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Semaine 13

Editorial
Quand la fête nous entraîne…

Attendre une fête est toujours une expérience passionnante. D’une certaine manière, on peut dire qu’on ne peut vraiment la vivre que parce qu’on l’a, au préalable, attendue. Et ce n’est pas seulement dans un souci d’anodine efficacité que nos Sages commandent d’étudier les lois relatives à une célébration trente jours avant qu’elle intervienne. C’est avec ce même sentiment qu’il faut vivre la période qui conduit à Pessa’h. Sans doute convient-il même d’en amplifier encore le sens et la lumière. De fait, ne s’agit-il pas ici, en quelque sorte, de notre naissance ? Ne s’agit-il pas d’un temps où la famille de Jacob devient un peuple – ce peuple dont nous sommes, aujourd’hui, les continuateurs ? Portés par l’enthousiasme de la liberté nouvellement acquise, matérielle et spirituelle, c’est un nouveau début de l’histoire qu’il nous revient ainsi de suivre. Bien davantage en tant qu’acteurs qu’en tant que simples témoins.
S’il en est ainsi, aucune fête ne peut se contenter d’être le rappel d’événements anciens. Pour l’attendre vraiment, il faut d’abord qu’elle soit d’une actualité incontournable. La sortie d’Egypte est, à cet égard, exemplaire et, là encore, les Sages l’ont souligné en en rendant impératif le souvenir quotidien. Alors que l’Egypte antique n’existe plus qu’à l’état de ruines historiques, en sortir aurait-il donc toujours une signification ? C’est que l’Egypte est une sorte de modèle de ce que l’homme est conduit bien souvent à affronter dans sa vie quotidienne. Le pays d’Egypte fut, en effet, celui de la contrainte, celui de l’étroitesse ou, dans la terminologie traditionnelle, celui des « limites ». Sortir d’Egypte, c’est aussi briser ces « limites ». En d’autres termes, c’est abattre les murs qui empêchent la libre expression du meilleur de nous-mêmes, c’est rompre les entraves qui brident le beau développement de l’âme humaine. Jour après jour, alors que la fête avance, que ses célébrations se succèdent, c’est tout cela qui nous entraîne.
Peut-on parler d’une ivresse de la liberté ? Plutôt d’un nouveau temps de la vie dont la joie et l’inspiration ne peuvent être décrites ni mesurées. A partir de maintenant, ce n’est plus demain mais aujourd’hui qui chante. A partir de maintenant, toutes chaînes disparues, y compris celles que les conventions sociales – ou soi-même – forgent, l’homme peut avancer. Nous savons que la liberté se prouve par les actes quotidiens. Nous savons aussi que notre voyage nous mène au Sinaï, à la rencontre de D.ieu. Nous savons enfin que nous arrivons au temps de l’avancée ultime et que la Liberté majeure, celle des temps messianiques, est juste au devant de nous.
Etincelles de Machiah
La coupe du Prophète Elie

Le soir du Séder, la coutume, respectée dans toutes les communautés, veut que l’on verse une coupe de vin pour le Prophète Elie. Cet usage est connu, il est même un des moments particulièrement attendus de la célébration de Pessa’h. Pourtant il n’est pas enseigné par le Talmud ou les premiers décisionnaires. Il a été instauré plus tardivement et cela n’est pas le fait du hasard.
En effet, cette coupe de vin se rattache à la foi en la venue de Machia’h et en celle du Prophète Elie qui sera son annonciateur. Or, plus on se rapproche du temps de cet avènement, plus la croyance en sa survenance et le sentiment d’attente grandissent dans le cœur de chacun.
C’est la raison pour laquelle la coutume de verser cette coupe s’est répandue dans les dernières générations. Elle est la traduction de cette avancée.
(D’après Likouteï Si’hot, vol. XXVII, p. 55)
Vivre avec la Paracha
Pessa’h
Se courber, s’élancer et sauter

