour autant, cet effort reste bien la
condition première.
(15) En effet, la concentration de l’esprit suffit pour bâtir
un raisonnement, alors que rien ne peut garantir l’émergence
d’un sentiment dans le cœur.
(16) Voir, à ce propos, les chapitres 17 et 51 de la première
partie du Tanya.
(17) En transformant la personnalité.
Définitions
Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise la synthèse
entre ‘Ho’hma, le père et Bina, la mère, entre
l’intellect et le sujet en concrétisant la prise de conscience
et en lui permettant d’aboutir à une conclusion concrète.
C’est en ce sens qu’elle est Ben, le fils. Elle provoque l’émerveillement,
l’attachement, l’union de l’esprit et du cœur avec
le concept analysé.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Chapitre 7 :Une approche erronée du service de D.ieu[Retour
au Menu]
Il y a bien là une terrible plaie et nombreux sont les ‘Hassidim
qui tombent dans ce piège, à l’heure actuelle. Ainsi,
nous pouvons constater qu’ils étudient abondamment la ‘Hassidout,
y compris ses notions les plus complexes, qu’ils consentent à
de grands efforts pour en acquérir une connaissance approfondie.
Certains même ne se consacrent qu’à ces notions les
plus abstraites(1), par exemple aux stades de la création qui transcendent
le monde d’Atsilout(*), à l’Essence de l’En Sof(*)
ou bien à ce qui est antérieur au Tsimtsoum(*). En revanche,
ils se refusent à envisager les autres notions, par exemple la
création à partir du néant émanant de l’Attribut
de Mal’hout(*) du monde d’Atsilout(*), créant ceux
de Brya(*), de Yetsira(*), d’Assya(*), la Lumière qui pénètre
tous les mondes, celle qui entoure tous les mondes(2), a fortiori les
aspects plus spécifiques de Brya(*), Yetsira(*) et Assya(*), le
service de D.ieu des anges, qui disent : “ Saint… ”
et : “ Béni… ”(3). Ils considèrent une
telle étude comme totalement négligeable(4).
De telles personnes ont, de fait, une perception très limitée
et, en conséquence, elles qualifient ces notions d’inférieures(5).
La vérité est qu’elles n’en mesurent pas toute
la profondeur. Elles n’en ont en aucune façon une connaissance
exhaustive, ne sont pas motivées à l’apprendre, n’en
voient pas l’utilité pour leur esprit, parce qu’elles
ne se sont pas suffisamment consacrées au service de D.ieu de la
prière(6). Ces notions sont pourtant bien à la base du service
de D.ieu, à l’heure actuelle(7). Mais, elles préfèrent
se consacrer à des notions plus abstraites, dont la profondeur
apparaît à l’évidence. C’est donc leur
aspect intellectuel qui les intéresse(8).
D’autres encore fournissent des efforts en vain, ne comprennent
en aucune façon la portée véritable de ces notions.
Ils pensent les comprendre, mais ils n’en ont, en réalité,
aucune idée. En effet, il n’est pas très aisé,
pour les vêtements de l’intellect, d’assimiler de telles
notions, qui sont abstraites et spirituelles, dépassant toute rationalité.
En fait, on les perçoit, avant tout, par la dimension profonde
de l’Attribut d’analyse raisonné, Bina(*) et par les
présupposés de l’esprit, que l’on appelle :
“ Intuition du cœur ”(9). En conséquence, ils
s’embrouillent en étudiant ces notions et ils font des confusions.
Il en est ainsi également pour ceux qui possèdent une
intelligence droite et pourraient avoir une perception juste. Mais, ils
s’embrouillent également. En effet, ils désirent comprendre
par leurs propres moyens, développer leurs propres explications.
Ils ne se soumettent pas aux propos de nos pères, nos saints maîtres,
dont le mérite nous protégera. Ils ne cherchent pas à
les analyser profondément et à comprendre ce qu’ils
veulent dire. En tout ce qu’ils envisagent, leur souci premier est
d’avancer leur propre interprétation, de découvrir
de nouvelles explications. Ils restent donc avec leurs interprétations
étrangères, qui n’ont rien de vrai. Et, ils n’ont
nullement connaissance de l’explication juste. Bien au contraire,
ils la transforment et ils développent des commentaires de la dimension
profonde de la Torah qui ne sont pas conformes à la Hala’ha,
ce qu’à D.ieu ne plaise ! Ils se permettent d’agir
de la sorte !
Quant à nous, nous devons être totalement soumis, par toute
notre âme et par tout notre esprit, à la Torah de vérité
que nous ont léguée nos pères, nos saints maîtres,
dont le mérite nous protégera. Nous devons fournir un intense
effort afin de comprendre leurs propos sacrés, de n’être
que des réceptacles pour en saisir et en intégrer la vérité.
Grâce à une étude intense, portant sur de nombreuses
notions, grâce à de multiples efforts, il nous est possible
d’avoir une perception juste de leurs propos. Et, que D.ieu éclaire
nos yeux !
D’autres encore commettent une faute supplémentaire et
ils se permettent une perception très matérielle(10) de
toutes ces notions, en les exprimant sous une forme orgueilleuse(11) et
sous des vêtements grossiers, précisément parce que
leurs capacités intellectuelles sont grossières. On sait,
en effet, que certains possèdent un intellect affiné alors
que d’autres sont des rustres. Mais, D.ieu est miséricordieux
et Il accordera l’expiation(12).
Résumé
Ce chapitre se lamente en considérant ceux qui ne veulent étudier
que les notions les plus complexes. Il en est ainsi parce qu’ils
ne se soumettent pas et ne veulent pas étudier les paroles des
Sages dans toute leur profondeur. D’autres font des confusions.
D’autres encore les perçoivent de manière orgueilleuse.
Notes
(1) Dont on ne peut avoir qu’une perception limitée.
(2) Les Lumières de Memalé(*) et Sovev(*).
(3) Comme le rapportent, en particulier, les bénédictions
du Chema Israël. Les anges qui perçoivent l’infinie
grandeur de D.ieu proclament : “ Saint, saint, saint est l’Eternel
des Armées célestes. La terre entière est pleine
de Son honneur ”, alors que ceux qui souhaitent révéler
Sa Présence ici-bas disent : “ Béni soit l’honneur
de l’Eternel, de Son endroit ”.
(4) Ils considèrent comme indigne de leur rang d’étudier
les stades de la Révélation s’inscrivant dans les
mondes créés.
(5) Alors que ces personnes ne comprennent pas plus les notions précédentes.
(6) Et, l’on retrouve ici l’idée selon laquelle seule
la méditation de la prière permet de comprendre profondément
l’objet de son étude.
(7) Le Ari Zal enseigne, en effet, qu’à l’approche
de l’ère messianique, “ il est une Mitsva de révéler
cette Sagesse ”, celle de la dimension profonde de la Torah, que
la ‘Hassidout ‘Habad expriment en des termes rationnels.
(8) En se désintéressant de toute incidence pratique. En
conséquence, leur conception de l’étude étant
erronée, leur compréhension ne peut pas être exacte.
(9) Or, leur approche fait abstraction de Bina(*), puisque ces hommes
ne cherchent pas à comprendre. Leur intuition s’en trouve
réduite d’autant. C’est pour cela qu’ils ne peuvent
pas comprendre ce qu’ils étudient.
(10) Dépourvue de toute finesse.
(11) En se vantant de leur compréhension.
(12) A toutes les erreurs mentionnées ci-dessus.
Définitions
Atsilout : Le monde de l’Emanation, le plus haut des mondes créés,
dont le nom est de la même étymologie que Etsel, “
proche ”. Le mal en est absent, la Lumière divine s’y
révèle sans restriction et l’Unité y est parfaite.
Il correspond au Youd du Nom divin Avaya. A ce stade, l’existence
matérielle n’a encore aucun sens.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Tsimtsoum : “ Contraction, occultation ”. C’est le processus
par lequel D.ieu fit abstraction de Son Essence infinie, “ Se retira
de Lui-même en Lui-même ” et comprima Sa Lumière
pour faire la place à l’enchaînement des mondes. Le
flux de Son Essence fut ainsi occulté, de sorte que les mondes
n’en reçoivent qu’une infime partie. Ainsi, les créatures
peuvent obtenir la vie et connaître la perfection, à partir
du néant. Le Tsimtsoum modifie la perception des créatures,
mais en aucune façon la Divinité Elle-même. Si D.ieu
n’avait pas eu recours à ce processus, les mondes n’auraient
pu supporter Sa Lumière, trop intense pour qu’ils puissent
la supporter. C’est donc précisément le voile qui
est à l’origine de la révélation. De ce fait,
le Tsimtsoum est appelé “ contraction pour éclairer
”, car il n’est qu’une apparence. L’Essence de
D.ieu n’en est nullement affectée, ainsi qu’il est
dit : “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”.
Mal’hout : Dixième et dernière Sefira, Mal’hout
introduit la Royauté, la Présence divine, l’autorité
et également le passage de la Lumière céleste vers
un monde inférieur. Elle est ainsi la source du processus créateur
au sein de l’univers fini. Le Zohar souligne qu’elle “
ne possède rien par elle-même ”, car son rôle
est, avant tout, de transmettre. Malgré cela, elle a un rôle
primordial, puisque d’elle dépendent la création effective
et la révélation de la Lumière de l’En Sof.
De ce fait, elle est également appelée Che’hina, “
Résidence divine ”, car elle permet que l’Essence de
D.ieu réside ici-bas. Dans l’âme de l’homme,
elle est à l’origine du passage à l’action.
La grandeur de Mal’hout se marque, tout particulièrement,
pendant le Chabbat, apportant la perfection à la semaine qui le
précède.
Brya : Le second des quatre mondes, du haut vers le bas, celui de la création,
de l’analyse intellectuelle, conduisant à la compréhension
profonde du concept. Le mal y est minoritaire. L’existence matérielle
y prend forme sans être encore concrète. C’est le monde
du Trône céleste qui apparut dans la vision du prophète
Yé’hezkel, celui des anges qui se consument d’amour
pour D.ieu et désirent faire corps avec Son Essence.
Yetsira : Le troisième des quatre mondes, du haut vers le bas,
celui de la formation, essentiellement des sentiments, qui y sont dominants.
Le bien et le mal y sont à part égale. Le monde matériel
commence à y prendre forme. Là résident les anges
qui sont les émissaires divins, chacun faisant totalement corps
avec la mission qu’il a reçue.
Assya : Le plus bas des quatre mondes, celui de l’action, qui comprend
deux parties, Assya Gachmit, le monde de l’action matérielle,
dans lequel nous vivons, qui est le théâtre de notre perception
et qui est gouverné par les lois de la nature, Assya Rou’hanit,
le monde de l’action spirituelle, celui des idées et de la
connaissance. Le mal est majoritaire dans le second, prépondérant
dans le premier.
Memalé : “ La lumière divine qui pénètre
les mondes ”. Cette Lumière s’introduit en chaque stade
de la création et se contracte pour être accessible à
la créature en laquelle elle se révèle. Elle est
à l’origine de l’immanence de D.ieu.
Sovev : “ La Lumière divine qui entoure les mondes ”.
Elle entoure chaque stade de la création, influence chaque créature
sans lui être accessible. Elle est à l’origine de la
transcendance de D.ieu.
Bina : Seconde des dix Sefirot, Bina introduit l’analyse logique
et la compréhension intellectuelle, détaillant l’apport
de ‘Ho’hma. Elle introduit l’éclair de l’intuition
dans le détail de l’analyse raisonnée. Par opposition
à ‘Ho’hma, qui évoque la vision, Bina est comparée
à l’audition, au cours de laquelle chaque détail est
rapporté séparément, la vue d’ensemble n’apparaissant
qu’après avoir écouté tout le développement.
A la différence de ‘Ho’hma, Bina est en mesure de susciter
l’émotion. C’est en ce sens qu’elle est appelée
Em Ha Banim, “ mère des enfants ”. Ainsi, Bina est
la “ mère ”, recevant du “ père ”,
‘Ho’hma et donnant naissance aux “ enfants ”,
les Sefirot de l’émotion. La compréhension véritable
suppose le passage à la fois par ‘Ho’hma et Bina qui,
de ce fait, sont appelés Treïn Reïn Dela Mitparchin,
“ deux amis qui ne se séparent pas ”. Toutefois, ‘Ho’hma
n’est qu’un point de compréhension, alors que Bina
introduit une profonde analyse. Le Zohar parle, à ce propos, d’un
“ point dans un Sanctuaire ”, Nekouda Be Hé’hala.
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| Chapitre 8 : Complémentarité de l’étude
et de la prière [Retour
au Menu] En outre, nombreux sont ceux qui étudient
la ‘Hassidout de la manière qui convient et en ont une juste
perception, mais, malgré cela, réduisent considérablement
leur prière, parce qu’ils rechignent à fournir l’effort
nécessaire. De façon générale, ceux-là
prient comme tous le font couramment. Parfois, ils peut leur arriver de
ressentir une certaine motivation, mais ils se contenteront alors de la
méditation ayant une portée générale et brève,
qui a été précédemment décrite. Or,
celle-ci ne constitue nullement un acte du service de D.ieu, comme on
l’a dit et, de ce fait, leur étude de la ‘Hassidout
est vaine(1), ce qu’à D.ieu ne plaise.
En effet, l’enthousiasme et la constance dans l’étude
de la Torah et dans la pratique des Mitsvot sont puisés précisément
dans la prière. Ainsi, le Séfer Chel Beïnonim(2) précise
que l’amour et la crainte de D.ieu sont à l’origine
des deux cent quarante-huit Injonctions et des trois cent soixante-cinq
Interdits de la Torah. De la même façon, l’étude
de la Torah doit être précédée par la prière
pour être digne de ce nom, pour être pénétrée
de vitalité et de lumière.
C’est pour cette raison que la prière est comparée
aux dix-huit vertèbres de la colonne vertébrale, qui maintiennent
tout le corps, comme l’explique le Likouteï Torah, dans le
discours ‘hassidique intitulé : “ Il n’a pas
vu l’iniquité ”(3). De plus, la connaissance et la
perception du Divin qui résultent de l’étude de la
‘Hassidout sont acquises uniquement lorsque ces notions sont gravées
et ressenties, dans le cerveau et dans le cœur, ce qui est réalisé
pendant la prière. Sans elles, ces idées seraient oubliées
et perdues, de sorte que l’effort auquel on a consenti pour étudier
et pour comprendre la Divinité s’avère être
inutile, ce qu’à D.ieu ne plaise. Et, c’est à
ce propos que le verset (Michlé 17) dit : “ Quelle est cette
rétribution dans la main de l’insensé qui veut acquérir
la sagesse, mais n’a pas de cœur ? ”. Un tel homme pourra
donc consentir à un effort pour acquérir la sagesse et la
connaissance au moyen de son étude. Malgré cela, si ces
idées ne sont pas gravées en son cerveau et en son cœur
par la ferveur de sa prière, il les perdra totalement, au bout
d’un certain temps et il n’héritera que du Guéhénom(*).
En effet, l’étude, par elle-même, n’est qu’une
acquisition de connaissances, un processus de compréhension. En
revanche, elle ne grave pas le concept divin qu’elle transmet en
la dimension profonde de l’esprit. Par la suite, lorsque l’on
prie en méditant à cette idée uniquement de manière
globale et brièvement ou bien, a fortiori, quand on n’y médite
pas du tout, on réduit, peu à peu, sa perception. Dès
lors, on oublie le long développement de l’analyse et, à
terme, celle-ci disparaît totalement. Pour qu’il n’en
soit pas ainsi, chaque détail de cette perception divine doit être
gravé dans le cerveau et dans le cœur, d’une manière
profonde et jusqu’à la quintessence de son être. Comme
on l’a dit, tel est précisément l’effet de la
prière, qui préserve l’idée dans l’esprit,
de façon immuable, de sorte qu’en permanence, on soit proche
de D.ieu(4).
Un autre aspect de cette question est la conséquence de l’introduction
de l’âme divine en le corps physique et en l’âme
animale. Par ce processus, cette âme divine se revêt d’un
vêtement grossier et rustre. En outre, l’âme animale
est à l’origine de la nature et l’on sait que les sentiments
naturels sont très intenses, très développés.
Du reste, on en distingue différentes sortes. Ainsi, on sait que,
globalement, les âmes animales se répartissent en trois catégories,
qui sont appelées les “ taureaux ”, les “ agneaux
” et les “ chèvres ”.
Les chèvres sont des bêtes effrontées, déterminées
et têtues. De ce fait, il est impossible de leur faire quitter la
place qu’elles occupent. Elles ne sont nullement affectées
par ce qui se passe près d’elles et l’on n’observe
pas, de leur part, une attitude d’effronterie ou de force. Elles
restent simplement là où elles sont, sans que rien ne puisse
les faire bouger. En revanche, si on les touche pour les faire avancer,
leur force et leur puissance se révèleront pleinement. Dès
lors, on pourra effectivement vérifier qu’elles ne s’affectent
de rien.
Les taureaux, pour leur part, sont capables d’encorner. Ils se
servent de leur force en attaquant, par leurs cornes et par leurs sabots.
Concrètement, il est plus aisé de susciter un mouvement
dans le sens du bien en ceux qui ont une telle attitude, car ils s’affectent
de ce qui leur arrive, parce que la conscience de leur ego est moins forte.
C’est pour cela qu’ils accepteront d’être déplacés.
Enfin, les agneaux sont doux, par nature. Il est donc aisé de
leur imposer une contrainte et de les transformer. Néanmoins, selon
une analyse plus précise, on pourrait ajouter beaucoup d’autres
détails et définir un plus grand nombre de catégories.
