Samedi, 28 novembre 2020

  • Vayétsé
Editorial

 C’est de vie qu’il s’agit !

Il y a des événements que l’on ne manque pas. Attendus avec impatience, ils changent ceux qui les vivent d’une manière plus profonde encore que ce que l’on saurait dire. Le congrès international des Chlou’him, des délégués du Rabbi aux quatre coins du monde, à New York à l’orée du mois de Kislev, est, à l’évidence de ceux-là. Qui n’a pas vu ou entendu ces hommes qui consacrent leur vie à être aux côtés de tous, dans toutes les conditions ? Et pourtant, la vie connaît des vicissitudes. Ce rendez-vous annuel, ce point d’orgue d’une action continue et sans routine était, cette année, par le fait des choses, si différent. La fièvre du voyage, l’enthousiasme de l’arrivée, la chaleur de l’accueil et les amis que l’on revoit et les idées que l’on échange et les espoirs que l’on partage, comment faire en sorte que tout cela existe quand c’est le principe même des contacts sociaux qui est mis en question ? Alors, une année sans congrès des Chlou’him, comme une année plus terne qu’à l’accoutumée, justement en une période où on a, plus que jamais, besoin de couleurs et de lumière ?

Le penser, c’était sans doute mal connaître le mouvement Loubavitch et sa conscience affirmée de la puissance de la vie. La technologie a quelque chose de bon, utilisable pour le meilleur. De tous les endroits du monde, du lieu de leur mission, les Chlou’him se sont réunis en vidéo. C’était la semaine dernière. Et ils ont entendu, se sont parlé, ont partagé. Et nul n’oubliera tous ces visages et ces noms, victimes du Covid dans le monde, Chlou’him ou ‘hassidim qui ont défilé sur le mur pendant que l’émotion envahissait chacun. Nul n’oubliera non plus le fils du Rav Wolff, délégué à Hanovre, emporté par l’épidémie, ce fils qui écrit à son père qui vient de le quitter si brusquement et qui continue son œuvre alors qu’il est à peine Bar Mitsva…

Décidément, il y a des événements que l’on ne manque pas et des choses que l’on n’oublie pas. Tout cela porte message à chacun, qui que l’on soit : la vie est victorieuse par nature. Au-delà des craintes et/ou des attentes, cette réalité s’impose d’elle-même. Malgré l’épaisseur de la nuit, l’œuvre se poursuit et grandit. Les Chlou’him en sont la marque. Revenus à leur travail, dans ces endroits improbables, proches ou lointains, ils savent que l’émotion ressentie ne sera pas, pour eux, une faiblesse mais bien le chemin d’un redoublement de puissance. La vie le veut. A nous d’y entrer et de voir, dès aujourd’hui, la lumière qui monte et dont la croissance ne cessera que lorsque l’obscurité aura totalement disparu.

Etincelles de Machiah

 Un avant-goût du monde futur

L’occupation principale du temps de Machia’h sera la connaissance du Créateur comme l’écrit Maïmonide (Lois des rois 12, 5) : « Et toute l’occupation du monde ne sera que de connaître D.ieu. »

A la fin du temps de l’exil, en tant que préparation au temps de Machia’h, on nous donne un « avant-goût » de cette révélation des secrets de la Torah au travers de la ‘Hassidout.

(D’après Likoutei Si’hot vol. 15 p. 282)

Vivre avec la Paracha

 Vayetsé

Yaakov quitte sa ville natale de Béer Chéva et se dirige vers ‘Haran. En route, il rencontre « l’endroit », y dort et rêve d’une échelle qui relie le ciel à la terre, des anges y montant et y descendant. D.ieu lui apparaît et lui promet que la terre, sur laquelle il est couché, sera donnée à ses descendants. Au matin, Yaakov dresse la pierre, sur laquelle il a reposé sa tête, en un autel et un monument, promettant qu’elle deviendra la maison de D.ieu.

A ‘Haran, Yaakov reste chez son oncle Lavan où il travaille comme berger. Lavan accepte de lui donner en mariage sa fille Ra’hel, contre sept années de travail. Mais le soir du mariage, Lavan substitue à Ra’hel sa sœur aînée, Léa. Yaakov ne découvre le subterfuge qu’au matin. Il épouse Ra’hel, une semaine plus tard, après avoir accepté de travailler, pour Lavan, sept années supplémentaires.