Le nom de la fête de «Pessa’h» tire son origine des mots hébreux signifiant : «Et D.ieu sautera par-dessus…».
Rachi explique plus loin : «la fête est appelée Pessa’h parce que [D.ieu] «a sauté par-dessus… C’est pourquoi accomplis tous ses aspects en t’élançant et en sautant.»
Quel est le lien particulier entre la fête qui célèbre l’Exode et le fait de s’élancer et de sauter ?
Le Peuple Juif avait vécu en Egypte pendant de nombreuses générations, et y était même tombé dans l’esclavage. Certains y étaient tellement embourbés que, quand vint le moment de la libération, ils ne voulurent pas même quitter l’Egypte !
Durant la période où les Juifs étaient en Egypte, ce pays était considéré comme le plus avancé de son temps, au niveau culturel, en termes de connaissances, art, technologie et philosophie, de ce à quoi l’on se réfère habituellement quand on veut parler de «culture» et de «civilisation».
Mais en termes de moralité et d’éthique, l’Egypte était la plus dépravée, la plus dégénérée et immorale des terres, à tel point qu’elle était connue comme «l’abomination de la terre».
C’était d’un tel pays que le Peuple Juif allait atteindre la libération complète, physique et spirituelle, si bien que peu de temps après, ils seraient capables de se hisser à l’élévation nécessaire pour recevoir la Torah de D.ieu. Car le but ultime de la sortie d’Egypte était de recevoir la Torah, comme le dit D.ieu à Moché : «Quand tu sortiras le peuple d’Egypte, ils serviront D.ieu sur cette montagne [du Sinaï]».
En fait, Rachi note que ce fut par le mérite du service de D.ieu qu’ils allaient faire au Sinaï que les Juifs furent sauvés de l’exil égyptien.
Recevoir la Torah de D.ieu impliquait l’acceptation de tous ses décrets, à commencer par les Dix Commandements, dont le premier est : «Je suis l’Eternel ton D.ieu, tu n’auras pas d’autres dieux», et le dernier : «Tu ne convoiteras pas quoi que ce soit qui appartienne à ton prochain.»
Ces thèmes de l’absolue unicité de D.ieu et du plus haut degré d’éthique et de moralité dans le domaine des relations humaines soulignent un énorme contraste avec la dépravation de la «culture» et de la «civilisation» égyptiennes.
Il est clair que quitter un état si abject et parvenir à une réelle libération intérieure, au point d’accepter la Torah et les Mitsvot avant de les comprendre pleinement, impliquent un saut puissant de «Pessa’h», d’une manière qui nécessite de s’élancer et de sauter.
Tout ceci commença alors que les Juifs étaient encore en Egypte, quand D.ieu leur parla du service de Pessa’h, incluant l’instruction que tout le service devrait être accompli «en s’élançant et en sautant.»
Cette manière de servir D.ieu en prenant son élan culmina lors de la première nuit de Pessa’h, quand D.ieu Lui-Même sauta au-dessus des limites et des entraves, se révéla Lui-même au Peuple Juif, toujours en Egypte, les libéra de leur captivité et établit dès lors leur statut interne de liberté spirituelle.
Ce thème de Pessa’h, qui consiste à s’élancer puis sauter, est fondamental pour les Juifs et le Judaïsme, en tous temps et en tous lieux, et ce, durant tout le reste de l’année.
Nous nous trouvons exilés dans un monde matériel dans lequel la plus grande partie de notre temps est requise pour des actes physiques comme manger, boire, dormir et gagner sa vie. Le temps qui nous reste pour vaquer à des occupations spirituelles comme l’étude de la Torah, la prière et l’accomplissement des Mitsvot est donc étroitement restreint.
Néanmoins, Pessa’h nous enseigne qu’il est attendu de tous les Juifs de «sauter au-dessus» de toutes les limites physiques et matérielles pour atteindre une véritable libération spirituelle, tout au long de l’année.