Telle est précisément la finalité de la descente
de l’âme, au sein du corps. Celle-ci a pour but d’affiner
l’âme animale, de transformer les sentiments naturels(5) et
de recourber “ l’autre côté ”(6). C’est
pour cela que des jours de vie en ce monde sont attribués à
chaque homme, en fonction de la transformation qu’il doit y accomplir,
ainsi qu’il est dit : “ Les jours de nos années en
eux (Bahem) sont de soixante-dix ans ”. Or, Bahem est l’anagramme
de Behéma, l’animal, comme cela est expliqué par ailleurs(7).
Et, l’affinement, la transformation sont précisément
réalisés par la prière.
Si le service de D.ieu porte sur des accomplissements que la rationalité
naturelle de l’âme animale admet, l’âme divine
parviendra à la convaincre, grâce à une longue méditation
et à un grand approfondissement, comme on l’a dit. En pareil
cas, l’âme animale, à son tour, admet et ressent le
concept divin. Elle éprouvera alors la même émotion
que l’âme divine, l’amour et la crainte de D.ieu. En
revanche, si ce service porte sur une notion qui transcende la rationalité
naturelle, les sentiments de l’âme divine devront être
beaucoup plus intenses, afin d’être en mesure de contrebalancer
et de recourber les émotions naturelles de l’âme animale.
Par exemple, celui qui éprouve un véritable amour pour
D.ieu, pourra faire en sorte que ce sentiment soit plus fort que l’amour
étranger voué par l’âme animale aux plaisirs
et aux attraits matériels. Un tel homme parviendra ainsi à
se contenir et à ne plus les vouloir. Comme l’explique le
Séfer Chel Beïnonim, la première partie(8), au chapitre
9 : “ l’amour de D.ieu est comme un feu brûlant en son
cœur… dans la profondeur de son cœur, en la cavité
droite, qui s’emplira d’amour jusqu’à en déborder
et se répandre dans la cavité gauche, afin de recourber
‘l’autre côté’(9), avec l’élément
fondamental des eaux négatives qui y réside(10) ”.
Et, il peut en être de même pour tous les autres sentiments.
Chacun a, en effet, conscience de sa propre situation, de ses pulsions
négatives et de celles qui sont dominantes en lui. Pendant la prière,
il est donc particulièrement nécessaire de mettre en éveil
l’émotion positive qui est le pendant de ce mauvais sentiment,
afin de le recourber et de le transformer(11).
En outre, on sait que cette transformation est essentiellement réalisée
par la force de synthèse intellectuelle, Daat(*), laquelle permet
de faire la distinction entre le bien et le mal. Il est dit, en effet,
que : “ si l’on ne dispose pas de Daat(*), comment opérer
la distinction ? ”. Car, c’est bien cet Attribut de Daat(*)
qui permet de ressentir, comme on l’a dit et c’est donc lui
qui saura identifier le bien et le mal, les distinguer.
Il en va de même dans la dimension matérielle. Lorsqu’un
homme éprouve une douleur en l’un des membres de son corps,
celle-ci sera systématiquement ressentie par le cerveau, duquel
émanent les nerfs, transmettant les sensations, qui se ramifient
vers tous les membres du corps. C’est de cette façon que
la douleur de l’un d’eux est perçue par le cerveau
et, plus précisément, par sa partie qui correspond à
Daat(*). C’est pour cela qu’il est dit : “ Celui qui
développe sa connaissance (Daat) multiplie aussi sa douleur ”.
En pareil cas, sa perception est renforcée et la douleur en est
donc plus nette. En revanche, un enfant aura beaucoup plus de difficulté
à identifier une douleur, du fait de son manque de maturité
intellectuelle. Quant à l’animal, qui ne raisonne pas, il
ne ressent même pas le choc et la douleur, à la différence
de l’homme ou bien ne les ressent-il que très peu, du fait
du système nerveux rudimentaire qui émane de son cerveau.
Ceci est vrai, de la même façon, pour le sentiment positif
que suggèrent l’argent ou les honneurs ou bien, à
l’autre extrême, pour la manière dont le cœur
perçoit la pauvreté et l’indigence. Tout cela émane
de la partie du cerveau correspondant à Daat(*). Comme on l’a
constaté à propos de la cruauté ou de la pitié,
la compréhension et la perception intellectuelle ne sont pas déterminantes,
en la matière. En effet, on peut comprendre la pauvreté
de son prochain sans pour autant s’en affecter, sans avoir pitié
de lui. A l’opposé, si l’on met en éveil son
sentiment, on doit nécessairement éprouver de la pitié
pour lui. Et, ce recours au sentiment est incontournable si l’on
désire avoir la perception de ce qui est bien. Il en résulte
que la faculté de différenciation(12), permettant de faire
le bon choix et de s’emplir de répulsion pour le mal, émane
précisément de l’émotion suscitée par
Daat(*).
Résumé
On a vu, dans ce chapitre, que la prière vivifie la compréhension.
Elle permet, en particulier, la transformation de l’âme animale,
dont on a globalement défini trois catégories, les “
chèvres ”, les “ taureaux ” et les “ agneaux
”. Une telle transformation est le fait de Daat(*), qui est à
l’origine de la distinction et de la séparation.
Notes
(1) En effet, nous avons vu auparavant que la prière permet d’intégrer
profondément en soi les connaissances acquises lors de l’étude.
En conséquence, celui qui étudie mais prie sans méditer
ne se donne pas les moyens de cette acquisition profonde. A terme, il
oubliera donc inéluctablement ce qu’il a étudié.
(2) Voir, en particulier, les chapitres 3 et 4 de la première partie
du Tanya.
(3) A la Parchat Balak.
(4) A travers ce concept divin, qui reste vivace en son esprit.
(5) Qui sont précisément ceux de l’âme animale.
(6) Celui des forces du mal.
(7) C’est donc sur l’âme animale que doit porter la
transformation qui est l’objectif assigné aux jours de vie.
(8) Du Tanya.
(9) C’est le processus de la transformation précédemment
défini.
(10) Qui est à l’origine de l’indifférence qu’un
homme peut éprouver envers le domaine de la Sainteté.
(11) On y parvient de la manière qui a été décrite
dans l’exemple mentionnée plus haut. Ainsi, celui qui conçoit
de l’amour pour les plaisirs du monde s’emploiera, pendant
sa prière, à raffermir son amour de D.ieu.
(12) Entre le bien et le mal.
Définitions
Guéhénom : Lieu issu de l’Attribut de Yessod tel
qu’il se trouve inclus dans la Sefira de Mal’hout des forces
du mal, où l’âme, après s’être départie
du corps, est livrée aux anges du mal qu’elle a créés
par ses fautes. Après avoir été lavée des
traces du mal dont elle a été entachée par la transgression,
elle pourra avoir accès aux mondes de la Sainteté. Il est
précisé, en outre, que le Guéhénom est créé
par la transpiration des anges.
Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise la synthèse
entre ‘Ho’hma, le père et Bina, la mère, entre
l’intellect et le sujet en concrétisant la prise de conscience
et en lui permettant d’aboutir à une conclusion concrète.
C’est en ce sens qu’elle est Ben, le fils. Elle provoque l’émerveillement,
l’attachement, l’union de l’esprit et du cœur avec
le concept analysé.
Chapitre 9 :La prière, élément central du
service de D.ieu [Retour
au Menu]
Il est ainsi établi que la ferveur de la prière, quand
elle s’accompagne d’une réflexion approfondie, permet
effectivement de ressentir la lumière de D.ieu, en son cerveau
et en son cœur. Dès lors, on se pénètre de l’aspect
bienfaisant de la Divinité, de Son élévation et l’on
s’emplit d’amour, de désir pour Lui. Plus l’on
ressent la grandeur de D.ieu et plus l’on a conscience de la bassesse
et de l’insignifiance du mal. On prendra ainsi la ferme résolution,
en son esprit, de faire le choix du bien et l’on éprouvera
du dégoût pour le mal. Car, c’est en fonction de la
sincérité de cette prise de conscience de la grandeur de
D.ieu et de la petitesse du mal que l’on fera réellement
le choix du bien et que l’on éprouvera une aversion sincère
pour le mal.
Il résulte de cette analyse que l’élévation
et la transformation des sentiments naturels sont précisément
réalisées pendant la prière, mais non durant l’étude
de la Torah, y compris de sa dimension profonde, la ‘Hassidout.
Certes, cette dernière permet de connaître D.ieu, de Le percevoir.
En revanche, elle ne transforme pas les sentiments naturels, ne les élève
pas. Comme on l’a précisé au préalable, la
révélation céleste obtenue par l’intermédiaire
de cette étude(1) ne concerne que les âmes les plus hautes.
A l’opposé, pour les autres, qui en sont le plus grand nombre,
la transformation suppose un effort consenti ici-bas.
Lors de l’étude de la Torah, les sentiments naturels conservent
toute leur intensité, comme ils ont toujours été.
Même, si l’on attache profondément son esprit à
D.ieu pendant cette étude, et l’on a souligné la nécessité
de s’habituer à le faire, la prise de conscience et l’émerveillement
ne pourront pas être très intenses, en pareil cas. Il est
vrai qu’en étudiant de manière positive, on est quelque
peu ému en observant ce qui est bien et ce qui est…(2). On
se dira alors qu’il est impératif de choisir le bien. Mais,
une telle démarche n’est pas réellement profonde,
elle ne se fixe pas dans l’esprit et, passé un certain temps,
elle disparaît.
Ainsi, l’étude, y compris celle qui est menée positivement,
ne permet pas d’en ressentir profondément l’objet,
de s’en émouvoir, comme c’est le cas pendant la prière,
qui est un moment propice là-haut et ici-bas, un temps favorable
pour intégrer la lumière bienfaisante. Il est donc concevable
d’avoir une étude intense de la ‘Hassidout tout en
étant très éloigné de la Divinité,
bien plus en allant à l’encontre(3).
Certaines personnes, par exemple, étudient la ‘Hassidout
et sont émues par le caractère positif de son enseignement,
puis, dès que cesse cette étude, elles peuvent adopter un
comportement totalement opposé, prononcer des paroles vaines et
inutiles, parfois même dire des grossièretés et frôler
les propos interdits, au point de pouvoir sombrer dans le mal absolu,
ce qu’à D.ieu ne plaise. Il en est ainsi parce que le mal,
en leur esprit, est très fruste, très fort et qu’il
a conservé son état initial, sans avoir subi la moindre
modification. C’est, en particulier le cas de celui qui est attiré
par la grossièreté, y compris lorsque telle est sa nature,
comme nous le montrerons.
A l’opposé, l’homme qui a le cœur naturellement
brisé sera quelque peu transformé par un étude positive,
comme on l’a dit. Malgré tout, ce résultat ne sera
qu’éphémère et il ne deviendra pérenne
que par la prière, comme on l’a indiqué. En l’absence
d’une prière fervente, ce que l’on a étudié
et que l’on sait se transforme en poison, au sein de la personnalité,
ce qu’à D.ieu ne plaise. Dès lors, on deviendra encore
plus orgueilleux et l’on connaîtra la chute, en son esprit,
jusqu’à tomber totalement.
Les premiers ouvrages de Moussar(4) traitent longuement de l’orgueil
et de l’arrogance, qui sont les causes premières de toutes
les formes d’impureté, à l’origine de la puissance
et de la prévalence du mal, lequel donne naissance à tous
les mauvais sentiments. On consultera ce que dit, à ce propos,
le premier chapitre du traité Sotta. Et, tel est le sens du verset
: “ Quelle est cette rétribution dans la main de l’insensé
qui veut acquérir la sagesse, mais n’a pas de cœur ?
”. En effet, il est préférable que celui qui “
n’a pas de cœur ”(5) ne cherche pas à acquérir
la sagesse, afin de se préserver de l’arrogance.
En conséquence, celui qui désire la vie ne s’acquittera
pas de son obligation par la seule étude de la ‘Hassidout.
Avant tout, cette étude doit susciter en lui un effort moral et
un effort physique, au cours de la prière. Il devra méditer,
percevoir profondément et clairement la lumière, en son
esprit, en son cerveau et en son cœur. De la sorte, il s’emplira
d’un amour et d’une crainte véritables, il réalisera
des merveilles en son esprit, lorsqu’il mettra en pratique la Torah
et les Mitsvot, en affinant ses sentiments naturels. En agissant de la
sorte, comme on l’a dit, on fait en sorte que la Lumière
de D.ieu soit gravée et intériorisée en son esprit,
d’une manière immuable, comme on l’a dit.
Résumé
Il est expliqué ici que la prière est un état de
conscience, permettant de fixer la Lumière de D.ieu en son âme.
Sans la ferveur qui l’accompagne, on peut étudier la ‘Hassidout
tout en adoptant un comportement inverse à celui qu’elle
prône, ce qu’à D.ieu ne plaise.
Notes
(1) Sans que l’effort de celui qui étudie soit nécessaire.
(2) le contraire du bien. Le Rabbi ne souhaite pas employer ce terme.
(3) De la Volonté de D.ieu, par exemple en tirant de l’orgueil
du fait d’avoir étudié la Torah.
(4) L’Ethique de la Torah.
(5) Qui conçoit l’étude de la Torah comme une activité
purement intellectuelle.
Chapitre 10 :Les étapes successives de la prière[Retour
au Menu]
Celui qui n’a pas réellement la capacité de se lier
à un concept divin peut, malgré cela, servir D.ieu par sa
prière, en méditant profondément à ce qu’il
sait, avec l’intention de s’attacher à D.ieu, par cette
perception et par cette compréhension, jusqu’à la
ressentir profondément en son âme. En outre, il ressentira,
en son cœur, le caractère bienfaisant de la Divinité,
jusqu’à donner naissance, de manière évidente
en son cœur, à l’amour et à la crainte de D.ieu,
en fonction de la notion à laquelle médite et de la manière
dont il le fait.
Les aspects spécifiques de cette méditation sont bien
connus. De façon générale, ils sont les suivants.
Pendant les Pessoukeï de Zimra(1), on réfléchira à
la grandeur de la Lumière de l’En Sof(*), à la création
qui porte l’empreinte de Sa grandeur et de Sa merveille, comme le
précisent le passage Barou’h Ché Amar et les Psaumes
des Pessoukeï de Zimra. On pensera également à la louange,
à l’éloge et à la soumission de la dimension
profonde des mondes(2).
Pendant les bénédictions du Chema Israël, on méditera
au cantique des Anges célestes, proclamant : “ Saint…
” et : “ Béni… ”(3), à leur soumission
la plus totale devant la Lumière de l’En Sof(*), béni
soit-Il. Puis, en disant le Chema Israël et le verset : “ Ecoute,
Israël ”(4), qui est le chant des anges, on réfléchira
à l’Unité de D.ieu au sein des mondes, au fait qu’Il
est Un dans les sept cieux, sur la terre, aux quatre points cardinaux(5),
qu’Il est véritablement unique, comme cela est longuement
expliqué par ailleurs.
En disant(6) : “ Que soit béni le Nom de l’honneur
de Sa Royauté, pour l’éternité ”, on
méditera au fait que la création et la vitalité des
mondes émanent uniquement du “ Nom de l’honneur de
Sa Royauté ”, c’est-à-dire uniquement du reflet
d’un reflet de reflet de Sa Lumière(7).
On réfléchira donc, longuement et par le détail,
à tout cela, jusqu’à en avoir une bonne compréhension,
s’attacher à ces notions, les percevoir profondément,
les intégrer et les intérioriser en son cerveau, en concevoir
de l’émerveillement en son cœur. En effet, la contemplation
du bien et de la merveille inhérents à la Lumière
de l’En Sof(*) met en éveil un amour, une attirance, un désir,
une aspiration à s’attacher à D.ieu, un refus de tout
ce qui Lui est étranger, ce qu’à D.ieu ne plaise.
On n’aura alors qu’une seule volonté pour D.ieu, béni
soit-Il. Et, un tel amour saura pérenniser la pratique de la Torah
et des Mitsvot, avec une vitalité profonde et intense, en étant
proche de D.ieu en tout ce que l’on accomplit.
Résumé
Ce chapitre montre comment la prière fervente vivifie la pratique
de la Torah et des Mitsvot.
Notes
(1) La partie narrative de la prière du matin, comprise entre
les deux bénédictions Barou’h Ché Amar, “
Béni soit Celui Qui a créé le monde par Sa Parole
” et Ichtaba’h, “ Que Ton Nom soit loué pour
l’éternité, notre Roi ”.
(2) L’indépendance de leur existence n’étant
qu’une apparence, leur aspect extérieur.
(3) Les bénédictions du Chema Israël précisent
que les anges, percevant l’infinie grandeur de D.ieu, proclament
: “ Saint, saint, saint est l’Eternel des Armées célestes.
La terre entière est pleine de Son honneur ”, alors que ceux
qui souhaitent révéler Sa Présence ici-bas disent
: “ Béni soit l’honneur de l’Eternel, de Son
endroit ”.
(4) Le premier verset du Chema Israël.
(5) C’est le sens du mot E’had, “ Un ”, qui s’écrit
Aleph, ‘Heth, Dalet. Le Aleph désigne l’Unique du monde.
Le ‘Heth, dont la valeur numérique est huit, correspond aux
sept cieux et à la terre. Enfin, le Dalet, qui a pour valeur numérique
quatre, désigne les quatre points cardinaux.
(6) La phrase qui suit le premier verset du Chema Israël.
(7) Totalement insignifiant par rapport à Son Essence.
