Hakhel : Année du rassemblement

Le sens profond de la Mitsva du Hakhel

Retour des Juifs vers la Torah, la ‘Hassidout et la crainte de D.ieu
Chacun, en particulier quelqu’un qui occupe une fonction de Rav, qui exerce une influence sur son entourage, reçoit l’obligation de se tenir à l’extérieur, sur les barrières et sur les brèches, d’y sonner de la trompette et de réunir l’assemblée, hommes, femmes et enfants, afin que tous étudient, écoutent la Torah, il doit les rapprocher du luminaire de la Torah, de sa dimension profonde, jusqu’à ce que s’accomplissent en eux les termes du verset : « qu’ils écoutent, qu’ils apprennent et qu’ils accomplissent tous les propos de cette Torah ». De la sorte, tous pratiqueront la Torah et ses Mitsvot, en se pénétrant de crainte de D.ieu.

Rassembler le peuple
La Mitsva du Hakhel nous rappelle qu’en tout endroit où se trouvent des Juifs, aussi dispersés qu’ils puissent être, chacun d’entre eux est partie intégrante de ce rassemblement, d’un peuple unique. Pour cela, il doit donner l’exemple, dans sa vie quotidienne, de ce qu’est la Torah unique, comme au jour où celle-ci fut donnée par le D.ieu unique, sur le mont Sinaï. En effet, chacun, sans aucune exception, reçoit une mission céleste, qui est définie dans les termes suivants :

« Vous écouterez, vous apprendrez, vous craindrez l’Eternel votre D.ieu et vous accomplirez tous les propos de cette Torah ». Car, telles sont bien la finalité ultime et la directive devant être à l’origine de toutes les bonnes résolutions des organismes juifs, des associations, des communautés, leur apportant la vitalité souhaitable.

Rassembler ses forces, pensées, paroles et actions
1. Le contenu du Hakhel, pour chaque Juif, est la réunion, le rassemblement de toutes les forces de l’âme, des pensées, des paroles, des actions afin que celles-ci soient introduites dans la maison d’étude que chacun porte au profond de lui-même. C’est pour cela, «le roi lisait», de sorte que l’appel et la révélation de toutes les forces de l’âme soient effectivement réalisés par le « roi », c’est-à-dire par la force de soumission que chaque Juif possède en lui.

2. La signification du Hakhel, dans le service de D.ieu, est la réunion de toutes les pensées, les paroles et les actions, afin d’écarter celles qui ne conviennent pas et d’élever celles qui sont convenables à une perfection encore plus grande.

L’estrade de bois
Il est dit que : «l’estrade était en bois». De fait, la soumission à D.ieu et sa crainte doivent être à l’image d’une estrade. En effet, un homme uniquement mû par sa soumission et sa crainte pourrait en venir à annihiler sa propre personnalité, tout comme « un perron foulé au pied par tous », auquel cas il ne pourrait pas servir D.ieu de la manière qui convient. En pareil cas, une estrade est nécessaire, laquelle fait allusion à l’énergie de la détermination, ainsi qu’il est dit : «Il se renforcera comme un lion». C’est également de cette manière que l’on mettra en pratique l’affirmation de nos Sages selon laquelle : « Un homme doit toujours exciter son bon penchant contre le mauvais ».

Une estrade est un moyen de s’élever, de se rehausser. Pour autant, elle doit être provisoire, servir uniquement dans le domaine de la Sainteté, sur l’esplanade du Temple. Celui qui ne se trouve pas dans cet endroit, en revanche, n’a pas encore atteint un stade élevé de sainteté et de service de D.ieu. En agissant de la sorte, il pourrait donc devenir orgueilleux, ce qui est, bien entendu, le contraire du but recherché.

Hommes, femmes et enfants
Définissant la Mitsva du Hakhel, la Torah souligne que le rassemblement du peuple inclut les hommes, les femmes et les enfants. Chacune de ces catégories, en plus d’être partie intégrante du « peuple » possède, en outre, un aspect spécifique. Ainsi, le comportement des hommes est empli de puissance et de force, car il leur appartient de montrer aux autres l’attitude que l’on doit adopter, en particulier quand on ne se trouve pas chez soi. Les femmes sont des maîtresses de maison, qui dirigent leur foyer, garantissent l’éducation de leurs enfants, des petits garçons et des petites filles. Enfin, les enfants reçoivent cette éducation, sont dirigés par leurs parents et leurs professeurs.

Or, il en est de même pour le microcosme, le « petit monde » que constitue l’homme. Chacun fait et doit effectivement faire tous les préparatifs nécessaires, cumuler la détermination et la puissance des hommes, en consacrant son temps et ses forces à diriger, à influencer, à illuminer son entourage, à guider le monde, on doit aussi posséder la qualité des femmes, quand on conduit sa maison.
Mais, simultanément, on doit rester un élève, quelqu’un qui reçoit une éducation, car, selon l’expression de nos Sages : « Qui est le sage ? Celui qui reçoit un enseignement de chacun ».
Ainsi, la Mitsva du Hakhel délivre bien un enseignement spécifique à chacun, au « petit monde » que l’homme constitue. Elle montre que l’on doit « rassembler » ses différentes capacités, celles des hommes, des femmes et des enfants, les introduire dans la maison d’étude que l’on porte en soi, en se soumettant totalement à la Parole du Roi, de D.ieu, jusqu’à ce qu’elles se pénètrent toutes de Sa « crainte ».

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