Et sauter encore
Les philosophes et les physiciens sont tous préoccupés par le passé (bien que pour différentes raisons). Nous savons que toute action suscite une réaction et que chaque événement a de nombreuses conséquences. En termes simples, le présent : ce que je vais faire et ce qui va m’arriver à cet instant précis est la somme et le produit de tout ce que j’ai fait et de ce qui m’est arrivé jusqu’à maintenant.
Les philosophes s’en soucient parce que l’homme pensant a tendance à se considérer comme une créature possédant le libre arbitre. Cela pose un problème aux physiciens parce que leurs microscopes et leurs accélérateurs de particules révèlent un univers livré au hasard. Et nous, tous les autres, nous nous réveillons chaque matin sur un jour nouveau, mais ne tardons pas à ressentir le poids familier de notre «hier» qui nous précipite vers les rythmes des habitudes et des besoins. Néanmoins, nous continuons à croire que nous sommes «en contrôle», qu’avec une quantité suffisante d’efforts et de détermination, nous pourrons nous libérer (et le ferons donc).
Le calendrier juif réserve huit jours, chaque année, pour célébrer cette foi. Les huit jours de Pessa’h, «le temps de notre libération» représentent cette conviction qu’à chaque moment nous avons la possibilité de «sortir, selon les mots de la Haggadah, de l’esclavage à la liberté, de la tristesse à la joie, du deuil à la célébration, de l’obscurité à la lumière éblouissante, des entraves à la rédemption.»
C’est ainsi que nos Sages ont décrété que la sortie d’Egypte est un événement qui devrait se répéter à chaque génération de notre histoire et à chaque jour de notre vie. Car, qu’est-ce sinon la force des hommes à sortir de leur passé, de se détacher de leurs contingences personnelles, de donner naissance à un nouveau moi indépendant et autonome.
Voilà encore une perspective du nom de la fête de Pessa’h en relation avec son sens : «sauter par-dessus».
«Marcher» ou «courir» impliquent un déplacement, mais un déplacement qui prend pour point de départ notre emplacement antérieur. Un pied quitte le sol mais l’autre y reste posé pour pouvoir nous fournir l’élan nécessaire. Le mouvement peut être important ou minime, lent ou rapide mais en tout état de cause, chaque pas s’enclenche sur le précédent.
Un «saut», dans lequel les deux pieds quittent le sol, implique une rupture avec le passé, une rupture plutôt qu’une avancée, une renaissance plutôt qu’une maturation.
Et pourtant, le but du saut n’est pas d’atteindre les cieux et d’y rester. Ce serait se tromper de démarche. L’idée en est de revenir au sol, non seulement à deux ou trois enjambées, mais étant devenu une personne différente de celle qui s’est élancée et a quitté le sol. Revenir à notre passé, non comme un prisonnier lié par ses lois mais comme un maître venant d’en haut pour utiliser ce passé et le former pour qu’il serve ses projets, qui s’élèvent au fur et à mesure de son cheminement. Jusqu’au prochain saut.
Le Coin de la Halacha
Qu’est-ce que le compte du Omer ?

C’est une Mitsva de la Torah de compter les quarante-neuf jours de l’Omer à partir du second soir de Pessa’h (mardi soir 30 mars 2010) jusqu’à la veille de Chavouot (lundi soir 17 mai 2010 inclus). Si on n’a pas compté de suite après la prière du soir (Arvit), on peut encore compter durant la nuit jusqu’à l’aube. Si on ne s’en souvient que pendant la journée, on peut compter, mais sans réciter la bénédiction. Et le soir suivant, on continue de compter avec la bénédiction. Si on a oublié toute une journée, on devra dorénavant compter chaque soir sans la bénédiction.
Quelles sont les lois de cette période du Omer ?
Hommes et femmes ont l’habitude de ne pas entreprendre de « travaux » (tels que ceux interdits à ‘Hol Hamoed) depuis le coucher du soleil jusqu’à ce qu’ils aient compté le Omer.
On ne célèbre pas de mariage et on ne se coupe pas les cheveux, en souvenir de l’épidémie qui décima les 24 000 élèves de Rabbi Akiba à cette époque du Omer. Les Séfaradim respectent ces lois de deuil jusqu’au 19 Iyar (lundi 3 mai 2010) ; les Achkenazim depuis le 1er Iyar (jeudi 15 avril 2010) jusqu’au 3 Sivan au matin (dimanche 16 mai 2010) à part la journée de Lag Baomer (dimanche 2 mai 2010).
La coutume du Ari Zal, suivie par la communauté ‘Habad, veut qu’on ne prononce pas la bénédiction de Chéhé’héyanou (sur un fruit nouveau par exemple) durant toute la période du Omer et qu’on ne se coupe pas les cheveux jusqu’à la veille de Chavouot (cette année mardi matin 18 mai 2010).
Un garçon qui aura trois ans après Pessa’h, fêtera sa premier coupe de cheveux à Lag Baomer (dimanche 2 mai 2010) et celui qui aura trois ans après Lag Baomer la fêtera la veille de Chavouot (mardi 18 mai 2010).
Il n’y aucune restriction sur les promenades ou les séances de piscine et baignade.
F. L.
De Recit de la Semaine
De Satmar à Satmar en passant par Goa et le 770…