Définitions
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Chapitre 11 :La préparation de la prière[Retour
au Menu]
Comment ouvrir son cerveau et son cœur afin d’être
en mesure de servir D.ieu par sa prière ? Pour y parvenir, une
préparation morale est nécessaire, car il faut être
un réceptacle, capable d’intégrer la Lumière
et c’est la raison pour laquelle certains sont émerveillés
à l’issue d’une méditation conservant un caractère
général, alors que, par la suite, quand leur réflexion
devient plus précise, ils s’installent dans l’indifférence
totale. Il en est ainsi parce qu’ils ne sont pas prêts, moralement,
à intégrer la Lumière, parce qu’ils ne sont
pas des réceptacles pour la contenir. De ce fait, une méditation
à caractère général peut les émouvoir,
car elle est superficielle, ne fait que les entourer et l’on sait
que la Lumière qui entoure les mondes, Sovev(*), se passe de réceptacle.
En revanche, une méditation plus précise suscite une révélation
profonde et, dès lors un réceptacle est nécessaire.
Cette préparation comporte différentes phases :
A) Il faut, tout d’abord, se départir de tout souci, afin
de ne pas subir la contrariété et la confusion, pendant
la prière. Nos Sages disent, à ce propos, que : “
l’on doit parcourir, à l’intérieur, la distance
nécessaire pour franchir deux portes avant de commencer à
prier ”, ce qui veut dire que l’on ne peut pas prier d’emblée,
très vite, dès que l’on vient de l’extérieur,
avant de s’être défait de ses préoccupations
matérielles et grossières(1). Il convient d’attendre
un certain temps pour se libérer de ses activités préalables,
s’en détourner jusqu’à ne plus être perturbé
par elles, comme l’explique le Choul’han Arou’h, Ora’h
‘Haïm, au chapitre 90. Car, si nos Sages disent, à propos
des paroles de la Torah, que : “ l’on ne commence pas à
prier lorsqu’on est au milieu du jugement(2), mais seulement lorsque
la Loi a été tranchée ”, combien plus doit-on
faire totalement disparaître de son cœur les contingences du
monde. Et, même celui qui ne se consacre pas à proprement
parler aux activités du monde(3) sait, néanmoins que, quand
il ne prie pas et ne s’astreint pas à l’étude,
son œil observe et son cœur médite à divers événements
matériels. Il ne s’agit pas là de mauvaises pensées,
mais bien de réflexions liées à ce qui se passe dans
le monde. C’est de cela qu’il convient de se défaire
totalement.
De la sorte, on se préparera à prier et c’est dans
le cadre de cette préparation que l’on commencera à
revêtir le Talith et les Tefillin. Certes, nombreux sont ceux qui
se plaignent de ne pas être en mesure d’ôter les tracas
de leur cœur. Ceux-là pourront se faire la remarque suivante
: dans les domaines matériels, par exemple pour le sommeil, ils
se départissent effectivement de leurs tracas et ils parviennent
à s’endormir, ce qui veut bien dire qu’ils parviennent
à mettre de côté leurs désagréments
et leurs préoccupations dans un but matériel, pour ce qui
est indispensable à leurs corps. Combien plus doivent-ils y parvenir
pour ce qui concerne leur âme. Car, si l’on appréciait
le moment de la prière, on parviendrait aisément à
ôter de son cœur tout ce qui la trouble et lui fait obstacle.
Et, s’il n’est pas facile d’obtenir ce résultat,
on se tiendra le raisonnement qui vient d’être exposé
: “ Pour un objet matériel, je parviens à supprimer
mon souci. Combien plus dois-je donc le faire dans une perspective morale,
pour ce qui concerne la vie de mon âme ! ”. En raisonnant
de la sorte, on obtiendra assurément le résultat escompté.
En outre, on priera en se tenant dans un même endroit, mais non
en allant et en venant, car le fait de marcher pendant la prière
trouble la ferveur et la méditation. Certains commettent l’erreur
de penser qu’en marchant, il réfléchissent mieux,
investissent plus efficacement leur cerveau et leur cœur dans leur
prière. C’est une profonde méprise car on fait alors
intervenir uniquement l’aspect superficiel de l’esprit et
de la perception. En revanche, il n’y a rien de profond en tout
cela et, bien au contraire, quand un raisonnement abstrait est largement
développé on sera perturbé par le fait de marcher.
De plus, il est inévitable que les yeux voient ce qui se passe
à l’intérieur et à l’extérieur,
ce qui déconcentre et trouble. Il convient donc de rester dans
le même endroit, afin de concentrer son esprit et son cœur
uniquement sur la prière.
B) Lorsque l’on porte d’ores et déjà le Talith
et les Tefillin, il est bon de réfléchir, avant la prière,
à une notion de ‘Hassidout, pendant une demi-heure ou plus.
Là encore, on sera debout ou assis au même endroit, sans
se déplacer. De la sorte, on ouvrira son cerveau et son cœur
afin d’en faire des réceptacles susceptibles de contenir
la Lumière. Parfois, il est bon de le faire encore une fois avant
de dire la bénédiction du Yotser(4).
C) Autre point, un homme doit aussi méditer à sa propre
petitesse. Ainsi, disent nos Sages, “ on commence à prier
uniquement quand on a ‘la tête lourde’ ”, c’est-à-dire
avec soumission et modestie. Pour y parvenir, il convient d’établir
un bilan moral, d’examiner attentivement tout ce que l’on
a fait, ses pensées, ses paroles et ses actions qui n’ont
pas été consacrées à D.ieu et qui ont provoqué
un immense éloignement de Lui. Ainsi, il sera bien évident(5)
que l’on n’est pas un réceptacle pour la Lumière
de D.ieu et pour Sa sainteté.
Car, le palais du Roi doit être exempt de tout élément
repoussant, de toutes immondices. Si ce n’est pas le cas, le Roi
ne saurait y résider. Or, il en est de même pour l’homme,
car chacun doit être un réceptacle et un sanctuaire pour
la Lumière de l’Eternel et pour Sa sainteté, ainsi
qu’il est dit : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai
parmi eux ”. En effet, “ il n’est pas dit : ‘en
lui’, mais bien : ‘parmi eux’, au sein de chacun ”.
Et, ce sanctuaire doit être immaculé et délicat, purifié
de toute infamie, de tout le mal qui inspire l’aversion. C’est
bien à cette condition qu’il est digne d’être
un réceptacle capable d’intégrer la Lumière
de D.ieu. S’il n’en est pas ainsi, c’est que la nature
profonde de l’âme animale a conservé toute la puissance
qui est naturellement la sienne, qu’elle n’a pas encore évolué.
En pareil cas, l’âme animale règne sur le corps et
le domine. Elle investit les trois vêtements moraux que sont les
pensées, les paroles et les actions, leur inspire la passion, la
suggère comme thème de réflexion, invite à
parler du souhait de son cœur et de son désir, ou bien de
moqueries et de vanité, puis à passer à l’acte
et à assouvir la passion de son cœur, de façon permise
mais avec pour seule motivation la recherche de son propre plaisir ou
encore par ce qui, bien qu’étant autorisé n’a
aucune utilité, n’est là que pour le désir
et le plaisir des hommes(6).
Il en est de même pour celui qui se met en colère, ce qui
est également considéré comme une action concrète.
A fortiori est-ce le cas quand on accomplit une certaine action, sous
l’emprise de cette colère. En pareil cas, on inspire le dégoût
et l’on se souille, à proprement parler. Il est alors bien
évident que l’on est absolument incapable d’être
une résidence et un sanctuaire pour la Lumière de D.ieu,
de la porter en soi, alors qu’en réalité on devrait
être en mesure de l’intégrer profondément. Or,
bien au contraire, on est alors soumis aux palais de l’impureté.
Il peut en être ainsi, de la même façon, pour celui
qui étudie abondamment la Torah. Il est concevable que, malgré
cela, la lumière de cette Torah ne l’éclaire pas profondément.
Bien au contraire, elle se trouvera en exil et en captivité, en
son sein, tout comme l’âme divine est exilée au sein
de l’âme animale, qui l’entoure et l’occulte,
de tous les côtés, ainsi qu’il est dit : “ C’est
l’impie qui couronne ”(7). Il en résulte que les passions
de l’âme animale deviennent plus fortes, que les vêtements
souillés de cette âme animale recouvrent l’âme
divine, la cachent et la voilent, de sorte qu’elle ne peut plus
quitter son cachot, afin de prier D.ieu avec conscience, en méditant
et, a fortiori, avec la dimension profonde du cœur qui transcende
cette conscience et cette méditation. On consultera, à ce
propos, Iguéret Ha Kodech, au chapitre 4, dans le paragraphe introduit
par : “ Les enfants d’Israël obtiendront la délivrance
par… ”.
En pareil cas, la Torah qu’un tel homme étudie se trouve
également en exil et en captivité auprès de lui.
Sa lumière n’aura donc aucun effet sur sa personnalité.
Bien au contraire, les forces du mal et de ‘l’autre côté’,
à l’origine de l’âme animale, le dirigent, le
dominent et détournent la vitalité émanant de cette
étude de sorte que celle-ci deviendra un poison pour lui. Et, il
provoquera également l’exil de la Présence divine,
là-haut. En conséquence, le flux émanant d’Elle
sera accordé aux palais de ‘l’autre côté’,
que D.ieu déteste et s’y trouvera en exil, comme l’expliquent
Iguéret Ha Techouva, au chapitre 6 et Iguéret Ha Kodech,
à la référence précédemment citée.
On verra aussi les chapitres 24, 29 et 30 du Séfer Chel Beïnonim.
Si chacun établit, dans son esprit, un bilan moral de tout cela,
en fonction de ses difficultés personnelles et des différentes
plaies qui entachent son âme, selon la connaissance que l’on
peut en avoir, on en concevra, en son esprit, une amertume sincère
et profonde. Et, l’on sera très humble, profondément
soumis à ses propres yeux. Alors, on en aura l’esprit rompu,
le cœur sincèrement brisé et contrit. C’est alors
que l’on sera un réceptacle pour la Lumière de D.ieu,
que l’on parviendra à porter en soi, ainsi qu’il est
dit : “ Je placerai celui qui est humble dans la hauteur et la sainteté
”.
De fait, cette amertume et ce sentiment d’humilité ne doivent
être ressentis que dans des moments bien précis et propices
pour cela. De façon générale, le temps le plus favorable
est le Tikoun ‘Hatsot(8), comme le précise le chapitre 7
d’Iguéret Ha Techouva. Néanmoins, ce moment ne doit
pas en être quotidien, même si le Zohar affirme qu’un
bilan moral est nécessaire, chaque nuit. Tel est également
l’avis de nos Sages, qui enseignent : “ on commence à
prier uniquement quand on a ‘la tête lourde’ ”,
ce qui semble bien vouloir dire qu’il en est ainsi chaque jour.
Toutefois, les Sages font référence ici aux Justes, qui
sont “ à Notre image et à Notre ressemblance ”,
qui ont donc un comportement, au sein de leur petit monde, identique à
celui des mondes supérieurs. Ainsi, le jour est pour eux le temps
de la lumière, correspondant à la joie, puisque nos Sages
disent : “ La Lumière, c’est la joie ”, alors
que la nuit est liée à la rigueur laquelle, dans le service
de D.ieu, est symbolisée par l’amertume et la tristesse,
émanations des forces de rigueur que l’on porte en son âme.
C’est donc pour ces raisons que les Justes doivent établir
un bilan moral, chaque nuit. Les autres, en revanche, ne le feront pas
quotidiennement, mais seulement de temps à autre.
En outre, il est nécessaire d’être seul, à
ce moment. Il ne faut pas que d’autres personnes soient présentes.
En effet, le Tikoun ‘Hatsot est, comme on le sait, l’introduction,
le fondement du service de D.ieu de toute la journée. Il doit donc
être effectué en cachette, tout comme les fondations d’une
maison sont enfouies dans la terre.
Mais, le moment le plus favorable est, avant tout, celui en lequel un
homme sent qu’il est triste de toute façon, à cause
des considérations matérielles, comme l’explique le
Séfer Chel Beïnonim, au chapitre 31. Il doit alors interpréter
cette tristesse comme une indication céleste sur la nécessité
d’établir un bilan moral. Par ailleurs, celui qui a commis
des fautes graves suscitera lui-même l’amertume en son âme,
au moyen de jeûnes et de mortifications(9), afin de pénétrer
son cœur de la détresse découlant de ces fautes, d’en
concevoir de l’amertume et d’en avoir le cœur brisé.
Après cela(10), il pourra se réjouir, en son âme,
grâce à la réflexion qui est suggérée
par les chapitres 31 et 33 du Séfer Chel Beïnonim. Et, il
étudiera la ‘Hassidout afin de prier joyeusement, ainsi qu’il
est dit : “ Servez D.ieu dans la joie ”, comme on le sait.
D) Si toutes ces préparations ne suffisent pas encore pour faire
de son esprit le réceptacle et le sanctuaire de D.ieu, béni
soit-Il, parce que l’on n’a pas été touché
en son cœur, comme il l’aurait fallu, par le raisonnement précédemment
cité, parce qu’en conséquence, on n’a pas le
cœur réellement brisé, on devra, au cours de sa prière,
invoquer une immense miséricorde pour son âme divine, qui
est descendue “ d’une cime élevée vers une fosse
profonde ”. En sa source, en effet, celle-ci est particulièrement
haute, plus que les anges et elle est animée, en permanence, de
l’amour et de la crainte de D.ieu, ainsi qu’il est dit : “
Par l’Eternel, devant Lequel je me tiens ”. Or, ces sentiments,
pour les âmes, sont infiniment plus intenses que pour les anges.
Bien plus, on sait que la source première de l’âme
est l’Essence de la Lumière de l’En Sof(*), comme cela
est longuement expliqué par ailleurs.
Or, cette âme divine est descendue ici-bas, s’est revêtue
d’un corps et d’une âme animale. Ce qu’elle obtient,
par son cerveau et par son cœur, n’est nullement comparable
à ce qu’elle pouvait accomplir au préalable, quand
elle se trouvait là-haut et, bien plus, elle doit, pour cela, fournir
un effort immense et intense. Une telle chute est provoquée par
ses pensées, ses paroles et ses actions qui ne sont pas bonnes
et qui la livrent, l’attachent à l’âme animale,
comme si elle était en exil auprès d’elle, de sorte
qu’elle ne puisse plus se relever et servir D.ieu, pas même
après un immense effort et une intense préparation, telle
qu’on l’a décrite.
La pitié que l’on peut éprouver pour cette âme
divine est donc véritablement incommensurable et c’est à
ce propos que nous disons : “ Par Ta grande miséricorde,
prends-nous en pitié ”. Nous évoquons précisément
la miséricorde de D.ieu, car nous-mêmes, n’avons pas
pleinement conscience de la pitié que l’on devrait éprouver
pour cette âme, dans la mesure où nous ne savons pas et nous
ne ressentons pas réellement la grandeur qui était la sienne
lorsqu’elle se trouvait là-haut. Nous ne saisissons donc
pas pleinement ce qu’est sa descente. De ce fait, nous demandons
: “ Par Ta grande miséricorde, prends-nous en pitié
”, car : “ Tout est évident et révélé
pour Toi ”.
Le moment spécifique pendant lequel on peut invoquer cette miséricorde
divine est la bénédiction Ahavat Olam(11). Un homme le fera
aisément, sollicitant cette miséricorde afin d’être
en mesure de ressentir à quel point il convient d’avoir pitié
de son âme. Et, selon un principe établi, l’Attribut
de miséricorde n’est jamais invoqué en vain. D.ieu,
dans Sa grande compassion, prendra en pitié l’homme qui le
fait. Il ouvrira son cerveau et son cœur, afin qu’il puisse
réellement Le servir.
E) Il est également une préparation spécifique
à la prière de la Amida. Celle-ci consiste à réfléchir
que l’on se tient devant le Roi suprême, le Saint béni
soit-Il, que l’on s’adresse à Lui à la seconde
personne : “ Béni sois-Tu, Eternel… Tu es puissant…
Tu es saint… Tu prends en grâce… Notre Père,
fais-nous revenir… ”. Bien plus, on pensera également,
sommairement mais en suscitant tout son attachement, à la grandeur
et à l’élévation de l’En Sof(*), par
rapport Auquel tout est insignifiant, y compris les stades les plus hauts.
Ainsi, il est dit que : “ Kéter(*), la Couronne supérieure,
bien qu’elle est une Lumière pure, une Lumière fine,
est considérée comme sombre, devant la Cause de toutes les
causes ”. Et, l’on consultera le Pardès, porte de la
clarté brillante, au chapitre : “ Lumières dans les
réceptacles ”, qui définit la “ Lumière
antérieure ”, la “ Lumière pure ” et la
“ Lumière fine ” comme “ les trois têtes
premières ”. Selon ses explications, à cette même
référence, au chapitre 3, ceci correspond aux dix Sefirot
cachées en l’Essence de l’En Sof(*), telle qu’elle
est avant le Tsimtsoum(*), comme cela est expliqué par ailleurs.
Ainsi, “ toutes les Lumières sont obscures devant Lui ”,
car elles ne sont que des Lumières, qui n’ont rien de commun
avec l’Essence. Or, l’Essence du Luminaire est pleinement
révélée et se trouve véritablement en tout
endroit. De fait, pour ce qui La concerne, les notions d’occultation
et de dévoilement n’ont strictement aucun sens, comme cela
est expliqué par ailleurs. Et, c’est bien devant Lui, béni
et loué soit-Il que l’on prie, comme cela est expliqué
par ailleurs à propos de : “ Tu es, Eternel, seul. Tu as
fait… ” ! C’est à Lui que l’on s’adresse
à la seconde personne ! Celui qui médite à tout cela
sera saisi par une grande crainte. Il ressentira une soumission profonde
en son esprit, qui est bien le sentiment essentiel de la Amida, qu’il
importe de dire en faisant abstraction de soi-même. De fait, la
différence entre l’effort du Chema Israël et celui de
la Amida a déjà été expliqué par ailleurs.
