'Hanouccah, la fête des lumières

L'histoire de Hanouccah

II y a plus de 2100 ans, Alexandre le grand conquiert le monde. A sa mort, son immense empire est partagé entre ses généraux. C'est aux Séleucides que revient, entre autres, la Syrie et donc la terre d'Israël qui y est rattachée. C'est alors qu'Antiochus IV monte sur le trône. Il a une volonté : effacer toutes les cultures et faire que la vision grecque du monde s'impose à tous. Mais le peuple juif résiste à ces tentatives ; il veut rester fidèle à l'héritage de ses ancêtres. Antiochus décide donc de recourir à la force. Il interdit la pratique du judaïsme, impose le culte idolâtre. Ceux qui refusent de plier sont tués sans pitié.

Matityahou, le Grand-Prêtre, donne le signal de la révolte. Rassemblant autour de lui ses fils et les Juifs fidèles, il entreprend de combattre les puissantes armées grecques. Cette famille, les Asmonéens, avec à sa tête Yéhouda, le fils de Matityahou, prend pour nom « Maccabi », acronyme en hébreu du verset « Qui est comme Toi, D.ieu ! ». Bien que très largement inférieure en nombre et en armement, la petite armée juive entame ce que l'on appellerait en notre temps une guérilla. Elle vole de victoire en victoire, devient une véritable menace pour l'envahisseur.

Las de voir ses troupes défaites, Antiochus envoie au combat son meilleur général avec une armée, sans pareille pour l'époque, de 47000 soldats, renforcée par un corps d'éléphants. Les Asmonéens n'ont que 6000 hommes ; ils comprennent que seul un miracle peut les sauver.

Descendant des collines où ils se cachent, ils passent alors à l'offensive au cri de « Qui est comme Toi... ». Saisis de terreur, les Grecs s'enfuient. Les Juifs les poursuivent et parviennent à libérer tout Israël. Enfin, Jérusalem est délivré et, le 25 du mois de Kislev, le Temple est ré-inauguré. Il reste à rallumer le Chandelier à sept branches du Temple, la Ménorah. Mais, pour cela, il faut une huile pure. Or, avant de fuir, les Grecs ont souillé toute l'huile du Temple. Les Asmonéens finissent pourtant par trouver une petite fiole d'huile pure, juste suffisante pour alimenter la Ménorah pendant une seule journée. Il faut huit jours pour fabriquer une nouvelle huile. Malgré tout, les Asmonéens rallument le chandelier et l'huile brûle pendant huit jours.

En souvenir de ce miracle, chaque soir de 'Hanouccah, pendant huit jours, les Juifs allument les lumières de la fête à la nuit tombée.

ET EN NOTRE TEMPS?

Il faut noter que la célébration de 'Hanouccah n'est pas celle de la victoire militaire, pourtant miraculeuse, mais celle de la lumière. Et c'est là une idée essentielle. Aujourd'hui, il semble parfois que l'obscurité monte et sa puissance peut en effrayer beaucoup. Elle se nomme : violence, intolérance, oppression, rejet de l'autre. La fête de 'Hanouccah délivre à chacun un message essentiel : toute l'obscurité du monde ne peut venir à bout de la plus petite lumière !

Pourtant, au début de la fête, elle paraît si fragile : une seule flamme danse au sommet du Chandelier. Mais, chaque jour, nous en allumons une supplémentaire et, peu à peu, tout s'illumine : nous-mêmes et le monde qui nous entoure.