« A Pourim, je me trouvai encore à Poona, chez mes parents qui sont les Chlou’him (émissaires) du Rabbi dans cette ville d’Inde et rencontrai un Israélien coiffé d’une queue de cheval et portant une casquette de baseball.
- Je t’en prie ! Où y a-t-il un Minyane (dix Juifs pour prier en communauté) ici ? me demanda-t-il à ma grande surprise, car son apparence extérieure n’était pas celle d’un jeune homme scrupuleux dans l’accomplissement des Mitsvot…
Je l’informai des horaires des prières et l’invitai à entrer en attendant dans le centre communautaire Beth ‘Habad. Il accepta et nous avons fait connaissance. Il s’appelait Kouti, un prénom peu usuel en Israël. En fait, il venait d’une famille de ‘Hassidim de Satmar – un mouvement orthodoxe très fermé de Williamsburg, à New York !
« Un jour, j’ai décidé que j’en avais assez de la religion. J’ai averti mes parents que je me rendais en Israël pour étudier dans une Yechiva. En fait, une fois là-bas, je me suis inscrit à l’armée et j’ai servi dans le « Na’hal Harédi », une unité combattante réservée aux soldats pratiquants.
Comme de nombreux Israéliens, j’ai décidé de me rendre en Inde après mon service militaire. Mais mon apparence orthodoxe ne me rendait pas la vie facile ; j’ai donc décidé de raser ma barbe et de me passer de tous les signes apparents ; je ne gardai que mes Péot, les longues boucles qui pendent de chaque côté du visage ; je les attachai comme une queue de cheval ».
Kouti avait prévu de rester à Poona une semaine puis de se rendre à Goa. Quant à moi, je n’étais pas encore sûr de pouvoir organiser le Séder à Goa et je tentais de le persuader de rester au moins pour le premier soir de Pessa’h à Poona mais il refusa : « Je reviendrai peut-être » concéda-t-il nonchalamment.
Je l’informai que j’allais peut-être organiser un Séder à Goa et je lui demandai de me contacter là-bas et de se procurer les brochures qui seraient posées ici et là pour connaître le lieu et l’heure.
Avec un ami, je me rendis à Goa et réussis à persuader tous les Israéliens que je rencontrais de signer les procurations de vente du ‘Hamets. Mon père m’avait conseillé de faxer tous les papiers à Rav Groner, en Australie et m’avait averti : « Renseigne-toi bien à l’avance pour trouver un fax afin de n’être pas coincé à la dernière minute pour en trouver un dans les rues de Goa ! »
Je savais que je pouvais envoyer des fax jusqu’à 6 heures du matin, heure de l’Inde. J’avais repéré un endroit avec un fax et, quand je demandai les horaires d’ouverture, on me rassura : ce serait ouvert jusqu’à minuit.
J’y arrivai la veille de Pessa’h à 23h 30… et c’était fermé…
Je cherchai frénétiquement un autre fax et on m’en indiqua un à l’autre bout de la ville. Je pris un vélo et pédalai au milieu de la nuit dans ces rues peu familières, sans même être sûr d’avoir pris la bonne direction.
A un moment donné, la route gravissait une montagne. Tandis que je fournissais des efforts supplémentaires, j’entendis de la musique, ce qui me rassura : je me trouvais sur le bon chemin. Quand j’arrivai, on m’expliqua que le café Internet se trouvait au-delà d’un dancing : ce n’était vraiment pas agréable pour moi de traverser cet endroit bruyant et… très peu ‘hassidique mais je n’avais pas le choix. Je marchai rapidement à côté des jeunes gens échevelés et poussai un soupir de soulagement quand j’arrivais enfin au café Internet. C’est alors que je me rendis compte que je n’avais pas assez d’argent.
Et l’heure avançait…
Je résolus de faire envoyer les fax : au moment de payer, je m’excuserais et promettrais de revenir le lendemain payer ma dette mais je craignais la réaction éventuellement peu compréhensive du propriétaire du café.
J’étais vraiment désemparé et c’est alors qu’arriva, comme un ange tombé du ciel, quelqu’un avec une belle queue de cheval que je reconnus immédiatement : « Kouti ! » Je criais son nom sans même m’en rendre compte.
- Que fais-tu ici, Hilik ? demanda-t-il, curieux et amusé.
- Je n’ai pas le temps de parler ! Le Rabbi m’a envoyé jusqu’ici pour que toi aussi tu signes cette procuration de vente du ‘Hamets, pour que je puisse t’inviter demain soir ici au Séder à Goa et… pour t’emprunter cent roupies pour pouvoir envoyer toutes ces procurations en Australie !
- Emprunter ? Pas question ! Prends ces cent roupies comme un don pour le Beth ‘Habad ! A demain !
Effectivement, il se rendit au Séder le lendemain et fut très impressionné. A un moment donné, il me prit à part et avoua : « A l’armée, je veillai à ne pas consommer de « Kitniot » (légumineuses) à Pessa’h et je ne savais vraiment pas comment m’organiser cette année ! » Heureusement que tu organises ce repas du Séder !
- Je ne comprends pas ! (J’étais vraiment surpris qu’il tienne tant à cette coutume). Mais tu ne t’inquiétais pas pour les Matsot Chmourot ?
- Oh ! Cela, ce n’est pas un problème ! dit-il sur un ton d’évidence qui me laissa sans voix. Je m’étais acheté une nouvelle poêle et j’allais demander à un de ces Indiens de faire frire des « Chapatti » : cela prend moins que 18 minutes !