Résumé
Nous avons énuméré ici cinq préparations
à la prière :
1. Il est nécessaire d’écarter toute pensée
relative aux préoccupations du monde et de se tenir en un même
endroit.
2. Il faut réfléchir à des idées de ‘Hassidout
en portant son Talith et ses Tefillin.
3. Il convient de ressentir sa propre petitesse en éprouvant de
l’amertume.
4. On invoquera l’immense miséricorde de D.ieu pour son âme.
5. On se dira que l’on se tient devant l’Essence de l’En
Sof, béni soit-Il.
Notes
(1) Qui sont ce que l’on appelle ici : “ l’extérieur
”.
(2) Car, on est préoccupé par ce jugement et incapable de
se concentrer sur un autre objet.
(3) Ayant l’étude de la Torah pour seule activité.
(4) Introduisant les bénédictions du Chema Israël.
(5) A l’issue de ce bilan moral.
(6) On retrouve donc bien l’ordre qui a été défini,
détérioration des pensées, puis des paroles et enfin
des actions.
(7) L’impie désigne ici l’âme animale et la couronne,
celui qui prend le dessus.
(8) Les prières de lamentation pour la destruction du Temple qui
ont lieu au milieu de la nuit.
(9) Le Rabbi explique, néanmoins, qu’à notre époque,
compte tenu de l’affaiblissement physique des personnes, il n’y
a pas lieu d’avoir recours aux mortifications physiques. Il est
d’autres moyens d’avancer sur le chemin de D.ieu.
(10) C’est-à-dire après le Tikoun ‘Hatsot.
(11) La seconde bénédiction précédant la lecture
du Chema Israël.
Définitions
Sovev : “ La Lumière divine qui entoure les mondes ”.
Elle entoure chaque stade de la création, influence chaque créature
sans lui être accessible. Elle est à l’origine de la
transcendance de D.ieu.
En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”. Cette expression
désigne l’Essence de D.ieu, illimitée et infinie,
telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière qui
est à l’origine du processus créatif. L’En Sof
transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
Kéter : Tantôt défini comme un stade indépendant,
qu’il est impossible de définir, tantôt présentée
comme la première Sefira, enclenchant le processus du dévoilement,
Kéter est la couronne surplombant la tête, l’Emanation
première. Elle est l’intermédiaire entre l’En
Sof et les Sefirot. Elle constitue, à proprement parler, la charnière
de la création, réunissant en elle le stade le plus inférieur
de l’Essence et la phase la plus haute de l’émanation.
Tsimtsoum : “ Contraction, occultation ”. C’est le processus
par lequel D.ieu fit abstraction de Son Essence infinie, “ Se retira
de Lui-même en Lui-même ” et comprima Sa Lumière
pour faire la place à l’enchaînement des mondes. Le
flux de Son Essence fut ainsi occulté, de sorte que les mondes
n’en reçoivent qu’une infime partie. Ainsi, les créatures
peuvent obtenir la vie et connaître la perfection, à partir
du néant. Le Tsimtsoum modifie la perception des créatures,
mais en aucune façon la Divinité Elle-même. Si D.ieu
n’avait pas eu recours à ce processus, les mondes n’auraient
pu supporter Sa Lumière, trop intense pour qu’ils puissent
la supporter. C’est donc précisément le voile qui
est à l’origine de la révélation. De ce fait,
le Tsimtsoum est appelé “ contraction pour éclairer
”, car il n’est qu’une apparence.
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| Chapitre 12 :Etre un réceptacle pour la ‘Hassidout
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Certains, bien qu’ils étudient la ‘Hassidout, ne
sont pas du tout des réceptacles pour la lumière que celle-ci
irradie. A fortiori sont-ils incapables de s’approfondir et d’en
ressentir les notions, comme on l’a dit au préalable, en
présentant la méditation véritable de la prière,
selon les deux manières qui ont été définies(1).
Le symptôme révélateur d’une telle situation
est l’absence de motivation et d’intérêt pour
l’étude de la ‘Hassidout et pour la concentration profonde
qu’elle requiert. Certes, ces hommes sont désireux d’entendre
les explications de ‘Hassidout. Ils retiennent celles qu’ils
ont entendues, s’en émeuvent quelque peu et les révisent,
à différentes reprises. En revanche, ils ne sont pas intéressés
par une étude personnelle(2), par l’effort qui leur permettrait
de bien comprendre ces notions, de les maîtriser, a fortiori d’en
saisir toute la profondeur, c’est-à-dire de posséder
ces concepts. Tout cela ne les motive en aucune façon et, de fait,
ils ne souhaitent même pas parvenir à une compréhension
profonde de ce qu’ils ont entendu. L’étude de la ‘Hassidout
est, pour eux, une lourde corvée, en laquelle ils ne trouvent aucune
satisfaction pour leur esprit. Du reste, il est vrai que cette étude
ne présente aucun intérêt pour eux, puisque leur âme
n’en est nullement éclairée.
Il est bien clair qu’il y a là une terrible plaie, particulièrement
amère. Car, l’homme qui en est frappé n’éprouve
aucun enthousiasme pour la Divinité et le peu d’émotion
qu’il a eu en entendant une explication de ‘Hassidout se voile,
disparaît très rapidement, de sorte qu’il conserve
uniquement l’aspect extérieur de cette explication. Bien
entendu, on déduira de tout ce qui a été exposé
au préalable qu’un tel homme est strictement incapable de
prier avec ferveur. Il pratiquera donc la Torah et les Mitsvot sans entrain.
Il n’affinera pas et n’élèvera pas ses sentiments
naturels. Globalement, il restera très superficiel, sera incapable
d’éprouver un sentiment profond pour quoi que ce soit. Chaque
bonne action qu’il accomplira sera dépourvue d’une
base solide. Il fera le bien uniquement par habitude, parce qu’il
est coutumier d’un tel comportement.
De fait, il est, en la matière, plusieurs formes d’habitude.
Ainsi, certaines sont positives et fortes, de sorte qu’elles s’implantent
dans l’esprit. Par exemple, celui qui a toujours eu de bonnes fréquentations
et n’a donc pratiquement jamais eu l’exemple d’un comportement
allant à l’encontre du bien prendra naturellement l’habitude
d’agir positivement et cette attitude sera profondément ancrée
en lui. Un tel homme sera très éloigné du mal. En
revanche, d’autres habitudes sont beaucoup moins solides. Ce sera
le cas pour les hommes qui ont également eu quelques mauvaises
fréquentations. Certes, ils n’imitent pas leur comportement,
mais ils l’observent et ils en sont donc quelque peu influencés.
De tels hommes seront beaucoup plus proches du mal(3). Il est même
possible que le bien et le mal coexistent en leur attitude, dans les domaines
où il est aisé qu’il en soit ainsi. L’emprise
que la matérialité exerce sur eux conserve toute sa puissance,
comme lors de leur naissance, sans aucune modification. Et, une longue
période pourra s’écouler avant que se révèle
leur mauvaise nature, parce qu’ils ont été habitués
à bien agir. Il est donc envisageable qu’ils le fassent encore
pendant très longtemps, peut-être même toute leur vie.
Toutefois, un certain événement, une certaine cause pourront
mettre en évidence le mal dans toute sa force, ce qu’à
D.ieu ne plaise.
La véritable raison d’une telle plaie est le fait de ne
pas avoir été habitué à la ‘Hassidout
depuis son jeune âge, depuis son enfance, de ne pas être “
né avec elle ”, car l’aspect matériel de la
personnalité est alors grossier et rustre. Par la suite, la motivation
qui a conduit une telle personne à étudier la ‘Hassidout
n’a pas été un sentiment de Techouva, émanant
du plus profond de son cœur. Elle l’étudiera uniquement
parce que celle-ci est intéressante, plaisante. A fortiori est-ce
le cas quand elle a, d’emblée, entamé cette étude
avec un autre objectif(4). Par la suite, elle sera attirée par
la ‘Hassidout, aura soif d’entendre ses explications et de
les réviser. Toutefois, sa première impulsion n’ayant
pas été le désir de Techouva, comme on l’a
dit, elle n’aura pas réellement le cœur brisé,
en sa nature profonde.
Certes, la ‘Hassidout que l’on entend peut, parfois, suggérer
la Techouva et briser quelque peu le cœur, mais il n’y aura
là qu’un passage éphémère, qui disparaîtra
aussitôt, sans même laisser de trace. Et, bien au contraire,
on considérera que l’on est parfait et l’on ira à
l’encontre de l’attitude d’un homme qui a le cœur
brisé. Or, la ‘Hassidout reçue par celui qui pense
avoir atteint une telle perfection ne peut pas être intégrée
profondément(5), en la dimension intérieure du cerveau du
cœur. Elle ne fait que le traverser, comme ce serait le cas pour
un homme qui entendrait et verrait ce qui est totalement extérieur
à lui, sans s’unifier, sans faire corps avec ce qu’il
perçoit. Il pourra donc en être satisfait, ému, de
façon passagère, mais tout cela n’en restera pas moins
extérieur à lui, impliquant uniquement la partie superficielle
de sa personnalité et la dimension extérieure du concept
perçu. Puis, aussitôt, cette sensation disparaîtra,
comme si elle n’avait jamais existée.
La guérison complète d’une telle affection consiste
à éveiller en soi une Techouva véritable, au profond
de son cœur, de briser sa nature grossière. Pour cela, il
convient, assez souvent, de consacrer un long moment au bilan moral de
tous les aspects des fautes que l’on a commises dans sa jeunesse(6).
On scrutera le moindre détail, tous les méandres de ses
pensées, de ses paroles et de ses actions qui n’ont pas été
consacrées à D.ieu, chacun ayant connaissance de ses plaies
et de ses souffrances.
Si l’on consacre un long moment à cela, si l’on établit
un juste bilan, entre soi-même et son Créateur, de la manière
qui vient d’être décrite, on se brisera et l’on
s’éveillera à la Techouva. En outre, on se mortifiera
par des jeûnes et c’est au cours de ces jours de jeûne
que l’on effectuera un tel bilan(7). Et, l’on s’imposera
également d’autres mortifications afin d’affiner la
matière de son corps, de devenir plus fin. En effet, ces souffrances
que l’on s’impose permettent de se défaire, peu à
peu, du mal que l’on porte en soi. C’est ce qui est appelé,
dans un autre texte, “ la réduction de la graisse et du sang
”(8). De la sorte, on sera plus apte à accéder à
la Techouva et à avoir le cœur brisé.
De même, on recevra les réprimandes de ses amis. Grâce
à cela, on sera illuminé par la clarté de son âme
et l’esprit l’emportera sur la matière, car l’emprise
de cette dernière sera brisée. De la sorte, on sera un réceptacle
pour la Lumière divine, qui éclairera son âme et s’y
révélera pleinement. De fait, le réceptacle véritable
pour la Lumière profonde, émanant de la Divinité,
est précisément un cœur brisé. Ainsi, disent
nos Sages, “ on transmet les secrets de la Torah uniquement à
celui qui a un cœur inquiet ” et dont cette inquiétude
est devenue la nature(9). Tel est le sens de cette mélancolie spontanée,
de cette humilité profonde qui est devenue le trait de caractère
d’un tel homme. Car, c’est bien là le réceptacle
de la Lumière de D.ieu. Mais, en outre, on pourra avoir un cœur
brisé par les moyens définis au préalable(10). Et,
c’est à la mesure de cette humilité de l’esprit
et du cœur que l’on peut contenir la Lumière divine,
obtenir qu’elle réside en sa propre personne.
Résumé
Nous avons vu, dans ce chapitre, que certains se consacrent à
la ‘Hassidout sans pour autant être des réceptacles
susceptibles de la contenir. Or, eux-mêmes n’en ont pas du
tout conscience et ils ont l’impression d’être parfaits.
Ceux qui se trouvent dans cette situation doivent accéder à
la Techouva afin de briser la nature grossière que conserve l’aspect
matériel de leur personnalité.
Notes
(1) En conservant à cette méditation un caractère
général et en envisageant chaque notion uniquement dans
sa globalité ou bien en lui donnant une forme plus précise
et détaillée, permettant d’en appliquer les termes
à sa propre personne.
(2) Leur motivation n’est pas suffisamment grande pour qu’ils
prennent l’initiative de l’étudier.
(3) Que ceux qui n’ont jamais eu de mauvaises fréquentations.
(4) Par exemple la curiosité intellectuelle, déconnectée
de l’action concrète.
(5) Celui qui est convaincu d’être parfait ne peut pas avoir
le désir de changer sa personnalité.
(6) Les fautes de jeunesse sont, en particulier, l’émission
séminale en pure perte.
(7) Le Rabbi souligne, néanmoins, que le jeûne n’est
pas la voie de la Techouva la plus appropriée, en notre génération,
compte tenu de l’affaiblissement physique.
(8) En effet, lorsque l’on offrait un sacrifice, dans le Temple,
sa graisse et son sang étaient brûlés sur l’autel.
Et, il était alors demandé à l’homme ayant
commis une faute et offrant un sacrifice expiatoire d’imaginer que
ce qui était fait à l’animal survenait à sa
propre personne. Or, le jeûne procède de la même démarche,
puisque celui qui le pratique réduit également sa chair
et son sang. C’est pour cela qu’il est susceptible de le relayer.
(9) Celui qui a acquis une telle tournure d’esprit sera, en effet,
préservé de l’orgueil, lequel fait obstacle à
la compréhension de la Torah.
(10) Et, qui doivent donc être privilégiés par rapport
au jeûne et à la mortification. C’est, en particulier,
l’établissement d’un bilan moral et la méditation
approfondie, selon les explications des précédents chapitres.
Chapitre 13 :La nécessité de reconnaître le
mal[Retour au
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Il est également une autre plaie amère, qui frappe quelques
‘Hassidim, y compris parmi ceux qui servent D.ieu, par leur cerveau
et par leur cœur, dans leur prière. En effet, ceux-ci, malgré
tout, n’ont pas encore accompli de merveilles, en leur esprit, par
l’effort qu’ils fournissent pour affiner et transformer leurs
sentiments naturels. En conséquence, ils conservent de nombreux
défauts, certains très condamnables, chacun selon sa nature.
En revanche, ceux qui servent D.ieu réellement, en approfondissant
leur esprit et en s’attachant à l’Essence de la Divinité,
comme on l’a expliqué, sont très éloignés
de cette plaie. Car, l’homme qui se lie réellement à
l’Essence de D.ieu perçoit clairement toutes les facettes
de “ l’autre côté ”(1), du mal de l’âme
naturelle(2), qui va à l’encontre de la Divinité,
lui manifeste son opposition. Un tel homme ne voudra pas le mal, il saura
lutter contre lui et le recourber.
Cette plaie atteindra donc plutôt ceux qui servent D.ieu de la
seconde façon qui a été définie, c’est-à-dire
d’une manière superficielle, en limitant leur attachement
à leur compréhension et en s’émerveillant,
en leur cœur, uniquement par la synthèse finale de ce qu’ils
saisissent(3), comme on l’a expliqué.
La raison de cette plaie est la suivante. Il est un principe établi
du service de D.ieu selon lequel celui qui l’assume doit connaître
également tous les aspects du mal qu’il porte en lui et savoir
ce qu’il doit réparer. En effet, les éléments
constitutifs du mal de l’âme naturelle ne sont pas identiques
chez chacun. Il convient donc de déterminer lequel de ces éléments
est le plus marqué, le plus fort en sa propre personnalité.
En la matière, tout dépend de la mission qui est confiée
à chacun et pour laquelle l’âme est descendue ici-bas,
ce qu’elle doit élever et transformer(4).
Celui qui ne sait pas identifier le mal, même s’il ne supporte
pas celui qu’il a en lui, ne le veut pas, se trouvera dans l’incapacité
de le réparer tant qu’il n’en aura pas une connaissance
précise. C’est la raison de la plaie, précédemment
décrite et c’est ce qui fait qu’après une prière
fervente, un homme peut encore conserver de mauvais sentiments, comme
c’était le cas auparavant. En effet, durant la prière,
il s’emplit d’amour pour D.ieu et, à la mesure de ce
désir, de cette volonté du Divin, il refuse le mal inhérent
aux sentiments naturels de l’âme animale. Il prend alors la
ferme décision de ne pas s’y conformer. Cependant, il ne
rejette alors le mal de l’âme animale que dans sa globalité,
sans en envisager les aspects spécifiques, sur lesquels cette décision
reste donc sans effet. Un tel homme aura conscience que, de façon
générale, sa situation n’est pas bonne. Il la rejettera
donc sincèrement et il s’engagera, en son esprit, à
échapper au mal, à se maintenir strictement dans le bien.
Mais, le caractère global de cette réflexion ne lui permettra
pas d’atteindre les aspects spécifiques de sa personnalité.
De ce fait, il pourra par la suite, quand se présentera, par exemple,
une occasion de se mettre en colère, d’éprouver un
désir ou une envie, ne pas parvenir à se maîtriser.
Par ailleurs, il est aussi différentes actions que l’on
réalise sans y penser, uniquement par habitude, par nature, de
sorte que l’on oublie alors la décision que l’on a
prise, ce qui veut bien dire que, d’emblée, on n’avait
pas maîtrisé ce sentiment, en son esprit. Ainsi, il est bien
clair qu’une décision d’ordre générale
n’a pas d’effet sur les aspects spécifiques de la personnalité.
En outre, elle n’est pas durable, car elle ne repose sur rien. Elle
est donc comparable à tout ce qui n’a qu’un caractère
superficiel. Elle n’a pas d’effet concret et encore moins
de portée détaillée.