Léa donne naissance à six fils, Réouven, Chimon, Lévi, Yehouda, Yissa’har et Zevouloun ainsi qu’à une fille, Dina. Ra’hel, quant à elle, reste stérile. Elle donne alors à Yaakov comme épouse sa servante, Bila, pour qu’elle ait des enfants à sa place. Deux fils lui naissent : Dan et Naphtali. Léa agit de même avec sa servante, Zilpa, qui donne naissance à Gad et Acher. Finalement, les prières de Ra’hel sont exaucées et elle met au monde Yossef.

Cela fait désormais quatorze ans que Yaakov est à ‘Haran et il désire retourner chez lui. Mais Lavan le persuade de rester, lui offrant des moutons en échange de son travail. Yaakov prospère, malgré les efforts incessants de Lavan pour l’escroquer. Après six années encore, Yaakov quitte subrepticement ‘Haran avec sa famille et les richesses pour lesquelles il a travaillé. Lavan le poursuit mais D.ieu l’avertit, dans un rêve, de ne pas lui faire de mal. Lavan et Yaakov font un pacte sur le Mont Gal-Ed, scellé par un pilier de pierres et Yaakov se dirige vers la Terre Sainte où l’accueillent des anges.

Les anges de Yaakov

La Paracha prend son nom des mots qui l’ouvrent :  Vayétsé Yaakov, « Yaakov sortit ». Il s’agit du récit des vingt années que Yaakov passa à ‘Haran, en dehors de la Terre Sainte, au cours desquelles il se maria, éleva sa famille, garda les troupeaux de Lavan et accumula de grandes richesses. Il avait traversé le Jourdain, n’ayant pour seule possession que son bâton dans la main et il en revenait, riche, ayant engendré onze des douze fils qui grandiraient en devenant la nation d’Israël.

Deux rencontres

Il est intéressant de relever que Vayétsé commence et finit par des épisodes au cours desquels Yaakov rencontre des anges. Deux camps d’anges sont impliqués dans les deux « rencontres », terme utilisé par la Torah.

Dans la première situation : « …les anges de D.ieu montent et descendent » (sur l’échelle). Et Rachi de remarquer l’ordre inversé : en effet, puisqu’ils viennent des Cieux, n’auraient-ils pas dû d’abord descendre 

Rachi explique : d’abord ils montaient puis ils descendaient. Les anges qui l’accompagnaient en Terre Sainte ne sortent pas de la Terre mais ils montent aux Cieux ; et les anges appartenant à l’extérieur de la Terre descendent pour l’accompagner. »

Vingt ans plus tard, le retour de Yaakov en Terre Sainte est également marqué par la rencontre avec ces deux groupes d’anges : « Yaakov poursuivit son chemin ; et les anges de D.ieu le rencontrèrent. Et Yaakov dit, quand il les vit : ‘C’est un camp divin’ ; et il nomma ce lieu : Ma’hanaïm (« deux camps »). »

Rachi explique :

« Les anges de D.ieu le rencontrèrent : les anges de la Terre Sainte vinrent à lui pour l’accompagner vers la Terre.

Ma’hanaïm : deux camps : les anges d’en dehors de la Terre Sainte qui l’accompagnaient jusque-là et les anges de la Terre Sainte qui vinrent à lui. »

Le Zohar souligne deux différences importantes entre ces deux rencontres. Tout d’abord, au début de son voyage, Yaakov perçoit les anges dans un rêve. Et quand il revient, c’est une expérience tout à fait consciente. D’autre part, alors qu’il est toujours en Israël, c’est Yaakov qui est à l’origine de la rencontre : c’est lui qui cherche « l’endroit » de la rencontre. A son retour, ce sont les anges qui viennent à lui.

Enfin, lors de la première réunion, il se produit comme « un changement de garde » : tout d’abord les anges de la Terre Sainte montent aux Cieux et ce n’est qu’après leur départ que les anges de « l’extérieur » descendent. Cela implique qu’ils ne peuvent coexister. En fait, ce changement de garde a lieu alors que Yaakov est toujours en Terre Sainte.