* * *

J’entendis cette histoire incroyable il y a quatre ans au 770 Eastern Parkway à Brooklyn. Nous étions assis ensemble, quelques jeunes gens de Yechiva en train de raconter des souvenirs de « Chli’hout », de missions effectuées aux quatre coins du monde pour permettre à des Juifs éloignés de toute communauté de respecter les lois de la fête.
Soudain, nous avons entendu Hilik s’écrier : « Kouti ! »
Avant que nous n’ayons pu localiser la personne à laquelle il s’adressait ainsi, nous avons aperçu deux jeunes gens ayant toute l’apparence de ‘Hassidim de Satmar et Hilik s’était précipité vers l’un d’entre eux et l’embrassait avec émotion.
Kouti nous raconta alors ce qui s’était passé depuis ce fameux Pessa’h.
« Après le Séder à Goa, j’ai décidé de rentrer chez mes parents. J’ai lâché mes Péot, fais pousser ma barbe puis je suis retourné à Williamsburg. Je n’ai raconté qu’à mon meilleur ami toutes mes aventures. Aujourd’hui j’ai décidé de me rendre au 770 – le centre mondial ‘Habad. Croyez-moi, ce sont les gens les plus amicaux mais aussi les plus désintéressés que j’ai rencontrés de toute ma vie ! »

Hilik Kupchik
traduit par Feiga Lubecki