A l’opposé, celui qui a une connaissance précise
du mauvais sentiment qu’il porte en lui et qu’il doit réparer,
saura s’enflammer, pendant la prière et se renforcer afin
de le juguler pleinement. Par la suite, s’il est confronté
à cette situation, il saura se maîtriser et s’écarter
de ce qu’il ne faut pas faire, grâce à la ferme décision,
portant sur cette situation précise, qui a été prise
pendant la prière. Dès lors, une telle décision sera
pérenne. Il ne l’oubliera pas et elle permettra de s’abstenir
de cette action. Par la suite, la volonté et le désir de
la réaliser, l’attirance naturelle que l’on éprouve
pour elle, s’estomperont. En effet, l’effort consenti au cours
de la prière va bien en ce sens puisque, plus l’on désire
et l’on recherche le Divin, plus l’on refuse le mal, comme
on l’a dit.
Mais, il est bien évident que l’on ne maîtrisera
pas un mauvais sentiment en une fois ou deux. Un effort est nécessaire,
à différentes reprises, pendant de nombreuses prières,
afin de juguler chaque mauvais sentiment en particulier, jusqu’à
obtenir un résultat.
Résumé
Nous avons vu, dans ce chapitre, que certains servent D.ieu, mais ne
sont pas parvenus pour autant à raffiner et à élever
leurs sentiments. La raison d’une telle situation est le manque
d’attention accordée à chaque aspect spécifique
du mal, y compris le plus infime. De fait, pour acquérir cette
attention, un intense effort est nécessaire, pour chaque sentiment
en particulier, pendant de nombreuses prières.
Notes
(1) Celui du mal.
(2) Cette expression désigne ici l’âme animale.
(3) Après avoir occulté les aspects spécifiques.
(4) Il est clair, en effet, que le mauvais penchant, s’efforcera,
tout particulièrement, de faire transgresser à une âme
les Mitsvot les plus importantes, par rapport à la mission qui
lui a été spécifiquement confiée. Il en résulte
que, plus un bon comportement est important pour un homme et plus il aura
des difficultés à l’adopter. A contrario, la difficulté
qu’il éprouve, de la sorte, doit être interprétée
comme une indication sur l’importance de cette Mitsva, dans le cadre
de la mission qui lui est impartie.
Chapitre 14 :L’erreur des jeunes gens[Retour
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Les jeunes gens, n’ayant pas encore acquis la connaissance de
la ‘Hassidout qu’il convient d’avoir et ne possédant
donc qu’une perception imparfaite de chaque détail de cette
réflexion, ne pourront pas s’élever sur les marches
de cette méditation tant que le moment n’en sera pas venu
pour eux. Ils ne seront pas en mesure d’avoir une réflexion
longue et précise, en particulier avec tout l’approfondissement
nécessaire, comme on l’a souligné. Ils seraient donc
dans l’erreur et se feraient des illusions s’ils s’imaginaient
être parvenus à méditer et à mettre en éveil
l’émotion en leur cœur. Et, une telle confusion leur
sera préjudiciable, car ils s’habitueront à se tromper
eux-mêmes. Par la suite, ils étudieront et sauront exactement
ce que doit être cette réflexion, mais ils continueront à
s’émouvoir uniquement en considérant les concepts
généraux, sans entrer dans le détail.
Ces jeunes gens doivent donc, au préalable, étudier la
‘Hassidout avec leur amis possédant de plus larges connaissances
que les leurs, se soumettre à ceux qui sont plus grands qu’eux
afin de recevoir leurs explications, choisir des thèmes qu’ils
apprendront profondément, en plus de l’étude, moins
profonde, qu’ils mènent par ailleurs pour élargir
leurs connaissances, investir tous leurs efforts dans la connaissance
de D.ieu, saisir chaque idée précisément et profondément.
Voici donc de quelle manière ces jeunes gens doivent servir D.ieu,
par leur prière. Après la préparation générale
qui a été exposée au chapitre 1, c’est-à-dire
après avoir écarté de leur esprit tous les tracas,
ils prieront, toujours au même endroit, en tenant un Sidour, très
lentement et en pensant à la signification de chaque mot, en élevant
quelque peu la voix, avec une diction parfaite, de sorte que chaque mot
soit bien prononcé. Pour eux, ces mots pourront être vivants
et lumineux grâce à l’émotion que leur inspirera
leur signification.
De fait, ce qui vient d’être dit s’applique également
aux adultes n’ayant pas la possibilité d’atteindre
en permanence la perception la plus haute du cerveau et du cœur telle
qu’elle a été définie au préalable.
De temps à autre, ceux-là pourront donc prier de la manière
qui vient d’être décrite ici(1). Pour autant, ils ne
se suffiront pas de cela, car il est indispensable que leur cerveau et
leur cœur atteignent le niveau précédemment rappelé
pour les raisons suivantes :
La première raison tient au service de D.ieu proprement dit.
En effet, il est indispensable de servir D.ieu en son cœur, de mettre
en éveil de véritables sentiments d’amour et de crainte
envers Lui, de mettre en pratique les Injonctions de L’aimer et
de Le craindre. Pour cela, il faut avoir recours à la méditation
profonde, telle qu’elle a été définie ici.
La seconde raison est l’incidence de la prière sur la pratique
globale de la Torah et des Mitsvot. Car, l’amour est à l’origine
des deux cent quarante-huit Injonctions et la crainte, des trois cent
soixante-cinq Interdits. En l’absence de ces sentiments(2), on ne
peut donc pas les mettre réellement en pratique, comme l’explique
le Séfer Chel Beïnonim(3). C’est ainsi que l’on
acquiert, de façon durable, la lumière de la Torah et la
connaissance du Divin, que l’on intègre et que l’on
grave en son cerveau et en son cœur, comme on l’a montré.
La troisième raison est la nécessité de transformer
et d’affiner les sentiments naturels de l’âme animale,
ce qui ne peut être fait que de cette façon-là. En
l’absence d’effort pendant la prière, cette transformation
et cet affinement ne se réaliseront en aucune façon. Dès
lors, le mal conserve toute sa force, comme on l’a longuement montré.
Pour assurer son élévation, la ferveur sincère de
la prière est indispensable. C’est de cette manière
que l’on assume la mission pour laquelle on est venu dans ce monde,
c’est-à-dire la transformation et l’affinement de l’âme
animale.
Résumé
On a montré, dans ce chapitre, que les jeunes gens qui ne possèdent
pas encore une connaissance approfondie de la ‘Hassidout sont plus
clairement exposés à l’erreur. Ceux-là doivent
donc se soumettre aux anciens et s’investir dans l’étude
profonde. Leur service de D.ieu, par la prière, sera celui qui
est exposé au premier des cinq paragraphes figurant au chapitre
11.
Notes
(1) Ils prieront au moins, de façon courante, comme ces jeunes
gens et, chaque fois qu’ils en ont la possibilité, comme
ils doivent le faire réellement.
(2) Que l’on développe pendant la prière.
(3) Voir les chapitres 3 et 4 de la première partie du Tanya.
Chapitre 15 :Définition du service de D.ieu[Retour
au Menu]
Ce qui vient d’être exposé concerne indistinctement
tous les Juifs. Car, chacun doit se soumettre pleinement au joug de la
Royauté céleste, savoir qu’il a un Maître, l’Eternel
notre D.ieu, Qui règne sur chaque être en particulier. Il
faut donc accepter Sa Royauté, être Son serviteur fidèle
et non le serviteur d’étrangers, ce qu’à D.ieu
ne plaise, c’est-à-dire des forces du mal et de “ l’autre
côté ”, qui est lié à l’âme
animale, fut-ce même pour un seul instant. On doit accomplir Sa
Volonté, mettre en pratique la Torah et les Mitsvot, “ écarte-toi
du mal(1) et fais le bien(2) ” d’une manière concrète,
jusque dans le moindre détail, avec toutes les précisions
apportées par nos Sages, aussi bien pour : “ écarte-toi
du mal ” que pour : “ fais le bien ”.
Un homme s’examinera donc en permanence. Il observera chacun de
ses sentiments, en toutes ses activités matérielles, qu’il
assumera d’une manière réfléchie, conformément
à l’enseignement de D.ieu tel qu’il est énoncé
dans la Torah. Il ne perdra pas cette conscience un seul instant et il
n’agira jamais d’une manière insensée, ne fera
rien qui ne soit pas réfléchi. Il analysera, surveillera,
observera chaque détail. Et, le mal qu’il aura fait, à
cause d’un mauvais sentiment, restera gravé et ressenti en
son âme. Il sera toujours présent, face ses yeux. De la sorte,
il sera mécontent de son comportement et il ne l’adoptera
plus jamais, ce qu’à D.ieu ne plaise. Il s’efforcera
de réparer la cause première de son état, c’est-à-dire
son trait de caractère négatif, qui a suscité en
lui un attrait physique. A celui qui désire se purifier, D.ieu
vient en aide de manière significative et Il ouvre une porte large
afin d’illuminer son cerveau et son cœur, par la Torah qu’il
étudie et la manière dont il Le sert.
Résumé
Nous avons rappelé, dans ce chapitre, que l’acceptation
du joug de la Royauté divine incombe à chacun, de manière
identique. C’est grâce à cela que l’on peut se
maîtriser jusque dans le moindre détail, déraciner
tout mauvais sentiment de sa personnalité et s’habituer a
en éprouver de bons.
Notes
(1) A l’origine des trois cent soixante-cinq Interdits.
(2) A l’origine des deux cent quarante-huit Injonctions.
Chapitre 16 :Pour les commerçants[Retour
au Menu]
Pour en faire profiter de nombreux ‘Hassidim, je reproduirai ici
brièvement le contenu des saints propos de l’Admour Haémtsahi(1),
dont le mérite nous protégera, qui furent adressés
à des commerçants, n’ayant pas la possibilité
d’allonger leur prière, pendant les jours de la semaine(2)
et d’effectuer l’importante préparation qui a été
définie ci-dessus. L’alternative suivante s’offre à
eux. Chaque matin, en se levant, ils se diront qu’ils dilapident
les forces de leur cerveau et de leur cœur dans les vanités
du monde, au point de lier leur esprit et leur vitalité à
ces affaires, qui les entourent de toute part, ainsi qu’il est dit(3)
: “ Ils m’ont encerclé, m’ont enveloppé
”.
De la sorte, ils auront le cœur brisé, cesseront d’éprouver
du plaisir et de la joie en parlant de leurs affaires, avant la prière,
avec ostentation et en faisant de grands gestes. Ils s’efforceront
d’étudier, au moins un peu, avant de prier, puis ils prieront
lentement en pensant aux mots qu’ils prononcent. Car, s’ils
ne se renforcent pas à ce moment, ils retrouveront aussitôt
leurs tracas et, dès lors, la méditation ne leur serait
d’aucune utilité, ainsi qu’il est dit : “ Ils
ont été remués et transportés comme un homme
ivre. Toute leur sagesse…(4) ”. Ce verset, en effet, fait
allusion à la servitude du commerce, qui est définie comme
une ivresse, “ ivre, mais non de vin ”, troublant le cerveau
et le cœur.
De ce fait, ils ne doivent pas oublier de méditer à tout
cela avant la prière. C’est ainsi qu’ils invoqueront
une immense miséricorde pour leur âme. Dès lors, ils
observeront, de toutes leurs forces, que : “ le faible dira : je
suis vigoureux ”(5). Ils se motiveront et s’efforceront de
préserver leur âme, à ce moment. Plus ils pourront
consacrer de temps à la prière, fut-ce même un instant
de plus, plus ils acquérront la vitalité de leur esprit,
pour le reste de la journée. Et, par la suite, quand ils rejoindront
leurs activités commerciales, ils conserveront une trace de cet
éclairage, grâce à l’attachement(6) qu’ils
seront parvenus à susciter en leur âme, ainsi qu’il
est dit : “ Même si je me rends…, je ne craindrai rien,
car Tu es avec moi ”(7).
Cette trace les protégera donc quand ils se consacreront à
leurs affaires, afin qu’ils ne s’éloignent pas de la
Divinité. Elle les élèvera et les rapprochera de
D.ieu, en chaque instant qu’ils consacrent aux affaires. A fortiori,
si une Mitsva se présente à eux, par exemple celle de la
Tsédaka, pourront-ils se dire qu’ils suscitent ainsi le plaisir
du Créateur. En effet, pour ce qui est de l’acceptation du
joug de la Royauté céleste, précédemment défini,
tous sont effectivement identiques, de manière positive(8).
Résumé
Ce chapitre définit le thème de méditation des
commerçants, qui sont occupés, tout au long du jour. Il
leur souligne la nécessité d’une étude avant
la prière, dont la trace conditionnera leur comportement de la
journée et vivifiera leur pratique des Mitsvot.
Notes
(1) Fils et successeur de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et
du Choul’han Arou’h, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad.
(2) Ce qui ne les dispense donc pas de le faire pendant le Chabbat !
(3) Tehilim 118, 11.
(4) “ ne leur a été d’aucune utilité
”, Tehilim 107, 27.
(5) Ils découvriront en eux des forces insoupçonnées.
(6) A ces notions.
(7) “ Même si je me rends dans la vallée de l’ombre
de la mort ”, qui fait ici allusion aux affaires, Tehilim 23, 4.
(8) Comme le constatait le début du chapitre précédent,
ce qui veut dire que chaque Juif, y compris un homme d’affaires
très occupé, doit avoir pour activité principale
le service de D.ieu.
Chapitre 17 :Importance de
la Hala’ha[Retour au Menu]
Je voudrais rappeler ce qui nous a été enjoint par les
lois de l’étude de la Torah(1) et l’Admour Haémtsahi,
dont le mérite nous protégera, insiste longuement sur cette
idée, dans de nombreuses lettres, de même que dans son introduction
au Choul’han Arou’h(2). Chacun, sans la moindre exception,
y compris celui qui a avantageusement accès à l’étude
des propos de la Guemara, des Commentateurs, des Décisionnaires,
des premiers et des derniers Sages, qui garde en mémoire tout ce
qu’il a appris, est tenu d’étudier les Lois tranchées,
dont la connaissance est nécessaire à l’action concrète.
En conséquence, chacun étudiera, d’un bout à
l’autre, la partie Ora’h ‘Haïm du Choul’han
Arou’h du Rabbi(1), dont le mérite nous protégera.
Chaque Hala’ha y est clairement expliquée, avec sa raison
et formulée d’une manière concise. On se fixera donc
un temps quotidien pour cette étude d’une partie du Choul’han
Arou’h et pour sa révision, afin de savoir quel comportement
il convient d’adopter, en tous les domaines qui touchent à
la vie de son esprit(3). En outre, on consacrera un moment spécifique,
chaque jour, à l’étude des livres d’Ethique,
basés sur le Midrash, les récits et les propos du Zohar,
dans le but d’éveiller son cœur à l’amour
de D.ieu, à Sa Torah et à Son service(4). Le temps propice
pour cela est la nuit, après la prière d’Arvit(5).
Résumé
On a rappelé ici l’Injonction qui nous est faite par les
lois de l’étude de la Torah de fixer un moment pour apprendre
le Choul’han Arou’h, afin de savoir quel comportement il convient
d’adopter.
Notes
(1) De l’Admour Hazaken.
(2) Rédigé par son père.
(3) Afin que l’action concrète soit conforme à la
spiritualité, selon la Volonté de D.ieu.
(4) Tel est, en particulier, le contenu des ouvrages de la ‘Hassidout.
(5) Il est dit, en effet, que “ la nuit fut créé pour
l’étude ”, en particulier celle de la dimension profonde
de la Torah.
Chapitre 18 :L’étude et l’action[Retour
au Menu]
Je vous ai exposé la nécessité de servir D.ieu
par la prière, ce qui est, à proprement parler, un besoin
vital pour chacun. Nous avons vu comment et de quelle façon il
convenait d’envisager ce service de D.ieu de la prière, conformément
à l’enseignement de vérité que nous ont légué
nos pères et maîtres, se trouvant dans le Gan Eden(*) et
dont le mérite nous protégera. Quant à vous, mes
amis, mes frères et mes compagnons, accordez toute votre attention
à ces propos ! Ayez pitié de vos âmes ! Apprenez à
connaître D.ieu, de la manière qui convient, profondément,
en maîtrisant toutes ces notions !
Mais, avant tout, que cette étude soit orientée vers l’action
! Il faut qu’elle soit réellement un acte du service de D.ieu,
impliquant son cerveau et son cœur. La prière doit accomplir
des merveilles au sein de l’esprit, transformer et affiner les sentiments
naturels, ajouter de la clarté et de la vitalité à
la pratique de la Torah et des Mitsvot.
Et, que notre cœur soit intègre et vrai envers l’Eternel
notre D.ieu, jusque dans le moindre détail ! Que D.ieu nous vienne
en aide et qu’Il éclaire nos yeux, par la Lumière
véritable de Sa Torah et de Son service, Amen, qu’il en soit
ainsi !
Résumé
Ce chapitre est une mise en garde pressante pour que l’étude
soit tournée vers l’action. Ainsi, le service de D.ieu de
la prière vivifiera la pratique de la Torah et des Mitsvot, d’une
manière concrète.
Définitions
Gan Eden : Lieu du plaisir de l’âme, dans sa contemplation
du Divin. Il comprend une infinité de niveau, et, de ce fait, il
est dit que : “ les Sages ne connaissent pas le repos, ni dans ce
monde, ni dans le monde futur ”, mais, globalement, on en définit
deux, le Gan Eden inférieur et le Gan Eden supérieur. Le
premier, qui se trouve dans le monde d’Assya spirituel, représente
le début de ce plaisir de l’âme. Le second, qui est
dans le monde de Brya, représente le sommet du plaisir que l’âme
peut éprouver en contemplant le Divin, après avoir quitté
le corps.
|
| Index alphabétique des thèmes traités
[Retour au Menu]
- A -
Admour Haémtsahi
* L’Admour Haémtsahi délivra un enseignement spécifique
pour les commerçants, se trouvant dans l’impossibilité
d’allonger leur prière. Chapitre 16
* L’Admour Haémtsahi souligna la nécessité
d’étudier les Lois concrètement applicables, telles
qu’elles sont énoncées dans le Choul’han Arou’h.