Lors des secondes retrouvailles, les anges de la Terre Sainte s’avancent pour accueillir Yaakov à son approche de la Terre, avant même qu’il n’y entre. Nous observons également qu’aucun groupe d’anges ne part pour céder la place à l’autre. Bien au contraire, le nom que donne Yaakov à ce lieu, Ma’hanaïm, dénote la coexistence de deux camps.

Au-delà de la tente

Qui sont ces anges ?

Nos Sages affirment : Puisque les anges de Yaakov se divisent en deux camps, cela semble impliquer que ses actes se divisent en deux catégories générales : ses accomplissements « à l’intérieur de la Terre Sainte » et ses accomplissements « en dehors de la Terre Sainte ».

La « Terre Sainte » représente le domaine de la sainteté dans notre vie : notre étude de la Torah, nos prières, notre implication avec ce qui est bien et positif. Mais nous sommes également appelés à nous confronter au monde concret qui existe bel et bien au-delà des murs de la synagogue et de la salle d’étude, au-delà même des murs de notre communauté et de notre environnement. Nous devons nous aventurer « en dehors de la Terre Sainte » « Vayétsé » pour développer et raffiner ceux des éléments de notre monde qui ne possèdent pas de sainteté apparente.

Pendant bien des années, Yaakov fut « un résident des tentes de l’étude », impliqué dans la création d’anges comme ceux de la Terre Sainte, des anges qui représentaient ses achèvements spirituels : la connaissance qu’il avait accumulée, les émotions avec lesquelles il priait, sa relation avec D.ieu construite par des actions bonnes et saintes.

Mais il fut enjoint de quitter la Terre Sainte, de s’installer à ‘Haran, société d’idolâtres, de passer vingt ans à élever des moutons, à traiter avec le fourbe Lavan, à amasser de grandes richesses matérielles et à imprégner cet environnement étranger de son intégrité et de sa sainteté. C’est cela le défi que représentent « les anges de l’extérieur de la Terre Sainte ».

« L’endroit » est ailleurs

Le message que nous envoient les différences entre les deux rencontres de Vayétsé est le suivant : ne pensons pas que nous sommes plus près de D.ieu quand nous nous impliquons dans des tâches saintes, protégés par les murs de nos « tentes d’étude ». Il est vrai que nous créons alors des anges mais nous ne sommes pas encore parvenus au point qui définit ce que désire réellement D.ieu. C’est pourquoi il nous faut chercher « l’endroit » de cet aboutissement. Et comme nous avons encore un long chemin à faire pour accomplir notre mission, notre vision ne peut être qu’approximative, un « rêve ».

C’est « en dehors de la Terre Sainte » que nous devons jouer notre rôle. Nous sommes venus sur terre pour révéler et développer le potentiel de bon et de bien inhérent au monde matériel. C’est là que réside le but ultime de D.ieu dans le processus de la Création : « construire une résidence pour D.ieu dans les règnes les plus bas ». Cela signifie que les aspects les plus mondains de notre existence doivent être transformés en un environnement dans lequel D.ieu est « chez Lui », un environnement qui exprime plutôt la bonté et la perfection divines. En réalité, s’aventurer dans ce « domaine sans sainteté » du monde, c’est se rapprocher de plus en plus en plus de l’essence de la Volonté divine investie dans la réalité de la création.

Ce n’est qu’après vingt ans de labeur à l’extérieur de la sainteté de sa tente que Yaakov perçut l’ultime vision du travail de sa vie. Et cette rencontre ne se produisit pas dans un rêve mais le saisit alors qu’il était éveillé, en pleine possession de ses facultés conscientes. Les anges de D.ieu l’abordèrent car il était désormais à « l’endroit », totalement impliqué dans la réalisation du désir de D.ieu.

Le Coin de la Halacha

 A partir de quand dit-on « Tal Oumatar »  dans la Amida en dehors d'Erets Israël ?

A partir de samedi soir 5 décembre 2020, on dit « Tal Oumatar » dans la prière de la Amida.

Cette prière pour « la rosée et la pluie » précise que ceci doit être « Livra’ha », pour la bénédiction.

