- Le professeur doit bien préparer son cours. Afin d’obtenir la discipline, il est essentiel de préparer des cours intéressants, en détails afin que chaque élève y trouve quelque chose qui le concerne. Poser des questions fait partie de l’arsenal qui permet de tester les connaissances de l’élève et développer ses aptitudes. Ainsi, chaque élève s’impliquera dans le cours et n’aura pas le temps de se dissiper et de perturber le reste de la classe. Pour résumer : préparer le cours bénéficie aussi bien au professeur qu’aux élèves.
- Si les élèves ne se conduisent pas correctement, le professeur doit examiner son attitude qui est peut-être en cause afin d’améliorer la discipline et de rendre le cours plus intéressant.
- Le professeur doit respecter les horaires ; s’il arrive en retard et n’accorde pas de valeur au temps, il envoie un très mauvais message à ses élèves. De plus, les élèves n’apprécient pas un professeur qui méprise leur temps : ils ne devraient pas avoir une minute sans travail. Même quand le professeur est occupé avec un travail technique, il doit veiller à occuper les élèves. D’ailleurs, même quand le professeur est occupé de son côté (par exemple quand il écrit sur le tableau), il doit continuer à surveiller d’un œil les élèves.
- Le professeur doit rester calme et s’habituer à parler d’une voix normale, pas trop fort. Celui qui est nerveux et crie entraîne ses élèves à devenir nerveux et à crier. Celui qui reste calme pourra, s’il le faut, de temps en temps, élever le ton quand c’est nécessaire pour instiller la crainte chez ses élèves.
- Le professeur doit adopter le principe talmudique : «la gauche qui repousse et la droite qui rapproche». Il ne doit pas trop faire rire ses élèves – ce qui peut affecter la discipline de la classe – mais se contenter, de temps en temps, d’une légère plaisanterie. Il doit aimer ses élèves et les aider mais garder son autorité et rester respectable à tout instant.

- Celui qui est timide ne peut pas enseigner. En cas de dilemme, le professeur ne doit pas se gêner de demander l’avis d’un collègue plus expérimenté. Ses conseils et directives peuvent l’aider à résoudre le problème car, parfois, l’expérience sur le terrain ne peut être expliquée dans les meilleurs livres.

- Le professeur ne laisse parler ses élèves que dans l’ordre. Les élèves doivent lever le doigt et attendre la permission du professeur avant de prendre la parole ; il ne se laissera pas désarçonner par un élève qui ne respecte pas cette règle. Quand le professeur pose une question, il ne demandera pas  «qui peut répondre ?» mais s’adressera à un élève en particulier de façon à ne pas amener le chaos dans la classe.

- Avant de punir un élève, le professeur le prendra en privé une fois, deux fois pour lui signifier qu’il s’est mal conduit, et ceci dans le calme, sans crier. Des phrases dures, prononcées occasionnellement n’ont d’impact que si, d’habitude, le professeur garde son calme.

- L’élève doit réaliser, par la manière de parler et de se conduire du professeur, que c’est D.ieu qui, par l’intermédiaire de la Torah, lui demande de se conduire de telle ou telle manière, pour son bien et pour le bien de la société en général.

- Des règles élémentaires de politesse doivent être respectées entre le professeur et les élèves : se saluer avant et après le cours, remercier, respecter les personnes âgées et les érudits, se lever quand le professeur entre en classe, veiller à la propreté de la classe mais aussi de sa personne et de sa façon de parler…

- L’élève n’interrompra pas son professeur ou un camarade qui répond au professeur mais lèvera le doigt et attendra d’obtenir la permission de parler.

- L’élève essaiera de réviser chaque jour ses cours, si possible avec un camarade sérieux et enthousiaste.

Rabbi Chnéour Zalman écrit dans Hil’hot Talmud Torah : «Un professeur n’agira pas de façon frivole devant ses élèves, ne plaisantera pas devant eux, ne mangera pas en leur présence afin qu’ils le respectent constamment et apprennent de lui facilement».

Rambam explique que la seule sagesse qui a un effet éternel sur l’élève est celle qu’on a acquise avec effort, concentration et respect de son professeur.

- Révisez souvent ce que vous avez étudié. Non seulement vous vous en souviendrez mieux mais, de plus, vous le comprendrez mieux. «Plus on s’occupe de mots de Torah, plus on en dérive du plaisir» (fin du traité Bra’hot).

- Quand on étudie, on s’efforcera de bien prononcer les mots car «la Torah est une source de vie pour celui qui en prononce les mots avec sa bouche» (Erouvine 13). De plus, celui qui n’étudie qu’en esprit, sans prononcer les mots – alors qu’il a la possibilité de le faire – ne remplit pas complètement l’obligation d’étudier la Torah (Choul’hane Arou’h Harav - Hil’hot Talmud Torah).

- On s’efforcera de bien connaître ce qu’on a appris et de mettre ses connaissances en ordre afin de ne pas bredouiller quand on répond à une question.

- Il est nécessaire de réserver un moment pour l’étude de la Torah – en plus des cours obligatoires à l’école. En effet, la Mitsva d’étudier la Torah consiste d’une part à bien connaître la façon d’accomplir les Mitsvot mais aussi, d’autre part, à l’étudier Lichma, pour la Torah elle-même : «et tu t’y investiras jour et nuit».

- On veillera à toujours prier avec un livre de prières, même si on connaît par cœur le texte. On ne parle à personne et on ne fait même aucun signe depuis le début de la prière, à moins que ce ne soit absolument indispensable.

- On enseignera aux enfants à bien répondre Amen et les autres formules de louange : «Quiconque répond Amen Yehé Chemé Rabba de tout son cœur méritera de voir tous les mauvais décrets pris contre lui annulés» (Chabbat 119).

Rav Yitzchok Ushpol - Perspectives