Chapitre 17
Agneau
* Il existe trois catégories d’âmes animales, qui
sont comparées aux chèvres, aux taureaux et aux agneaux.
Chapitre 8
Ames
* Les âmes les plus élevées transforment le monde
par l’intermédiaire de la Torah, grâce à une
révélation céleste. Les autres âmes, en revanche,
doivent affronter la matière. Chapitre 3
* Les sentiments de l’âme animale sont exacerbés. L’âme
divine descend ici-bas pour transformer ces sentiments naturels et leur
apporter l’élévation. Chapitre 8
* Il existe trois catégories d’âmes animales, qui sont
comparées aux chèvres, aux taureaux et aux agneaux. Chapitre
8
* Certains ne sont pas émus par l’étude de la ‘Hassidout,
du fait de la grossièreté du mal qu’ils portent naturellement
en leur âme. Chapitre 9
* L’âme divine se trouve en exil auprès de l’âme
animale. Toutefois, elle descend ici-bas dans le but de lui apporter l’élévation.
Chapitres 11 et 14
* Chez chaque homme, le mal prend une forme spécifique, en fonction
de la mission que son âme reçoit ici-bas. Chapitre 13
Amertume
* L’amertume et le bilan moral sont-ils nécessaires chaque
nuit ?
Chapitre 11
* Celui qui est triste peut transformer ce sentiment en amertume.
Chapitre 11
* Celui qui a commis des fautes en concevra de l’amertume en permanence.
Chapitre 11
* Amertume et humilité : un cœur brisé est le réceptacle
de la Lumière de D.ieu.
Chapitre 11
* La joie peut faire suite à l’amertume. Chapitre 11
* L’amertume naturelle et un cœur brisé sont les réceptacles
de la Lumière de D.ieu.
Chapitre 12
Amitié
* Lorsqu’un homme évolue parmi de bons amis, le bien s’incruste
en son âme.
Chapitre 12
* Les jeunes gens peuvent commettre des erreurs en méditant. Ils
doivent donc, au préalable, étudier la ‘Hassidout
avec leurs amis possédant de plus larges connaissances qu’eux.
Chapitre 14
Amour de D.ieu
* L’amour et la crainte de D.ieu émanent de la partie du
cerveau en laquelle réside la force de synthèse intellectuelle,
Daat. Chapitre 4
* L’amour superficiel est mis en éveil en méditant
à la proximité de D.ieu alors que l’amour profond
découle d’une réflexion à la grandeur et au
caractère merveilleux de la Lumière de l’En Sof, béni
soit-Il. Chapitre 5
* L’amour est à l’origine des deux cent quarante-huit
Injonctions, alors que la crainte est la source des trois cent soixante-cinq
Interdits. Chapitres 8 et 13
* L’amour de D.ieu, s’il est sincère, fait disparaître
celui que l’on peut éprouver pour les plaisirs du monde.
Chapitre 8
* L’amour et la crainte de D.ieu sont mis en éveil par le
Chema Israël et la Amida. Ils vivifient la pratique de la Torah et
des Mitsvot. Chapitre 10
* L’amour et la crainte de D.ieu ressentis par l’âme,
là-haut, sont infiniment plus intenses que les sentiments des anges.
Chapitre 11
* L’amour de D.ieu qui est ressenti par un homme est inversement
proportionnel au désir du mal éprouvé par son âme
animale. Chapitre 13
* L’amour et la crainte de D.ieu sont mis en éveil par la
méditation.
Chapitre 13
* L’amour et la crainte de D.ieu préservent en l’homme
la lumière de la Torah et la perception de D.ieu. Chapitre 13
Anges
* L’amour et la crainte de D.ieu ressentis par l’âme,
là-haut, sont des sentiments infiniment plus intenses que les sentiments
des anges. Chapitre 11
Animal
* Les jours de la vie d’un homme sont consacrés à
la transformation de son âme animale.
Chapitre 8
* Un animal ressent la douleur, bien que son cerveau soit dépourvu
de l’attribut de synthèse intellectuelle, Daat, qui est à
l’origine de cette perception. Chapitre 8
Attachement
* L’intellect doit s’attacher à D.ieu. Chapitre 1
* Chacun a la capacité et la force de s’attacher à
l’Essence de D.ieu, à travers sa perception intellectuelle.
Chapitre 6
- B -
Bien et mal
* Parfois, le bien et le mal peuvent coexister en l’homme. Chapitre
12
Bonté et rigueur
* La bonté et la rigueur émanent de la force de synthèse
intellectuelle, Daat.
Chapitre 4
- C -
Chema Israël
* Le Chema Israël est le chant des âmes. C’est en le
récitant qu’il convient de méditer à la grandeur
de D.ieu et à Son Unité. Chapitre 10
* Par Ta grande miséricorde, aie pitié de nous. Chapitre
11
* Le Chema Israël et la Amida Chapitre 12
Chèvre
* Il existe trois catégories d’âmes animales, qui
sont comparées aux chèvres, aux taureaux et aux agneaux.
Chapitre 8
Cœur
* Il existe une différence entre l’émerveillement
intellectuel et l’émotion du cœur, son aspect caché,
sa dimension profonde, ainsi qu’il est dit : “ Mon cœur
a vu une grande sagesse ”.
Chapitre 1
* L’émotion et l’attirance émotionnelle émanent
de l’émerveillement intellectuel. C’est ainsi que la
Lumière de D.ieu se révèle dans le cœur. Chapitre
4
* L’effort du cerveau est plus aisé que celui du cœur.
Chapitre 6
* Le cœur est intuitif. Chapitre 8
* Celui qui a le cœur brisé est naturellement plus enclin
à s’émerveiller grâce à l’étude
de la ‘Hassidout, ainsi qu’il est dit : “ acquérir
la sagesse sans avoir de cœur ”.
Chapitre 9
* Il faut distinguer l’aspect profond du cœur de sa dimension
extérieure, car c’est précisément un cœur
brisé qui est le réceptacle de la Lumière de D.ieu.
Chapitre 11
* Comment définir un cœur brisé ? Chapitre 11
* Un cœur brisé et un cœur soucieux sont en mesure de
recevoir la Lumière de D.ieu et d’assimiler l’enseignement
de la ‘Hassidout. Chapitre 12
Colère
* Au sein des pensées, des paroles et des actions appartenant
au domaine du mal, la colère correspond à l’action.
Chapitre 11
* Parfois, il peut arriver que ceux qui s’efforcent de prier avec
ferveur et de transformer leurs traits de caractère naturels se
mettent en colère. Chapitre 13
Commerçants
* Les commerçants, qui ne peuvent pas allonger leur prière,
n’en sont pas dispensés pour autant de méditer, pendant
celle-ci. Chapitre 16
Connaissance
* Il est possible de comprendre les notions relatives à la Lumière
qui entoure les mondes ou même à des stades encore plus élevés
de la création. Chapitre 1
* On peut avoir, en son esprit, la connaissance la plus claire et la plus
précise d’un concept divin. Chapitre 3
* La perception intellectuelle présente à la fois une dimension
profonde et un aspect extérieur.
Chapitre 4
* Quelle est la signification du verset : “ Tu sauras aujourd’hui
et tu placeras sur ton cœur ” ?
Chapitre 5
* L’étude de la Torah doit être orientée vers
la connaissance des lois d’application quotidienne.
Chapitre 17
* La connaissance de D.ieu suppose que l’on accorde à l’étude
toute l’attention requise. Elle doit nécessairement avoir
une implication sur la ferveur de la prière. Chapitre 18
Couronne
* La Couronne supérieure, bien qu’elle possède une
lumière brillante, est sombre, par rapport à Celui Qui est
à l’origine de toutes les causes. Chapitre 11
Cruauté
* La cruauté est la manifestation d’une absence de sensibilité.
Chapitre 5
- D -
Daat, la force de synthèse intellectuelle
* C’est la force de Daat qui transmet la compréhension du
cerveau au cœur.
Chapitre 4
* Daat motive le cœur, permet de s’attacher au concept que
l’on a compris, de le ressentir.
Chapitre 4
* C’est par l’intermédiaire de Daat que les sentiments
prennent corps.
Chapitre 5
* Daat est une force de l’intellect à part entière.
Chapitre 5
* Daat correspond à l’apparition de la perception du cerveau
au sein du cœur, ainsi qu’il est dit : “ Il parle d’une
manière insensée ”. Chapitre 5
* La transformation est possible essentiellement par la force de Daat.
Chapitre 8
* Celui qui est dépourvu de Daat ne sait pas distinguer le bien
du mal, de sorte qu’il ne ressent rien. Chapitre 8
* Les nerfs, à l’origine des sensations, prennent leur source
dans la partie du cerveau qui correspond à la force de synthèse
intellectuelle, Daat. Chapitre 8
Décision
* Toute résolution ayant une formulation générale,
qui n’est pas définie jusque dans le moindre détail,
ne peut pas être pérenne. Chapitre 13
Désirs
* Le renforcement des désirs de l’âme animale recouvre
et occulte l’âme divine, qui se trouve ainsi placée
en exil et en captivité. Chapitre 11
* Il peut arriver que l’on prie avec ferveur, mais que l’on
soit, néanmoins, incapable de maîtriser ses désirs,
par la suite. Chapitre 13
- E -
Effort
* Un effort véritable, moral et physique, est indispensable pour
le service de D.ieu et la prière fervente. Chapitre 4
* Grâce à l’effort, chacun peut se lier à la
Divinité, en fonction de ce qu’il perçoit en son esprit.
Chapitre 6
* L’effort du cerveau est plus aisé que celui du cœur.
Néanmoins, il est dit que : “ celui qui te dit avoir fait
des efforts et connu le succès, crois-le ”. Chapitre 6
* La prière suppose l’effort moral et l’effort physique.
Chapitre 10
* Un seul effort, pendant la prière, ne suffit pas pour maîtriser
un trait de caractère défavorable. Cet effort doit être
intense, porter sur de nombreuses prières, jusqu’à
obtenir une telle maîtrise.
Chapitre 13
Elévation et révélation
* De façon générale, la matière du monde
doit recevoir l’élévation. Toutefois, la Torah obtient
ce résultat par une révélation céleste. Chapitre
3
* La Lumière de D.ieu se révèle dans le cœur
de l’homme. Chapitre 4
* Seules les âmes les plus hautes obtiennent la révélation
céleste, par l’intermédiaire de la Torah. Toutes les
autres doivent élever la matière ici-bas. Chapitre 9
* On vient en aide à celui qui désire recevoir l’élévation.
Chapitre 16
Emotion
* On distingue l’émotion intellectuelle de l’émotion
du cœur. Chapitre 1
* L’émotion superficielle n’est qu’une vaine
illusion. Chapitre 2
* On distingue l’émotion provoquée par le sentiment
de celle qui résulte de la compréhension.
Chapitre 2
* On distingue l’émotion des sentiments de l’intellect
de celle des sentiments du cœur.
Chapitre 4
* On distingue l’émotion cachée de l’émotion
ressentie à l’évidence. Chapitre 4
* Un intense effort intellectuel pour s’attacher au concept provoque
systématiquement l’émotion du cœur. Chapitres
5 et 6
* L’intensité de l’émotion, qu’il s’agisse
d’amour ou de crainte, dépend du thème de la méditation,
laquelle peut porter sur la proximité ou sur l’éloignement
Chapitre 5
* L’émotion doit être sincère et non contrefaite.
Son intensité dépend de la manière dont on s’attache
à l’Essence de D.ieu que l’on perçoit. Chapitre
6
* L’émotion des sentiments de l’âme divine jugule
les sentiments naturels de l’âme animale.
Chapitre 8
* L’émotion suscitée par une compréhension
superficielle n’est nullement comparable à celle qui porte
sur l’Essence de la Divinité. Chapitre 13
* Les jeunes gens qui ne sont pas encore parvenus à accumuler de
nombreuses connaissances peuvent commettre l’erreur de considérer
comme une émotion ce qui n’est, en réalité,
qu’une illusion.
Chapitre 14
Enfants
* L’enfant n’a pas de Daat et, de ce fait, il ne peut pas
être puni. De même, une compréhension limitée
ne suscite pas l’émotion. Chapitre 4
* L’enfant manque d’émotion. Il ne ressent pas le manque,
l’humilité et la pauvreté. Chapitres 5 et 9
* L’enfant n’a pas de Daat et, de ce fait, il ne ressent pas
la douleur.
Chapitre 9
Ethique
* Il convient de fixer un temps spécifique, chaque jour, pour
étudier les livres d’Ethique, basé sur le Midrash
et les propos du Zohar. Chapitre 17
Exil
* L’exil de la Présence divine, dans les palais de “
l’autre côté ”, correspond à celui de
l’âme divine, au sein de l’âme animale. Chapitre
11
* L’âme divine est exilée auprès de l’âme
animale. Chapitre 11
Explications nouvelles
* Il ne convient pas d’introduire des explications nouvelles pendant
que l’on prie.
Chapitre 3
* Il ne faut pas être de ceux qui s’arrogent le droit d’introduire
leurs propres explications. On doit, bien au contraire, comprendre les
propos de nos maîtres dans toute leur profondeur.
Chapitre 8
Extase
* L’extase est provoquée par la douceur, les délices
et le plaisir que l’âme conçoit de la Divinité.
Chapitre 1
- F -
Fautes de jeunesse
* Il convient de regretter ses fautes de jeunesse du plus profond de
son cœur.
Chapitre 12
Fondations
* L’image des fondations qui sont enfouies dans la terre, mais
n’en soutiennent pas moins la maison, illustre le fondement de la
prière, qui requiert également la discrétion. Chapitre
11
- G -
Généralité
* Ce qui conserve un caractère général ne peut pas
être suivi d’un effet concret. Toute réflexion doit
nécessairement être détaillée. Chapitre 13
- H -
Habitude
* Parfois, le mal que l’homme porte en lui, de manière naturelle,
ne se révèle jamais, du fait des bonnes habitudes qu’il
a acquises. Chapitre 12
Hala’ha
* Il est nécessaire d’étudier la Hala’ha afin
de déterminer le comportement qu’il convient d’adopter.
Chapitre 17
* Il faut étudier la partie Ora’h ‘Haïm du Choul’han
Arou’h de l’Admour Hazaken d’un bout à l’autre.
Chapitre 17
Harmonie
* Les créatures des mondes inférieures, Brya, Yetsira
et Assya, peuvent également réaliser en elles l’harmonie
entre des éléments opposés. Chapitre 1
Hassidout
* De nombreux ‘Hassidim se plaignent de conserver leurs traits
de caractère naturels, bien qu’ils étudient la ‘Hassidout.
Chapitre 3
* Il ne convient pas d’introduire des explications nouvelles de
la ‘Hassidout pendant que l’on prie. Chapitre 3
* Les jeunes gens ne méditent plus et ne s’approfondissent
plus dans la prière, comme le faisaient les anciens. Chapitre 3
* On médite plus aisément à la ‘Hassidout pendant
la prière en s’habituant à en étudier un texte,
pendant une heure ou deux, durant le reste de la journée. Chapitre
6
* De nombreux ‘Hassidim commettent l’erreur de faire porter
leur étude uniquement sur les stades de l’enchaînement
des mondes qui sont plus hauts que Atsilout ou même que le premier
Tsimtsoum, alors qu’ils négligent des notions comme la création
à partir du néant, la Lumière de D.ieu qui pénètre
les mondes ou bien celle qui les entoure. Chapitre 7
* La méditation aux thèmes de la ‘Hassidout fait appel
à la partie profonde de la force d’analyse intellectuelle,
Bina et aux principes intangibles que l’on fixe en son esprit.
Chapitre 7
* Dans la ‘Hassidout, appartenant à la dimension profonde
de la Torah, il n’y a pas lieu de développer des explications
nouvelles. On doit se limiter à s’approfondir sur les explications
de nos maîtres et à les comprendre. Chapitre 7
* Il faut écarter une perception trop matérielle de la ‘Hassidout,
qui renforcerait la sensation de l’ego. Une étude de la ‘Hassidout
qui n’est pas accompagnée d’une prière fervente
est vaine, ce qu’à D.ieu ne plaise. Chapitre 8
* L’étude de la ‘Hassidout et la perception de la Divinité
n’ont pas nécessairement pour effet de transformer et d’affiner
les traits de caractères naturels. Un tel résultat implique
nécessairement une prière fervente. Chapitre 9
* Certains étudient intensément la ‘Hassidout, mais
n’en sont pas moins profondément éloignés de
D.ieu. Chapitre 9
* Il convient d’étudier la ‘Hassidout avant la prière
du matin. Chapitre 11
* Certains ne sont pas des réceptacles pour la lumière de
la ‘Hassidout. Leur service de D.ieu n’a donc qu’un
caractère superficiel. Leur pratique de la Torah et des Mitsvot
est dépourvue de toute vitalité.
Chapitre 12
* Celui qui n’a pas été habitué à la
‘Hassidout depuis son enfance peut, néanmoins, être
un réceptacle pour sa lumière, en accédant à
la Techouva et en ayant un cœur brisé.
Chapitre 12
* Les jeunes gens peuvent commettre des erreurs en méditant. Ils
doivent donc, au préalable, étudier la ‘Hassidout
avec leurs amis possédant de plus larges connaissances qu’eux
et se soumettre à eux.
Chapitre 14
* La ‘Hassidout peut être étudiée profondément
ou bien d’une manière plus superficielle, dans le but de
se familiariser à ses notions. Chapitre 14
* L’étude de la ‘Hassidout avant la prière doit
être un principe intangible.