Celui qui a oublié « Tal Oumatar » et s’en souvient avant d’avoir commencé la bénédiction suivante (« Teka Bechofar ») le rajoute alors. S’il a commencé « Teka Bechofar », il rajoute dans la bénédiction « Choméa Tefila » : « Vetène Tal Oumatar Livra’ha Ki Ata Choméa Tefilat Kol Pé… »

S’il l’a encore oublié mais s’en souvient avant « Retsé », il le dit alors. S’il a commencé Retsé et s’en souvient avant d’avoir reculé de trois pas à la fin de la Amida, il reprend à partir de « Barè’h Alénou » et continue la suite de la Amida. S’il a oublié après avoir reculé de trois pas, il reprend toute la Amida.

Il convient de louer et remercier le Créateur « pour chaque goutte de pluie » bénéfique, en son temps, qui apporte la bénédiction pour les récoltes, en particulier en Erets Israël.

(d’après Séfer Hatodaah)

Le Recit de la Semaine

 La photo, le Goral, le chant…

Tout a commencé avec une vieille mais rare photo exhumée par Mme Rivka Pelles. Celle-ci avait acheté dans les années 80 un appareil de marque pour prendre des photos de ses enfants quand elle les emmenait chez le Rabbi. Sur cette photo, on reconnaissait évidemment le Rabbi devant sa synagogue du 770 ainsi que Rav Pelles, une de ses filles, le regretté Rav Goldstein et un autre Juif que Rav Miki Halperine reconnut - malgré les années : il s’agissait d’un Juif du Brésil, Yossef Savaya. Qu’était-il devenu ?

Yossef, né en 1941 à Sao Paulo, s’était marié avec une Juive, avait eu deux enfants puis avait divorcé. Dans les années 70, il avait commencé à fréquenter régulièrement le Beth ‘Habad de la ville géré par Rav Shabtai Halperine (le père de Rav Miki). Pauvre et isolé, Yossef était souvent invité à manger chez Rav Halperine où il appréciait l’ambiance familiale qui lui manquait tant et surtout il adorait les chants ‘hassidiques. A cette époque, avant les vacances, les fidèles de la synagogue organisaient un Goral, tirage au sort pour un prix modique qui permettrait au gagnant de représenter la communauté auprès du Rabbi pendant les fêtes de Tichri. Un voyage à New York, surtout dans ces années-là, représentait toute une aventure et un prix exorbitant. En 1980, le gagnant fut : Yossef Savaya ! Qui peut décrire sa joie et son excitation ? Il s’empressa de faire établir son passeport et partit. Arrivé à New York, il profita de chaque instant, demanda au Rabbi des bénédictions pour lui-même et pour que ses enfants suivent le chemin de la Torah.

L’année suivante, lors du tirage au sort, Yossef gagna à nouveau le voyage à New York ! Le Rabbi venait de fonder l’organisation Tsivot Hachem, qui est depuis devenue le plus grand mouvement international d’enfants juifs. Yossef, doué d’un grand sens musical, se proposa pour traduire et composer en portugais des chants pour les enfants - des chants encore chantés aujourd’hui par tous les petits Brésiliens juifs. Lors de son entrevue privée chez le Rabbi, Yossef chanta un de ces chants et le Rabbi lui offrit 36 dollars (le nombre 36 étant chargé d’une signification kabbalistique, lui expliqua le Rabbi).

En 1982, Yossef rejoua bien sûr et… gagna pour la troisième fois ! Il ne s’excusa pas auprès de ses compagnons et, une fois de plus, profita de chaque instant passé à proximité du Rabbi. Après chacun de ces voyages, Yossef avait décidé d’intensifier son attachement au judaïsme.

En 1983… plus aucun des fidèles ne voulut acheter une participation au tirage au sort ! Il fut alors décidé – à contre cœur – d’exclure par avance Yossef. Il accepta la sentence mais demanda à s’associer au tirage au sort en s’engageant par avance que, s’il gagnait, il ne prendrait pas l’argent et permettrait un nouveau tirage au sort. Vous l’avez deviné : Yossef gagna pour la quatrième fois de suite !