Chapitre 16
* Il convient de fixer, chaque jour, un temps spécifique pour étudier
les livres d’Ethique, bâtis sur le Midrash et les récits
du Zohar. Chapitre 17
* L’étude de la ‘Hassidout, pour accéder à
la connaissance de D.ieu, suppose un grand approfondissement et doit ensuite
être transposée dans la prière fervente.
Chapitre 18
Homme
* Un homme, par nature, préfère son propre pied à
la tête de son prochain.
Chapitre 3
* Un homme obtient un certain nombre de jours qui lui sont confiés,
ici-bas, en fonction de la transformation qu’il doit réaliser
au sein de ce monde matériel. Chapitre 8
Humilité
* L’enfant manque d’émotion. Il ne ressent pas le
manque, l’humilité et la pauvreté. Chapitres 5 et
9
* L’humilité mensongère est un stratagème du
mauvais penchant.
Chapitre 7
* La prière fervente permet de ressentir la grandeur de D.ieu et
la bassesse du mal.
Chapitre 9
* L’humilité doit précéder la prière.
Chapitre 11
* Amertume et humilité : un cœur brisé est le réceptacle
de la Lumière de D.ieu.
Chapitre 11
- I -
Implantation et traversée
* La lumière de D.ieu traverse le cerveau. Chapitre 5
* On peut entendre une explication de ‘Hassidout et être traversé
par elle, sans que celle-ci s’implante au sein de la personnalité.
Chapitre 6
Intellect et sentiment
* L’émerveillement intellectuel doit être distingué
de l’émotion du cœur. La dimension profonde du cœur
peut être éclairée par l’intermédiaire
du cerveau ou bien sans lui.
Chapitre 1
* C’est la force de Daat qui étend la compréhension
du cerveau et lui permet d’atteindre le cœur.
Chapitre 4
* L’intellect peut être large ou réduit. Il est constitué
de trois forces. L’intensité du sentiment du cœur dépend
de la clarté de la compréhension du cerveau. Chapitre 4
* L’effort du cerveau est plus aisé que celui du cœur.
Chapitre 6
Isolement
* On doit consacrer une heure ou deux à s’isoler et à
méditer profondément aux idées de la ‘Hassidout.
Chapitre 6
* Celui qui établit un bilan moral doit s’isoler et se cacher.
Chapitre 11
* Le bilan moral implique une relation directe entre l’homme et
son Créateur.
Chapitre 12
- J -
Jeunes
* Les jeunes ne méditent pas, durant la prière, comme le
faisaient les premiers ‘Hassidim.
Chapitre 3
* Les jeunes dont les connaissances de la ‘Hassidout sont limitées
peuvent commettre des erreurs, s’ils méditent trop longtemps
pendant la prière. Ils doivent se soumettre à ceux qui sont
plus grands qu’eux. Chapitre 13
Joie
* On peut emplir son cœur de joie en contemplant la gloire de D.ieu
et Sa grandeur.
Chapitre 2
* La joie est partie intégrante de la prière fervente. Chapitre11
Jour et nuit
* Le jour correspond à la lumière, à la joie et
la nuit à la rigueur.
Chapitre 11
* Quelle fréquence doit avoir l’amertume que l’on éprouve
pendant la nuit et le bilan moral que l’on y établit ? Chapitre
11
* La nuit, après la prière d’Arvit, est un moment
propice pour l’étude des livres d’Ethique.
Chapitre 17
- L -
Libre-arbitre
* La force de différenciation, permettant de faire le choix du
bien et d’éprouver du dégoût pour le mal, émane
de la partie du cerveau correspondant à Daat, la synthèse
intellectuelle.
Chapitre 9
Lumière
* Il est possible de comprendre la Lumière qui entoure les mondes
et même les stades qui la dépassent. Chapitre 1
* De nombreux ‘Hassidim commettent l’erreur de penser que
leur étude doit porter sur les stades les plus élevés
de la création, alors qu’ils négligent la Lumière
qui entoure les mondes et celle qui les pénètre. Chapitre
7
* La lumière qui entoure les mondes se révèle sans
avoir recours à un réceptacle.
Chapitre 11
* La lumière évoque la joie. Chapitre 11
* La “ Lumière antérieure ”, la “ Lumière
pure ” et la “ Lumière fine ” sont “ les
trois têtes premières ” de la création. Chapitre
11
Luminaire
* L’essence du luminaire se révèle, en tout endroit,
d’une manière identique.
Chapitre 12
- M -
Maîtres de la ‘Hassidout
* Les paroles des maîtres de la ‘Hassidout sont vivantes
et immuables. Elles renferment une grande lumière. Eux-mêmes
firent don de leur propre personne pour illuminer les âmes juives.
Chapitre 1
* On médite en s’approfondissant sur les propos des maîtres
de la ‘Hassidout, en les comprenant et non en avançant ses
propres explications. Au prix d’un intense effort, il est possible
de percevoir la dimension profonde de leur enseignement. Chapitre 8
* La prière fervente doit être basée sur les justes
enseignements que nous ont légués nos maîtres.
Chapitre 18
Mal
* Une humilité mensongère est un stratagème du penchant
vers le mal.
Chapitre 6
* L’âme descend dans ce monde afin d’y repousser le
mal. Chapitre 8
* Parfois, le mal que l’homme porte naturellement en lui ne se révèle
jamais, du fait de ses bonnes habitudes. Chapitre 12
* Chez chaque homme, le mal prend une forme spécifique, en fonction
de la mission que son âme reçoit ici-bas. Chapitre 13
Méditation
* L’homme met en évidence toute sa grandeur quand il médite.
Chapitre 1
* Cette méditation porte sur la Lumière divine qui pénètre
les mondes, sur celle qui les entoure. Elle a sa place lorsque l’on
récite les versets : “ Ecoute Israël, l’Eternel
est notre D.ieu, l’Eternel est Un ” et : “ Béni
soit le Nom de l’honneur de Sa Royauté à jamais ”.
Chapitre 1
* C’est la méditation qui met en éveil les sentiments,
car elle permet de contempler l’Honneur du Roi, d’attacher
son intellect au Divin. Chapitres 1 et 14
* La méditation doit être précise. C’est uniquement
à cette condition qu’elle donne naissance à l’émotion.
Chapitre 2
* La méditation doit être prolongée et profonde, car,
si elle conserve une formulation générale, elle n’est
en aucune façon un acte du service de D.ieu. Chapitre 2
* Il faut consentir à un effort intellectuel intense, s’approfondir
et s’attacher au concept sur lequel on médite. C’est
de cette façon que l’on met ce concept en évidence.
Chapitre 4
* Si l’on s’attache profondément à l’idée,
par son intellect, on éprouvera nécessairement un sentiment,
en son cœur. Chapitres 4 et 5
* L’intensité de l’amour et de la crainte dépend
du thème de la méditation, laquelle peut être liée
à la proximité ou à l’éloignement. Chapitre
5
* Il est plusieurs formes de méditation profonde, celle qui est
basée sur ce que l’on comprend du concept et celle qui s’attache
à la Divinité exprimée par ce concept. Chapitre 6
* Chacun a la capacité et le pouvoir de s’attacher à
l’Essence de D.ieu, en fonction de la compréhension de son
intellect. Chapitre 6
* Chacun peut aisément méditer pendant la prière
en s’approfondissant sur les idées de la ‘Hassidout
également pendant le reste de la journée. Chapitre 6
* Parfois, la méditation ne permet pas de comprendre le concept
et elle aboutit uniquement à une illusion. Chapitre 7
* La connaissance résultant de la méditation à la
‘Hassidout implique la dimension profonde la force d’analyse
intellectuelle, Bina et l’intuition de l’esprit. Chapitre
7
* De façon générale, la méditation doit être
précise et profonde. Néanmoins, certains parviennent à
se contenter d’une méditation n’ayant qu’une
portée générale. Chapitre 11
* Nul ne peut méditer pendant la prière s’il ne s’est
pas défait, au préalable, des pensées, des paroles
et des actions liées à “ l’autre côté
”. Chapitre 11
* L’émotion et l’attachement émanant d’une
perception superficielle ne portent pas sur l’Essence de la Divinité.
Chapitre 13
* Les jeunes gens, qui n’ont pas de profondes connaissances, peuvent
se tromper, s’ils méditent longuement. Ils se fourvoieront
alors en de vaines illusions. Chapitre 14
* Une prière fervente, précédée d’une
longue méditation, est une nécessité absolue.
Chapitre 14
Midrash
* Il convient de fixer un temps spécifique, chaque jour, pour
étudier les livres d’Ethique, basés sur le Midrash
et les propos du Zohar. Chapitre 17
Minuit
* Le milieu de la nuit est un temps propice pour l’amertume et
pour l’établissement d’un bilan moral.
Chapitre 11
* Le milieu de la nuit est le fondement du service de D.ieu de toute la
journée. Il convient alors de s’isoler. Chapitre 11
Mortification
* C’est en brisant l’emprise de son corps et en se mortifiant
que l’on reçoit la lumière de son âme. Chapitre
12
- N -
Nerfs
* Les nerfs, à l’origine des sensations, sont liés
au cerveau.
Chapitre 5
* Les nerfs, à l’origine des sensations, prennent leur source
dans la partie du cerveau qui correspond à la force de synthèse
intellectuelle, Daat. Chapitre 8
- O -
Orgueil
* L’étude de la Torah de celui qui ne prie pas avec ferveur
est entachée d’orgueil.
Chapitre 9
* L’orgueil est à l’origine de toutes les formes d’impureté
et il provoque la chute de l’homme qui en est atteint. Chapitre
9
* Certains ne sont pas des réceptacles pour une compréhension
profonde de la ‘Hassidout. En effet, leur manque de sensibilité
les rend orgueilleux. Chapitre 12
- P -
Paraboles
* Un homme préfère son propre pied à la tête
de son prochain. De ce fait, celui qui s’efforce de prier avec ferveur
s’emploie à découvrir des explications personnelles.
Chapitre 3
* Celui qui va se coucher oublie tous ses tracas. Combien plus doit-il
le faire avant de prier !
Chapitre 11
* Le palais royal doit être propre et, de même, chacun doit
nettoyer son sanctuaire personnel avant de prier. Chapitre 11
* Tout comme les fondations d’une maison sont cachées dans
la terre, le fondement du service de D.ieu doit également être
discret. Chapitre 11
Pensée, parole, action
* Il convient de se préserver, au plus haut point, des moqueries,
de la médisance et de ce qui s’apparente à des paroles
interdites. Chapitre 9
* Il faut s’abstenir de parler des plaisirs physiques ou bien de
se moquer.
Chapitre 11
* Avant de prier, on doit faire disparaître de sa pensée
toutes les préoccupations du monde.
Chapitre 11
* Il existe des pensées, des paroles et des actions inhérentes
aux forces du mal. Il incombe à l’homme d’établir
un bilan moral, les concernant, car celles-ci placent son âme en
exil.
Chapitre 11
* Il est nécessaire d’établir un bilan de toutes les
pensées, de toutes les paroles et de toutes les actions. Chapitre
12
Pitié
* La pitié est liée à la force de Daat. Chapitre
5
* La prière est le moment de susciter la pitié pour l’âme,
exilée dans le corps. Celle-ci n’est jamais invoquée
en vain. Chapitre 11
* Avant de prier, il convient d’éprouver de la pitié
pour son âme.
Chapitre 16
Prière
* Comment prier et servir D.ieu par son cœur ? Chapitre 1
* Il convient de méditer et de s’émerveiller. Chapitre
2
* Certains se plaignent en constatant que leur prière reste sans
effet sur leur personnalité. Ceux qui découvrent des explications
nouvelles pendant la prière commettent une erreur. La prière
conservant un caractère trop général n’est
pas un acte du service de D.ieu. Chapitre 3
* Pour faciliter la méditation pendant la prière, on doit
s’habituer à consulter la ‘Hassidout, y compris pendant
le reste de la journée. Chapitre 6
* Une étude de la ‘Hassidout qui n’est pas suivie par
la prière fervente est vide, ce qu’à D.ieu ne plaise.
Chapitre 7
* Ceux qui étudient abondamment la ‘Hassidout, mais ne prient
que sommairement commettent une erreur. La prière vivifie la pratique
de la Torah et des Mitsvot. Chapitre 8
* La prière fervente permet de graver en son cœur et en son
cerveau la perception du Divin. L’âme divine descend ici-bas
dans le but de transformer l’âme animale et la prière
lui permet d’y parvenir. Au cours de celle-ci, on peut mettre en
éveil un sentiment de la sainteté et maîtriser ainsi
le sentiment correspondant des forces du mal. Chapitre 8
* Grâce à la prière, dite avec une profonde concentration,
on ressent la Lumière de D.ieu en son cerveau, de même que
Sa grandeur et la bassesse du mal. De ce fait, la prière est un
moment propice, là-haut et ici-bas. On peut alors intégrer
la Lumière. Chapitre 9
* L’étude de la ‘Hassidout, avec un effort physique
et moral pendant la prière, une méditation à la grandeur
de D.ieu et à Son Unité, suscitent l’amour de D.ieu,
vivifiant la pratique de la Torah et des Mitsvot. Chapitre 10
* Il faut préparer l’ouverture du cerveau et du cœur,
pendant la prière, cesser de penser aux préoccupations du
monde avant celle-ci, connaître la Hala’ha, se tenir toujours
au même endroit, méditer, au préalable, pendant au
moins une demi-heure, puis prier avec humilité et soumission.
Chapitre 11
* Avant la prière, on doit établir le bilan de ses pensées,
de ses paroles et de ses actions.
Chapitre 11
* L’étude de la ‘Hassidout avant la prière apporte
la joie, permet d’invoquer la miséricorde de D.ieu pour son
âme. On se dira alors que l’on s’adresse à l’Essence
de D.ieu, qu’on Lui parle à la seconde personne et l’on
méditera à Sa grandeur. Chapitre 11
* Le sommet de la prière est la soumission. Néanmoins, certains
ne sont pas un réceptacle pour la lumière de la ‘Hassidout.
Ils ne parviennent pas à prier D.ieu avec ferveur et ils Le servent
uniquement d’une manière superficielle. Chapitre 12
* Certains, bien qu’ils prient avec ferveur, ne sont pas parvenus
à rectifier certains de leurs défauts. Chapitre 12
* Celui qui désire servir D.ieu doit avoir une parfaite connaissance
du mal qu’il porte en lui et de ce qu’il lui faut rectifier.
Le désir du Divin doit engendrer une aversion pour le mal, qui
lui soit proportionnelle. Une prière fervente ne suffit pas pour
se départir d’un défaut. Un effort dans le temps est
nécessaire pour obtenir un tel résultat. Chapitre 13
* On doit toujours prier au même endroit, avec un Sidour, très
lentement, avec ferveur, en comprenant le sens des mots que l’on
récite, à voix basse, avec une bonne diction, en prononçant
distinctement les mots, avec une longue méditation. C’est
ainsi que l’on transforme ses traits de caractères naturels,
ce qui est la mission incombant à l’âme ici-bas. Chapitre
14
* Les commerçants ne peuvent pas prier trop longtemps. Néanmoins,
ils ne doivent pas penser à leurs affaires, avant la prière,
ni en parler. L’étude précédant la prière
leur est indispensable. Et, chaque instant supplémentaire consacré
à la prière leur est d’une grande utilité.
La trace en est ensuite conservée tout au long du jour et elle
vivifie la pratique de la Torah et des Mitsvot. Chapitre 16
* La prière fervente est vitale pour chacun. Elle illumine et vivifie
la pratique de la Torah et des Mitsvot. Chapitre 18
Profondeur et superficialité
* Une manière de servir D.ieu qui reste générale
et n’a qu’un caractère global, ne participe pas réellement
à ce service. Chapitre 2
* La perception intellectuelle et l’émotion du cœur
ont à la fois un aspect profond et un caractère superficiel.
Chapitre 4
* L’aspect révélé du cœur présente
lui-même un aspect profond et un caractère superficiel.
Chapitre 6
* Certaines personnes, dans leur service de D.ieu, ne sont pas un réceptacle
pour la lumière de la ‘Hassidout et doivent donc s’en
tenir à l’aspect superficiel. Chapitre 12
* Parfois, un homme apprécie une explication de ‘Hassidout
et s’en émeut, mais tout cela reste superficiel, n’est
pas durable. Chapitre 12
- R -
Récits de nos Sages
* Il convient de fixer, chaque jour, un moment spécifique pour
l’étude des ouvrages d’Ethique, basés sur les
récits et les propos du Zohar. Chapitre 18
- S -
Sanctuaire
Il est dit, à propos du Sanctuaire, “ Je résiderai
parmi eux ”, ce qui veut dire au sein de la personnalité
de chacun. Chapitre 11
Sensibilité
* La sensibilité émane de la partie du cerveau qui correspond
à la force de Daat.
Chapitre 5
* La pitié est à la mesure de la sensibilité et l’absence
de sensibilité conduit à la cruauté.
Chapitre 5
* Les nerfs, à l’origine des sensations, sont liés
au cerveau.
Chapitre 5
* La sensibilité du cœur lui permet de ressentir un concept
divin.
Chapitre 5
* Les nerfs, à l’origine des sensations, ont leur source
dans la partie du cerveau qui correspond à la force de synthèse
intellectuelle, Daat. Chapitre 8
Soumission
* On parvient à la soumission en réservant son plaisir
au service de D.ieu.
Chapitre 1
* Toutes les créatures sont soumises en leur source. Chapitre 10
* La soumission est identique pour tous. C’est grâce à
elle que l’on peut mettre en pratique les Mitsvot et transformer
ses traits de caractère naturels. Chapitre 15
- T -
Talith
* Il convient de méditer à la ‘Hassidout, le matin,
après avoir mis son Talith et ses Tefillin.
Chapitre 11
Taureau
* Il existe trois catégories d’âmes animales, qui
sont comparées aux chèvres, aux taureaux et aux agneaux.
Chapitre 8
Techouva
* L’amertume et le bilan moral portant sur toutes les pensées,
paroles et actions sont-ils nécessaires chaque nuit ou bien uniquement
en des moments par nature propices pour cela ? Chapitre 11
* On s’isole pour établir le bilan moral nécessaire
à la Techouva. On ne le fait pas en présence d’autres
personnes. Chapitre 11
* La Techouva et la suppression de la nature grossière de la personnalité
permettent à l’homme d’être un réceptacle
pour la lumière de la ‘Hassidout. A cet effet, un long moment
doit donc être réservé au bilan moral, entre l’homme
et son Créateur. Chapitre 12
* On accède à la Techouva en se soumettant au joug de la
Royauté céleste. En effet, on doit toujours conserver devant
ses yeux le mal que l’on a fait. Chapitre 15
Tefillin
* Il convient de méditer à la ‘Hassidout, le matin,
après avoir mis son Talith et ses Tefillin.
Chapitre 11
Torah et prière
* De façon générale, on transforme ses traits de
caractère au moyen d’un effort, qui est consenti ici-bas.
Néanmoins, la Torah peut réaliser cette transformation par
l’intermédiaire d’une révélation céleste.
L’étude de la Torah qui n’est pas complétée
par la prière fervente ne permet pas de transformer les sentiments
naturels. Chapitre 3
* Une étude de la ‘Hassidout qui n’est pas suivie par
la prière fervente est vide, ce qu’à D.ieu ne plaise.
Chapitre 7
* Seule la prière peut transformer le caractère. En effet,
la révélation céleste est réservée
aux âmes les plus hautes. Chapitre 8
* L’étude qui n’introduit pas la prière est
orgueilleuse, grossière et elle se transforme en poison mortel,
pour celui qui la pratique. Chapitre 9
* Celui qui étudie abondamment la Torah, mais ne raffine pas ses
pensées, ses paroles et ses actions place les connaissances qu’il
a acquises en exil et en captivité au sein de sa personne. Chapitre
11
Tracas
* Avant de prier, il est indispensable d’oublier ses tracas et
de ne plus penser aux préoccupations du monde. Chapitre 11
Traits de caractère
* De façon générale, on transforme ses traits de
caractère au moyen d’un effort, qui est consenti ici-bas.
Néanmoins, la Torah peut réaliser cette transformation par
l’intermédiaire d’une révélation céleste.
Chapitre 3
* L’âme descend ici-bas dans le but de transformer ses traits
de caractère naturels.
Chapitre 8
* Pendant la prière, il faut mettre en éveil un trait de
caractère appartenant au domaine de la sainteté, afin de
juguler celui qui lui correspond dans les forces du mal. Chez chaque homme,
ce trait de caractère sera différent, en fonction de sa
personnalité. Chapitre 8
* L’émotion qui s’empare des traits de caractère
de l’âme divine recourbe les traits de caractère naturels
de l’âme animale. Chapitre 8
* Des traits de caractère comme la cruauté ou la pitié
se développent en fonction de l’attachement au concept, émanant
de la force de synthèse intellectuelle, Daat, plus que de la compréhension
proprement dite. Chapitre 8
* Les traits de caractère naturels sont transformés essentiellement
au cours de la prière.
Chapitre 9
* Parfois, un homme peut posséder naturellement le mal sous une
forme particulièrement grossière, sans que celui-ci se révèle,
tout au long de sa vie, grâce aux bonnes habitudes qu’il a
acquises. Chapitre 12
* Certains peuvent prier avec ferveur mais, pour autant, ne pas être
parvenus à rectifier leurs traits de caractère négatifs.
Chapitre 12
* Il est un grand principe du service de D.ieu selon lequel on doit avoir
une connaissance parfaite de ses traits de caractères négatifs
et de ce qu’il convient de modifier. Ces éléments
sont spécifiques à chacun et ils dépendent de la
mission de transformation du monde qui est confiée à chaque
âme en particulier. Chapitre 13
* Seule la prière peut changer les traits de caractère naturels,
ce qui est la finalité de l’homme, ici-bas. Car, il incombe
à chacun de déraciner chaque mauvais sentiment et d’en
implanter un bon, pour le remplacer. Chapitre 15
* Le but de l’étude de la Torah est d’accéder
à la connaissance de D.ieu afin de transformer ses traits de caractères
naturels. Chapitre 18
Transformation
* L’étude de la Torah permet de transformer ses sentiments
par l’intermédiaire d’une révélation
céleste. Néanmoins, cette transformation doit, en général,
intégrer un effort, qui est accompli ici-bas.
Chapitre 2
* Un homme reçoit un certain nombre de jours, qu’il doit
vivre ici-bas, en fonction de la transformation qu’il est chargé
de réaliser dans ce monde. Chapitre 8
* La transformation est possible essentiellement par la force de synthèse
intellectuelle, Daat.
Chapitre 8
* Les aspects du mal constituant l’âme naturelle sont différents
chez chacun, en fonction de la transformation qu’un homme doit accomplir
dans le monde. Chapitre 8
* La finalité de la descente de l’âme est la transformation
et l’élévation de l’âme animale.
Chapitre 8
Tsédaka
* La Tsédaka doit être donnée avec l’intention
de susciter le plaisir du Créateur.
Chapitre 16
- U -
Unité de D.ieu
* Le moment propice pour méditer à l’Unité
de D.ieu est celui de la lecture du Chema Israël.
Chapitre 10
- V -
Vœu
* Quelle valeur a le vœu d’un enfant ? Chapitre 5
- Z -
Zohar
* Il convient de fixer, chaque jour, un temps spécifique pour
étudier les livres d’Ethique, bâtis sur le Midrash
et les propos du Zohar. Chapitre 17
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* Assya : Le plus bas des quatre mondes, celui de l’action,
qui comprend deux parties, Assya Gachmit, le monde de l’action matérielle,
dans lequel nous vivons, qui est le théâtre de notre perception
et qui est gouverné par les lois de la nature, Assya Rou’hanit,
le monde de l’action spirituelle, celui des idées et de la
connaissance. Le mal est majoritaire dans le second, prépondérant
dans le premier.
* Atsilout : Le monde de l’Emanation, le plus haut
des mondes créés, dont le nom est de la même étymologie
que Etsel, “ proche ”. Le mal en est absent, la Lumière
divine s’y révèle sans restriction et l’Unité
y est parfaite. Il correspond au Youd du Nom divin Avaya. A ce stade,
l’existence matérielle n’a encore aucun sens.
* Bina : Seconde des dix Sefirot, Bina introduit l’analyse
logique et la compréhension intellectuelle, détaillant l’apport
de ‘Ho’hma. Elle introduit l’éclair de l’intuition
dans le détail de l’analyse raisonnée. Par opposition
à ‘Ho’hma, qui évoque la vision, Bina est comparée
à l’audition, au cours de laquelle chaque détail est
rapporté séparément, la vue d’ensemble n’apparaissant
qu’après avoir écouté tout le développement.
A la différence de ‘Ho’hma, Bina est en mesure de susciter
l’émotion. C’est en ce sens qu’elle est appelée
Em Ha Banim, “ mère des enfants ”. Ainsi, Bina est
la “ mère ”, recevant du “ père ”,
‘Ho’hma et donnant naissance aux “ enfants ”,
les Sefirot de l’émotion. La compréhension véritable
suppose le passage à la fois par ‘Ho’hma et Bina qui,
de ce fait, sont appelés Treïn Reïn Dela Mitparchin,
“ deux amis qui ne se séparent pas ”. Toutefois, ‘Ho’hma
n’est qu’un point de compréhension, alors que Bina
introduit une profonde analyse. Le Zohar parle, à ce propos, d’un
“ point dans un Sanctuaire ”, Nekouda Be Hé’hala.
* Brya : Le second des quatre mondes, du haut vers le
bas, celui de la création, de l’analyse intellectuelle, conduisant
à la compréhension profonde du concept. Le mal y est minoritaire.
L’existence matérielle y prend forme sans être encore
concrète. C’est le monde du Trône céleste qui
apparut dans la vision du prophète Yé’hezkel, celui
des anges qui se consument d’amour pour D.ieu et désirent
faire corps avec Son Essence.
* Chouv : Ce terme désigne le retour au stade
de départ, faisant suite à l’ascension du Ratso. Il
se produit grâce à la prise de conscience de la possibilité
de mettre en pratique la Volonté de D.ieu uniquement en cet endroit.
* Daat : Troisième des dix Sefirot, elle réalise
la synthèse entre ‘Ho’hma, le père et Bina,
la mère, entre l’intellect et le sujet en concrétisant
la prise de conscience et en lui permettant d’aboutir à une
conclusion concrète. C’est en ce sens qu’elle est Ben,
le fils. Elle provoque l’émerveillement, l’attachement,
l’union de l’esprit et du cœur avec le concept analysé.
* Daat Elyon : La Perception supérieure, selon
laquelle D.ieu Seul possède l’existence véritable
et “ il n’est rien d’autre ”. Une telle prise
de conscience permet la soumission à D.ieu supprimant toute manifestation
de l’ego.
* Daat Ta’hton : La perception inférieure,
selon laquelle D.ieu ne peut être appréhendé par les
créatures, car celles-ci ont une trop forte conscience de leur
propre existence. Elles comprennent, néanmoins, la nécessité
de se soumettre à Lui, sans pour autant être capables de
faire abstraction de leur propre ego. Une telle prise de conscience permet
la soumission à D.ieu qui n’ôte pas le sentiment de
sa propre existence.
* En Sof : “ Ce qui n’a pas de fin ”.
Cette expression désigne l’Essence de D.ieu, illimitée
et infinie, telle qu’Elle est avant la contraction de la Lumière
qui est à l’origine du processus créatif. L’En
Sof transcende toute perception, représente “ la plénitude
la plus haute qui puisse être, sans aucune imperfection ”.
La révélation de l’En Sof à Lui-même,
avant que la création ne prenne un sens, s’appelle Or En
Sof, la Lumière de l’En Sof. Il est difficile de comprendre
ce que peut signifier une révélation lorsque nul ne peut
la recevoir. L’Admour Hazaken énonce, à ce propos,
l’image d’un homme qui se parlerait à lui-même,
alors que rien ne l’empêche d’avoir recours uniquement
à la pensée, dans la mesure où une parole ne s’impose
qu’en présence d’un interlocuteur.
* Gan Eden : Lieu du plaisir de l’âme, dans
sa contemplation du Divin. Il comprend une infinité de niveau,
et, de ce fait, il est dit que : “ les Sages ne connaissent pas
le repos, ni dans ce monde, ni dans le monde futur ”, mais, globalement,
on en définit deux, le Gan Eden inférieur et le Gan Eden
supérieur. Le premier, qui se trouve dans le monde d’Assya
spirituel, représente le début de ce plaisir de l’âme.
Le second, qui est dans le monde de Brya, représente le sommet
du plaisir que l’âme peut éprouver en contemplant le
Divin, après avoir quitté le corps.
* Guéhénom : Lieu issu de l’Attribut
de Yessod tel qu’il se trouve inclus dans la Sefira de Mal’hout
des forces du mal, où l’âme, après s’être
départie du corps, est livrée aux anges du mal qu’elle
a créés par ses fautes. Après avoir été
lavée des traces du mal dont elle a été entachée
par la transgression, elle pourra avoir accès aux mondes de la
Sainteté. Il est précisé, en outre, que le Guéhénom
est créé par la transpiration des anges.
* ‘Ho’hma : L’Attribut de la Sagesse
est la première action créative de D.ieu. De ce fait, il
est également appelé Abba, le père, ou Réchit,
le début, parce qu’il est à l’origine du processus
de la compréhension. Il correspond au savoir intuitif et instantané,
à la vision première transcendant la compréhension
profonde, à l’émergence de l’intellect, au savoir
potentiel dont on ne mesure pas encore toutes les implications. Il s’agit
d’un éclair d’inspiration qui, en l’état,
n’est pas encore assimilable par l’esprit, de l’apparition
d’un concept avant que ne soient trouvés les mots qui permettront
de le formaliser. ‘Ho’hma est comparé à la vision
qui, d’un seul clin d’œil, permet d’épouser
le panorama, sans toutefois apporter les moyens d’analyser les détails
qui le constituent. Au stade de ‘Ho’hma, la conscience du
moi se perd devant l’émerveillement suscité par le
concept nouveau. C’est pour cela que ‘Ho’hma est l’anagramme
de Koa’h Ma, “ la force du quoi ”. En effet, celui qui
s’émerveille, incapable de préciser sa question, s’écrira
: “ Quoi ? ”.
* Kéter : Tantôt défini comme un
stade indépendant, qu’il est impossible de définir,
tantôt présentée comme la première Sefira,
enclenchant le processus du dévoilement, Kéter est la couronne
surplombant la tête, l’Emanation première. Elle est
l’intermédiaire entre l’En Sof et les Sefirot. Elle
constitue, à proprement parler, la charnière de la création,
réunissant en elle le stade le plus inférieur de l’Essence
et la phase la plus haute de l’émanation.
* Mal’hout : Dixième et dernière
Sefira, Mal’hout introduit la Royauté, la Présence
divine, l’autorité et également le passage de la Lumière
céleste vers un monde inférieur. Elle est ainsi la source
du processus créateur au sein de l’univers fini. Le Zohar
souligne qu’elle “ ne possède rien par elle-même
”, car son rôle est, avant tout, de transmettre. Malgré
cela, elle a un rôle primordial, puisque d’elle dépendent
la création effective et la révélation de la Lumière
de l’En Sof. De ce fait, elle est également appelée
Che’hina, “ Résidence divine ”, car elle permet
que l’Essence de D.ieu réside ici-bas. Dans l’âme
de l’homme, elle est à l’origine du passage à
l’action. La grandeur de Mal’hout se marque, tout particulièrement,
pendant le Chabbat, apportant la perfection à la semaine qui le
précède.
* Memalé : “ La lumière divine qui
pénètre les mondes ”. Cette Lumière s’introduit
en chaque stade de la création et se contracte pour être
accessible à la créature en laquelle elle se révèle.
Elle est à l’origine de l’immanence de D.ieu.
* Ratso : Se dit de l’élévation d’une
âme ou d’un niveau spirituel au-dessus du stade qui est le
sien, afin de se fondre en une forme plus élevée de la spiritualité.
* Sovev : “ La Lumière divine qui entoure
les mondes ”. Elle entoure chaque stade de la création, influence
chaque créature sans lui être accessible. Elle est à
l’origine de la transcendance de D.ieu.
* Tiféret : Sixième des dix Sefirot, également
appelée Ra’hamim, la miséricorde, elle combine les
exigences opposées de ‘Hessed, la bonté et de Guevoura,
la sévérité. Réalisation de la synthèse
entre l’attraction et le rejet, elle dévoile l’harmonie
et la beauté, mais aussi la pitié. Elle est l’Attribut
dominant du mardi.
* Tikoun : Réparation. C’est l’organisation
des Sefirot entre elles qui permet de réparer la chute de la spiritualité
au sein de la matière, qui est à l’origine de la création.
Ce terme désigne également l’action de l’homme
qui libère la parcelle de Divinité enfouie dans l’objet
matériel, afin d’en réaliser l’élévation.
La Torah est le guide de ce Tikoun. Ainsi, peut être réparée
la cassure qui se produisit dans le système de Tohou.
* Tohou : Désolation. C’est le système
qui précéda celui de la réparation, Tikoun, bien
que cette antériorité ne soit pas à interpréter
au sens chronologique. Dans Tohou, les Lumières divines ont une
intensité démesurée par rapport aux capacités
de contenir que possèdent les réceptacles des Sefirot. En
conséquence, ceux-ci se brisèrent en deux cent quatre-vingt-huit
parcelles de Divinité qui furent introduites dans la matière
du monde. La finalité du Tikoun est de les libérer, afin
qu’elles puissent réintégrer leur source première.
* Tsimtsoum : “ Contraction, occultation ”.
C’est le processus par lequel D.ieu fit abstraction de Son Essence
infinie, “ Se retira de Lui-même en Lui-même ”
et comprima Sa Lumière pour faire la place à l’enchaînement
des mondes. Le flux de Son Essence fut ainsi occulté, de sorte
que les mondes n’en reçoivent qu’une infime partie.
Ainsi, les créatures peuvent obtenir la vie et connaître
la perfection, à partir du néant. Le Tsimtsoum modifie la
perception des créatures, mais en aucune façon la Divinité
Elle-même. Si D.ieu n’avait pas eu recours à ce processus,
les mondes n’auraient pu supporter Sa Lumière, trop intense
pour qu’ils puissent la supporter. C’est donc précisément
le voile qui est à l’origine de la révélation.
De ce fait, le Tsimtsoum est appelé “ contraction pour éclairer
”, car il n’est qu’une apparence. L’Essence de
D.ieu n’en est nullement affectée, ainsi qu’il est
dit : “ Moi, l’Eternel, Je n’ai pas changé ”.
* Yessod : Neuvième des dix Sefirot, elle permet
à la lumière émanant des niveaux plus élevés
de descendre vers un stade inférieur. Son rôle essentiel
est celui de la transmission. Elle est dominante le vendredi.
* Yetsira : Le troisième des quatre mondes, du
haut vers le bas, celui de la formation, essentiellement des sentiments,
qui y sont dominants. Le bien et le mal y sont à part égale.
Le monde matériel commence à y prendre forme. Là
résident les anges qui sont les émissaires divins, chacun
faisant totalement corps avec la mission qu’il a reçue.
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