Mais fidèle à sa parole, il ne prit pas l’argent. Cependant, il ressentait que le Rabbi l’invitait et décida de partir quoi qu’il arrive - à ses frais ! Sa situation financière était catastrophique mais il obtint un prêt de sa banque et partit !

Pour différentes raisons (un mot de travers d’un des fidèles ? Une situation psychologique difficile ? Un coup de tête inexpliqué ?) Yossef déserta par la suite le Beth ‘Habad de Sao Paulo. Malgré les appels de ses amis et du Rav Halperine, on le perdit de vue… pendant plus de vingt ans !

Mais quand on le reconnut l’année dernière sur cette ancienne photo, Rav Miki Halperine décida de le retrouver pour lui montrer la photo et lui rappeler ses souvenirs : le Goral, les chants, les voyages… Mais comment le retrouver ? On était la veille de Chemini Atséret et dans quelques heures la fête allait commencer (elle avait déjà commencé en Israël à cause du décalage horaire). Rav Miki rechercha les coordonnées de la nièce de Yossef en Israël mais ne les retrouva pas : de toute manière, même si elle avait celles de son oncle, elle n’aurait pas pu le contacter puisque la fête avait déjà commencé en Israël ! « Je me suis alors souvenu que j’avais le numéro de téléphone du neveu de Yossef, Yaakov, mais je savais que lui aussi devait normalement se rendre en Israël. Je lui envoyai tout de même la photo, il la renverrait à son oncle après la fête, tant pis.

Ce soir de Chemini Atséret, je priai dans ma synagogue habituelle puis me rendis dans le Beth ‘Habad central de mon père, Rav Shabtaï. En route, je trébuchai et tombai dans un trou rempli de boue. Je continuai ma route doucement alors que ma jambe saignait. Quand j’arrivai, je m’assis dans un coin, incapable de me joindre aux danses. Soudain la porte s’ouvrit et une silhouette connue entra…

En l’apercevant, mon père Rav Shabtaï s’interrompit aussitôt pour saluer avec effusion le nouveau-venu, comme d’ailleurs les plus anciens de la synagogue qui se précipitèrent vers lui tandis que les plus jeunes s’interrogeaient sur son identité…

Cela faisait 25 ans qu’on ne l’avait plus revu ! Yossef Savaya ! Son arrivée enflamma les danses puis il raconta son histoire devant les plus jeunes qui étaient tout heureux de rencontrer celui dont ils avaient chanté les compositions à tue-tête pendant toutes leurs réunions de Tsivot Hachem !

J’en avais le chair de poule ! Était-il possible que ce ne soit qu’une coïncidence… ?

Mon père demanda alors à Yossef comment se faisait-il qu’il était soudain revenu et il expliqua que son neveu lui avait envoyé avant la fête une vieille photo de lui devant le Rabbi. Cette photo l’avait remué, il avait eu l’impression qu’à nouveau, le Rabbi l’invitait et il avait décidé de revenir au Beth ‘Habad.

Quant à moi, je ne comprenais plus rien ! Comment avait-il pu recevoir cette photo alors que je l’avais envoyée à son neveu en Israël et qu’il était déjà Yom Tov là-bas ? Le « timing » était impossible ! Je me suis présenté à Yossef (qui, évidemment n’aurait pas pu me reconnaître après toutes ces années) et lui ai expliqué que c’était moi qui avais envoyé la photo. Il m’informa alors que, pour diverses raisons, son neveu Yaakov avait dû interrompre son voyage et passait la fête à Miami ; c’est pourquoi il avait reçu cette photo alors que la fête n’avait pas encore commencé pour lui et qu’il avait pu la lui envoyer !

Malgré ma jambe endolorie, je suis monté sur l’estrade et j’ai raconté devant tous les fidèles la première partie de cette histoire et comment chaque détail prouvait que le Rabbi avait tenu à ce que Yossef s’associe à cette célébration ! Je peux vous assurer que tous avaient les larmes aux yeux devant cet enchaînement extraordinaire de circonstances.

Le Rabbi avait une nouvelle fois invité Yossef et celui-ci avait retrouvé sa famille du Beth ‘Habad ! 

Mendi Kurtz

Kfar Chabad N° 1879

Traduit par Feiga Lubecki